טור אורח חיים

Tour Orah Haim — siman 170

Rabbi Yaakov ben Asher (Baal HaTour) · La bienséance au repas
En bref - de quoi parle ce chiour ?

On ne parle pas pendant le repas, et l'on ne souhaite pas « santé » à celui qui éternue. Le siman rassemble, d'après la Guemara, le Yerouchalmi, le Rambam et le traité Dére'h Erets, les règles de conduite du convive et de l'invité : lavage des mains, manière de manger et de boire, égards envers le maître de maison et les autres convives. Il se termine par trois coutumes de Jérusalem.

Glossaire

אין משיחין בסעודה
on ne parle pas pendant le repas
אסותא
« santé ! » (souhait à celui qui éternue)
להטיל מים
uriner
והפליג
et s'est attardé
אנינא דעתיה
il est délicat, il répugne à manger sans se laver les mains
פיאה
reste laissé dans le plat
אלפס
marmite
זוגות
par paires (chiffres pairs, réputés dangereux)
בעל הבית
maître de maison
קפדן
pointilleux, exigeant
רעבתן
glouton
גרגרן
goinfre
מגסי הרוח
orgueilleux
קלח של כרוב
tige de chou
דרך רבית
forme d'intérêt (ribit)
ממחה דעתו
écœure
שמש
serviteur de table
דמי בושת
dédommagement de la honte
מפה
nappe
נקיי הדעת
gens à l'esprit délicat

אין משיחין בסעודה ואיתא בירושל' אפילו מאן דעטיש בגו מיכלא אסור למימר ליה אסותא משום סכנתא גרסינן בפרק אמר להם הממונה הלכה בסעודה אדם יוצא להטיל מים נוטל ידו אחת אותה ששפשף בה דיבר עם חבירו והפליג נוטל שתיהן כיון שהסיח דעתו וכשנוטל נוטל בפני כולם שלא יחשדוהו שלא נטל אמר רב חסדא לא שנו אלא לשתות אבל לאכול נוטל אפי' בחוץ מידע ידעי דאנינא דעתיה ולא אכיל בלא נטילה: שנים ממתינין זה על זה בקערה ג' אין ממתינין: משיירין פיאה בקערה ואין משיירין פיאה באלפס כתב הרמב"ם ז"ל אין מסתכלין בפני האוכל ולא במנתו שלא לביישו גרסינן בפרק ערבי פסחים לא יאכל אדם תרין ולא ישתה תרין פירוש לא יאכל ולא ישתה זוגות משום סכנה: גרסי' במסכת דרך ארץ הנכנס לבית כל מה שיאמר לו בע"ה יעשה מעשה ברבי שמעון בן אנטפרס שנכנסו אורחים אצלו וגזר עליהן שיאכלו וישתו והיו נודרים ומבדין והלקה אותם: לא יהא אדם קפדן בסעודתו. לא יאכל אדם פרוסה כביצה ואם אכל ה"ז רעבתן ולא ישתה כוסו בבת אחת ואם שתה הרי זה גרגרן ב' דרך ארץ ג' ה"ז מגסי הרוח ולא יאכל אדם שום ובצל מראשו אלא מעליו ואם אכל ה"ז רעבתן ולא יביא ב' כוסות בסעודתו ויברך בהמ"ז מפני שנראה כגרגרן שנים שיושבין על השלחן הגדול פושט ידו תחלה והשולח ידיו בפני מי שגדול ממנו הרי זה גרגרן: מעשה ברבי עקיבא שעשה משתה לתלמידיו הביאו לפניהם ב' תבשילין אחד חי ואחד מבושל בתחלה הביאו לפניהם קלח של כרוב בא הפקח שבהם אחז הקלח בידו ותלשו ולא בא אחריו משך ידו הימנו ואכל פת לבדו הטפש שבהם אחז הקלח בשתי ידיו א"ל ר"ע לא כי אלא הנח עקבך עליה בתוך הקערה ותלוש בו: הנכנס לבית לא יאמר תנו לי לאכול עד שיאמרו הם: לא יאמר אדם לחבירו בא ואכול מה שהאכלתני שזהו דרך רבית ובירושלים היו הופכין: לא יפרוס אדם פרוסה על גבי הקערה אבל מקנח הקערה בפרוסה ולא ילקט פירורין ויניח על גבי השלחן שהוא ממחה דעתו של חבירו ולא ישוך פרוסה ויניחנה ע"ג השלחן או ע"ג (ס"א לתוך) הקערה ולא ישוך פרוסה ויתננה לפני חבירו לפי שאין דעת הבריות שוה ולא ישתה מן הכוס ויתן לחבירו מפני סכנת נפשות ולא ישתה כוסו ויניחו על השלחן אלא יאחזנו בידו עד שיבא השמש ויתננו לו: הנכנס לסעודה לא יקח חלקו ויתננו לשמש שמא יארע דבר קלקול בסעודה אלא יטלנו ויניחנו ואח"כ יתננו לו: אורחים הנכנסים אצל בע"ה אינם רשאין ליטול מלפניהם וליתן לבנו או לעבדו של בעה"ב אא"כ נטלו רשות מבעה"ב: גרסינן בפרק המוכר את הפירות מנהג גדול היה בירושלים המוסר סעודה לחבירו וקלקלה צריך ליתן לו דמי בושתו ובושת אורחין וגם מנהג אחר היה שם מפה פרוסה על הפתח כל זמן שמפה פרוסה אורחין נכנסין נסתלקה אין אורחין נכנסין גרסי' בפ' אחד דיני ממונות נקיי הדעת שבירושלים לא היו מסובים בסעודה אא"כ יודעין מי מיסב עמהם:

On ne parle pas pendant le repas. Il est rapporté dans le Yerouchalmi : même à celui qui éternue pendant le repas, il est interdit de dire « Assouta » (santé !), à cause du danger.

