משנה ברורה

Michna Beroura — siman 138

Rabbi Yisrael Meir Kagan (Hafets Haim) · Ne pas laisser dans une parasha moins de trois versets
En bref - de quoi parle ce chiour ?

On ne s'arrête pas et on ne commence pas à moins de trois versets d'une parasha ouverte ou fermée, à cause de ceux qui sortent ou entrent entre les appelés ; on commence et l'on achève par une chose bonne.

Attention : ceci n’est pas la halakha. C’est seulement une synthèse des points de cette page. La halakha est donnée par les rabanim.

SUJETNe pas laisser dans une parasha (ouverte ou fermée) moins de trois versets — commencer et achever par une chose bonne
À FAIRELaisser au moins 3 versets avant la prochaine parasha
ceux qui sortent entre les appelés croiraient sinon que le suivant ne lit que deux versets
À FAIRENe pas commencer 2 versets après une parasha
ceux qui entrent croiraient que le précédent n’a lu que deux versets depuis le début
À FAIREMême règle pour les ajoutés et le maftir
si une parasha finale a 5 versets, le maftir la lit tout entière (on peut relire ces 5)
À FAIRECommencer et achever par une chose bonne
bien d’Israël (le bien d’un idolâtre n’est pas un bien) ; ne pas terminer par une chose mauvaise pour Israël
À ÉVITERS’arrêter à 2 versets d’une parasha ouverte ou fermée
« parasha » = petou’ha/setouma, non chéni/chelichi
À ÉVITERAppeler un estropié, un aveugle ou un suspect à la parasha qui le vise
Séfer ’Hassidim : pas de parasha d’aveugle à un aveugle, ni arayot à un suspect, etc.
À ÉVITERPensée étrangère du ’hazan
ne pas penser à bénir quelqu’un à l’heure des bénédictions ni à maudire à l’heure des malédictions — lire la Torah pour elle-même
OUIErreur : fini à 2 versets avant la parasha, sujet achevé
le suivant recommence un verset à rebours
OUIErreur : sujet non achevé
le suivant part de l’arrêt, lit ces 2 versets + au moins 3 de la parasha suivante
OUIAchever pile à la fin de la parasha
permis de s’y arrêter : ce n’est pas un « changement » qui éveille le soupçon
OUIParasha au milieu d’un verset (début Pinh’as)
permis de terminer au verset voisin : on ne termine jamais au milieu d’un verset
OUIRoch ’Hodech « et au jour du Chabbat »
permis a priori de s’arrêter après cette petite parasha de 2 versets (jointe à 3 versets d’avant)
NONMaftir parti des 3 derniers versets
même sans bénédiction finale encore, on ne revient pas au début de la parasha : cette lecture suffit
NONBediavad, premier fini 2 versets après la parasha
le second ne revient pas au début : il continue depuis l’arrêt
NONSeder de Pinh’as en semaine
a priori on ne s’arrête pas après « et au jour du Chabbat » (certains sont rigoureux sur toute petite parasha hors Roch ’Hodech)
REMATout cela lekhathila ; après coup on n’est pas rigoureux à cause des entrants et sortants. Relire pour le maftir les 5 versets déjà lus par le 7e : permis. Ne pas terminer par celui qui a commis un acte mauvais.
On ne s’arrête ni ne commence à moins de 3 versets d’une petou’ha/setouma, à cause de ceux qui entrent ou sortent. On commence et l’on achève par une chose bonne pour Israël.

Glossaire

lekhathila
a priori
bediavad
après coup
parasha petouha
parasha ouverte (alinéa dans le sefer Torah)
parasha setouma
parasha fermée (espace au milieu de la ligne)
seliq inyan
le sujet s'achève
neteq / netaqim
teigne, plaies de la tête
arayot
unions interdites
maftir
dernier appelé, qui lit aussi la haftara
olè
celui qui monte à la Torah

(א) לא ישייר וכו' - היינו שלא יסיים לשום אחד מהעולים סמוך להתחלת הפרשה שאחריה פחות משלשה פסוקים מפני היוצאין בין גברא לגברא שיסברו שזה שיעלה אחריו לא יקרא רק ב' פסוקים עד הפרשה [פרשה היינו פתוחה או סתומה ולא מה שהעולם קוראין פ' דהיינו שני שלישי והוא טעות גמור] ויסברו לומר שמותר הקריאה אפילו בפחות מג' פסוקים. ואם טעה וסיים שני פסוקים סמוך לפרשה ובירך לאחריה אי סליק ענינא כגון בפרשת המועדות שטעה ברביעי ולא שייר רק ב' פסוקים מתחיל עם החמישי פסוק אחד למפרע ואי לא סליק ענינא אין העולה אחריו מתחיל למפרע פסוק אחד אלא יתחיל לקרות ממקום שסיים העולה שלפניו ויקרא אותן שני פסוקים ועוד שלשה פסוקים או יותר מפרשה של אחריה:

