On sort deux rouleaux : six appelés lisent A'haré mot (sept le Chabbat), le maftir lit « Et le dixième jour » dans Pin'has, et la haftara est tirée de Yecha'ya. À Moussaf, l'officiant répète la prière avec l'ordre du service (Seder Avoda) et les confessions du Cohen Gadol ; le Tour discute l'ordre des mots de la confession, la formule « Ana Hachem » ou « Ana baChem », la nature du Nom que prononçait le Cohen Gadol et la manière de dire « devant ה' vous serez purifiés ». Selon Rav Natronaï, on ne dit le Seder Avoda qu'à Moussaf.
ומוציאין שני ספרים בא' קורין ששה בפ' אחרי מות מריש סדרא עד ויעש כאשר צוה ה' את משה ואם חל בשבת קורין שבעה ומפטיר קורא בשנייה בפרשת קרבנות שבפנחס ובעשור לחדש ומפטיר בישעיה כה אמר רם ונשא עד כי פי ה' דבר ומחזירין ס"ת למקומו ואומר ש"צ קדיש ומתפללין הצבור מוסף אבות וגבורות וקדושת השם אתה בחרתנו ומפני חטאינו וכו' עבודה והודאה וברכת כהנים וידוי ומחזיר ש"ץ התפלה אתה בחרתנו ומפני חטאינו וכו' ואומר עלינו לשבח אוחילה או"א היה עם פיפיות שלוחי עמך וסדר עבודה והוידוי שהיה כ"ג מתודה ואומר ומזכיר השם י' פעמים ג"פ בכל וידוי וא' בגורלות שאומר לה' חטאת ותניא כיצד מתוודה אומר עויתי פשעתי חטאתי דברי ר"מ וחכ"א חטאתי עויתי פשעתי ופסק רב סעדיה כר"מ וכן פסק ה"ר יצחק גיאת ובעל העיטור אבל רי"ף פסק כרבנן וכ"כ בעל הלכות ורב פלטוי ור"ח והכי נהיגי כרבנן וילפינן מקרא שוידוי של י"ה צ"ל בו אנא השם וזה נוסחו אנא השם חטאתי עויתי פשעתי אני וביתי אנא השם כפר נא לחטאים ולעונות ולפשעים שחטאתי ושעויתי ושפשעתי לפניך אני וביתי ככתוב בתורת משה עבדך כי ביום הזה יכפר עליכם לטהר אתכם מכל חטאתיכם לפני ה' תטהרו ובוידוי השני היה מוסיף אני וביתי ובני אהרן עם קדושיך ובוידוי השלישי שעל השעיר היה מתודה על ישראל והיה אומר אנא השם חטאו עוו פשעו לפניך עמך בית ישראל אנא השם כפר נא לחטאים לעונות ולפשעים שחטאו ושעוו ושפשעו לפניך עמך בית ישראל ככתוב וכו' ותניא בתוספתא אנא השם עויתי וכו' ואנא השם כפר נא וכן יש במקצת גרסאות ובשני בשם ואיתא בירושלמי א"ר חגי בראשונה היה אומר אנא השם ובשנייה אנא בשם וכתב ר"ח לא משגחינן ברבי חגי לגבי מתני' ובסדר של ר' שלמה הבבלי כתב בשניהם השם אבל בסדר אתה כוננתה כתב בראשונה אנא השם ובשנייה אנא בשם וכ"כ אבי העזרי כיון שפי' רבי חגי דבראשונה היה אומר אנא השם ובשנייה אנא בשם הכי עבדינן דאמוראי בקיאי בגירסא טפי מינן וסבורני דבראשונה היה אומר כ"ג אנא השם ובשנייה אנא בשם ורב האי כתב לא בלשון זה היה אומר כ"ג אנא השם אלא שם של מ"ב אותיות ועדיין מצוי הוא בישיבה בקבלה וידוע הוא לחכמים וכן כשהיה אומר לפני ה' תטהרו היה אומר שם המפורש וכתב א"א הרא"ש ז"ל ואין נראין לי דבריו דכיון דילפינן בג"ש הזכרת השם של ד' אותיות אין לשנות אלא כמו שהוא כתוב בפסוק הוא מזכירו אלא שמזכירו ככתיבתו והוא שם הנקרא שם מפורש והוא