משנה ברורה

Michna Beroura — siman 139

Rabbi Yisrael Meir Kagan (Hafets Haim) · L'ordre de la lecture de la Torah et de ses bénédictions
En bref - de quoi parle ce chiour ?

Préparation personnelle avant de monter ; qui l'on appelle ou écarte ; aveugle et analphabète ; chaque montant bénit avant et après ; tenue, couverture et orientation du sefer Torah ; Barekhou et amen à voix haute ; erreurs de formulaires ; tenir le sefer pendant la bénédiction.

Attention : ceci n’est pas la halakha. C’est seulement une synthèse des points de cette page. La halakha est donnée par les rabanim.

SUJETPréparer avant de monter ; qui l’on appelle ; aveugle et analphabète ; bénédictions avant et après ; tenue du sefer ; Barekhou à voix haute
À FAIREPréparer la lecture à part soi
Même appelé, il ne monte pas sans avoir préparé. Les « deux fois l’Écriture » du vendredi comptent comme préparation
À FAIREChaque montant bénit avant et après
Instituté à cause de ceux qui entrent et sortent. Il voit d’abord le verset, puis bénit. Première bénédiction : on n’enroule pas (peine du tsibbour). Après la lecture : enrouler ou couvrir d’un tissu, puis bénir
À FAIREBarekhou et bénédictions à voix haute
Pour que tout le tsibbour réponde amen. « À voix basse » = moins de dix qui entendent
À FAIRETenir le sefer pendant la bénédiction
Tenir les colonnes. Usage d’embrasser ensuite
À ÉVITERS’attribuer soi-même l’honneur
Même le chef de la synagogue ne se pousse pas en avant, pour éviter les querelles. On n’appelle pas l’officant par son nom : il est déjà là
À ÉVITERLaisser le sefer ouvert d’un montant à l’autre
Ce n’est pas un honneur pour la Torah qu’elle attende ouverte. Temps long (kaddish, Mi shebérakh) : on couvre
OUIPersonne n’a préparé
Bediavad, pour ne pas annuler la lecture : quelqu’un qui sait les te’amim lit, on souffle à voix basse dans le houmach
OUIAveugle ou qui ne suit pas d’après l’écrit
Usage indulgent (Maharil) : l’officant lit d’après l’écrit, « celui qui entend est comme celui qui prononce »
NONParashat Para et Zakhor
A priori, on ne les fait pas lire à l’aveugle ni à celui qui ne peut pas suivre mot à mot d’après l’écrit
OUIErreur Asher ba'har / Asher natan
Première commencée par Asher natan : avant le Nom de la conclusion, reprendre Asher ba'har ; déjà dit Baroukh atta ה' : achever puis dire Asher ba'har après la lecture. Inverse pour la seconde
REMAUsage d’être indulgent pour appeler même qui ne lit pas mot à mot. Père inconnu : Taz et 'Hayé Adam — « fils d’Avraham ». Ne pas mentir sur les titres du père
On prépare, chacun bénit avant et après à voix haute, sefer tenu et honoré. Bediavad on est large pour l’aveugle et qui n’a pas préparé ; a priori Para et Zakhor restent plus stricts.

Glossaire

bediavad
après coup
lekhathila
a priori
te'amim
accents de lecture
sgan
celui qui appelle à la Torah
shomea keoneh
celui qui entend est comme celui qui prononce
gavra
montant appelé à la Torah

(א) לא יעלה - היינו אע"פ שקראוהו לעלות ואחז"ל [פרק הרואה] ג' דברים מקצרים ימיו של אדם ואחד מהן מי שנותנין לו ס"ת לקרות ואינו קורא הכא לא יעלה שצריך מתחלה לסדר בינו לבין עצמו ואסמכוהו חכמים אקרא דכתיב אז ראה ויספרה הכינה וגם חקרה:

Il ne montera pas - C'est-à-dire même si on l'a appelé à monter. Nos Sages ont dit (chapitre Haroé) que trois choses abrègent les jours de l'homme, et l'une d'elles est celui à qui l'on tend un sefer Torah pour lire et qui ne lit pas. Ici pourtant il ne montera pas, car il doit d'abord préparer [la lecture] à part soi. Les Sages l'ont appuyé sur le verset : « Alors Il la vit et l'exposa, Il la prépara et aussi l'examina ».