On ne laissera pas, etc. — c'est-à-dire qu'on ne fera terminer à aucun des montants, près du début de la parasha suivante, à moins de trois versets, à cause de ceux qui sortent entre un homme et l'autre : ils croiraient que celui qui montera après lui ne lira que deux versets jusqu'à la parasha [parasha signifie ouverte ou fermée, et non ce que le monde appelle « parasha », c'est-à-dire chéni, chelichi, ce qui est une erreur complète] et croiraient que le reste de la lecture [se fait] même en moins de trois versets. Si l'on s'est trompé et qu'on a terminé deux versets près de la parasha, et qu'on a béni après : si le sujet s'achève, comme dans la parasha des fêtes où le quatrième s'est trompé et n'a laissé que deux versets, le cinquième commence un verset à rebours. Si le sujet ne s'achève pas, celui qui monte après lui ne commence pas un verset à rebours : il commencera à lire à l'endroit où a terminé celui d'avant, lira ces deux versets, plus encore trois versets ou davantage de la parasha suivante.

(ב) וכן לא יתחיל וכו' - דהיינו שלא יסיים עם הראשון שני פסוקים אחר הפרשה דא"כ יתחיל השני שני פסוקים אחר הפרשה ויאמרו הנכנסים בין גברא לגברא שזה שקרא לפניו לא קרא אלא ב' פסוקים שמראש הפרשה עד כאן ואין חילוק בכל זה בין קריאת השבעה או אותן שקורין להוספה. ואפילו המפטיר לא יתחיל שני פסוקים לאחר הפרשה כגון שיש פרשה בסוף של ה' פסוקים אלא יקרא כולה. [ואף אם העולה שביעי או אחרון לא קראו לפניו רק ה' פסוקים אלו יכול לחזור ולקרות אותם לקורא המפטיר] ומ"מ אם התחיל המפטיר מג' פסוקים האחרונים וקרא משם אע"פ שעדיין לא בירך ברכה אחרונה א"צ לחזור ולהתחיל מתחלת הפרשה ודי בקריאה זו:

De même on ne commencera pas, etc. — c'est-à-dire qu'on ne fera pas terminer au premier deux versets après la parasha : car alors le second commencerait deux versets après la parasha, et ceux qui entrent entre un homme et l'autre diraient que celui qui a lu avant lui n'a lu que deux versets, du début de la parasha jusqu'ici. Il n'y a pas de différence en tout cela entre la lecture des sept et ceux qu'on appelle en ajout. Même le maftir ne commencera pas deux versets après la parasha : par exemple s'il y a une parasha de cinq versets à la fin, il la lira tout entière. [Même si l'olè septième ou dernier n'a lu avant lui que ces cinq versets, on peut les relire pour le lecteur du maftir.] Néanmoins, si le maftir a commencé aux trois derniers versets et a lu de là, même s'il n'a pas encore béni la bénédiction finale, on n'a pas à revenir commencer au début de la parasha : cette lecture suffit.

(ג) מפני הנכנסים וכו' - וכ"ז לכתחלה אבל בדיעבד אם קרא להראשון וסיים שני פסוקים אחר הפרשה ובירך לאחריה לא יתחיל השני העולה אחריו מראש הפרשה אלא יקרא ממקום שסיים הראשון ואילך דאין להחמיר בדיעבד משום חשש נכנסין ויוצאין וכנ"ל בסוף סק"א:

À cause de ceux qui entrent, etc. — Et tout cela lekhathila (a priori). Mais bediavad (après coup), si l'on a fait lire au premier et qu'il a terminé deux versets après la parasha et béni après, le second qui monte après lui ne commencera pas au début de la parasha : il lira à partir de l'endroit où le premier a terminé et au-delà. On n'a pas à être rigoureux après coup à cause de la crainte de ceux qui entrent et sortent, comme plus haut à la fin du seif qatan 1.

