Le Chabbat, on n'enveloppe pas un plat, même dans une matière qui n'ajoute pas de chaleur ; la veille, on le peut, mais seulement dans une telle matière, dont le siman donne la liste. Un plat enveloppé de jour peut être recouvert ou couvert davantage le Chabbat s'il est entièrement cuit ; le Rachbam et Rabbénou Tam divergent sur le stade de Ben Drossaï. Le Tour rapporte la manière d'envelopper de son père, le Roch, conteste l'usage répandu de poser le plat couvert sur le feu, et cite le Rachbam sur les fruits placés autour de la marmite.
אין טומנין בשבת אפילו בדבר שאינו מוסיף הבל אבל ספק חשכה ספק אינה חשכה טומנין בו ובע"ש מותר להטמין בדבר שאינו מוסיף הבל אבל לא בדבר המוסיף הבל ואלו דברים המוסיפים הבל פסולת של זיתים ושל שומשמין וזבל ומלח וסיד וחול בין לחים בין יבשים ותבן וזגין ומוכין ועשבים לחים אבל יבשים טומנין בהן וטומנין בכסות ובפירות ובכנפי יונה ובנעורת של פשתן ובנסורת של חרשים. אע"פ שאין טומנין בשבת אפילו בדבר שאין מוסיף הבל אם טמן בהם מבע"י ונתגלה יכול לחזור ולכסותו אפילו משתחשך וכן יכול לגלותו בשבת ולחזור ולכסותו בו או להוסיף עליו בשבת או אפילו ליטול כולה וליתן אחר במקומו בין שהב' חם מן הראשון או קר ממנו ובלבד שנתבשלה הקדרה כל צרכה אבל אם לא נתבשלה כל צרכה אפילו להוסיף על הכיסוי נמי אסור שבתוספת זו גורם לה להתבשל אבל אם גלה מבע"י אדעתא שלא לכסותו אסור לכסותו משתחשך והא דאסור להטמין בשבת בדבר שאין מוסיף הבל היינו דוקא בקדרה שנתבשל בה אבל אם פינה התבשיל לקדרה אחרת מותר להטמינו וצונן מותר להטמינו בדבר שאינו מוסיף הבל כגון ליתן קיתון של מים תחת כר וכסת כדי שתפיג צינתו פירש רשב"ם כל מה דאסרי הטמנה דוקא כשלא הגיע למאכל בן דרוסאי אבל אם הגיע למאכל בן דרוסאי שרי ור"ת פי' שיותר יש להחמיר בהטמנה מבשהייה לפי שמטמין לצורך מחר וצריך חיתוי טפי שלא יתקרר הילכך חיישינן ביה טפי ואסור אפי' נתבשל כמאכל בן דרוסאי: כתב א"א ז"ל יש נוהגין לעשות חפירה אצל מקום האש מרוצפת בלבנים סביב ומסיקין אותה וגורפין אותה ומטמינים בה הקדרה ומכסין אותה ומביאים ראייה למנהגם מהא דאיתא בפ"ק דשבת קדרה חייתא ובשיל שרי ליתן לתוך התנור ולא דמי כולי האי דהתם הוי בתורת שהייה אבל הכא שהוא הטמנה ובדבר המוסיף הבל לא ויש לחלק הא דאסרינן הטמנה בדבר המוסיף הבל היינו משום גזירה שמא יטמין ברמץ ודוקא כעין הטמנה ברמץ שהרמץ נוגע בקדרה סביב אבל בתנור וכן בחפירה זו שיש אויר הרבה בין הדפנות לקדירה לא דמי להטמנה ואין להחמיר בה יותר מבשהייה על גבי כירה ובענין זה היה הוא מטמין היה לו כירה שדפנותיה גבוהין יותר מפי הקדרה ואויר בין דופני הכירה לקדרה ונותן הקדרה לתוכה ומכסה פי הכירה בלוח או בדבר אחר והיה נותן בגדים על הכיסוי והיה אומר שאין זה דרך הטמנה כיון שאין הקדרה נוגעת בשום דבר אלא עומדת על הכירה ואויר בינה לדפנות אבל הטמנה שמטמינין רוב העולם שמניחין הקדרה על הכירה ומכסין אותה וסביבותיה בבגדים איני יודע טעם להתיר דאע"פ שמותר להטמין בכסות כיון שיש תחת הקדרה אש שמוסיף הבל אסור