(ב) הוא צריך וכו' - ובדיעבד אם אין שם בביהכ"נ מי שסידר לעצמו מתחלה כדי שלא לבטל קריאה בצבור נוהגין להקל שיקרא אחד שיודע לנגן הטעמים אע"פ שלא סידר וקוראין לפניו בלחש מתוך החומש או הסידור ועיין לקמן בסימן קמ"ב במ"ב מה שנכתוב בזה:

Il doit etc. - Après coup (bediavad), s'il n'y a dans la synagogue personne qui ait préparé d'avance, afin de ne pas annuler la lecture publique, on a l'usage d'être indulgent : que lise quelqu'un qui sait chanter les accents (te'amim), même s'il n'a pas préparé, et l'on lit devant lui à voix basse dans le houmach ou le siddour. Voir plus loin au siman 142, dans le Michna Beroura, ce que nous écrirons à ce sujet.

(ג) תחלה - ומצוה מן המובחר שגם העולה יסדר תחלה בינו לבין עצמו ובשנים מקרא שקרא בע"ש יוצא כי נחשב בחשבון הסידור:

D'abord - Et c'est une mitsva de choix que celui qui monte prépare aussi d'abord à part soi. Par les « deux fois l'Écriture » qu'il a lues le vendredi, il s'acquitte, car cela entre dans le compte de la préparation.

(ד) צריך למחות וכו' - מתוך דברי המחבר מוכח דאפילו אם יכול לקרות עם הש"ץ מלה במלה מתוך הכתב ג"כ אין לקרותו כיון שיכול לקרוא לאחר אבל מדברי הטור לקמן בסימן קמ"א וכן מתשובת הרא"ש שהובא שם בב"י משמע דיש להקל בזה [פר"ח] ובפרט לפי מה שכתב בס"ד בשם מהרי"ל בודאי אין להחמיר בזה:

Il faut s'opposer etc. - Des paroles du Mé'haber il ressort que même s'il peut lire avec l'officant mot à mot d'après l'écrit, on ne l'appellera pas non plus, puisqu'on peut en appeler un autre. Mais des paroles du Tour plus loin au siman 141, et de même de la réponse du Roch rapportée là dans le Beit Yossef, il ressort qu'il y a lieu d'être indulgent en cela [Pri 'Hadash]. Et surtout d'après ce qu'il a écrit au seif 4 au nom du Maharil, il n'y a certainement pas lieu d'être strict en cela.

(ה) לא יעלה - לפי שאסור לקרות אפילו אות אחת שלא מן הכתב ועיין לקמן בס"ג בהג"ה דמנהגנו להקל בכל גוונא:

Il ne montera pas - Parce qu'il est interdit de lire même une seule lettre autrement que d'après l'écrit. Voir plus loin au seif 3 dans la glose : notre usage est d'être indulgent en tout cas.

(ו) ואפילו ראש הכנסת וכו' - וכ"ש אדם דעלמא והטעם שאין ראוי שיחלוק אדם כבוד לעצמו ועוד דלא ליתי לאנצויי שכל אחד יקדים עצמו:

Et même le chef de la synagogue etc. - Et à plus forte raison un homme ordinaire. La raison : il n'est pas convenable qu'un homme s'attribue de l'honneur à lui-même ; et encore, afin que l'on n'en vienne pas à des querelles, chacun se poussant en avant.

(ז) משום דהוי וכו' - שיעור הלשון כן הוא משום דהוי כאלו הרשוהו על כך משעה שמינוהו לש"ץ ובב"י מבואר יותר דכיון דעכשיו נוהגים שהש"ץ הוא הקורא במקום העולים א"כ כיון שהרשוהו להיות ש"ץ הרי הרשוהו לקרות בתורה ומסתמא לא קפדי אם יברך ג"כ אחרי שבלא"ה הוא הקורא:

Parce que c'est etc. - Le sens de la phrase est : parce que c'est comme s'ils l'y avaient autorisé dès l'heure où ils l'ont nommé officant. Dans le Beit Yossef c'est expliqué davantage : puisque maintenant on a l'usage que l'officant est le lecteur à la place de ceux qui montent, dès lors, puisqu'on l'a autorisé à être officant, on l'a autorisé à lire dans la Torah, et vraisemblablement on n'y tient pas s'il bénit aussi, puisqu'il est de toute façon le lecteur.

