Les trois premières et les trois dernières bénédictions se disent comme en semaine, contrairement à Rav Amram, et la bénédiction du milieu, « Ata kidachta », mentionne le Chabbat ; il est plus juste d'y dire Vaye'houlou. Le Tour traite de l'erreur de celui qui commence la tefila de semaine, de Vaye'houlou redit en tsibbour, et de la bénédiction résumant les sept (Maguen avot), que selon l'Avi ha'Ezri le particulier ne dit pas. Il conteste Rav Moché Gaon et Rav Natronaï, selon qui celui qui a omis le Chabbat serait quitte par Maguen avot.
ועומדין להתפלל ואומרים אבות וגבורות וקדושת השם כבימות החול בלא תוספת ובלא גירוע ודלא כרב עמרם שכתב בשבת בין בערבית ושחרית ומוסף ומנחה מזכיר במגן כך רצה והנחל שבת לבניהם למנוחה למען שמו באהבה מלך עוזר ומושיע ומגן וכו' ושלש אחרונות ומזכיר של שבת באמצעה וזה נוסחו אתה קדשת את יום השביעי לשמך תכלית מעשה שמים וארץ וברכתו מכל הימים וקדשתו מכל הזמנים וכן כתוב בתורתך ויכולו וגו' ויכל אלהים ויש סידורים שאין כתוב בהם ויכולו אלא כתוב וברכתו מכל הימים וקדשתו מכל הזמנים וכן כתוב בתורתך ויברך אלהים את יום השביעי ויקדש אותו ויותר נכון לאומרו דגרסינן בפרק כל כתבי (שבת קיט:) אמר רב ואיתימא רבי יהושע בן לוי אפי' יחיד המתפלל צריך לומר ויכולו ואמר רב המנונא כל המתפלל ואומר ויכולו מעלה עליו הכתוב כאילו נעשה שותף להקב"ה במעשה בראשית שנאמר ויכולו אל תקרי ויכולו אלא ויכלו פירוש הקב"ה והוא אלמא שהעיקר לומר ויכולו שמורה כאילו נעשה שותף ומה שאומרים וכ"כ בתורתך ויכולו אינו חוזר על וברכתו שלפניו אלא על שלפני פניו תכלית מעשה שמים וארץ וכ"כ ויכולו וברכתו מכל הימים כדכתיב ויברך ואם טעה והתחיל תפלת החול גומר אותה ברכה שנזכר בה שטעה ומתחיל של שבת לא שנא נזכר בברכת אתה חונן לא שנא נזכר בברכה אחת משאר הברכות בין בערבית שחרית ומוסף ומנחה וחוזרים ואומרים ויכולו בציבור משום י"ט שחל להיות בשבת שאין אומרים אותו בתפילה שמתפללין אתה בחרתנו ואז צריך לאומרו מפני שלא אמרוהו בתפלה ואגב זה תיקנו לומר בכל השבתות וגם להוציא מי שאינו יודע אותו וי"א שנהגו לומר אותו בקול רם ומעומד משום שהוא עדות להקב"ה על מעשה בראשית וכתיב ועמדו ב' האנשים ודרשינן (שבועות ל) אלו העדים שצריכים להעיד ביחד ומעומד ולכן צריך שיעמדו ויאמרו אותו ביחד ואומר ש"ץ ברכה אחת מעין שבע והיא מגן אבות בדברו ואלהינו ואלהי אבותינו רצה נא במנוחתנו וחותם בא"י מקדש השבת: וכתב אבי העזרי שאין ליחיד לומר אותה שלא נתקנה אלא משום סכנת מזיקין שבתי כנסיות שלהם היו בשדות ותקנו אותה בשביל בני אדם שמאחרין לבא שיסיימו תפלתם בעוד שש"ץ מאריך כדאיתא בפ' במה מדליקין (שבת כד:) י"ט שחל להיות בשבת ש"ץ היורד לפני התיבה ערבית אינו מזכיר של י"ט בברכת מעין שבע ומסיק טעמא משום בדין הוא דאפילו בשבת לא בעי למימריה ורבנן הוא דתקון משום סכנה מאי דתקון תקון ומאי דלא תקון לא תקון אלמא שאין להוסיף על מאי דתקון ולא נתקנה אלא בציבור כדמשמע לישנא דש"ץ היורד לפני התיבה ערבית אלמא שלא נתקנה אלא לש"ץ ותו אנן דלית לן סכנה לא אמרינן לה אלא משום מנהג אבותינו: בספר חסידים מעשה בחסיד אחד שראה לחסיד אחר במותו ופניו מוריקות א"ל למה פניך מוריקות אמר לו מפני שהייתי מדבר בויכולו בשעה שהציבור היו אומרים אותו ובברכת מגן אבות בדברו וביתגדל כתב רב עמרם טעה ולא הזכיר של שבת בערבית מחזירין