דאמר ר' זירא קופה שטמן בה אסור להניחה על גבי גפת של זיתים אלמא אע"פ שטומן בקופה בהיתר כיון שנתונה על גבי דבר המוסיף הבל אסור כ"ש שהוא אסור כשהקדרה נתונה על גבי האש וגם על הטמנה של א"א ז"ל יש לפקפק מההוא דקופה שטמן וכו' אלא שהוא היה מחלק להתיר כיון שאינו דרך הטמנה כמו בקופה שהוא דרך הטמנה. רשב"ם היה מתיר לתת פירות סביב הקדרה אע"ג שאי אפשר להם שיצלו קודם חשכה דקי"ל כל שהוא כמאכל בן דרוסאי מותר להשהותו על גבי כירה אפילו אינה גרופה וקטומה ופירות כיון שנאכלין חיין חשיבי כמאכל בן דרוסאי ויותר הם טובים בלא בישול כלל מכמאכל בן דרוסאי עד שיתבשלו כל צרכם ומיהו צריך ליזהר כשנותנים שם פירות שלא יחזיר הכיסוי אם נטלו משחשכה ושלא להוסיף עליו עד שיצולו מפני שממהר לגרום בשולם בשבת:
On n'enveloppe pas (un plat pour en garder la chaleur) le Chabbat, même dans une matière qui n'ajoute pas de chaleur ; mais au moment du doute — la nuit est-elle tombée ou non ? — on enveloppe dans une telle matière. La veille de Chabbat, il est permis d'envelopper dans une matière qui n'ajoute pas de chaleur, mais non dans une matière qui ajoute de la chaleur.
Voici les matières qui ajoutent de la chaleur : les résidus d'olives et de sésame, le fumier, le sel, la chaux et le sable, qu'ils soient humides ou secs ; la paille, le marc de raisin, la bourre et les herbes, lorsqu'ils sont humides ; mais secs, on peut envelopper avec. On enveloppe avec des vêtements, avec des fruits, avec des plumes de pigeon, avec de l'étoupe de lin et avec de la sciure de menuisiers.
Bien qu'on n'enveloppe pas le Chabbat, même dans une matière qui n'ajoute pas de chaleur, si l'on a enveloppé avec elle tant qu'il faisait jour et que (le plat) s'est découvert, on peut le recouvrir, même une fois la nuit tombée. De même, on peut le découvrir le Chabbat et le recouvrir avec elle, ou en ajouter le Chabbat, ou même l'enlever entièrement et en mettre une autre à sa place, que la seconde soit plus chaude que la première ou plus froide, à condition que la marmite soit cuite autant qu'il faut. Mais si elle n'est pas cuite autant qu'il faut, il est interdit même d'ajouter à la couverture, car par cet ajout on la fait cuire. Et si on l'a découverte tant qu'il faisait jour avec l'intention de ne pas la recouvrir, il est interdit de la recouvrir une fois la nuit tombée.
L'interdiction d'envelopper le Chabbat dans une matière qui n'ajoute pas de chaleur ne vaut que pour la marmite dans laquelle le plat a cuit ; mais si l'on a transvasé le plat dans une autre marmite, il est permis de l'envelopper. Un aliment froid, il est permis de l'envelopper dans une matière qui n'ajoute pas de chaleur, par exemple de mettre une cruche d'eau sous un coussin et une couverture pour en atténuer la fraîcheur.