(ח) אין קורין לו בשמו - כיון שהוא עומד שם:

On ne l'appelle pas par son nom - Puisqu'il se tient déjà là.

(ט) שלא לביישו ברבים - ומ"מ לא יאמר תארים על אביו (כמו חבר או מורנו) כי אין לומר שקר רק יאמר בחפזון לבלי ירגישו העם. ודוקא באותה העיר כמו שכתב הרמ"א אבל אם בא לעיר אחרת ושואל אותו הסגן איך נקרא לתורה יאמר שם אבי אביו [דה"ח וש"א]:

Afin de ne pas l'humilier en public - Néanmoins, qu'il n'emploie pas de titres pour son père (comme 'haver ou Morénou), car on ne doit pas dire un mensonge ; qu'il le dise seulement à la hâte, pour que l'assemblée ne s'en aperçoive pas. Et seulement dans cette même ville, comme l'a écrit le Rema ; mais s'il est venu dans une autre ville et que le sgan lui demande comment on l'appelle à la Torah, qu'il dise le nom du père de son père [Derekh ha-'Hayim et d'autres].

(י) בשם אבי אמו - ומיירי שבאת אחת קודם שנאסף מן השוק ואמרה שהיא אמו [מ"א] ועיין בט"ז שדעתו דיש לקרותו בשם בן אברהם ובח"א ג"כ כתב שזהו יותר נכון:

Au nom du père de sa mère - Il s'agit du cas où une femme est venue avant qu'il n'ait été recueilli de la rue [en tant qu'enfant abandonné] et a dit qu'elle est sa mère [Magen Avraham]. Voir le Taz, dont l'avis est qu'on l'appelle « fils d'Avraham », et le 'Hayé Adam a aussi écrit que c'est plus correct.

(יא) ואם אינו ידוע - שם אבי אמו קורין אותו בשם בן אברהם על שם הכתוב כי אב המון גוים נתתיך:

Et s'il n'est pas connu - Le nom du père de sa mère : on l'appelle « fils d'Avraham », d'après le verset : « car père d'une multitude de nations Je t'ai établi ».

(יב) דעכשיו קורא סומא - וטעמו דכיון שאנו נוהגין שהש"ץ קורא והוא קורא מתוך הכתב שוב לא קפדינן על העולה דשומע כעונה:

Que maintenant un aveugle lit - Sa raison : puisque nous avons l'usage que l'officant lit, et qu'il lit d'après l'écrit, nous n'y tenons plus pour celui qui monte, car « celui qui entend est comme celui qui prononce ».

(יג) כמו שאנו וכו' - ר"ל שאנו נוהגין להקל אפילו אם אינו יכול לקרות עם הש"ץ מלה במלה מתוך הכתב וע"כ מטעם הנ"ל וה"ה בסומא. ולדינא כבר כתבו האחרונים דנהגו להקל כמהרי"ל ומ"מ לפרשת פרה ופרשת זכור נכון שלא לקרותן לכתחלה:

Comme nous etc. - C'est-à-dire que nous avons l'usage d'être indulgents même s'il ne peut pas lire avec l'officant mot à mot d'après l'écrit, et cela pour la raison susdite ; et de même pour l'aveugle. Pour la halakha, les A'haronim ont déjà écrit qu'on a pris l'usage d'être indulgent comme le Maharil. Néanmoins, pour parashat Para et parashat Zakhor, il convient de ne pas les leur faire lire a priori (lekhathila).

