טור אורח חיים

Tour Orah Haim — siman 117

Rabbi Yaakov ben Asher (Baal HaTour) · La bénédiction des années et le rassemblement des exilés
En bref - de quoi parle ce chiour ?

La neuvième bénédiction, celle des années, et ses trente mots. En Achkenaz, on n'y change que la demande de pluie ; en Sefarad, on demande la rosée l'été. Hors d'Israël, on commence soixante jours après la tekoufa de Tichri, à Arvit du soixantième jour, et l'on s'arrête au Moussaf du premier jour de Pessa'h ; le Roch s'étonne qu'on suive la Babylonie et approuve l'usage de Provence. Le Tour traite de la demande hors saison, de l'oubli de la demande et de l'endroit où l'on revient, puis de la dixième bénédiction, le rassemblement des exilés, et de ses vingt mots.

Glossaire

birkat hachanim
bénédiction des années, neuvième de l'amida
tekoufa de Tichri
équinoxe d'automne selon le comput rabbinique
Choméa tefila
bénédiction « qui écoute la prière », seizième de l'amida
akirat raglayim
déplacement des pieds marquant la fin de l'amida
kibbouts galouyot
rassemblement des exilés, dixième bénédiction

תשיעית ברכת השנים ומה ראו לאומרה בתשיעית אמר רבי אלכסנדרי כנגד מפקיעי שערים דכתיב שבור זרוע רשע ודוד אמרו בתשיעית דאשרי האיש ולמה רגשו שתי פרשיות הן ויש בה ל' תיבות כנגד כ"ג תיבות שבפסוק (דברים כח) יפתח ה' לך וז' שבפסוק (תהלים קמה) פותח את ידך הרי ל' ובפסוק (שם י) שבור זרוע רשע יש כ"ט אותיות וקריאתו חשובה כאחת הרי ל' ובאשכנז אין משנין בה כלל אלא אומרים בימות הגשמים ותן טל ומטר לברכה ובימות החמה ותן ברכה והכי משמע לישנא דגמרא שאלה בברכת השנים אלמא אין משנין אותה אלא ששואלין בה מטר ובספרד נוהגין לשאול טל בימות החמה שאומרים ותן טל לברכה אע"ג דטל לא מיעצר מתפללין עליו שיתנהו לברכה ומתחילין לשאול ס' יום אחר תקופת תשרי ויום שתפול בה תקופת תשרי הוא מכלל הס' דתנן בג' במרחשון שואלין את הגשמים ר"ג אומר בשבעה בו ואר"א הלכה כר"ג ותניא חנניא אומר ובגולה פירוש בבבל אין שואלין עד ס' יום אחר התקופה. ואנן בתר בני בבל גרירינן ואיבעיא לן יום ס' כלפני ס' ואין שואלין בו או כלאחר ס' ואסיקנא כלאחר ס' הלכך בתפלת ערבית של יום ס' מתחילין וכתב אבי העזרי דאיתמר בירושלמי דהנך ס' מנינן להו מעת לעת שאם נפלה תקופת תשרי בלילה מונין ס' מן הלילה ואם נפלה ביום מונין מן היום וכ"פ הוא וכתב עוד שאם נפלה התקופה בג' שעות ביום והציבור לא הזכירו בהתפללם בבקר ויחיד איחר תפלתו מן הציבור דבתר ציבור גריר שאין עושים שתי תורות וא"א ז"ל כתב על דבריו ולא נהגו כן אלא לעולם שואלין בתפלת ערבית של יום ס' וכתב עוד תמהני למה אנו נוהגין כבני גולה נהי שהתלמוד שלנו הוא בבלי מ"מ דבר שתלוי בארץ למה ננהוג כמותם אם בבל היתה מצולה ולא היתה צריכה למים כל הארצות הם צריכות למים במרחשון ולמה נאחר אותו עד ס' יום בתקופה ולמה לא נעשה כמשנתינו. ובפרובינציא שמעתי שהיו שואלין הגשמים ז' ימים במרחשון וישר מאוד בעיני ע"כ. ושואלין עד תפלת המוסף של י"ט הראשון של פסח כל זמן שמזכירין הגשמים ויחידים הצריכין למטר אחר כך שואלין אותו בשומע תפלה אפילו בעיר אחת גדולה כנינוה כיחידים דמו ושואלין אותו בשומע תפלה אבל ארץ אחת כולה כמו ספרד בכללה או אשכנז בכללה אם צריכין למטר אחר כך כתב א"א הרא"ש ז"ל בתשובת שאלה שיכולין לשאול אחר כך בברכת השנים כפי הצורך להם. ואם שאל מטר בימות החמה מחזירין אותו וכן אם לא שאל בימות הגשמים מחזירין אותו אפי' ששאל טל אע"פ שבהזכרה אינו כן כדפירשתי לעיל אבל אם שאל מטר ולא טל אין מחזירין אותו. ואם לא שאל מטר ונזכר קודם שומע תפלה אין מחזירין אותו ושואל בשומע תפלה. ואם לא נזכר עד אחר שומע תפלה אם עקר רגליו חוזר לראש. לא עקר רגליו איתמר בירושלמי שחוזר לשומע תפלה ושואל בה וכ"פ ר"ח ובעל ה"ג כתב שחוזר לברכת השנים וכ"כ הרמב"ם ז"ל והראב"ד ולזה הסכים א"א ז"ל. עשירית תקע בשופר ומה ראו לומר קבוץ גליות אחר ברכת השנים לפי שנאמר (יחזקאל לו) ואתם הרי ישראל ענפיכם תתנו ופרייכם תשאו לעמי ישראל כי קרבו לבוא. וקבוץ גליות הוא ע"י תקיעת שופר כדכתיב (ישעיה כז) והיה ביום ההוא יתקע בשופר גדול וגו' והשתחוו לה' בהר הקודש בירושלים כדי להקריב קרבנות ובפסוק של קרבנות יש בו תקיעה דכתיב (במדבר י) וביום שמחתכם ובמועדיכם ובראשי חדשיכם ותקעתם בחצוצרות וגו' ויש בו ך' תיבות ולכן יש בברכה זו ך' תיבות:

