טור אורח חיים

Tour Orah Haim — siman 211

Rabbi Yaakov ben Asher (Baal HaTour) · Ordre de priorité des bénédictions sur les fruits
En bref - de quoi parle ce chiour ?

Devant plusieurs espèces de même bénédiction, la hala'ha suit Rabbi Yehouda : l'espèce des sept passe d'abord, sinon celle qu'on préfère d'habitude ; quand les bénédictions diffèrent, le Tour rapporte les avis du Semak, du Roch et des Hala'hot Guedolot. Parmi les sept espèces, l'ordre suit la proximité de chaque mot « terre » dans le verset. Rabbénou Perets fait passer le vin avant le miel et l'olive, et les plats de blé et d'orge passent avant le vin.

Glossaire

שבעת המינים
les sept espèces de la terre d'Israël
ברכותיהן שוות
leurs bénédictions sont les mêmes
חביב
préféré, plus cher
סמ"ק
Semak (Sefer Mitsvot Katan)
בה"ג
Hala'hot Guedolot
בפה"ע
Boré peri ha'ets (fruits de l'arbre)
בפה"א
Boré peri haadama (fruits de la terre)
שהכל
Chéhakol nihya bidvaro
בפה"ג
Boré peri haguéfen (vin)
במ"מ
Boré miné mezonot
מעשה קדרה
plat cuit (de céréales)
ארץ קמא / ארץ בתרא
le premier / le second mot « terre » du verset
כוסס
qui mâche (le grain cru)
ה"ר פרץ
Rabbénou Perets

היו לפניו מינין הרבה רבי יהודה אומר אם יש בהן מז' המינין מברך עליו וחכמים אומרים על איזה מהם שירצה מברך עליו ומוקמינן לה בשברכותיהן שוין רבי יהודה אומר כיון שברכותיהן שוות ואחד נפטר בברכת חבירו מין ז' עדיף אבל אם אין ברכותיהן שוות וצריך לברך על שניהם על איזה שירצה יברך תחלה ואח"כ יברך על השני ואפילו אם היה אחד מהם חביב עליו יותר יכול לברך על האחר תחלה ובסמ"ק כתוב כשאין ברכותיהם שוות צריך להקדים החביב וא"א הרא"ש ז"ל כתב כסברא ראשונה והלכה כרבי יהודה הלכך אם הביאו לפניו ב' מינין שאין בהן ממין ז' וברכותיהם שוות כגון אתרוג ותפוח יברך על החביב תחלה שאם בכל פעם אחד מהם חביב עליו יותר אפילו אם חפץ עתה במין השני צריך לברך על המין החביב עליו ברוב הפעמים ויאכל ממנו קצת ואח"כ יאכל ממין השני אם ירצה ואם יש בהן מין ז' יברך עליו אפילו אם השני חביב עליו יותר ואם הביאו לפניו דבר שברכתו בפה"ע ודבר שברכתו שהכל בפה"ע קודמת שהיא חשובה שאינה פוטרת אלא דבר אחד ושהכל כוללת כל הדברים וכן בפה"א ושהכל בפה"א קודמת וכתב בה"ג שברכת בפה"ע קודמת לברכת בפה"א אבל א"א הרא"ש ז"ל כתב שהן שוות ועל איזה מהם שירצה יברך תחלה ואפילו אם יש בהן מז' המינין והוא חביב עליו יכול להקדים לו השני: כל הקודם בפסוק שמזכיר בו שבחו של ארץ ישראל שהוא ארץ חטה ושעורה וגפן ותאנה ורמון ארץ זית שמן ודבש קודם לברכה אפילו אם המאוחר חביב עליו יותר ודוקא עד רמון אבל מכאן ואילך לא דארץ בתרא דכתיב בקרא הפסיק הענין וכל הסמוך לו חשוב מהמאוחר ממנו לארץ קמא דקרא הלכך זית קודם לשעורה שהוא ראשון לארץ בתרא ושעורה שני לארץ קמא וכן דבש קודם לגפן שהוא ב' לארץ בתרא וגפן ג' לארץ קמא. כתב ה"ר פרץ דווקא אם אוכל ענבים שברכתן בפה"ע אבל אם עשה מהם יין שברכתו בפה"ג כיון שמפרט בה הגפן חשובה וקודם לדבש ואפילו לזית שהוא ראשון לארץ בתרא כיון שברכת היין חשובה קודמת בין בברכה ראשונה בין בברכה אחרונה כשכולל ברכת היין עם ברכת הפירות כדפרשי' לעיל צריך להזכיר תחלה על הגפן ועל פרי הגפן ואח"כ על העץ ועל פרי העץ ומיהו מעשה קדרה דחטין ושעורין קודמין ליין לפי שברכתן במ"מ שהיא ג"כ חשובה שמבוררת וגם קודמים לו בפסוק: חטה קודמת לזית ששניהם ראשונים לארצות ויש לחטה יתרון שקודמת בפסוק ומטעם זה נמי שעורה קודמת לדבש כתב בה"ג הא דחטה ושעורה קודמין דוקא בשעשה מהן תבשיל או פת אבל כוסס החטה שברכתו בפה"א אינה קודמת לברכת בפה"ע והוא הולך לשיטתו דמיחשב בפה"ע טפי מברכת בפה"א אבל לסברת א"א ז"ל שהן שוות אפשר דאיירי אף בכוסס החטה:

S'il y avait devant lui plusieurs espèces : Rabbi Yehouda dit : s'il y a parmi elles une des sept espèces, il dit la bénédiction sur elle ; les 'Ha'hamim disent : il dit la bénédiction sur celle d'entre elles qu'il veut. Et l'on établit (dans la Guemara) que la Michna parle du cas où leurs bénédictions sont les mêmes. Rabbi Yehouda dit : puisque leurs bénédictions sont les mêmes et que l'une est acquittée par la bénédiction de l'autre, l'espèce des sept est préférable. Mais si leurs bénédictions ne sont pas les mêmes et qu'il doit bénir sur chacune, il bénit d'abord sur celle qu'il veut, puis il bénit sur la seconde ; et même si l'une d'elles lui est plus chère, il peut bénir d'abord sur l'autre.

Dans le Semak, il est écrit : quand leurs bénédictions ne sont pas les mêmes, il faut faire passer d'abord celle qu'on préfère. Mon père, le Roch z.l., a écrit comme le premier avis.

La hala'ha est comme Rabbi Yehouda. C'est pourquoi, si on lui a apporté deux espèces dont aucune n'est des sept et dont les bénédictions sont les mêmes, comme un etrog et une pomme, il bénit d'abord sur celle qu'il préfère : si, chaque fois, l'une d'elles lui est plus chère, même s'il a envie maintenant de la seconde, il doit dire la bénédiction sur l'espèce qu'il préfère la plupart du temps, en manger un peu, puis manger de la seconde s'il le veut. S'il y a parmi elles une espèce des sept, il bénit sur elle, même si l'autre lui est plus chère.

Si on lui a apporté une chose dont la bénédiction est Boré peri ha'ets et une chose dont la bénédiction est Chéhakol, Boré peri ha'ets passe d'abord, car elle est plus importante : elle n'acquitte qu'une seule sorte de chose, tandis que Chéhakol englobe toutes choses. De même pour Boré peri haadama et Chéhakol : Boré peri haadama passe d'abord. Les Hala'hot Guedolot écrivent que la bénédiction Boré peri ha'ets passe avant la bénédiction Boré peri haadama ; mais mon père, le Roch z.l., a écrit qu'elles sont égales, et il bénit d'abord sur celle qu'il veut ; même s'il y a parmi elles une des sept espèces et qu'elle lui est chère, il peut faire passer l'autre avant elle.

Tout ce qui vient en premier dans le verset qui mentionne l'éloge de la terre d'Israël — « une terre de blé et d'orge, de vigne, de figue et de grenade, une terre d'olive à huile et de miel » — passe d'abord pour la bénédiction, même si ce qui vient après lui est plus cher. Cela ne vaut que jusqu'à la grenade ; au-delà, non, car le second « terre » écrit dans le verset interrompt le sujet, et tout ce qui le suit de près est plus important que ce qui est plus éloigné du premier « terre » du verset. C'est pourquoi l'olive passe avant l'orge, car elle vient en premier après le second « terre », alors que l'orge vient en deuxième après le premier « terre ». De même, le miel passe avant la vigne, car il vient en deuxième après le second « terre », et la vigne en troisième après le premier.

Rabbénou Perets a écrit : cela ne vaut que si l'on mange des raisins, dont la bénédiction est Boré peri ha'ets ; mais si l'on en a fait du vin, dont la bénédiction est Boré peri haguéfen, puisque la vigne y est nommée expressément, elle est importante et passe avant le miel, et même avant l'olive, qui vient en premier après le second « terre ». Puisque la bénédiction du vin est importante, elle passe d'abord, aussi bien pour la bénédiction d'avant que pour la bénédiction d'après : lorsqu'on inclut la bénédiction du vin avec celle des fruits, comme nous l'avons expliqué plus haut, il faut mentionner d'abord « 'al haguéfen ve'al peri haguéfen », et ensuite « 'al ha'ets ve'al peri ha'ets ». Cependant, les plats cuits de blé et d'orge passent avant le vin, car leur bénédiction est Boré miné mezonot, qui est elle aussi importante, car elle est précise ; et ils le précèdent aussi dans le verset.

Le blé passe avant l'olive, car tous deux viennent en premier après chaque « terre », et le blé a l'avantage de précéder dans le verset ; pour la même raison, l'orge passe aussi avant le miel. Les Hala'hot Guedolot écrivent : le fait que le blé et l'orge passent d'abord ne vaut que si l'on en a fait un plat cuit ou du pain ; mais pour celui qui mâche le grain de blé, dont la bénédiction est Boré peri haadama, le blé ne passe pas avant la bénédiction Boré peri ha'ets. Il suit en cela sa propre méthode, selon laquelle Boré peri ha'ets compte davantage que la bénédiction Boré peri haadama ; mais selon l'avis de mon père z.l., pour qui elles sont égales, il est possible que (la règle) s'applique même à celui qui mâche le grain de blé.