Ordre de la havdala : vin, aromates, lumière, havdala, sur une coupe de vin entière. Les Pirké de Rabbi Eliézer décrivent une havdala sans vin ; Rav Amram ne l'admet pas et ne permet la havdala que sur le vin, ni même sur le pain ; selon les Tossefot, on la fait sur la bière si c'est la boisson du pays. Le Tour traite de celui qui n'a pas de vin ou qui n'a qu'une coupe, rapporte l'éloge de la havdala sur le vin, et fait passer la lampe de 'Hanouka avant le vin de la havdala.
סדר הבדלה יין בשמים נר הבדלה יברך בפה"ג על כוס של יין שלם שלא יהיה פגום ואם אין לו יין איתא בפירקי ר"א א"ר מונא כיצד אדם חייב להבדיל מקרב ידו לאור הנר ואומר בורא מאורי האש וכיון שמרחיק ידו מן האש אומר בא"י אמ"ה המבדיל בין קודש לחול ואם אין לו יין ואין לו שמן לנר פושט ידו לאור האש ומסתכל בצפרנים שהן לבנות מן הגוף ומברך בורא מאורי האש ואם היה בדרך פושט את ידו לאור הכוכבים שהן מן האש ומברך בורא מאורי האש ואם נתקדרו שמים בעבים תולש אבן מן האדמה ואומר המבדיל בין קודש לחול וכתב ר"ע ואנן לא ס"ל הכי אלא אין מבדילין אלא על היין ואפי' על הפת אין מבדילין וכן פירשו התוספות שאין מבדילין על הפת אבל מבדילין על השכר אם הוא חמר מדינה והגאונים כתבו אע"פ שאין מבדילין על הפת אם חל י"ט במ"ש מבדילין עליו כיון שמקדשין עליו הקידוש עיקר ואגב הקידוש מבדילין ג"כ עליו וא"א ז"ל כתב שיותר טוב לעשות ההבדלה והקידוש שניהם על השכר ומי שאין לו יין ומצפה שיהיה לו למחר לא יאכל עד למחר שיבדיל ואם אין לו אלא כוס אחד ואינו מצפה שיהיה לו למחר יותר טוב שיאכל קודם שיבדיל ויברך עליו ברכת המזון ואח"כ יבדיל עליו כסדר ההבדלה ממה שיבדיל ויברך בהמ"ז בלא כוס שבהמ"ז טעונה כוס ר' צדוק אומר כל מי שאינו מבדיל על היין במוצ"ש או שאינו שומע מאחרים שמבדילין אינו רואה סימן ברכה לעולם אבל המבדיל על היין או שומע מאחרים שמבדילין הקב"ה קוראו קדוש ועושהו סגולה שנאמר והייתם לי סגולה מכל העמים ואומר ואבדיל אתכם מן העמים וא"ר יוחנן ג' מנוחלי העוה"ב הדר בא"י והמגדל בניו לתלמוד תורה והמבדיל על היין במ"ש והוא דשייר מקידושא לאבדלתא הלכך מאן דאית ליה חד כסא ולית ביה שיעור קידושא ואבדלתא שבק ליה לאבדלתא וקידושא מקדש אריפתא דכי תקינו רבנן אבדלתא אחמרא תקינו ונר חנוכה ויין להבדלה נר חנוכה קודם דאפשר לאבדולי בתפלה:
Ordre de la havdala : vin, aromates, lumière, havdala. On dit Boré peri haguéfen sur une coupe de vin entière, qui ne soit pas entamée.
S'il n'a pas de vin : il est rapporté dans les Pirké de Rabbi Eliézer : Rabbi Mona a dit : comment l'homme doit-il faire la havdala ? Il approche sa main de la lumière de la lampe et dit « Boré meoré haech » ; et lorsqu'il éloigne sa main du feu, il dit : « Béni sois-Tu ה', notre D.ieu, Roi du monde, qui sépare entre le sacré et le profane. » S'il n'a ni vin ni huile pour la lampe, il tend la main vers la lumière du feu, regarde ses ongles, qui sont plus blancs que le corps, et dit « Boré meoré haech ». S'il était en chemin, il tend la main vers la lumière des étoiles, qui sont de feu, et dit « Boré meoré haech ». Si le ciel est couvert de nuages, il arrache une pierre du sol et dit « qui sépare entre le sacré et le profane ».
Rav Amram a écrit : « Quant à nous, nous ne tenons pas ainsi : on ne fait la havdala que sur le vin, et même sur le pain on ne la fait pas. » Les Tossefot expliquent de même qu'on ne fait pas la havdala sur le pain, mais qu'on la fait sur la bière si c'est la boisson du pays. Les Gueonim ont écrit : bien qu'on ne fasse pas la havdala sur le pain, si un Yom Tov tombe à la sortie du Chabbat, on la fait sur lui : puisqu'on fait le kiddouch sur lui, le kiddouch est l'essentiel, et à la faveur du kiddouch on fait aussi la havdala sur lui. Mon père z.l. a écrit qu'il vaut mieux faire la havdala et le kiddouch tous deux sur la bière.
Celui qui n'a pas de vin et qui s'attend à en avoir le lendemain ne mangera pas avant le lendemain, où il fera la havdala. S'il n'a qu'une seule coupe et ne s'attend pas à en avoir le lendemain, il vaut mieux qu'il mange avant de faire la havdala, dise sur elle le Birkat hamazon, puis fasse sur elle la havdala selon l'ordre de la havdala, plutôt que de faire la havdala et de dire le Birkat hamazon sans coupe, car le Birkat hamazon requiert une coupe.
Rabbi Tsadok dit : quiconque ne fait pas la havdala sur le vin à la sortie du Chabbat, ou ne l'entend pas d'autres qui la font, ne voit jamais de signe de bénédiction ; mais celui qui fait la havdala sur le vin, ou qui l'entend d'autres qui la font, le Saint, béni soit-Il, l'appelle saint et fait de lui un trésor, ainsi qu'il est dit : « Vous serez pour Moi un trésor parmi tous les peuples », et il est dit : « Je vous ai séparés des peuples. »
Rabbi Yo'hanan a dit : trois sont au nombre des héritiers du monde futur : celui qui habite en terre d'Israël, celui qui élève ses fils à l'étude de la Torah, et celui qui fait la havdala sur le vin à la sortie du Chabbat. Et cela, lorsqu'il a gardé (du vin) du kiddouch pour la havdala. C'est pourquoi celui qui n'a qu'une coupe, sans la quantité suffisante pour le kiddouch et la havdala, la laisse pour la havdala et fait le kiddouch sur le pain, car lorsque les Sages ont institué la havdala, c'est sur le vin qu'ils l'ont instituée.
La lampe de 'Hanouka et le vin de la havdala (quand on ne peut avoir que l'un des deux) : la lampe de 'Hanouka passe d'abord, car on peut faire la havdala dans la tefila.