טור אורח חיים

Tour Orah Haim — siman 200

Rabbi Yaakov ben Asher (Baal HaTour) · Celui qui interrompt son repas pour le zimmoun
En bref - de quoi parle ce chiour ?

Trois qui ont mangé ensemble : l’un interrompt pour deux, non l’inverse. On attend jusqu’à la fin de Birkat ha-Zan (halakha comme Rav Chéchet). S’il remange, il reprend à Birkat ha-Zan ; sinon, à Birkat ha-Arets. Rav Haï et le Raavad exigent un nouveau ha-Motsi ; le Roch et le Bahag s’y opposent. Trois qui interrompent pour sept n’attendent que « Névarekh Élohénou ». On peut interrompre une seconde fois.

Glossaire

zimmoun
invitation collective à bénir après le repas, à partir de trois
derekh érets
bienséance
lifnim mi-chourat ha-din
au-delà de la stricte exigence de la loi
Birkat ha-Zan
première bénédiction du Birkat hamazone (« Qui nourrit »)
Birkat ha-Arets
deuxième bénédiction du Birkat hamazone
Nodeh lekha
début de Birkat ha-Arets
ha-Motsi
bénédiction sur le pain
hésse’h ha-da’at
distraction de l’esprit
lemafre’a
rétroactivement
Névarekh
formule d’ouverture du zimmoun
Névarekh Élohénou
formule du zimmoun à dix
Bahag
auteur des Halakhot Guedolot

שלשה שאכלו כאחד אחד מפסיק לשנים ואין שנים מפסיקין לאחד פירש"י דרך ארץ הוא שיהיה אחד מפסיק סעודתו לשנים עד שיזמנו עד הזן דהיינו ברכת הזימון וחוזר וגומר סעודתו אבל שנים אין להם להפסיק לאחד אם לא שירצו לעשות לו לפנים משורת הדין והר"י כתב שאחד חייב להפסיק לשנים והראב"ד כתב לכאורה משמע שאם לא היה פוסק לא היו מזמנין עליו ולא היא אלא הם מזמנין עליו אע"פ שדעתו לאכול אלא שהוא צריך לפסוק כדי שיצא עמהם ידי זימון שכבר נתחייב בו ע"כ. ומפסיק עד שיסיימו ברכת הזן דגרסינן בפ' ג' שאכלו עד היכן ברכת הזימון פי' ג' שאכלו והוצרך אחד מהם לצאת עד היכן ברכת הזימון שצריך לישב עד שיגמרו אותה שאין זימון בפחות מג' ר"נ אמר עד נברך כלומר ישב עד שיאמרו נברך שאכלנו משלו ובטובו חיינו שזהו ברכת הזימון שצריך ג' ורב ששת אמר עד שיגמרו ברכת הזן והלכה כרב ששת וכמו שהיחיד אינו יכול לצאת קודם שיגמור ברכת הזן ה"ה נמי אם מפסיק לב' אינו יכול לאכול קודם ולאחר שיגמור הוא סעודתו יתחיל הוא בברכת הזן דנהי שיצא ידי זימון על מה שאכל במה שהפסיק להם מ"מ צריך לברך ג' ברכות על מה שאכל אח"כ אבל אם לא אכל אח"כ א"צ לחזור לראש אלא לברכת הארץ: כתב רב האי שאחד שמפסיק לשנים צריך לחזור ולברך המוציא וכ"כ הראב"ד שצריך ליטול ידים ולבצוע דהוה ליה כבני חבורה שיצאו לקראת חתן שצריכין ברכה למפרע. וכתב א"א ז"ל ונ"ל דלישנא דמפסיק לא משמע כדבריהם דלדבריהם אין כאן הפסקת סעודה ולא דמי לבני חבורה שעקרו רגליהם דהכא אינו זז ממקומו וגם אין כאן היסח הדעת אלא חוזרים וגומרים סעודתן בלא ברכה וכ"כ בה"ג כתב אחי ה"ר יחיאל ז"ל שאלתי לא"א ז"ל לפר"י שפירש שהיחיד המפסיק לשנים מתחיל בנודה לך א"כ שלשה שהפסיקו לז' אם יזמנו הם והשיבני יחזרו לראש כדין זימון נברך שאכלנו משלו כי לא נצטרפו אלא לאלהינו ומיד כשאומר נברך אלהינו היו הג' רשאין לאכול לכך יחזרו לראש אבל אחד המפסיק לשנים צריך להמתין עד סוף ברכת הזן לכן נפטר מברכה ראשונה לר"י ע"כ ואני כבר כתבתי שחוזר לראש ברכת הזן ומ"מ למדנו מדבריו לענין ג' שמפסיקין שאין צריכין להפסיק אלא עד שיאמר נברך אלהינו ועוד כתב אחי ה"ר יחיאל ז"ל ושאלתיו עוד מי שהפסיק פעם אחת אם יכול להפסיק פעם שנית והשיבני שכן:

Trois qui ont mangé ensemble : l’un interrompt pour deux, et deux n’interrompent pas pour un. Rachi a expliqué : c’est une règle de bienséance (derekh érets) qu’un seul interrompe son repas pour deux, jusqu’à ce qu’ils fassent le zimmoun jusqu’à « ha-Zan », c’est-à-dire la bénédiction du zimmoun ; puis il reprend et achève son repas. Mais deux n’ont pas à interrompre pour un, à moins qu’ils veuillent agir envers lui au-delà de la stricte exigence de la loi. Rabbénou Yona a écrit qu’un seul est tenu d’interrompre pour deux. Le Raavad a écrit : à première vue, il semblerait que s’il n’interrompait pas, on ne ferait pas le zimmoun sur lui ; or il n’en est rien — ils font le zimmoun sur lui bien qu’il ait l’intention de continuer à manger ; seulement, il doit interrompre afin de s’acquitter avec eux du zimmoun auquel il s’est déjà obligé. Fin de ses paroles. Il interrompt jusqu’à ce qu’ils aient achevé Birkat ha-Zan. Car on lit au chapitre « Trois qui ont mangé » : jusqu’où va la bénédiction du zimmoun ? C’est-à-dire : trois qui ont mangé et l’un d’eux a dû sortir — jusqu’où va la bénédiction du zimmoun qu’il doit rester assis jusqu’à ce qu’ils l’aient achevée, puisqu’il n’y a pas de zimmoun à moins de trois. Rav Na’hman a dit : jusqu’à « Névarekh », c’est-à-dire qu’il reste assis jusqu’à ce qu’ils disent « Névarekh che-akhalnou mi-chelo ou-ve-touvo ‘hayinou », car c’est là la bénédiction du zimmoun qui requiert trois. Rav Chéchet a dit : jusqu’à ce qu’ils aient achevé Birkat ha-Zan. La halakha est selon Rav Chéchet. De même que l’individu ne peut pas sortir avant d’avoir achevé Birkat ha-Zan, de même s’il interrompt pour deux, il ne peut pas manger auparavant. Après qu’il a achevé son repas, il commence par Birkat ha-Zan : car bien qu’il se soit acquitté du zimmoun pour ce qu’il avait mangé lorsqu’il s’est interrompu pour eux, il doit néanmoins réciter les trois bénédictions [du Birkat hamazone] sur ce qu’il a mangé ensuite. Mais s’il n’a pas mangé ensuite, il n’a pas à revenir au début, seulement à Birkat ha-Arets. Rav Haï a écrit que celui qui interrompt pour deux doit de nouveau bénir ha-Motsi. Le Raavad a écrit de même qu’il doit se laver les mains et rompre le pain, car c’est comme des convives qui sont sortis à la rencontre d’un marié, lesquels ont besoin d’une bénédiction rétroactivement (lemafre’a). Mon maître mon père z"l a écrit : il me semble que le terme « interrompt » n’implique pas leurs propos ; car selon eux, il n’y a pas ici d’interruption du repas. Cela ne ressemble pas à des convives qui ont quitté leur place : ici il ne bouge pas de sa place, et il n’y a pas non plus d’hésse’h ha-da’at ; ils reprennent et achèvent leur repas sans bénédiction. Ainsi a aussi écrit le Bahag. Mon frère R. Ye’hiel z"l a écrit : j’ai demandé à mon maître mon père z"l, selon l’explication de Rabbénou Yona qui a interprété que l’individu qui interrompt pour deux commence par « Nodeh lekha » — dès lors, trois qui ont interrompu pour sept, feront-ils eux-mêmes le zimmoun ? Il m’a répondu : ils reviennent au début, selon la règle du zimmoun « Névarekh che-akhalnou mi-chelo », car ils ne se sont joints que pour « Élohénou » ; et dès qu’on dit « Névarekh Élohénou », les trois étaient autorisés à manger ; c’est pourquoi ils reviennent au début. Mais un seul qui interrompt pour deux doit attendre jusqu’à la fin de Birkat ha-Zan ; c’est pourquoi, selon Rabbénou Yona, il est dispensé de la première bénédiction. Fin de citation. Et moi, j’ai déjà écrit qu’il revient au début de Birkat ha-Zan. Néanmoins, nous avons appris de ses paroles, au sujet de trois qui interrompent, qu’ils n’ont besoin d’interrompre que jusqu’à ce qu’on dise « Névarekh Élohénou ». Mon frère R. Ye’hiel z"l a encore écrit : je lui ai encore demandé si celui qui a déjà interrompu une fois peut interrompre une seconde fois ; il m’a répondu que oui.