La neuvième est la bénédiction des années (birkat hachanim). Pourquoi a-t-on jugé bon de la dire en neuvième position ? Rabbi Alexandri a dit : à cause de ceux qui font monter les prix, comme il est écrit : « Brise le bras du méchant » ; et David l'a dit dans le neuvième [psaume], car « Heureux l'homme » et « Pourquoi les nations s'agitent-elles » sont deux sections. Elle compte trente mots, correspondant aux vingt-trois mots du verset (Deutéronome 28) « ה' t'ouvrira » et aux sept mots du verset (Psaumes 145) « Tu ouvres Ta main », soit trente. Et le verset (ibid. 10) « Brise le bras du méchant » compte vingt-neuf lettres, et sa lecture compte pour une, soit trente.

En Achkenaz, on n'y change rien, sauf qu'on dit à la saison des pluies « et donne rosée et pluie en bénédiction », et à la saison chaude « et donne la bénédiction ». C'est ce qui ressort de la formulation de la Guemara : « la demande, dans la bénédiction des années » ; on voit donc qu'on ne la change pas, mais seulement qu'on y demande la pluie. En Sefarad, on a coutume de demander la rosée à la saison chaude, en disant « et donne la rosée en bénédiction » : bien que la rosée ne soit jamais retenue, on prie pour qu'Il la donne en bénédiction.

On commence à demander [la pluie] soixante jours après la tekoufa de Tichri, et le jour où tombe la tekoufa de Tichri fait partie des soixante. Car nous avons appris dans la michna : le 3 Mar'hechvan, on demande les pluies ; Rabban Gamliel dit : le 7 de ce mois. Rabbi Elazar a dit : la hala'ha est comme Rabban Gamliel. Et il est enseigné : 'Hanania dit : en exil — c'est-à-dire en Babylonie —, on ne demande pas avant soixante jours après la tekoufa. Or nous suivons les gens de Babylonie. On s'est demandé : le soixantième jour est-il comme avant les soixante, de sorte qu'on n'y demande pas, ou comme après les soixante ? La conclusion est : comme après les soixante. C'est pourquoi on commence à la prière de Arvit du soixantième jour.