(יד) כל הקורין וכו' - אף דמדינא לא היה צריך לברך כ"א הראשון ברכה ראשונה והאחרון ברכה אחרונה והאמצעיים יוצאין בברכתן ואעפ"כ תקינו רבנן משום הנכנסין והיוצאין באמצע הקריאה [שלא ישמעו ברכת הפותח והחותם ויאמרו שקוראין בתורה בלי ברכה] שכל אחד ואחד מהעולין יברך בתחלה וסוף כמו שנהוג היום:

Tous ceux qui lisent etc. - Bien que de par la loi il n'aurait fallu que le premier bénisse la bénédiction initiale et le dernier la bénédiction finale, les intermédiaires s'acquittant par leurs bénédictions, néanmoins les Sages ont institué, à cause de ceux qui entrent et sortent au milieu de la lecture [afin qu'ils n'entendent pas la bénédiction de celui qui ouvre et de celui qui clôt et ne disent pas qu'on lit dans la Torah sans bénédiction], que chacun de ceux qui montent bénisse au début et à la fin, comme c'est l'usage aujourd'hui.

(טו) מברכין לפניה ולאחריה - הנה לאחריה שהיא ברכת אשר נתן לכו"ע דרבנן ולפניה שהיא ברכת אשר בחר יש דעות בין הפוסקים אם היא ד"ת או דרבנן וה"מ כשלא בירך עדיין ברכת התורה אבל אם בירך כבר ברכת התורה לכו"ע היא דרבנן שנתקנה משום כבוד הצבור כמ"ש ס"ח. אם טעה בברכת התורה ופתח אשר נתן לנו במקום אשר בחר אם נזכר קודם שאמר השם מהחתימה [דהיינו נותן התורה] יתחיל מאשר בחר בנו ואם כבר אמר בא"י אף שעדיין לא אמר נותן התורה יסיים אותה הברכה ולאחר הקריאה יאמר אשר בחר בנו [דה"ח]. עוד כתב שם אם אמר ברכה הראשונה כראוי ובברכה השניה טעה והתחיל אשר בחר בנו אם נזכר טרם אמרו בא"י נותן התורה יתחיל מאשר נתן לנו אבל אם לא נזכר עד לאחר שאמר בא"י נותן התורה יתחיל עוד הפעם מתחלת הברכה ואם נזכר לאחר בא"י קודם נותן התורה יאמר מיד אמ"ה אשר נתן לנו וכו':

Ils bénissent avant elle et après elle - Voici : celle d'après, qui est la bénédiction « Asher natan », est pour tous d'institution rabbinique ; celle d'avant, qui est la bénédiction « Asher ba'har », les décisionnaires sont partagés pour savoir si elle est de Torah ou d'institution rabbinique. Et cela seulement s'il n'a pas encore dit la bénédiction de la Torah ; mais s'il a déjà dit la bénédiction de la Torah, pour tous elle est d'institution rabbinique, instituée en l'honneur du tsibbour, comme il est écrit au seif 8. S'il s'est trompé dans la bénédiction de la Torah et a commencé « Asher natan lanou » au lieu de « Asher ba'har » : s'il s'en est avisé avant d'avoir dit le Nom de la conclusion [c'est-à-dire « noten haTorah »], qu'il recommence depuis « Asher ba'har banou » ; s'il a déjà dit « Baroukh atta ה' », même s'il n'a pas encore dit « noten haTorah », qu'il achève cette bénédiction et qu'après la lecture il dise « Asher ba'har banou » [Derekh ha-'Hayim]. Il a encore écrit là : s'il a dit la première bénédiction comme il faut et que, dans la seconde, il se soit trompé et ait commencé « Asher ba'har banou », s'il s'en est avisé avant d'avoir dit « Baroukh atta ה' noten haTorah », qu'il commence depuis « Asher natan lanou » ; mais s'il ne s'en est avisé qu'après avoir dit « Baroukh atta ה' noten haTorah », qu'il recommence encore une fois depuis le début de la bénédiction ; et s'il s'en est avisé après « Baroukh atta ה' » et avant « noten haTorah », qu'il dise aussitôt « Elohénou mélekh haolam asher natan lanou etc. ».

(טז) ורואה הפסוק - כדי שידע על מה הוא מברך:

Et il voit le verset - Afin qu'il sache sur quoi il bénit.

