טור אורח חיים

Tour Orah Haim — siman 199

Rabbi Yaakov ben Asher (Baal HaTour) · Sur qui l’on fait le zimoun et sur qui l’on ne le fait pas
En bref - de quoi parle ce chiour ?

Qui l’on inclut au zimoun : servant, Kouti, am haarets, idolâtre, converti, onen, femmes-esclaves-mineurs, androginos et toumtoum, mineur selon l’âge et les deux poils.

Glossaire

kezayit
volume d’une olive
zimoun
invitation collective à Birkat hamazone
Kouti
Samaritain
haver
compagnon observant
am haarets
ignorant en Torah
onen
endeuillé avant l’inhumation
androginos
personne présentant les deux sexes
toumtoum
personne au sexe indiscernable
houmach
Pentateuque
avec le Nom (בשם)
avec la mention d’Éloheinou dans le zimoun à dix
senif (סניף)
appoint pour compléter le compte

שמש שאכל כזית מזמנין עליו והכותי (הוא שומרוני) אם הוא חבר מזמנין עליו ורב אלפס כתב והאידנא הם עכו"ם גמורין ואין מזמנין עליהן תניא עם הארץ אין מזמנין עליו והאידנא אמר ר"י שמזמנין עם עם הארץ כדי שלא יהא כל אחד בונה במה לעצמו פי' אם היו פורשין מהם היו גם הם פורשין מן הציבור לגמרי וכ"כ ר"ח האידנא רגילין לזמן אפי' עם עם הארץ גמור: עכו"ם אין מזמנין עליו ואפי' גר שמל ולא טבל לא (היו בזמן התלמוד) מזמנין עליו שאינו גר עד שימול ויטבול: וכן האונן בחול שהוא פטור מלברך אין מזמנין עליו: ור"ת לא היה מניח אפי' לגר גמור (בא"י) לברך ברה"מ שאינו יכול לומר שהנחלת לאבותינו ותניא בספרי אשר נשבעת לאבותינו פרט לגרים ולעבדים משוחררים וכ"כ בה"ג: ור"י כתב שיכול לברך שיכול לומר לאבותינו דכתיב אב המון גוים נתתיך ודרשינן מתחילה אב לארם מכאן ואילך לכל העולם: נשים ועבדים וקטנים אין מזמנין עליהן ת"ר נשים מזמנות לעצמן ועבדים מזמנין לעצמן נשים ועבדים וקטנים אם רצו לזמן אין מזמנין משמע דנשים מזמנות לעצמן וחייבות לעשות כן ובאשכנז לא נהגו כן ויש מפרשים כדי לקיים המנהג הא דקאמר נשים מזמנות לעצמן פי' אם רצו אבל חובה ליכא וכן פירש"י וא"א הרא"ש ז"ל פי' דעל כרחך חייבות קאמר דתניא בערכין (ג.) הכל חייבין בזימון וקאמר הכל לאתויי מאי לאתויי נשים והיינו על כרחך לחיובא מדקאמר הכל חייבין: וה"ר יהודה הכהן היה מורה הלכה למעשה להצטרף אשה לזימון והיה מביא ראיה מדבעי תלמודא בפ' מי שמתו נשים בברה"מ דאורייתא או דרבנן וקאמר למאי נפקא מינה להוציא אחרים י"ח מכלל דפשיטא ליה דמצטרפות דאי לא תימא הכי אדמיבעיא ליה אם יכולות להוציא תיבעי ליה אם מצטרפות והר"מ מרוטנבורק השיב על דבריו וכתב שאין מצטרפות והרמב"ם ז"ל כתב נשים ועבדים וקטנים אין מזמנין עליהם אבל מזמנין לעצמם ולא תהא חבורה של נשים עבדים וקטנים מזמנות יחד אלא נשים לעצמן ועבדים לעצמן וקטנים לעצמן ובלבד שלא יזמנו בשם אנדרוגינוס מזמן למינו ואינו מזמן לא לנשים ולא לאנשים וטומטום אינו מזמן כלל: א"ר נחמן קטן היודע למי מברכין מזמנין עליו ופירש ר"ח דמיירי שנכנס בשנת י"ג ולא הביא ב' שערות ידועות שעדיין הוא קטן אע"פ שהוא בשנת י"ג ואם הוא יודע למי מברכין מזמנין עליו. ורב אלפס כתב ואנן לא סבירא לן הכי כיון דקרי ליה קטן אפי' בן ט' שנים או י' אם יודע למי מברכין מזמנין עליו וכן כתב הרמב"ם ז"ל שמצטרף בין לג' בין לי': וה"ר פרץ חילק שמצטרף לי' ולא לג' וכ"כ רב האי שמצטרף לי' ולא לג': ויש נוהגין לצרפו ע"י חומש שבידו ואינו מנהג. וא"א ז"ל הביא ההוא דירושלמי א"ר יוסי כמה זימנין אכלינא עם תחליפא אבא ועם בנימין בר שישא חביבי ולא זימנו עלי עד דאייתיתי ב' שערות וכ' הלכך המחוור שבכולם אין עושין קטן סניף לי' לב"ה ולתפלה ולג' עד שיביא ב' שערות:

