טור אורח חיים

Tour Orah Haim — siman 209

Rabbi Yaakov ben Asher (Baal HaTour) · Erreur de berakha et doute si l’on a béni
En bref - de quoi parle ce chiour ?

Qui tenait de l’eau en croyant du vin, commença en vue de boré pri hagafen puis termina par chehakol : il s’est acquitté ; à plus forte raison l’inverse. S’il a dit les deux formules, ou le même cas pour pri haets et pri haadama, il s’est acquitté. Doute d’avoir béni : le Rambam ne fait pas répéter, les berakhot étant de paroles des Scribes ; le Tour limite cela à la première berakha, rabbinique, et tient que méene chaloch des sept espèces, de la Torah, se recommence ; ainsi les Halakhot Guedolot.

Glossaire

boré pri hagafen
« qui crée le fruit de la vigne », berakha du vin
chehakol / chehakol nihya bidvaro
« par Qui tout existe / a été créé par Sa parole », berakha générale
pri haets
fruit de l’arbre
pri haadama
fruit de la terre
méene chaloch
berakha « à l’image des trois » après les sept espèces
divré sofrim
paroles des Scribes, institution rabbinique
Halakhot Guedolot
code des Gueonim

היה בידו כוס של מים וסבור שהוא של יין והתחיל ואמר ברוך אתה ה' אלהינו מ"ה על דעת לומר בפה"ג ונזכר שהוא של מים וסיים שהכל יצא וכ"ש אם היה בידו כוס של יין וסבור שהוא של מים והתחיל על דעת לומר שהכל ונזכר שהוא של יין וסיים בפה"ג שיצא שאף אם סיים שנ"ב יצא וכן אם טעה ואמר על היין שנ"ב בפה"ג או שאמר על המים בפה"ג שנ"ב יצא וכן הדין בפרי העץ ופרי האדמה שהיה לו לברך על א' מהם ופתח אדעתא דאידך ונזכר וסיים כדינו או שאמר שניהם יצא: כתב הרמב"ם ז"ל כל הברכות כולן אם נסתפק אם בירך אם לאו אינו חוזר ומברך לא בתחלה ולא בסוף מפני שהם מדברי סופרים ונראה דוקא ראשונה שהיא מדרבנן דנפקא לן מסברא שאסור ליהנות מהעה"ז בלא ברכה אבל ברכה אחרונה מעין ג' דז' המינין דאורייתא היא דמסמיך ליה אקרא חוזר וכן נראה מדברי ה"ג:

S’il avait en main une coupe d’eau et pensait que c’était du vin, qu’il commença et dit « Béni sois-Tu, ה' notre Dieu, Roi de l’univers » avec l’intention de dire boré pri hagafen, puis se souvint que c’était de l’eau et termina par chehakol : il s’est acquitté. À plus forte raison s’il avait en main une coupe de vin et pensait que c’était de l’eau, commença avec l’intention de dire chehakol, se souvint que c’était du vin et termina par boré pri hagafen : il s’est acquitté, car même s’il avait terminé par chehakol nihya bidvaro, il se serait acquitté. De même, s’il s’est trompé et a dit sur le vin chehakol nihya bidvaro et boré pri hagafen, ou sur l’eau boré pri hagafen et chehakol nihya bidvaro : il s’est acquitté. Même règle pour pri haets et pri haadama : s’il devait bénir sur l’un d’eux, commença avec l’intention de l’autre, se souvint et termina comme il convient, ou dit les deux : il s’est acquitté. Le Rambam z"l a écrit : toutes les berakhot, si l’on doute d’avoir béni ou non, on ne revient pas bénir, ni au début ni à la fin, parce qu’elles sont de paroles des Scribes. Il semble que cela ne vaille que pour la première berakha, qui est d’origine rabbinique — on la tire du raisonnement qu’il est interdit de jouir de ce monde sans berakha ; mais la berakha finale méene chaloch des sept espèces est de la Torah, car on l’appuie sur un verset : on revient [la dire]. C’est aussi ce qui ressort des paroles des Halakhot Guedolot.