On sonne le chofar debout, après les bénédictions « lichmoa kol chofar » et Chehe'heyanou, trois séries de TaChRaT, TaChaT et TaRaT ; si le sonneur ne peut achever, un autre poursuit sans bénédiction. Le Tour explique les sonneries assises et debout « pour confondre le Satan », discute si l'officiant du Moussaf peut sonner lui-même et critique la coutume de payer un sonneur. Une année où l'on n'a pas sonné au début, par contrainte, connaît le malheur à sa fin.
ועומד התוקע לתקוע שצריך שיתקע מעומד דכתיב יום תרועה יהיה לכם וילפינן מלכם דכתיב גבי עומר וספירת העומר מעומד דכתיב מהחל חרמש בקמה אל תקרי בקמה אלא בקומה וקודם שיתקע יברך לשמוע קול שופר ולא לתקוע דלאו בתקיעה תליא מילתא אלא בשומע כדתנן (כז:) התוקע לתוך הבור כו' לא יצא כתב א"ה ויברך שהחיינו ויתקע תשר"ת ג"פ ותש"ת ג"פ ותר"ת ג"פ ואם התחיל ולא יכול להשלים כתב ר"י דבר פשוט הוא שמשלים אחר ואפילו ג' וד' ודי בברכה שבירך הראשון כי הראשון מברך בשביל כל הצבור ותוקע ולמה יברך השני ואפילו אם בירך ולא יכול לתקוע כלל השני תוקע בלא ברכה וברכה לבטלה לא הוי כיון שיוצא בתקיעת השני אמר רבי יצחק למה תוקעין ומריעין כשהן יושבין וחוזרין ותוקעין ומריעין כשהן עומדין כדי לערבב השטן פירוש למה תוקעין מיושב קודם מוסף וחוזרין ותוקעין על סדר ברכות למה מקדימין לתקוע מיושב כדי לערבב השטן פי' כדי שיתערבב מיד בתקיעה ראשונה שלפני התפלה ולא יקטרג בשעת תפלה וי"מ שמכח תקיעה ראשונה מתערבב בשנייה והכי איתא בירושלמי בלע המות לנצח וכתיב והיה ביום ההוא יתקע בשופר גדול כד שמע קול שופר חדא זימנא בהיל ולא בהיל אומר שמא ההיא זימנא דשופר גדול כד שמע תניינא אומר ודאי מטא זמניה ומירתת ומתערבב ולית ליה פנאי למיעבד קטיגוריא אבל לעולם עיקר תקיעה היא מעומד שהיא על סדר ברכות כדתנן העובר לפני התיבה בי"ט של ר"ה השני מתקיע פירוש מי שמתפלל תפלת מוסף מתקיע ודקדק רב האי מדקאמר מתקיע ולא אומר תוקע אלמא אחר תוקע ולא ש"צ וכתב א"א ז"ל והטעם כי הא דתנן בפרק אין עומדין (ברכות לד.) העובר לפני התיבה לא יענה אמן אחר הכהנים מפני הטרוף פי' שמא יטרף דעתו בעניית אמן ואז לא ידע מהיכן יתחיל לחזור ואם אין שם כהן אלא הוא לא ישא את כפיו מזה הטעם עצמו ואם הוא בטוח שנושא כפיו וחוזר לתפלתו שאינו מתבלבל רשאי וכן הטעם בכאן דתקיעה ודאי לא הוי הפסק הלכך אם הוא מובטח שחוזר לתפלתו רשאי לתקוע וכ"כ בעל העיטור מסתברא שאם ש"צ יודע לתקוע הרשות בידו אלא מנהג הראשונים שהיו זריזין במצות ומחבבין אותן כל אחד ואחד נוטל חלקו כדי לקבל שכר וכ"כ אחי ה"ר יחיאל ז"ל וכן עוד מנהג באשכנז שגדולי העיר מקדימין לתקוע כל מי שזריז בו יותר מה שאין כן בספרד שבורחים מן המצוה עד שצריכים לשכור אחד מן השוק לתקוע להם ולא ידעתי מאין מצאו היתר זה כי נ"ל שאסור כדתניא (ב"מ נח:) השוכר את הפועל לשמור הפרה והתינוק אין נותנין לו שכר שבת אלמא בהדיא קתני שאסור ליטול שכר שבת אלא ע"י הבלעה כדמפרש בסיפא דברייתא ששכרו לשמור חדש משם יראה שיצא שכרו בהפסדו וע"ז נאמר עבירה גוררת עבירה ע"כ: וא"ר יצחק כל שנה שאין תוקעין בה בתחלתה מריעין לה בסופה מ"ט משום דלא מיערבב שטן ומפרש בה"ג דלא דאקלע בשבתא אלא דאיתיליד אונסא ולא תקעו רמז לדבר אין שטן ואין פגע רע ראשי תיבות שופר פי' כשיש שופר אין פגע רע אע"פ שאין שופר מפורש בתקיעות ר"ה אנו לומדין אותו מיובל דכתיב בי' והעברת שופר תרוע' בחדש השביעי:
Le sonneur se tient debout pour sonner, car il doit sonner debout. Il est écrit en effet : « Ce sera pour vous (la'hem) un jour de terouâ », et nous l'apprenons de « pour vous », écrit au sujet du Omer ; or le compte du Omer se fait debout, comme il est écrit « depuis que la faucille commence [à couper] dans les blés sur pied (bakama) » : ne lis pas « bakama » mais « bekoma » (debout).