(ד) מותר לשייר בתחלה - ר"ל לשייר אצל הפרשה ואין לחוש משום היוצאין שיאמרו שהקורא אחריו לא יקרא אלא שני פסוקים דכל שאין רואין שינוי לא חיישינן דדוקא אם יניח שני פסוקים בפרשה שמסיים בה זה הוי שינוי ומביא לידי חשד משא"כ כשגומר הפרשה שעומד בה אין כאן שינוי וה"ה שמותר לקרוא הפרשה הזאת [בצירוף מה שקרא לפניה] ולהפסיק אחריה ולא חיישינן שמא יאמרו הנכנסין אח"כ שלא קרא אלא הפרשה הזאת בלבד שהיא שני פסוקים דדוקא בעלמא דמפסיק באמצע הפרשה חיישינן דיאמרו הנכנסין שמסתמא לא קרא אלא ב' פסוקים דאל"ה למה קרא להלן ולא סיים בגמר הפרשה משא"כ הכא דבאמת סיים בגמר הפרשה ליכא למיחש למידי ויש מחמירין בזה שאין לעשות כן לכתחלה כ"א בקריאת ר"ח שקורין וביום השבת לשלישי [בצירוף מה שקראו לפניו ג"פ מפרשה הקודמת] שיש בה רק שני פסוקים אבל כשקורין פרשת השבוע בסדר פינחס אין להפסיק אחר וביום השבת לכתחלה וכה"ג בשארי מקומות כשאירע פרשה קטנה. כתב המ"א אם הפרשה היא באמצע פסוק כגון בתחלת פרשת פינחס בפסוק ויהיה אחרי המגפה שיש פיסקא באמצע פסוק מותר לסיים בפסוק הסמוך לו שאין חשש שהיוצאין יאמרו שהעולה אחריו לא יקרא רק עד הפיסקא ההוא שהכל יודעין שאין מסיימין באמצע פסוק אע"פ שיש שם פרשה:

Il est permis de laisser au début — c'est-à-dire de laisser auprès de la parasha, et l'on n'a pas à craindre que ceux qui sortent disent que le lecteur après lui ne lira que deux versets : tant qu'on ne voit pas de changement, on ne craint pas. C'est uniquement si l'on laisse deux versets dans la parasha où celui-ci termine que cela constitue un changement et amène au soupçon. En revanche, lorsqu'on achève la parasha où l'on se trouve, il n'y a pas de changement. De même, il est permis de lire cette parasha [jointe à ce qu'on a lu avant elle] et de s'arrêter après elle : on ne craint pas que ceux qui entreront ensuite disent qu'il n'a lu que cette parasha seule, qui a deux versets. C'est uniquement en général, lorsqu'on s'arrête au milieu d'une parasha, qu'on craint que ceux qui entrent disent : probablement il n'a lu que deux versets, sinon pourquoi a-t-il lu plus loin sans terminer à la fin de la parasha. Ici, puisqu'en vérité il a terminé à la fin de la parasha, il n'y a rien à craindre. Certains sont rigoureux là-dessus : on ne le fera pas a priori, sinon dans la lecture de Roch 'Hodech, où l'on lit « et au jour du Chabbat » pour le troisième [joint à trois versets de la parasha précédente qu'on a lus avant lui], qui n'a que deux versets. Mais lorsqu'on lit la parasha de la semaine dans le seder de Pinh'as, on ne s'arrêtera pas a priori après « et au jour du Chabbat », et de même aux autres endroits où survient une petite parasha. Le Magen Avraham a écrit : si la parasha est au milieu d'un verset, comme au début de parashat Pinh'as, au verset « et ce fut après la plaie », où il y a une pause au milieu du verset, il est permis de terminer au verset voisin, car il n'y a pas à craindre que ceux qui sortent disent que celui qui monte après lui ne lira que jusqu'à cette pause : tous savent qu'on ne termine pas au milieu d'un verset, même s'il y a là une parasha.

(ה) בדבר טוב - של ישראל דטובת עובד גלולים אינה קרויה טובה וכן לענין לסיים בדבר רע היינו של ישראל. כתב בספר חסידים סימן תש"ע יזהר החזן שלא יקרא למי שהוא עור או פסח בפרשה עורת או שבור או למי שראשו נתק בפרשת נתקים ולא יקרא למי שחשוד על עריות בפרשת עריות וכן בכל דבר ודבר. ואין לחזן לחשוב לברך אחד בשעת ברכות או לקלל בשעה שקורא הקללות והטעם שצריך שיהיה כונתו לקרות בתורה לשמה ולא לשם מחשבה זרה:

Par une chose bonne — d'Israël : le bien d'un idolâtre n'est pas appelé un bien. De même, pour terminer par une chose mauvaise, c'est-à-dire mauvaise pour Israël. Le Séfer 'Hassidim siman 770 a écrit : que le 'hazan prenne garde de ne pas appeler un aveugle ou un estropié à une parasha d'aveugle ou de brisé, ni quelqu'un dont la tête est atteinte de neteq à la parasha des netaqim, ni quelqu'un soupçonné de fautes d'immoralité à la parasha des arayot, et ainsi en toute chose. Le 'hazan ne doit pas penser à bénir quelqu'un à l'heure des bénédictions, ni à maudire à l'heure où il lit les malédictions. La raison : il faut que son intention soit de lire dans la Torah pour elle-même, et non pour une pensée étrangère.

(ו) ויסיים בדבר טוב - ואין לסיים במי שעשה מעשה רע:

Et il terminera par une chose bonne — et l'on ne terminera pas par celui qui a commis un acte mauvais.