On lit au chapitre « Amar lahem hamemouné » : « Règle au repas : quelqu'un sort pour uriner ; il lave une seule main, celle avec laquelle il a frotté. S'il a parlé avec son compagnon et s'est attardé, il lave les deux mains, puisqu'il a détourné son attention. Et lorsqu'il se lave, il se lave devant tous, pour qu'on ne le soupçonne pas de ne pas s'être lavé. » Rav 'Hisda a dit : on ne l'a enseigné que pour boire ; mais pour manger, il se lave même dehors, car on sait bien qu'il est délicat et ne mange pas sans netilat yadayim.

Deux convives s'attendent l'un l'autre au plat ; trois ne s'attendent pas.

On laisse un reste (pé'a) dans l'assiette, mais on n'en laisse pas dans la marmite.

Le Rambam z.l. a écrit : on ne regarde pas le visage de celui qui mange, ni sa portion, pour ne pas lui faire honte.

On lit au chapitre « Arvé Pessa'him » : qu'on ne mange pas par deux et qu'on ne boive pas par deux, c'est-à-dire qu'on ne mange ni ne boive par paires, à cause du danger.

On lit dans le traité Dére'h Erets : celui qui entre dans une maison doit faire tout ce que lui dit le maître de maison. Il arriva chez Rabbi Chimon ben Antipras que des invités vinrent chez lui ; il leur ordonna de manger et de boire ; eux faisaient des vœux et inventaient des prétextes, et il les fit flageller.

Qu'on ne soit pas pointilleux à son repas.

Qu'on ne mange pas un morceau de pain du volume d'un œuf ; si on l'a fait, on est un glouton. Qu'on ne boive pas sa coupe d'un trait ; si on l'a fait, on est un goinfre. En deux fois, c'est la bienséance ; en trois fois, c'est le fait des orgueilleux.

Qu'on ne mange pas l'ail ni l'oignon par la tête, mais par les feuilles ; si on l'a fait, on est un glouton.

Qu'on ne fasse pas apporter deux coupes à son repas pour dire le Birkat hamazon, car on aurait l'air d'un goinfre.

Deux personnes sont assises à table : le plus grand tend la main le premier ; celui qui avance la main avant quelqu'un de plus grand que lui est un goinfre.

Il arriva que Rabbi Akiva fit un festin pour ses élèves. On leur servit deux mets, l'un cru et l'autre cuit. D'abord, on leur servit une tige de chou. Le plus avisé d'entre eux saisit la tige de la main pour l'arracher ; comme elle ne venait pas, il en retira la main et mangea du pain seul. Le sot d'entre eux saisit la tige à deux mains. Rabbi Akiva lui dit : « Pas ainsi ! Mets plutôt ton talon dessus, dans le plat, et arrache ! »

Celui qui entre dans une maison ne dira pas « Donnez-moi à manger » avant qu'eux le lui proposent.

Qu'on ne dise pas à son compagnon : « Viens manger, en retour de ce que tu m'as fait manger », car c'est une forme d'intérêt (ribit). À Jérusalem, on faisait l'inverse (litt. : « on retournait »).

Qu'on ne rompe pas un morceau de pain au-dessus du plat ; mais on peut essuyer le plat avec un morceau de pain. Qu'on ne ramasse pas des miettes pour les poser sur la table, car cela écœure son compagnon. Qu'on ne morde pas dans un morceau pour le reposer sur la table ou sur le plat (autre version : dans le plat). Qu'on ne morde pas dans un morceau pour le présenter ensuite à son compagnon, car la sensibilité des gens n'est pas la même. Qu'on ne boive pas d'une coupe pour la donner ensuite à son compagnon, à cause du danger pour la vie. Qu'on ne boive pas sa coupe pour la poser sur la table : on la tient en main jusqu'à ce que le serviteur vienne, et on la lui donne.

Celui qui se rend à un repas ne prendra pas sa part pour la donner au serviteur, de peur qu'un incident ne survienne au cours du repas ; il la prend, la pose devant lui, et ensuite la lui donne.

Des invités chez un maître de maison n'ont pas le droit de prendre de ce qui est devant eux pour le donner au fils ou au serviteur du maître de maison, à moins d'en avoir reçu la permission du maître de maison.

On lit au chapitre « Hamo'her et hapérot » : il y avait une grande coutume à Jérusalem : celui qui confiait à son compagnon la préparation d'un repas et que celui-ci le gâchait, ce dernier devait lui payer le dédommagement de sa honte et de la honte de ses invités. Il y avait là encore une autre coutume : une nappe était étendue sur l'entrée ; tant que la nappe était étendue, les invités entraient ; une fois retirée, les invités n'entraient plus.

On lit au chapitre « E'had diné mamonot » : les gens à l'esprit délicat de Jérusalem ne s'attablaient à un repas que s'ils savaient qui s'attablait avec eux.