אותו ורב משה גאון כתב יחיד שטעה ולא הזכיר אתה קדשת בליל שבת אם שמע מש"ץ מגן אבות בדברו שהיא ברכת מעין שבע מראש ועד סוף יצא ידי חובתו (ורב נטרונאי כתב אפי' לא התפלל ז' ברכות כלל ושמע מפי ש"ץ מגן אבות מראש ועד סוף יצא י"ח) ותימא הוא כיון שמחזירין אותו אם לא הזכיר של שבת היאך יוצא בברכה אחת מעין שבע ולא דמי למה שכתב בה"ג יחיד שלא הזכיר של ר"ח ושמע מש"ץ התפלה מראש ועד סוף שיצא דשאני התם ששומע כל התפלה אבל הכא היאך יוצא בברכת מעין שבע במקום שבע וקשיא טפי לרב נטרונאי שאומר שיוצא בו אפילו אם לא התפלל כלל דלא קי"ל כרבן גמליאל דאמר (ראש השנה לה.) ש"ץ פוטר היחיד אלא בראש השנה ויום הכיפורים אבל בשאר ימות השנה לא:
On se lève pour prier, et l'on dit Avot, Guevourot et Kedouchat Hachem comme en semaine, sans ajout ni retrait. Ce n'est pas comme Rav Amram, qui a écrit que le Chabbat, à Arvit, à Cha'harit, à Moussaf et à Min'ha, on mentionne dans « Maguen » : « Il a voulu et a fait hériter le Chabbat à leurs enfants pour le repos, pour Son Nom, avec amour ; Roi qui aide, sauve et protège », etc. On dit les trois dernières bénédictions, et l'on mentionne le Chabbat dans celle du milieu, dont voici le texte : « Tu as sanctifié le septième jour pour Ton Nom, achèvement de l'œuvre du ciel et de la terre ; Tu l'as béni plus que tous les jours et Tu l'as sanctifié plus que tous les temps, et ainsi est-il écrit dans Ta Torah : "Ainsi furent achevés (Vaye'houlou)…", "D.ieu acheva…" »
Certains sidourim ne portent pas Vaye'houlou ; il y est écrit : « Tu l'as béni plus que tous les jours et Tu l'as sanctifié plus que tous les temps, et ainsi est-il écrit dans Ta Torah : "D.ieu bénit le septième jour et le sanctifia". » Il est plus juste de dire Vaye'houlou, car on lit au chapitre « Kol kitvé » (Chabbat 119b) : Rav a dit — d'autres disent Rabbi Yehochoua ben Lévi — : même le particulier qui prie doit dire Vaye'houlou. Et Rav Hamnouna a dit : quiconque prie et dit Vaye'houlou, le verset le considère comme s'il était devenu l'associé du Saint, béni soit-Il, dans l'œuvre de la Création, ainsi qu'il est dit : « Vaye'houlou » ; ne lis pas vaye'houlou (« furent achevés »), mais vaye'halou (« ils achevèrent ») — c'est-à-dire le Saint, béni soit-Il, et lui. On voit donc que l'essentiel est de dire Vaye'houlou, qui indique qu'il est comme devenu associé.
Quant à ce qu'on dit « et ainsi est-il écrit dans Ta Torah : Vaye'houlou », cela ne se rapporte pas à « Tu l'as béni », qui le précède immédiatement, mais à ce qui vient encore avant : « achèvement de l'œuvre du ciel et de la terre », comme il est écrit « Vaye'houlou » ; et « Tu l'as béni plus que tous les jours », comme il est écrit « Il bénit ».
S'il s'est trompé et a commencé la tefila de semaine, il termine la bénédiction dans laquelle il s'est aperçu de son erreur, puis commence celle du Chabbat. Peu importe qu'il s'en soit aperçu dans la bénédiction « Ata 'honen » ou dans l'une des autres bénédictions, que ce soit à Arvit, à Cha'harit, à Moussaf ou à Min'ha.
