טור אורח חיים

Tour Orah Haim — siman 397

Rabbi Yaakov ben Asher (Baal HaTour) · La limite de deux mille coudées et ce qui suit son propriétaire
En bref - de quoi parle ce chiour ?

Chacun dispose le Chabbat de deux mille coudées dans chaque direction à partir de son lieu de résidence ; c'est une règle rabbinique appuyée sur un verset, et il faut un érouv pour aller au-delà. Les objets et les bêtes ont la limite de leur propriétaire (« comme ses pieds ») : le siman applique ce principe au bétail confié au berger, aux objets partagés, prêtés ou empruntés, au feu, à l'eau des citernes et des sources, aux fruits laissés dans une autre ville, aux mets servis à des invités et aux dépôts.

Glossaire

te'houm Chabbat
limite de deux mille coudées autour du lieu de résidence
érouv te'houmin
dépôt de nourriture qui fixe ailleurs la résidence de Chabbat
chevita
résidence de Chabbat acquise par une personne ou un objet
« comme les pieds de »
soumis à la même limite que telle personne
asma'hta
simple appui scripturaire d'une règle rabbinique
ben hachemachot
crépuscule
zikouï
faire acquérir un bien à autrui par un tiers

כל אדם יש לו אלפים אמה לכל רוח חוץ מד' אמותיו או מהמקום ששבת בו כדדרשי' אל יצא איש ממקומו אלו אלפים אמה ואינו אלא מדרבנן וקרא אסמכתא בעלמא וכל אדם אסור לילך חוץ לאלפים בלא עירוב אפילו הולכי מדברות שאין צריכין לערב בחצרות חייבין בעירובי תחומין ואם קידש עליו היום בבקעה ואינו יודע תחום שבת מהלך אלפים פסיעות בינונית שהן תחום שבת וכשם שאין לו אלא אלפים כך כל כליו ובהמותיו יש להם אלפים שלו ואם עירב הוא לרוח אחד אין אחר יכול להוליכם לרוח אחרת אפילו פסיעה אחת וכל בהמות העיר הם כרגלי הרועה אם אין בעיר אלא רועה אחד אפי' היתה ברשות הבעלים בין השמשות ומסרה לו למחר שודאי ימסרנו לו אבל אם יש בעיר ב' רועים ומסרה לאחד מהם בשבת היא כרגלי הבעלים שור של פטם כרגלי מי שיקנהו ממנו בי"ט שהרי עומד לימכר לכל ושל רועה כרגלי אנשי העיר ואפילו עירב הרועה שאין דרך לקנות ממנו אלא אנשי עירו כלים המיוחדים לאחד מן האחין שבבית הם כרגליו ושאינן מיוחדין הם כרגלי כולם ואין יכולין להוליכם אלא למקום שכולם יכולין לילך: שנים ששאלו חלוק זה לילך בו שחרית וזה לילך בו ערבית לא יוליכוהו אלא למקום ששניהם יכולין לילך ואם עירב זה לסוף אלפים למזרח וזה לסוף אלפים למערב לא יזיזוהו ממקומו ואם הניח כל אחד עירובו לסוף אלף יכולין להוליכו כל אחד אלף מביתו עד מקום שגם חבירו יכול לילך בו שנים שלקחו חבית או בהמה בשותפות וחלקו בי"ט כל אחד יכול להוליך חלקו למקום שיכול לילך ולא אסרינן בבהמה מפני חלקו של זה שיונקת משל זה השואל כלי מחבירו מע"ש אפילו לא לקחו עד הלילה הוא כרגלי השואל כיון שמערב שבת אמר להשאילו לו השאילו לו בשבת הוי כרגלי המשאיל אפילו הוא רגיל להשאילו לו בכל פעם: האשה ששאלה מים ומלח לעיסתה ותבלין לקדרתה בי"ט הרי הם כרגלי שתיהם הגחלת כרגלי בעלים שאם השאילו לאחר לא יוליכנה אלא כרגלי בעלים והשלהבת שאדם מדליק בה כרגלי המדליק לפי שאין בה ממש שתקנה שביתה עם בעליה בור של יחיד כרגלי היחיד ושל אותה העיר כרגלי אותה העיר אלפים לכל רוח ואפילו עירב אחד מהם לרוח אחת אינו יכול להוליכם עמו ושל הפקר העומד באם הדרך כרגלי הממלא הראשון ונהרות המושכין ומעיינות הנובעין אפי' הן של יחיד אינן כרגליו אלא כרגלי הממלא ראשון מילא מים מבור של הפקר לצורך חבירו הן כרגלי הממלא מי שהוא בעיר ופירותיו בעיר אחרת רחוקה ממנו ארבעת אלפים ועירבו בני אותה העיר לבא לכאן לא יביאו לו מפירותיו עמהם לפי שהן כרגלי בעליהן שלא עירבו ואם עירב הוא פירותיו כמוהו ויכול לילך שם להביאן עמו: מי שזימן אורחים מעיר אחרת ובאו ע"י עירוב לא יוליכו עמהם ממה שיתן לפניהם לפי שהוא של בעל הבית וקנה שביתה כמוהו אלא א"כ זיכה להם מאתמול ע"י אחר שנמצא הם בעליו מאתמול: המפקיד פירות אצל חבירו אם קיבל עליו שמירתם הם כרגלי הנפקד ואם ייחד להם קרן זוית הם כרגלי המפקיד:

