טור אורח חיים

Tour Orah Haim — siman 613

Rabbi Yaakov ben Asher (Baal HaTour) · L'interdit de se laver à Yom Kippour
En bref - de quoi parle ce chiour ?

Il est interdit de se laver à Yom Kippour, même une partie du corps et même un doigt, sauf pour enlever une saleté ; le Tour détaille les cas permis (mains au réveil et après les besoins, personne délicate, linge humecté la veille) et la question des bénédictions du matin. Il traite ensuite de la traversée d'un cours d'eau pour une mitsva, du rafraîchissement avec de la boue, des fruits ou des récipients, du roi et de la jeune mariée, et enfin de l'immersion de celui qui a eu une émission séminale et des autres personnes tenues de s'immerger, sur lesquelles les avis divergent.

Glossaire

istenis
personne délicate, qui souffre de ne pas être propre
Ba'al Ha'Itour
Rabbi Its'hak ben Abba Mari, auteur du Sefer Ha'Itour
Bahag
Ba'al Hala'hot Guédolot, les Hala'hot Guédolot
ba'al keri
homme qui a eu une émission séminale
'houppa
dais nuptial, cérémonie du mariage
immersion en son temps
immersion faite dès que l'on y est tenu, considérée par certains comme une mitsva

רחיצה דתניא אסור לרחוץ ביה"כ מקצת גופו ככל גופו ואפי' להושיט אצבעו במים אסור בין בחמין בין בצונן ואם היו ידיו מלוכלכות בטיט וצואה מותר לרוחצן שלא אסרו אלא רחיצה של תענוג הלכך בבוקר דסתם ידים מלוכלכות מותר לרוחצם וכן בכל היום אחר שעשה צרכיו וקנח או הטיל מים ושפשף בידיו ובלבד שלא ירחוץ אלא מקום הצריך כגון ראשי אצבעותיו ולא כל היד ובמקום שמצויה רוח רעה ששורה על הפת כשנותנין אותו לתינוק בלא נטילת ידים מותר לרחוץ בכל פעם שיתנו לו פת והאידנא אין אותו רוח רעה מצוייה בינינו וכתב גאון מי שהוא איסטניס וצריך לקנח פניו במים ואין דעתו מיושבת עליו כל היום עד שיקנח יכול לקנח בי"ה וכ"כ רי"ץ גיאת אם יש ליכלוך על פניו או על גבי עיניו יכול להעבירו במים ואפי' כל אדם יכול לשרות מפה במים ערב י"ה ולסוחטה שיצאו מימיו ולמחר יכול להעבירה על גבי עיניו אע"פ שנשאר בה מלחלוחית המים כתב בעל העיטור איכא מ"ד שאין מברכין בי"ה נטילת ידים ושעשה לי כל צרכי כיון שאסור בנעילת הסנדל ובנטילת ידים ומסתברא כיון דבידו וברשותו הוא לנעול משום סכנת עקרב יכול לברך כמו בשאר ימים: ההולך לבית המדרש או להקביל פני אביו או רבו או מי שגדול ממנו בחכמה או לצרכי מצוה יכול לעבור עד צוארו במים וכן בחזרה נמי מותר ובלבד שיעשה שינוי שלא יוציא ידיו משפת חלוקו כדי שיזכור ולא יבא לידי סחיטה ומשום כיבוס נמי ליכא כיון שהוא דרך לכלוך וכתב בה"ג דוקא עד צוארו אבל מעבר לשוט אסור ותימא אם התירו לו רחיצה חמורה דהא אסמכוה אקרא כ"ש שיטה דקילא והרב אסור לעבור במים כדי לילך אצל תלמיד: ההולך לשמור פירותיו מותר לעבור במים אבל בחזרה אסור: מותר להצטנן בטיט אע"פ שיש בו קצת לחלוחית אבל אם יש בו כל כך לחות עד שאם יניח ידו עליה תעלה בה לחות שאם ידבקנה לידו האחרת תדבק בה הליחות שקבלה מן הטיט אסור ומותר להצטנן בכל מיני פירות ובתינוק ובכל מיני כלים הרקים אבל אם יש בהם מים אפילו אינן מלאים אסור לא שנא של חרס לא שנא של כסף שמא יתנענעו וישפך מן המים עליו ויש אוסרין בכלי חרס אפי' רקים לפי שבולעין הרבה וכשמצטנן בהם פולטין מה שבלעו וחשיב כמו רחיצה: המלך והכלה ירחצו את פניהם דברי רבי אליעזר וחכמים אוסרים ונקראת כלה כל ל' יום אחר החופה ורי"ץ גיאת פסק כחכמים ורי"ף פסק כרבי אליעזר ולזה הסכים א"א ז"ל. לענין טבילת בעל קרי כתב הרב רבי יהודה ברצילוני שטובל כדרכו דתנן הרואה קרי ביום הכפורים יורד וטובל וכ"כ בה"ג והר"ם כתב כיון דקיימא לן דבעל קרי אין צריך טבילה לא לתפלה ולא לדברי תורה אף בשאר ימות השנה אזלינן לחומרא שאין לו לטבול בי"ה אלא אם הוא לח רוחץ אותו מקום לבד ויקנחנו ואם הוא יבש ישפשפנו בידו וכן פסק רבינו תם ושאר חייבי טבילות כתוב בהלכות גדולות שטובלין כדרכן בי"ה ור"ת כתב דאין טובלין והא דתניא כל חייבי טבילות טובלין כדרכן בי"ה היינו דוקא למאן דאמר טבילה בזמנה מצוה ואנן קי"ל דלאו מצוה הלכך ימתין עד למחר:

Le lavage. Il est enseigné : il est interdit, le jour de Kippour, de laver une partie de son corps comme tout son corps ; même plonger son doigt dans l'eau est interdit, que ce soit dans de l'eau chaude ou dans de l'eau froide. Si ses mains étaient salies de boue ou d'excréments, il est permis de les laver, car on n'a interdit que le lavage de plaisir. C'est pourquoi le matin, puisque les mains sont présumées sales, il est permis de les laver ; de même, toute la journée, après avoir fait ses besoins et s'être essuyé, ou après avoir uriné et s'être frotté avec les mains, à condition de ne laver que l'endroit nécessaire, par exemple le bout des doigts, et non toute la main. Là où se trouve l'esprit mauvais qui se pose sur le pain quand on le donne à un enfant sans ablution des mains, il est permis de se laver chaque fois qu'on lui donne du pain ; mais de nos jours, cet esprit mauvais ne se trouve pas parmi nous.

Un Gaon a écrit : celui qui est délicat (istenis) et a besoin de s'essuyer le visage avec de l'eau, et qui ne se sent pas à l'aise de toute la journée tant qu'il ne s'est pas essuyé, peut s'essuyer à Yom Kippour. Rabbi Its'hak ibn Ghiat a écrit de même : s'il y a une saleté sur son visage ou sur ses yeux, il peut l'enlever avec de l'eau. Et même n'importe qui peut tremper une serviette dans l'eau la veille de Yom Kippour et l'essorer pour que son eau en sorte, puis le lendemain la passer sur ses yeux, bien qu'il y soit resté un peu d'humidité.

Le Ba'al Ha'Itour a écrit : il y a quelqu'un qui dit qu'on ne récite pas à Yom Kippour les bénédictions « sur l'ablution des mains » et « qui a pourvu à tous mes besoins », puisqu'il est interdit de porter des sandales et de se laver les mains. Mais il est raisonnable de dire que, puisqu'il est en son pouvoir et qu'il lui est permis de se chausser à cause du danger des scorpions, il peut réciter la bénédiction comme les autres jours.

Celui qui se rend à la maison d'étude, ou va accueillir son père, son maître ou quelqu'un de plus grand que lui en sagesse, ou va pour les besoins d'une mitsva, peut traverser l'eau jusqu'au cou ; au retour aussi, c'est permis. À condition qu'il fasse un changement : il ne sortira pas ses mains du bord de sa tunique, pour qu'il s'en souvienne et n'en vienne pas à essorer. Il n'y a pas non plus de problème de lessive, puisque c'est une façon de salir. Le Bahag a écrit : seulement jusqu'au cou, mais traverser à la nage est interdit. Cela étonne : si l'on a permis le lavage, qui est plus grave puisqu'on l'a appuyé sur un verset, à plus forte raison la nage, qui est plus légère. Le maître n'a pas le droit de traverser l'eau pour aller chez son élève.

Celui qui va garder ses fruits peut traverser l'eau, mais au retour c'est interdit.

Il est permis de se rafraîchir avec de la boue, bien qu'elle ait un peu d'humidité. Mais si elle est humide au point que, s'il pose la main dessus, de l'humidité s'y attache, de sorte que, s'il la colle à son autre main, l'humidité reçue de la boue s'y attache aussi, c'est interdit. Il est permis de se rafraîchir avec toutes sortes de fruits, avec un petit enfant, et avec toutes sortes de récipients vides ; mais s'ils contiennent de l'eau, même s'ils ne sont pas pleins, c'est interdit, qu'ils soient de terre cuite ou d'argent, de peur qu'ils ne bougent et que de l'eau ne se renverse sur lui. Certains interdisent les récipients de terre cuite même vides, parce qu'ils absorbent beaucoup, et quand on s'en rafraîchit ils rejettent ce qu'ils ont absorbé, ce qui est considéré comme un lavage.

Le roi et la jeune mariée se lavent le visage : ce sont les paroles de Rabbi Eliézer ; les Sages l'interdisent. Elle est appelée jeune mariée pendant les trente jours qui suivent la 'houppa. Rabbi Its'hak ibn Ghiat a tranché comme les Sages, le Rif a tranché comme Rabbi Eliézer, et mon père, de mémoire bénie, s'est rangé à cet avis.

Quant à l'immersion de celui qui a eu une émission séminale (ba'al keri), le Rav Rabbi Yehouda de Barcelone a écrit qu'il s'immerge normalement, car nous avons appris : celui qui a une émission séminale le jour de Kippour descend et s'immerge ; le Bahag a écrit de même. Le Ram (Rabbi Méir) a écrit : puisque nous tenons que le ba'al keri n'a pas besoin d'immersion, ni pour la prière ni pour l'étude de la Torah, même les autres jours de l'année, nous allons dans le sens de la rigueur : il ne doit pas s'immerger à Yom Kippour ; mais si [la semence] est humide, il lave seulement cet endroit et l'essuie, et si elle est sèche, il la frotte avec la main ; ainsi a tranché Rabbénou Tam. Quant aux autres personnes tenues de s'immerger, il est écrit dans les Hala'hot Guédolot qu'elles s'immergent normalement à Yom Kippour ; Rabbénou Tam a écrit qu'elles ne s'immergent pas, et ce qui est enseigné, « toutes les personnes tenues de s'immerger s'immergent normalement le jour de Kippour », ne vaut que selon celui qui dit que l'immersion en son temps est une mitsva ; or nous tenons que ce n'est pas une mitsva. C'est pourquoi on attendra jusqu'au lendemain.