טור אורח חיים

Tour Orah Haim — siman 297

Rabbi Yaakov ben Asher (Baal HaTour) · Les aromates de la havdala
En bref - de quoi parle ce chiour ?

On dit la bénédiction sur les aromates si on en a, pour restaurer l'âme attristée par la sortie du Chabbat, mais on n'a pas à en chercher ; on ne bénit pas sur des aromates qui ne sont pas faits pour le parfum ni sur ceux des idolâtres. L'usage est de bénir sur le myrte, bien que Rabbi Efraïm ait préféré une fiole d'aromates. Selon lui, celui qui ne sent pas ne peut pas acquitter les gens de sa maison ; le Tour le conteste, comme le lui a enseigné son père, le Roch.

Glossaire

בשמים
aromates
להשיב הנפש
restaurer l'âme
בשמים של בית הכסא / של מתים
aromates destinés à masquer une odeur (toilettes, défunt)
עו"ג / ע"ג
idolâtres / idolâtrie
הדס
myrte
הדס שוטה
myrte sauvage
סמך לדבר
allusion scripturaire
ריפתא דעירובא
pain de l'érouv
ה"ר אפרים
Rabbi Efraïm
ברכה לבטלה
bénédiction vaine
פורס
rompt le pain (pour acquitter les autres)

ומברך על הבשמים אם יש לו ואם אין לו א"צ לחזור אחריהם שאין מברכין עליהן אלא להשיב הנפש שהיא כואבת מיציאת השבת ואין מברכין על בשמים של בית הכסא ושל מתים דלאו לריחא עבידי ירושלמי הדא דתימא כשנתונין למעלה ממטתו של מת אבל נתונין למטה מברכין שאני אומר לכבוד חיים הם עשויין ואין מברכין על בשמים של עו"ג דסתמן לע"ג ונהגו לברך על עצי הדס וסמך לדבר כל שומר שבת מחללו וסמיך ליה תחת הסרפד יעלה הדס ויש נותנין טעם לדבר כיון דאיתעביד ביה חדא מצוה של הלולב ניעביד ביה מצוה אחריתי כדאיתא בעירובין רב אמי ורב אסי כד מיקלע להו ריפתא דעירובא הוו מברכי עליה המוציא אמרי הואיל ואיתעביד ביה חדא מצוה דעירובא ניעבד ביה מצוה אחריתי וכתב ה"ר אפרים אני איני מברך על הדס שוטה שלבו יבש ואין בו לחלוחית של ריח ויש לי זכוכית קטנה ובה מיני בשמים ועליה אני מברך עד כאן ומיהו נהגו בכל המקומות לברך על ההדס ומנהג אבותינו תורה וכתב עוד ה"ר אפרים מי שאינו מריח ומברך על הבשמים הוי ברכה לבטלה ואף להוציא בני ביתו אינו יכול ולא דמי לקידושא ואבדלתא וברכת המוציא של מצוה שהן חובה אבל זה אינו אלא מנהג בעלמא ולא נהירא שהרי פורס אדם פרוסה לבני ביתו אף ע"פ שאינו אוכל עמהם והתם מאי חובה איכא וכן הורה לי אדוני אבי הרא"ש ז"ל:

On dit la bénédiction sur les aromates si on en a ; si on n'en a pas, on n'a pas besoin d'en chercher, car on ne dit la bénédiction sur eux que pour restaurer l'âme, qui souffre de la sortie du Chabbat.

On ne dit pas la bénédiction sur les aromates des toilettes ni sur ceux des morts, car ils ne sont pas faits pour leur parfum. Yerouchalmi : cela s'applique lorsqu'ils sont placés au-dessus du lit du mort ; mais s'ils sont placés en bas, on dit la bénédiction, car je dis qu'ils sont faits en l'honneur des vivants. On ne dit pas la bénédiction sur les aromates des idolâtres, car d'ordinaire ils sont destinés à l'idolâtrie.

On a l'usage de dire la bénédiction sur des branches de myrte. On en trouve une allusion : « quiconque garde le Chabbat sans le profaner », et juste à côté : « au lieu de l'ortie poussera le myrte ». Certains en donnent pour raison : puisqu'on a accompli avec lui une mitsva, celle du loulav, accomplissons-en avec lui une autre ; comme il est rapporté dans Erouvin : Rav Ami et Rav Assi, quand le pain de l'érouv leur parvenait, disaient sur lui Hamotsi ; ils disaient : puisqu'on a accompli avec lui une mitsva, celle de l'érouv, accomplissons-en avec lui une autre.

Rabbi Efraïm a écrit : « Moi, je ne dis pas la bénédiction sur un myrte sauvage, dont le cœur est sec et qui n'a plus aucune humidité de parfum ; j'ai une petite fiole de verre contenant des aromates, et c'est sur elle que je dis la bénédiction. » Jusqu'ici ses paroles. Toutefois, on a l'usage en tous lieux de dire la bénédiction sur le myrte, et l'usage de nos pères est Torah.

Rabbi Efraïm a encore écrit : celui qui ne sent pas (les aromates) et dit la bénédiction sur eux fait une bénédiction vaine ; il ne peut même pas en acquitter les gens de sa maison. Ce n'est pas comparable au kiddouch, à la havdala et à la bénédiction Hamotsi de mitsva, qui sont obligatoires, alors que ceci n'est qu'un simple usage. Cela ne paraît pas juste : un homme rompt bien le pain pour les gens de sa maison même s'il ne mange pas avec eux, et là, quelle obligation y a-t-il ? C'est ainsi que me l'a enseigné mon maître et père, le Roch z.l.