טור אורח חיים

Tour Orah Haim — siman 604

Rabbi Yaakov ben Asher (Baal HaTour) · Lois de Yom Kippour : manger la veille
En bref - de quoi parle ce chiour ?

Le Tour ouvre les lois de Yom Kippour : celui qui mange et boit le neuf Tichri, l'Écriture le lui compte comme s'il avait jeûné le neuf et le dix. C'est un signe de l'amour divin, qui fait manger avant le jeûne pour qu'on puisse le supporter ; on a donc coutume de faire un repas abondant, illustré par l'histoire du tailleur juif qui paya un poisson très cher.

Glossaire

Erev Yom Kippour
La veille de Yom Kippour, le 9 Tichri, où il est une mitsva de manger et de boire.
Inouy
Affliction : terme de la Torah pour le jeûne de Yom Kippour.
Zahouv
Pièce d'or.

הלכות יום הכפורים תני רב חייא בר רב מדיפתי ועניתם את נפשותיכם בתשעה לחדש וכי בתשעה מתענין והלא בי' מתענין ללמדך שכל האוכל ושותה בט' מעלה עליו הכתוב כאילו התענה ט' וי' וה"ק קרא הכינו עצמכם בתשיעי לעינוי של מחר ומדאפקיה רחמנא לאכילה בלשון עינוי א"כ חשיב כמו עינוי כאילו התענה ט' וי' פירוש כאילו נצטוה להתענות בשניהם והוא מאהבת הקב"ה את ישראל שלא צוה להתענות אלא יום אחד בשנה ולטובתם לכפר עונותיהם וציום שיאכלו וישתו תחלה כדי שיוכלו להתענות ושלא להזיק להם העינוי משל למלך שהיה לו בן יחיד וגזר עליו להתענות יום אחד וצוה להאכילו ולהשקותו קודם כדי שיוכל לסבול וכן נוהגין להרבות בו בסעודה ומביא במדרש מעשה בשוטר העיר שאמר לעבדו קנה לי דגים ולא מצא אלא דג אחד ונתן בו זהוב והיה שם יהודי חייט והוסיף עליו עד שהעלוהו לחמשה ונשאר לחייט בא העבד אל אדוניו וספר לו כל המאורע שלח השוטר אחר החייט ואמר לו מה מלאכתך אמר לו חייט אמר לו ולמה קנית דג שוה זהוב בה' זהובים ולא עוד אלא שלקחתו מיד עבדי ששלחתיו לקנותו לי השיב לו והיאך לא אקננו אפילו בי' כדי לאוכלו ביום כזה שצונו הקב"ה לאכול ולשתות ושאנו בטוחים שהקב"ה יכפר לנו עונותינו אמר לו א"כ יפה עשית ופטרו והלך לשלום:

Lois de Yom Kippour.

Rav 'Hiya bar Rav de Difti a enseigné : « Vous affligerez vos personnes le neuf du mois. » Jeûne-t-on donc le neuf ? Ne jeûne-t-on pas le dix ? C'est pour t'enseigner que quiconque mange et boit le neuf, l'Écriture le lui compte comme s'il avait jeûné le neuf et le dix. Voici ce que dit le verset : préparez-vous le neuvième [jour] pour l'affliction du lendemain. Et puisque le Miséricordieux a exprimé le fait de manger par le terme d'affliction, cela compte comme une affliction, comme s'il avait jeûné le neuf et le dix ; c'est-à-dire comme s'il avait reçu l'ordre de jeûner les deux [jours].

Cela vient de l'amour du Saint, béni soit-Il, pour Israël : Il ne leur a ordonné de jeûner qu'un seul jour dans l'année, et pour leur bien, afin d'expier leurs fautes ; et Il leur a ordonné de manger et de boire auparavant, afin qu'ils puissent jeûner et que le jeûne ne leur nuise pas. On peut le comparer à un roi qui avait un fils unique : il décréta qu'il jeûne un jour, et ordonna de le faire manger et boire auparavant, afin qu'il puisse le supporter. C'est pourquoi on a coutume de faire ce jour-là un repas abondant.

On rapporte dans le Midrach une histoire. Le préfet d'une ville dit à son serviteur : « Achète-moi des poissons. » Celui-ci ne trouva qu'un seul poisson et en offrit une pièce d'or. Il y avait là un tailleur juif, qui surenchérit, jusqu'à ce qu'on le fasse monter à cinq [pièces d'or], et le poisson resta au tailleur. Le serviteur vint chez son maître et lui raconta tout ce qui s'était passé. Le préfet fit venir le tailleur et lui dit : « Quel est ton métier ? » Il répondit : « Tailleur. » Il lui dit : « Pourquoi as-tu acheté un poisson valant une pièce d'or pour cinq pièces d'or ? Et qui plus est, tu l'as pris des mains de mon serviteur, que j'avais envoyé me l'acheter ! » Il lui répondit : « Comment ne l'achèterais-je pas, même pour dix, afin de le manger en un jour comme celui-ci, où le Saint, béni soit-Il, nous a ordonné de manger et de boire, et où nous avons confiance que le Saint, béni soit-Il, nous pardonnera nos fautes ? » Il lui dit : « S'il en est ainsi, tu as bien fait. » Il le laissa partir, et l'homme s'en alla en paix.