Un servant qui a mangé un kezayit, on l’inclut au zimoun. Le Kouti (c’est un Samaritain), s’il est haver, on l’inclut au zimoun ; Rav Alfas a écrit : de nos jours ils sont des idolâtres accomplis, et l’on ne les inclut pas au zimoun. Il est enseigné : on n’inclut pas un am haarets au zimoun ; or de nos jours, le Ri a dit que l’on fait le zimoun avec l’am haarets, afin que chacun ne se construise pas un autel à soi — c’est-à-dire : si l’on s’en séparait, eux aussi se sépareraient entièrement de la communauté. Ainsi a écrit Rabbenou Hananel : de nos jours on a l’habitude de faire le zimoun même avec un am haarets accompli. On n’inclut pas un idolâtre au zimoun ; et même un converti circoncis mais non immergé, on ne l’incluait pas (au temps du Talmud) au zimoun, car il n’est converti qu’une fois circoncis et immergé. De même l’onen en semaine, qui est exempt de bénir : on ne l’inclut pas au zimoun. Rabbenou Tam ne permettait même pas à un converti accompli (en terre d’Israël) de réciter Birkat hamazone, car il ne peut dire « que Tu as donné en héritage à nos pères » ; et il est enseigné dans le Sifrei : « que Tu as juré à nos pères » — pour exclure les convertis et les esclaves affranchis ; ainsi a écrit le Bahag. Le Ri a écrit qu’il peut bénir, car il peut dire « à nos pères » : il est écrit « je t’ai établi père d’une multitude de nations », et l’on interprète : d’abord père d’Aram, désormais père du monde entier. Femmes, esclaves et mineurs : on ne les inclut pas au zimoun. Nos maîtres ont enseigné : les femmes font le zimoun entre elles, et les esclaves entre eux ; femmes, esclaves et mineurs, s’ils veulent faire le zimoun ensemble, on ne le fait pas. Il en résulte que les femmes font le zimoun entre elles et qu’elles y sont tenues ; mais en Ashkénaz on n’en a pas pris l’habitude. Certains expliquent, pour justifier la coutume, que « les femmes font le zimoun entre elles » signifie : si elles le veulent, mais qu’il n’y a pas d’obligation ; ainsi a expliqué Rachi. Mon maître mon père le Roch z"l a expliqué que nécessairement elles y sont tenues : il est enseigné dans Arakhin (3a) « tous sont tenus au zimoun », et l’on dit « tous — pour inclure quoi ? pour inclure les femmes » ; c’est forcément une obligation, puisqu’il dit « tous sont tenus ». R. Yehouda Hakohen tranchait en pratique qu’une femme s’associe au zimoun ; il apportait pour preuve que le Talmud demande, au chapitre Mi chemétou, si les femmes sont tenues à Birkat hamazone de la Torah ou des Sages, et dit : quelle différence pratique ? pour acquitter autrui. D’où il est évident pour lui qu’elles s’associent ; sinon, avant de demander si elles peuvent acquitter, il eût fallu demander si elles s’associent. Le Maharam de Rotenbourg a répondu à ses propos et écrit qu’elles ne s’associent pas. Le Rambam z"l a écrit : femmes, esclaves et mineurs, on ne les inclut pas au zimoun, mais ils font le zimoun entre eux ; qu’il n’y ait pas un groupe de femmes, d’esclaves et de mineurs faisant le zimoun ensemble, mais les femmes entre elles, les esclaves entre eux et les mineurs entre eux, à condition qu’ils ne fassent pas le zimoun avec le Nom. Un androginos fait le zimoun pour son espèce, et ne le fait ni pour les femmes ni pour les hommes ; un toumtoum ne fait le zimoun d’aucune façon. R. Nahman a dit : un mineur qui sait à Qui l’on bénit, on l’inclut au zimoun. Rabbenou Hananel a expliqué qu’il s’agit de celui qui est entré dans sa treizième année et n’a pas encore deux poils reconnus : il est encore mineur bien qu’il soit dans sa treizième année ; et s’il sait à Qui l’on bénit, on l’inclut. Rav Alfas a écrit : nous ne tenons pas ainsi ; puisqu’on l’appelle mineur, même un enfant de neuf ou dix ans, s’il sait à Qui l’on bénit, on l’inclut ; ainsi a écrit le Rambam z"l : il s’associe aussi bien à trois qu’à dix. R. Perets a distingué : il s’associe à dix et non à trois ; ainsi a écrit Rav Haï. Certains ont l’habitude de l’associer au moyen d’un houmach qu’il tient en main : ce n’est pas une coutume. Mon maître mon père z"l a rapporté ce passage du Yeroushalmi : R. Yossé a dit : « Combien de fois ai-je mangé avec Tahlifa mon père et avec Binyamin bar Chicha mon oncle, et l’on ne m’a pas inclus au zimoun jusqu’à ce que j’aie deux poils » ; et il a écrit : c’est pourquoi le plus exact de tous ces avis est que l’on ne fait pas d’un mineur un appoint pour dix — pour Birkat hamazone et pour la tefila — ni pour trois, jusqu’à ce qu’il ait deux poils.