On redit Vaye'houlou en tsibbour à cause du Yom Tov qui tombe un Chabbat : on ne le dit pas alors dans la tefila, puisqu'on prie « Ata ve'hartanou » ; il faut donc le dire, puisqu'on ne l'a pas dit dans la tefila, et à cette occasion on a institué de le dire tous les Chabbatot. C'est aussi pour en acquitter celui qui ne le connaît pas. Certains disent qu'on a l'usage de le dire à voix haute et debout, car c'est un témoignage rendu au Saint, béni soit-Il, sur l'œuvre de la Création ; or il est écrit « Les deux hommes se tiendront debout », et nous expliquons (Chevouot 30a) : ce sont les témoins, qui doivent témoigner ensemble et debout. C'est pourquoi il faut se tenir debout et le dire ensemble.
L'officiant dit une bénédiction résumant les sept, à savoir « Maguen avot bidvaro » et « Notre D.ieu et D.ieu de nos pères, agrée notre repos », et il conclut : « Béni sois-Tu ה', qui sanctifie le Chabbat. »
L'Avi ha'Ezri a écrit que le particulier ne doit pas la dire, car elle n'a été instituée qu'à cause du danger des forces nuisibles : leurs batei knessiot étaient dans les champs, et on l'a instituée pour ceux qui arrivent en retard, afin qu'ils terminent leur tefila pendant que l'officiant prolonge, comme il est rapporté au chapitre « Bamé madlikin » (Chabbat 24b) : « Un Yom Tov qui tombe un Chabbat, l'officiant qui descend devant l'arche à Arvit ne mentionne pas le Yom Tov dans la bénédiction résumant les sept. » La Guemara en donne la raison : en stricte règle, même le Chabbat il ne faudrait pas la dire ; ce sont les Sages qui l'ont instituée à cause du danger ; ce qu'ils ont institué est institué, ce qu'ils n'ont pas institué n'est pas institué. On voit donc qu'il ne faut pas ajouter à ce qu'ils ont institué. Elle n'a été instituée qu'en tsibbour, comme le laisse entendre l'expression « l'officiant qui descend devant l'arche à Arvit » ; on voit qu'elle n'a été instituée que pour l'officiant. De plus, nous qui n'avons pas ce danger, nous ne la disons qu'à cause de l'usage de nos pères.
Dans le Sefer 'Hassidim : il arriva qu'un 'hassid vit un autre 'hassid après sa mort, le visage verdâtre. Il lui dit : « Pourquoi ton visage est-il verdâtre ? » Il lui répondit : « Parce que je parlais pendant Vaye'houlou, au moment où le tsibbour le disait, pendant la bénédiction Maguen avot bidvaro et pendant Yitgadal (le kaddich). »
Rav Amram a écrit : s'il s'est trompé et n'a pas mentionné le Chabbat à Arvit, on le fait recommencer. Rav Moché Gaon a écrit : un particulier qui s'est trompé et n'a pas mentionné « Ata kidachta » le soir de Chabbat, s'il a entendu de l'officiant Maguen avot bidvaro, qui est la bénédiction résumant les sept, du début à la fin, il est quitte de son obligation. (Rav Natronaï a écrit : même s'il n'a pas du tout prié les sept bénédictions et qu'il a entendu de la bouche de l'officiant Maguen avot du début à la fin, il est quitte.)
C'est étonnant : puisqu'on le fait recommencer s'il n'a pas mentionné le Chabbat, comment serait-il quitte par une seule bénédiction résumant les sept ? Ce n'est pas comparable à ce qu'ont écrit les Hala'hot Guedolot : un particulier qui n'a pas mentionné Roch 'Hodech et qui a entendu de l'officiant la tefila du début à la fin est quitte ; là, c'est différent, car il entend toute la tefila. Mais ici, comment serait-il quitte par la bénédiction résumant les sept à la place des sept ? La difficulté est plus grande encore pour Rav Natronaï, qui dit qu'il est quitte même s'il n'a pas prié du tout ; car nous ne suivons Rabban Gamliel, qui dit (Roch Hachana 35a) que l'officiant acquitte le particulier, qu'à Roch Hachana et à Yom Kippour, mais non les autres jours de l'année.