(יז) ואח"כ יברך - ר"ל שאין צריך לגלול הס"ת בשעת ברכתו וליכא למיחש שמא יאמרו ברכות כתובות בתורה והוא מברך מן הספר דהכל יודעין שאין ברכות כתובות בס"ת. ודוקא בברכה ראשונה לא חששו לזה משום טרחא דצבורא שיצטרכו להמתין עד שיחזיר ויפתח אבל בברכה אחרונה דליכא טעם זה וגם דבלא"ה צריך לגלול הס"ת בין גברא לגברא בודאי עדיף יותר שיגלול קודם הברכה וזהו שמסיים המחבר דלאחר שקורא גולל ומברך:

Et ensuite il bénira - C'est-à-dire qu'il n'est pas nécessaire d'enrouler le sefer Torah au moment de sa bénédiction, et l'on n'a pas à craindre que l'on dise : les bénédictions sont écrites dans la Torah et il bénit d'après le livre, car tout le monde sait que les bénédictions ne sont pas écrites dans le sefer Torah. Et seulement pour la première bénédiction on n'a pas craint cela, à cause de la peine du tsibbour, qui devrait attendre qu'il referme et rouvre ; mais pour la bénédiction finale, où cette raison n'existe pas, et où de toute façon il faut enrouler le sefer Torah d'un montant à l'autre, il est certainement préférable d'enrouler avant la bénédiction. C'est ce que conclut le Mé'haber : après qu'il a lu, il enroule et bénit.

(יח) יהפוך פניו וכו' - סבירא ליה דכיון דבזה ליכא טרחא דצבורא טוב לחוש גם בברכה ראשונה לחשש שלא יאמרו ברכות כתובות בתורה וכמו שכתבנו כעין זה בסקי"ז:

Il tournera son visage etc. - Il est d'avis que, puisqu'il n'y a pas ici de peine pour le tsibbour, il est bon de craindre aussi pour la première bénédiction le soupçon que l'on dise que les bénédictions sont écrites dans la Torah, comme nous l'avons écrit de façon analogue au seif katan 17.

(יט) שמאלו - דהוא ימין הקב"ה העומד לנגדו וכנ"ל סימן קכ"ג מיהו יש אחרונים שכתבו דהפיכת פניו אינו נכון דמראה עצמו כאלו אינו מברך על מה שיקרא רק על מידי אחרינא דהא מסלק פניו ממנו ויותר טוב להעצים עיניו שלא להסתכל בס"ת בשעת ברכה ועיין בבה"ל. יש נוהגין לשחות ולהשתחות בעת אמירת הברכה משום כבוד התורה וכתב הא"ר דעכ"פ לא ישחה גם בסוף הברכה דאז יהיה נראה כאלו מוסיף על השחיות שתקנו חכמים דאסור וכמו שכתוב לעיל בסימן קי"ג:

Sa gauche - Car c'est la droite de ה' qui se tient face à lui, comme plus haut au siman 123. Toutefois certains A'haronim ont écrit que tourner le visage n'est pas correct, car il se montre comme s'il ne bénissait pas sur ce qu'il va lire mais sur autre chose, puisqu'il en écarte son visage. Il est préférable de fermer les yeux pour ne pas regarder dans le sefer Torah pendant la bénédiction ; voir le Biour Halakha. Certains ont l'usage de s'incliner et de se prosterner au moment de dire la bénédiction, par honneur pour la Torah ; l'Eliyah Rabbah a écrit qu'en tout cas il ne s'inclinera pas aussi à la fin de la bénédiction, car alors il semblerait ajouter aux inclinaisons instituées par les Sages, ce qui est interdit, comme il est écrit plus haut au siman 113.

(כ) נהגו לכסות - אע"פ שמן הדין צריכה להיות מגוללת כמ"ש ס"ד מ"מ נהגו להיות פתוחה ובמקום גלילה מכסין בסודר קודם ברכה אחרונה:

On a pris l'usage de couvrir - Bien que de par la loi [le sefer] doive être enroulé, comme il est écrit au seif 4, néanmoins on a pris l'usage de le laisser ouvert, et à la place de l'enroulement on le couvre d'un tissu avant la bénédiction finale.