Le Rachbam explique : tout ce qu'on a interdit en matière d'enveloppement ne vaut que si (le plat) n'a pas atteint le stade de la nourriture de Ben Drossaï ; mais s'il a atteint le stade de la nourriture de Ben Drossaï, c'est permis. Rabbénou Tam explique qu'il faut être plus sévère pour l'enveloppement que pour le fait de laisser sur le feu (chehiya), car on enveloppe pour le lendemain et l'on a davantage besoin d'attiser (les braises) pour que cela ne refroidisse pas ; c'est pourquoi on craint davantage, et c'est interdit même si le plat est cuit comme la nourriture de Ben Drossaï.
Mon père z.l. a écrit : certains ont l'habitude de faire une fosse près de l'emplacement du feu, garnie de briques tout autour ; on la chauffe, on en balaie les braises, on y enfouit la marmite et on la couvre. Ils apportent une preuve à leur usage de ce qui est dit au premier chapitre de Chabbat : « Une marmite crue, ou cuite, il est permis de la mettre dans le four. » Mais ce n'est pas tout à fait comparable : là-bas, il s'agit de laisser sur le feu, tandis qu'ici il s'agit d'envelopper, et dans une matière qui ajoute de la chaleur, ce qui n'est pas permis. On peut toutefois distinguer : si nous interdisons d'envelopper dans une matière qui ajoute de la chaleur, c'est par un décret, de peur qu'on n'enveloppe dans la cendre chaude ; et cela ne vaut que pour ce qui ressemble à l'enfouissement dans la cendre chaude, où la cendre touche la marmite tout autour. Mais dans un four, et de même dans cette fosse, où il y a beaucoup d'air entre les parois et la marmite, cela ne ressemble pas à un enveloppement, et il n'y a pas lieu d'y être plus sévère que pour le fait de laisser sur un réchaud.
C'est de cette manière que lui-même enveloppait : il avait un réchaud dont les parois étaient plus hautes que l'ouverture de la marmite, avec de l'air entre les parois du réchaud et la marmite ; il mettait la marmite dedans, couvrait l'ouverture du réchaud d'une planche ou d'autre chose, et mettait des vêtements sur ce couvercle. Il disait que ce n'est pas une manière d'envelopper, puisque la marmite ne touche rien : elle repose sur le réchaud, avec de l'air entre elle et les parois.
Mais l'enveloppement que pratique la plupart des gens, qui posent la marmite sur le réchaud et la couvrent, elle et son pourtour, de vêtements, je ne connais pas de raison de le permettre. Car, bien qu'il soit permis d'envelopper dans des vêtements, puisqu'il y a sous la marmite du feu, qui ajoute de la chaleur, c'est interdit. En effet, Rabbi Zeira a dit : un panier dans lequel on a enveloppé (un plat), il est interdit de le poser sur du marc d'olives. On voit donc que, bien qu'on enveloppe dans le panier de manière permise, puisqu'il est posé sur une matière qui ajoute de la chaleur, c'est interdit ; à plus forte raison est-ce interdit lorsque la marmite est posée sur le feu.
On peut aussi émettre un doute sur la manière d'envelopper de mon père z.l., à partir du passage du panier dans lequel on a enveloppé, etc. ; mais lui distinguait pour permettre, puisque ce n'est pas une manière d'envelopper, à la différence du panier, qui est une manière d'envelopper.
Le Rachbam permettait de mettre des fruits autour de la marmite, bien qu'ils ne puissent pas rôtir avant la nuit. Car nous tenons que tout ce qui est comme la nourriture de Ben Drossaï, il est permis de le laisser sur un réchaud, même s'il n'est ni balayé ni recouvert de cendre ; or les fruits, puisqu'on les mange crus, sont considérés comme la nourriture de Ben Drossaï ; ils sont même meilleurs sans aucune cuisson qu'au stade de la nourriture de Ben Drossaï, avant d'être cuits autant qu'il faut. Cependant, quand on y met des fruits, il faut veiller à ne pas remettre le couvercle si on l'a enlevé une fois la nuit tombée, et à ne pas en ajouter avant qu'ils soient rôtis, car on hâterait ainsi leur cuisson le Chabbat.