Avant de sonner, il récite la bénédiction « lichmoa kol chofar » (d'entendre le son du chofar), et non « litkoa » (de sonner), car la chose ne dépend pas de la sonnerie mais de l'audition, comme nous l'avons appris dans la Michna (27b) : celui qui sonne à l'intérieur d'une fosse, etc., n'est pas quitte. L'Avi Haezri écrit : il récite Chehe'heyanou, puis sonne TaChRaT trois fois, TaChaT trois fois et TaRaT trois fois.
Si quelqu'un a commencé et n'a pas pu achever, le Ri écrit : il est évident qu'un autre achève, et même un troisième ou un quatrième, et la bénédiction qu'a récitée le premier suffit, car le premier récite la bénédiction pour toute la communauté et sonne ; pourquoi le second réciterait-il une bénédiction ? Même si le premier a récité la bénédiction et n'a pas pu sonner du tout, le second sonne sans bénédiction, et ce n'est pas une bénédiction prononcée en vain, puisqu'on s'acquitte par la sonnerie du second.
Rabbi Its'hak a dit : pourquoi sonne-t-on teki'a et terouâ lorsqu'on est assis, et sonne-t-on de nouveau teki'a et terouâ lorsqu'on est debout ? Pour confondre le Satan. Explication : pourquoi sonne-t-on assis avant le Moussaf, puis sonne-t-on de nouveau selon l'ordre des bénédictions ? Pourquoi sonne-t-on d'abord assis ? Pour confondre le Satan, c'est-à-dire pour qu'il soit confondu dès la première sonnerie, celle d'avant la tefila, et qu'il n'accuse pas au moment de la tefila. D'autres expliquent que, sous l'effet de la première sonnerie, il est confondu à la seconde. On trouve ainsi dans le Yerouchalmi : [il est écrit] « Il engloutira la mort à jamais », et il est écrit « Il arrivera en ce jour-là qu'on sonnera du grand chofar ». Quand [le Satan] entend le son du chofar une première fois, il s'effraie à demi ; il se dit : c'est peut-être le moment du grand chofar. Quand il l'entend une seconde fois, il se dit : son temps est assurément arrivé ; il tremble, il est confondu et n'a plus le loisir de porter une accusation.
Mais en réalité, la sonnerie principale est celle qui se fait debout, selon l'ordre des bénédictions, comme nous l'avons appris dans la Michna : celui qui passe devant l'arche le jour de fête de Roch Hachana, c'est le second qui fait sonner ; c'est-à-dire que celui qui récite la tefila de Moussaf fait sonner. Rav Haï a déduit du fait qu'il est dit « matkia » (il fait sonner) et non « toke'a » (il sonne) que c'est un autre qui sonne, et non l'officiant. Mon père, de mémoire bénie, écrit que la raison est celle de ce que nous avons appris au chapitre Ein Omdin (Bera'hot 34a) : celui qui passe devant l'arche ne répond pas amen après les kohanim, à cause du trouble, c'est-à-dire de peur que son esprit ne se trouble en répondant amen et qu'il ne sache plus où reprendre. S'il n'y a pas d'autre kohen que lui, il ne lève pas les mains [pour la bénédiction des kohanim], pour cette même raison ; mais s'il est sûr de pouvoir lever les mains et revenir à sa tefila sans se troubler, il le peut. Telle est aussi la raison ici, car la sonnerie n'est assurément pas une interruption : c'est pourquoi, s'il est assuré de revenir à sa tefila, il lui est permis de sonner.
Ainsi écrit le Baal Haitour : il est logique que si l'officiant sait sonner, il en a le droit ; mais la coutume des anciens, qui étaient empressés pour les mitsvot et les chérissaient, était que chacun prenne sa part afin d'en recevoir la récompense. Ainsi écrit aussi mon frère, Rabbi Ye'hiel, de mémoire bénie. C'est encore la coutume en Allemagne (Achkenaz) que les notables de la ville s'empressent de sonner, quiconque y met le plus d'empressement ; il n'en est pas ainsi en Espagne, où l'on fuit la mitsva au point qu'il faut louer quelqu'un du marché pour sonner pour eux. Je ne sais pas d'où ils ont tiré cette permission, car il me semble que c'est interdit, comme il est enseigné (Bava Metsia 58b) : celui qui loue un ouvrier pour garder la vache ou l'enfant, on ne lui donne pas le salaire du Chabbat. Il est donc enseigné explicitement qu'il est interdit de recevoir un salaire pour le Chabbat, sauf s'il est inclus dans un ensemble (havlaa), comme l'explique la fin de la baraïta : s'il l'a loué pour garder pendant un mois, [on lui paie le tout]. On verra donc que son gain se perd dans sa perte, et c'est à ce sujet qu'il est dit : une transgression en entraîne une autre. Fin de citation.
Rabbi Its'hak a dit : toute année où l'on ne sonne pas [du chofar] à son début, on sonne l'alarme contre elle à sa fin. Pourquoi ? Parce que le Satan n'a pas été confondu. Le Behag explique : non pas lorsque [Roch Hachana] tombe Chabbat, mais lorsqu'il est survenu un oness (contrainte) et qu'on n'a pas sonné. Allusion à la chose : « Il n'y a ni Satan ni mauvaise rencontre » ; les initiales de « satan, veein pega ra » forment [le mot] chofar. C'est-à-dire : quand il y a le chofar, il n'y a pas de mauvaise rencontre. Bien que le chofar ne soit pas mentionné explicitement au sujet des sonneries de Roch Hachana, nous l'apprenons du Jubilé, au sujet duquel il est écrit : « Tu feras retentir le chofar de terouâ au septième mois. »