(כא) נהגו שיהא מגוללת - ולא סגי בכיסוי בעלמא וכתב הט"ז דלפי מנהג זה שוב א"צ כיסוי והכיסוי הוי טרחא יתירא ורק בעת שאומרים קדיש אחר הקריאה שפיר יש לכסות דאז מסתלק מן הקריאה וה"ה כל מקום שיש זמן ארוך כגון שמזמרין לחתן או שמאריכין במי שברך אז מכסין בסודר [אחרונים]:

On a pris l'usage qu'il soit enroulé - Et une simple couverture ne suffit pas. Le Taz a écrit que, selon cet usage, on n'a plus besoin de couverture, et la couverture est une peine superflue ; seulement au moment où l'on dit le kaddish après la lecture, il convient de couvrir, car alors on s'éloigne de la lecture. Et de même partout où il y a un temps long, par exemple quand on chante pour un marié ou qu'on allonge le Mi shebérakh, alors on couvre d'un tissu [A'haronim].

(כב) בין גברא לגברא - והטעם שאין להניחה פתוחה שאין כבוד לתורה שתהא פתוחה ותמתין עד שיבוא אחר:

D'un montant à l'autre - La raison : on ne le laissera pas ouvert, car ce n'est pas un honneur pour la Torah qu'elle reste ouverte et attende qu'un autre vienne.

(כג) ברכו וכו' - הטעם כמו שמסיים הרמ"א ואף הברכות כדי שיוכלו כל הצבור לענות אמן:

Barekhou etc. - La raison est comme le Rema la conclut ; et même les bénédictions, afin que tout le tsibbour puisse répondre amen.

(כד) טועה - דלמי אומר ברכו כשאומר בלחש. ובלחש נקרא כל דלית עשרה דצייתי כדין דבר שבקדושה דאינו בפחות מעשרה. ועיין במ"א דה"ה בקדיש יש ליזהר שלא לאומרו בלחש מהאי טעמא:

Il se trompe - Car à qui dit-il Barekhou s'il le dit à voix basse ? Et « à voix basse » s'entend de tout ce qui n'a pas dix personnes qui écoutent, selon la règle d'une chose de sainteté, qui n'existe pas à moins de dix. Voir le Magen Avraham : de même pour le kaddish, il faut prendre garde de ne pas le dire à voix basse, pour cette même raison.

(כה) שישמעו העם ויענו - מדברי הרמ"א משמע דס"ל דהאי י"א לא קאי רק על ברכו אבל בברכות אינו מעכב בדיעבד אם בירך בלחש ועיין בבה"ל מה שכתבתי בזה אבל לכתחלה בודאי מצוה לאומרן בקול רם וכנ"ל:

Pour que le peuple entende et réponde - Des paroles du Rema il ressort qu'il estime que ce « certains disent » ne porte que sur Barekhou, mais que pour les bénédictions ce n'est pas dirimant après coup (bediavad) s'il a béni à voix basse ; voir le Biour Halakha ce que j'ai écrit à ce sujet. Mais a priori (lekhathila) c'est certainement une mitsva de les dire à voix haute, comme plus haut.

(כו) את המברך - היינו כשאמר ברכו:

Celui qui bénit - C'est-à-dire quand il a dit Barekhou.

(כז) אע"פ ששמעו החזן וכו' - עיין לעיל בסימן נ"ז סק"ב במ"ב ובה"ל מה שכתבנו שם:

Bien qu'ils aient entendu le hazzan etc. - Voir plus haut au siman 57 seif katan 2, dans le Michna Beroura et le Biour Halakha, ce que nous y avons écrit.

(כח) חוזר המברך וכו' - עיין לעיל שם בסק"ד מה שכתבתי שם:

Celui qui bénit répète etc. - Voir plus haut là-même au seif katan 4 ce que j'y ai écrit.

(כט) ותיכף קראוהו וכו' - היינו שלא אמר שום פסוק אח"כ:

Et aussitôt on l'a appelé etc. - C'est-à-dire qu'il n'a dit aucun verset ensuite.

