Dans certains endroits, on abat un coq en expiation la veille de Yom Kippour. Le Tour cite une réponse des Guéonim qui explique le choix du coq (animal commun, appelé guéver comme l'homme) et décrit la façon de faire : formules d'échange, versets des Tehilim répétés trois fois, imposition des mains puis abattage immédiat, don aux pauvres. Il trouve une certaine preuve, dans le traité 'Houlin, à l'usage de jeter les entrailles sur le toit pour les oiseaux.
יש מקומות שנוהגין לשחוט תרנגול לכפרה וכן יש בתשובת הגאונים וששאלתם שאנו נוהגין לשחוט ערב יום הכפורים תרנגול ואין אנו יודעין מנהג זה למה אי משום תמורה מאי שנא תרנגול מבהמה וחיה הא ודאי קושיא הוא אלא שיש בה שני טעמים אחד שהתרנגול מצוי בבית יותר מכל בהמה חיה ועוף ועוד יש במקומות עשירים שעושין תמורת אילים ועיקר בעלי קרנים דמות אילו של יצחק אבינו לפיכך לא דבר קבוע הוא ועוד שמענו מחכמים הראשונים שאע"פ שבהמה דמיה יקרים יותר מתרנגול אעפ"כ תרנגול מובחר לפי ששמו גבר כדאמרינן (ביומא כ.) מאי קרא גברא אמר רב שילא קרא תרנגולא וכיון ששמו גבר תמורת גבר כגבר מהני ומעלי וכך רגילין כאן אוחז ש"צ התרנגול ומניח ידו על ראשו ונוטלו ומניח על ראש המתכפר ואומר זה תחת זה זה חילוף זה זה מחולל על זה ומחזירו עליו פ"א ואומר (תהילים ק״ז:י׳) יושבי חשך וצלמות אסירי עני וברזל יוציאם מחשך וצלמות ומוסרותיהם ינתק אוילים מדרך פשעם ומעונותיהם יתענו ויצעקו אל ה' בצר להם ממצוקותיה' יושיעם ישלח דברו וירפאם וימלט משחיתותם יודו לה' חסדו ונפלאותיו לבני אדם נפש תחת נפש ועושה כסדר הזה ג"פ ואחר כך מניח ידו על ראש התרנגול תבנית סמיכה וסומך עליו ושוחטו לאלתר תיכף לסמיכה שחיטה ורגילין לתתו לעניים כדי שיהא כפרה לנפשו ומה שרגילין לזרוק את בני מעיו על הגג כדי ליתנם לעופות יש להביא ראיה קצת מההיא דמסכת חולין (קה) רמי בר תמרי איקלע למערבא מעלי יומא דכפורי חזא דקא שדו כבדא וכולייא אזיל שקלינהו משום דהאידנא דהיתרא שכיח טפי:
Il y a des endroits où l'on a coutume d'abattre un coq en guise d'expiation (kappara). On trouve de même dans une réponse des Guéonim : « Vous avez demandé : nous avons coutume d'abattre un coq la veille de Yom Kippour, et nous ne savons pas pourquoi cette coutume ; si c'est à titre de substitut, en quoi le coq diffère-t-il d'une bête domestique ou d'un animal sauvage ? C'est assurément une difficulté. Mais il y a à cela deux raisons. La première : le coq se trouve dans la maison plus que toute bête domestique, tout animal sauvage et tout oiseau ; d'ailleurs, dans les endroits riches, on fait le substitut avec des béliers, et de préférence avec des animaux à cornes, à l'image du bélier d'Its'hak notre père ; ce n'est donc pas une chose fixe. De plus, nous avons entendu des premiers sages que, bien qu'une bête coûte plus cher qu'un coq, le coq est malgré tout préférable, parce qu'il est appelé guéver (homme), comme nous le disons (Yoma 20a) : Que signifie “l'appel du guévra” ? Rav Chila dit : le coq a chanté. Puisqu'il est appelé guéver, un guéver en substitut d'un guéver est efficace et convenable.
Voici l'usage habituel ici : l'officiant (chalia'h tsibbour) prend le coq, pose sa main sur sa tête, puis le prend et le pose sur la tête de celui qui reçoit l'expiation, et dit : “Celui-ci à la place de celui-là, celui-ci est l'échange de celui-là, celui-ci est racheté pour celui-là.” Il le fait tourner une fois au-dessus de lui et dit (Tehilim 107, 10) : “Ceux qui demeuraient dans les ténèbres et l'ombre de la mort, captifs de la misère et des fers ; Il les fait sortir des ténèbres et de l'ombre de la mort, et Il rompt leurs liens. Les insensés, à cause de la voie de leur révolte et à cause de leurs fautes, sont affligés. Ils crient vers ה' dans leur détresse, Il les sauve de leurs angoisses. Il envoie Sa parole et les guérit, Il les fait échapper à leurs fosses. Qu'ils rendent grâce à ה' pour Sa bonté et pour Ses merveilles envers les fils de l'homme.” Puis : “Une vie à la place d'une vie.” Il fait ainsi, dans cet ordre, trois fois. Ensuite, il pose sa main sur la tête du coq à la manière de l'imposition des mains (semi'ha) sur une offrande, s'appuie sur lui et l'abat aussitôt, car l'abattage doit suivre immédiatement l'imposition des mains. On a coutume de le donner aux pauvres, afin qu'il soit une expiation pour son âme. »
Quant à l'usage de jeter ses entrailles sur le toit pour les donner aux oiseaux, on peut en apporter une certaine preuve du passage du traité 'Houlin (105) : Rami bar Tamrei arriva en Occident (en terre d'Israël) la veille de Yom Kippour ; il vit qu'on jetait le foie et les reins, et il alla les ramasser, parce qu'aujourd'hui ce qui est permis se trouve en plus grande abondance.