Toute personne dispose de deux mille coudées dans chaque direction au-delà de ses quatre coudées, ou à partir du lieu où elle a établi sa résidence de Chabbat, selon l'explication : « que nul ne sorte de son lieu » : ce sont deux mille coudées. Ce n'est que d'ordre rabbinique, et le verset n'est qu'un simple appui. Il est interdit à toute personne d'aller au-delà de deux mille coudées sans érouv ; même les voyageurs du désert, qui n'ont pas besoin de faire d'érouv pour les cours, sont tenus aux érouvé te'houmin. Si le jour s'est sanctifié alors qu'on se trouvait dans une vallée, sans connaître la limite du Chabbat, on marche deux mille pas moyens, qui forment la limite du Chabbat. De même qu'on ne dispose que de deux mille coudées, de même tous ses objets et toutes ses bêtes ont ses deux mille coudées à lui. S'il a fait un érouv vers une direction, un autre ne peut pas les porter vers une autre direction, même d'un seul pas.

Toutes les bêtes de la ville sont « comme les pieds » du berger, s'il n'y a qu'un seul berger dans la ville, même si la bête se trouvait dans le domaine de ses propriétaires au crépuscule (ben hachemachot) et qu'ils la lui ont confiée le lendemain, car il est certain qu'ils la lui confieront. Mais s'il y a deux bergers dans la ville et qu'on l'a confiée à l'un d'eux pendant le Chabbat, elle est comme les pieds des propriétaires. Le bœuf de l'engraisseur est comme les pieds de celui qui le lui achète le Yom Tov, car il est destiné à être vendu à tout le monde ; celui du berger est comme les pieds des gens de la ville, même si le berger a fait un érouv, car seuls les gens de sa ville ont l'habitude de lui acheter. Les objets réservés à l'un des frères de la maison sont comme ses pieds ; ceux qui ne sont pas réservés sont comme les pieds de tous les frères, et l'on ne peut les porter que dans un lieu où tous peuvent aller.

Deux personnes qui ont emprunté une tunique, l'une pour sortir avec le matin et l'autre pour sortir avec le soir, ne la porteront que dans un lieu où toutes deux peuvent aller. Si l'une a fait un érouv au bout de deux mille coudées à l'est et l'autre au bout de deux mille coudées à l'ouest, elles ne la bougeront pas de sa place. Si chacune a placé son érouv au bout de mille coudées, chacune peut la porter sur mille coudées depuis sa maison, jusqu'à un lieu où l'autre aussi peut aller. Deux personnes qui ont acheté en association un tonneau ou une bête et qui les ont partagés le Yom Tov : chacune peut porter sa part dans un lieu où elle peut aller ; et pour la bête, on n'interdit pas sous prétexte que la part de l'un s'est nourrie de celle de l'autre. Celui qui emprunte un objet à son compagnon la veille du Chabbat, même s'il ne l'a pris qu'à la nuit, l'objet est comme les pieds de l'emprunteur, puisque dès la veille du Chabbat le prêteur a dit qu'il le lui prêterait. S'il le lui a prêté pendant le Chabbat, l'objet est comme les pieds du prêteur, même s'il a l'habitude de le lui prêter à chaque fois.

La femme qui a emprunté le Yom Tov de l'eau et du sel pour sa pâte, ou des épices pour sa marmite, ceux-ci sont comme les pieds des deux femmes. La braise est comme les pieds de ses propriétaires, de sorte que si on l'a prêtée à un autre, il ne la portera que là où peuvent aller ses propriétaires ; mais la flamme à laquelle on allume est comme les pieds de celui qui allume, car elle n'a pas de substance qui puisse acquérir une résidence avec son propriétaire. La citerne d'un particulier est comme les pieds de ce particulier ; celle d'une ville est comme les pieds des gens de cette ville, deux mille coudées dans chaque direction, et même si l'un d'eux a fait un érouv vers une direction, il ne peut pas emporter son eau avec lui. Celle qui est sans propriétaire et se trouve sur la grand-route est comme les pieds du premier qui puise. Les rivières qui coulent et les sources qui jaillissent, même si elles appartiennent à un particulier, ne sont pas comme ses pieds, mais comme les pieds du premier qui puise. Si quelqu'un a puisé de l'eau d'une citerne sans propriétaire pour son compagnon, elle est comme les pieds de celui qui a puisé.

Celui qui se trouve dans une ville alors que ses fruits sont dans une autre ville, éloignée de lui de quatre mille coudées, et que les gens de cette ville ont fait un érouv pour venir ici, ils ne lui apporteront pas ses fruits avec eux, car ceux-ci sont comme les pieds de leur propriétaire, qui n'a pas fait d'érouv. S'il a fait un érouv, ses fruits sont comme lui, et il peut aller là-bas les rapporter avec lui.

Celui qui a invité des convives d'une autre ville, venus grâce à un érouv : ils n'emporteront pas avec eux ce qu'il leur sert, car cela appartient au maître de maison et a acquis une résidence comme lui ; à moins qu'il ne le leur ait fait acquérir dès la veille par l'intermédiaire d'un tiers, de sorte qu'ils en sont les propriétaires depuis la veille.

Celui qui dépose des fruits chez son compagnon : si celui-ci en a accepté la garde, ils sont comme les pieds du dépositaire ; s'il leur a réservé un coin, ils sont comme les pieds du déposant.