L'Avi HaEzri a écrit qu'il est dit dans le Yerouchalmi que ces soixante jours se comptent d'instant à instant : si la tekoufa de Tichri tombe la nuit, on compte les soixante à partir de la nuit, et si elle tombe le jour, on compte à partir du jour ; et c'est ainsi que lui-même a tranché. Il a encore écrit que si la tekoufa tombe à la troisième heure du jour, que le tsibbour n'a pas fait la demande en priant le matin et qu'un particulier a prié plus tard que le tsibbour, il suit le tsibbour, car on ne fait pas deux lois. Mon père et maître, de mémoire bénie, a écrit à propos de ses propos : on n'a pas cette coutume, mais on demande toujours à partir de la prière de Arvit du soixantième jour.

Il a encore écrit : « Je m'étonne : pourquoi suivons-nous la coutume des gens de l'exil ? Admettons que notre Talmud soit babylonien ; néanmoins, pour une chose qui dépend du pays, pourquoi suivrions-nous leur coutume ? Si la Babylonie était une terre basse et humide qui n'avait pas besoin d'eau, tous les pays ont besoin d'eau en Mar'hechvan ; pourquoi la retarderions-nous jusqu'au soixantième jour de la tekoufa, et pourquoi n'agirions-nous pas selon notre michna ? En Provence, j'ai entendu qu'on demandait les pluies le 7 Mar'hechvan, et cela me paraît très juste. » Fin de citation.

On demande jusqu'à la prière de Moussaf du premier jour de Yom Tov de Pessa'h, aussi longtemps qu'on mentionne les pluies. Des particuliers qui ont besoin de pluie après cela la demandent dans « Choméa tefila » ; même une seule ville, aussi grande que Ninive, est comparable à des particuliers, et l'on y demande la pluie dans « Choméa tefila ». Mais tout un pays, comme la Sefarad dans son ensemble ou l'Achkenaz dans son ensemble, s'il a besoin de pluie après cela, mon père et maître, le Roch, de mémoire bénie, a écrit dans une responsa qu'on peut la demander alors dans la bénédiction des années, selon le besoin.

S'il a demandé la pluie à la saison chaude, on le fait recommencer. De même, s'il n'a pas demandé la pluie à la saison des pluies, on le fait recommencer, même s'il a demandé la rosée, bien que pour la mention il n'en soit pas ainsi, comme je l'ai expliqué plus haut. Mais s'il a demandé la pluie et non la rosée, on ne le fait pas recommencer. S'il n'a pas demandé la pluie et s'en est souvenu avant « Choméa tefila », on ne le fait pas recommencer : il la demande dans « Choméa tefila ». S'il ne s'en est souvenu qu'après « Choméa tefila » : s'il a déjà déplacé ses pieds (akirat raglayim), il recommence au début ; s'il n'a pas déplacé ses pieds, il est dit dans le Yerouchalmi qu'il revient à « Choméa tefila » et y fait la demande, et c'est ainsi qu'a tranché Rabbénou 'Hananel. Le Baal Hala'hot Guedolot a écrit qu'il revient à la bénédiction des années ; ainsi ont écrit le Rambam, de mémoire bénie, et le Raavad, et c'est à cet avis que s'est rangé mon père et maître, de mémoire bénie.

La dixième : « Sonne du chofar ». Pourquoi a-t-on jugé bon de dire le rassemblement des exilés (kibbouts galouyot) après la bénédiction des années ? Parce qu'il est dit (Ézéchiel 36) : « Et vous, montagnes d'Israël, vous donnerez vos branches et porterez vos fruits pour Mon peuple Israël, car ils sont près de venir. » Le rassemblement des exilés se fera par la sonnerie du chofar, comme il est écrit (Isaïe 27) : « Il arrivera en ce jour-là qu'on sonnera du grand chofar, etc., et ils se prosterneront devant ה' sur la montagne sainte, à Jérusalem », pour offrir des sacrifices. Or dans le verset des sacrifices, il y a une sonnerie, comme il est écrit (Nombres 10) : « Au jour de votre joie, à vos fêtes et à vos néoménies, vous sonnerez des trompettes, etc. » Ce verset compte vingt mots, et c'est pourquoi cette bénédiction compte vingt mots.