(ל) דמשום כבוד התורה וכו' - ר"ל ולא הוי ברכה זו ברכה יתירתא ומ"מ כדי שלא יהיה ברכה הראשונה בכדי כתב הפר"ח וכן שארי אחרונים דיראה לקרוא עכ"פ פסוק אחד כגון יברכך דרך הילוכו לס"ת:

Parce que c'est l'honneur de la Torah etc. - C'est-à-dire que cette bénédiction n'est pas une bénédiction superflue. Néanmoins, afin que la première bénédiction ne soit pas en vain, le Pri 'Hadash et d'autres A'haronim ont écrit qu'il veillera à lire au moins un verset, par exemple « Yevarekhekha », sur son chemin vers le sefer Torah.

(לא) כבר נפטר מלברך ברכת אב"ב וכו' - דיצא במה שבירך על התורה ברכה זו:

Il est déjà dispensé de dire la bénédiction Ahavat olam etc. - Car il s'est acquitté par cette bénédiction qu'il a dite sur la Torah.

(לב) דלא גרע ממי שנפטר וכו' - וכמבואר לעיל בסימן מ"ז ס"ז. וכתבו האחרונים דמ"מ לא דמי לגמרי לנפטר באהבה רבה דהתם יצא בזה גם ברכת אקב"ו לעסוק וגם הערב נא משא"כ הכא לא נפטר רק מברכת אשר בחר בנו לבד אבל אידך צריך להשלים ויאמר אח"כ ברכת כהנים שרגילין לומר תמיד:

Car il n'est pas moindre que celui qui s'est acquitté etc. - Comme il est exposé plus haut au siman 47 seif 7. Les A'haronim ont écrit que néanmoins cela ne ressemble pas entièrement à celui qui s'acquitte par Ahavah rabbah : là-bas il s'acquitte aussi de « asher kiddeshanou… laasoq » et de « vehaarev na », alors vis-à-vis d'ici il n'est dispensé que de la seule bénédiction « Asher ba'har banou », mais les autres il doit les compléter, et il dira ensuite la bénédiction des kohanim que l'on a l'habitude de dire toujours.

(לג) וחיי העולם - ומנהגנו לומר וחיי עולם [אחרונים]:

Et la vie du monde - Et notre usage est de dire « ve'hayé olam » [A'haronim].

(לד) נטע בתוכנו הוא וכו' - ע"ש הכתוב דברי חכמים כדרבונות וכמשמרות נטועים:

Il a planté au milieu de nous etc. - D'après le verset : « Les paroles des sages sont comme des aiguillons, et comme des clous plantés ».

(לה) בס"ת בשעת ברכה - היינו דיאחוז בעמודי ס"ת ועיין בב"ח וט"ז שהסכימו דבעת הקריאה צריך ג"כ לאחוז בס"ת. יש נוהגין לאחוז אז ביריעות עצמן ע"י מפה ועיין במ"א. אחר הקריאה מנהג לנשק הס"ת וכשנזדמן לו רוק ירוק [אך מן הצד ולא כנגד הס"ת דאסור כמבואר ביו"ד סימן ר"ע] ואח"כ ינשק ולא ינשק ואח"כ ירוק [אחרונים]:

Dans le sefer Torah au moment de la bénédiction - C'est-à-dire qu'il tienne les colonnes du sefer Torah. Voir le Bach et le Taz, qui ont convenu qu'au moment de la lecture il faut aussi tenir le sefer Torah. Certains ont l'usage de tenir alors les feuilles elles-mêmes par l'intermédiaire d'une nappe ; voir le Magen Avraham. Après la lecture, l'usage est d'embrasser le sefer Torah ; et s'il lui est arrivé d'avoir de la salive verte [seulement de côté, et non en face du sefer Torah, ce qui est interdit, comme exposé dans Yoré Déa siman 270], qu'il crache d'abord puis embrasse, et non l'inverse [A'haronim].

(לו) ספר התורה הזה - דמשמע שתופסה בידו:

Ce sefer Torah - Car cela implique qu'il le tient dans sa main.