Le Rachbam ne connaît pas de cinquième coupe ; Rav Saadia, Rav Haï et d'autres Gueonim la permettent comme facultative, avec le Grand Hallel, et divergent sur les bénédictions qui l'encadrent ; il est bon d'en réduire le nombre. Le Rif et les Gueonim interdisent de boire du vin après les quatre coupes ; le Tour s'en étonne, mais l'usage est de s'en abstenir, afin de rester éveillé et occupé toute la nuit du récit de la sortie d'Égypte.
כוס חמישי לא הוזכר לגירסת רשב"ם ואין לעשותו ולכך פירש שאומר הלל הגדול על כוס ד' וכן יראה מדברי רבינו האי שנשאל לפניו אשכחן לרב סעדיה שאומר מי שרוצה לשתות כוס ה' יאמר עליו הלל הגדול ויניח יהללוך ויאמר לאחריו אבל עכשיו באו תלמידים ואמרו שעל כל כוס וכוס צריך ברכה לאחריו כמו לפניו ואומר יהללוך אחר ההלל וחותמין מלך מהולל בתשבחות ושותה כוס ה' ואומרים עליו הלל הגדול וחותמין בנשמת כל חי עד הבוחר בשירי והשיב דברי רב סעדיה כן הוא ומנהג שלכם יפה הוא ואנו לא נהגינן בכוס ה' כל עיקר והני ת"ח דמברכי אחר הלל ואחר הלל הגדול דרב סעדיה ודילכון עדיפא מדילהון דלא אמרו רבנן ב' ברכות ע"כ והעולם נהגו בו לעשותו רשות וכ"כ רב יוסף טוב עלם שאם הוא תאב לשתות יעשה כוס ה' וכ"כ רב שר שלום כוס ה' רשות אם רוצה לשתות ישתה ואומר עליו הלל הגדול וחוזר ואומר עליו יהללוך וכן סידר רב כהן צדק ורבינו משה וכ"כ רב עמרם שחוזר ואומר עליו יהללוך יראה מדעתם מי שירצה לעשותו חותם ביהללוך אחר ההלל ואומר עליו הלל הגדול ונשמת וחותם ביהללוך וכיון דאיכא פלוגתא דרבוותא טוב למעט בברכות ומי שרוצה לעשותו לא יחתום אחר ההלל ויאמר עליו ההלל הגדול ונשמת ויחתום וכ"כ הרי"ץ גיאת כתב א"א ז"ל יראה מדברי רב יוסף טוב עלם שאסור לשתות אחר ד' כוסות וכ"כ רי"ף בתר דאכלי כל מגדני ופירי אכלו בסוף כזית מצה דמינטרא ולא טעמין בתר הכי כלום בר מכסא דברכת מזונא וכסא דהלילא ומאן דצחי לית ליה רשותא למשתי חמרא אלא מיא וכ"כ כל הגאונים ותימא מנ"ל הא דהא לא קאמר אלא אין מפטירין לאחר הפסח אפיקומן היינו שלא לאכול אבל למשתי שרי ומנהג פשוט הוא שלא לשתות יין ופי' ה"ר יונה טעם למנהג לפי שחייב אדם לעסוק כל הלילה בהלכות פסח וביציאת מצרים ולספר בנסים ונפלאות שעשה הקב"ה לאבותינו עד שתחטפנו שינה ואם ישתה ישתכר והכי איתא בתוספתא חייב אדם לעסוק בהלכות פסח וביציאת מצרים כל הלילה וזהו ששנינו מעשה בר"א ורבי יהושע שהיו מספרים ביציאת מצרים כל הלילה וכו':
La cinquième coupe n'est pas mentionnée selon la version du Rachbam, et on ne doit pas la faire ; c'est pourquoi il explique qu'on dit le Grand Hallel sur la quatrième coupe. C'est aussi ce qui ressort des paroles de Rabbénou Haï, à qui l'on a posé cette question : « Nous avons trouvé chez Rav Saadia qu'il dit : celui qui veut boire une cinquième coupe dit sur elle le Grand Hallel ; il laisse Yehalelou'ha et le dit après. Mais voici que sont venus des disciples qui ont dit que chaque coupe exige une bénédiction après elle comme avant elle : on dit Yehalelou'ha après le Hallel et l'on conclut par “Roi loué dans les louanges” ; on boit la cinquième coupe, on dit sur elle le Grand Hallel, et l'on conclut par Nichmat kol 'haï jusqu'à “qui agrée les chants”. » Il a répondu : « Les paroles de Rav Saadia sont exactes, et votre usage est bon ; quant à nous, nous n'avons pas du tout l'usage de la cinquième coupe. Et pour ces érudits qui récitent une bénédiction après le Hallel et après le Grand Hallel : [la manière] de Rav Saadia et la vôtre est préférable à la leur, car les Sages n'ont pas prescrit deux bénédictions. » Fin de citation.
L'usage général est de la tenir pour facultative. Rav Yossef Tov Elem écrit de même : s'il désire boire, qu'il fasse une cinquième coupe. Rav Char Chalom écrit de même : la cinquième coupe est facultative ; s'il veut boire, qu'il boive ; il dit sur elle le Grand Hallel, puis dit de nouveau sur elle Yehalelou'ha. Ainsi l'ont ordonné Rav Cohen Tsédek et Rabbénou Moché ; et Rav Amram écrit de même qu'il dit de nouveau sur elle Yehalelou'ha. Il ressort de leur avis que celui qui veut la faire conclut par Yehalelou'ha après le Hallel, dit sur elle le Grand Hallel et Nichmat, et conclut par Yehalelou'ha. Mais puisqu'il y a une divergence entre les maîtres, il est bon de réduire les bénédictions : celui qui veut la faire ne conclut pas après le Hallel ; il dit sur elle le Grand Hallel et Nichmat, puis conclut. Le Ritz Guiat écrit de même.
Mon père et maître, de mémoire bénie, écrit : il ressort des paroles de Rav Yossef Tov Elem qu'il est interdit de boire après les quatre coupes. Le Rif écrit de même : « Après avoir mangé toutes les friandises et tous les fruits, on mange à la fin un kazayit de matsa gardée, et après cela on ne goûte plus rien, si ce n'est la coupe de la bénédiction du repas et la coupe du Hallel ; et celui qui a soif n'a pas la permission de boire du vin, mais [seulement] de l'eau. » Tous les Gueonim écrivent de même. Mais c'est étonnant : d'où le tirent-ils ? Il est seulement dit : « On ne conclut pas après le Pessa'h par l'afikoman », c'est-à-dire qu'on ne doit pas manger ; mais boire est permis. Toutefois, l'usage répandu est de ne pas boire de vin. Le Rav Rabbi Yona a expliqué la raison de cet usage : on est tenu de s'occuper toute la nuit des lois de Pessa'h et de la sortie d'Égypte, et de raconter les miracles et les prodiges que le Saint, béni soit-Il, a faits pour nos pères, jusqu'à ce que le sommeil le gagne ; or s'il boit, il s'enivrera. On trouve en effet dans la Tossefta : « On est tenu de s'occuper des lois de Pessa'h et de la sortie d'Égypte toute la nuit. » C'est ce que nous avons appris : « Il arriva que Rabbi Eliézer et Rabbi Yehochoua racontaient la sortie d'Égypte toute la nuit », etc.