מקור לכל השמות וכולם נאצלים ממנו ועליו נאמר ההוגה השם באותיותיו נעקר מן העולם שאין להזכירו בגבולין ע"כ כתב רב סעדיה שראוי לומר לפני השם תטהרו כמו שאומר אנא השם וכתב הרי"ץ גיאת ואם אמר לפני ה' אין בכך כלום דקרא הוא דקרינן ואין אנו הוגים השם באותיותיו וכתב אבי העזרי על כל אזכרה היו מברכין וכורעין לכבוד וכן מצינו בספרים החיצונים כשמסר ר' נחוניא בן הקנה את השם לתלמידיו צוה להם לכרוע וליפול על פניהם וכן אנו עושין לדוגמא וזהו שייסד הפייט ואף הוא היה מכוין לגמור את השם כנגד המברכין שהיה מאריך בשם בנעימות קול עד שהיו כורעין ואומרים ברוך שכמל"ו ואז מסיים תטהרו וא"ר נטרונאי א"א סדר עבודה לא בשחרית ולא במנחה אלא במוסף שמזכיר סדר עבודה וההודאות בשעת עבודה וכיון שמזכיר במוסף למה יחזור ויזכיר וכן המנהג בב' ישיבות ואח"כ אומר מחול וידוי עבודה והודאה וברכת כהנים קדיש :
On sort deux rouleaux. Dans le premier, six personnes lisent la paracha A'haré mot, du début de la section jusqu'à « Il fit comme ה' l'avait ordonné à Moché » ; s'il tombe un Chabbat, sept personnes lisent. Le maftir lit dans le second, dans la section des offrandes de Pin'has : « Et le dixième jour du mois ». La haftara est dans Yecha'ya : « Ainsi parle Celui qui est haut et élevé », jusqu'à « car la bouche de ה' a parlé ». On remet le rouleau à sa place, l'officiant dit le Kaddich, et la communauté prie Moussaf : les Avot, les Guevourot, la sainteté du Nom, « Tu nous as choisis », « À cause de nos fautes », etc., la 'Avoda, l'action de grâce, la bénédiction des Cohanim et la confession.
L'officiant répète la prière : « Tu nous as choisis », « À cause de nos fautes », etc. ; il dit « 'Alénou lechabéa'h », « O'hila », « Notre D.ieu et D.ieu de nos pères, sois avec la bouche des envoyés de Ton peuple », puis l'ordre du service (Seder Avoda) et la confession que faisait le Cohen Gadol. Il y dit et mentionne le Nom dix fois : trois fois dans chaque confession, et une fois lors des sorts, quand il dit : « Pour ה', en offrande expiatoire ».
Il est enseigné : comment se confesse-t-il ? Il dit : « J'ai commis l'iniquité, j'ai transgressé, j'ai fauté » ('aviti, pacha'ti, 'hatati) ; ce sont les paroles de Rabbi Méir. Les Sages disent : « J'ai fauté, j'ai commis l'iniquité, j'ai transgressé » ('hatati, 'aviti, pacha'ti). Rav Saadia a tranché comme Rabbi Méir, ainsi que Rabbi Its'hak ibn Ghiat et le Ba'al Ha'Itour ; mais le Rif a tranché comme les Sages, et de même ont écrit le Ba'al Hala'hot, Rav Paltoï et Rabbénou 'Hananel ; et l'usage est comme les Sages. Nous apprenons d'un verset que la confession de Yom Kippour doit comporter « Ana Hachem » (De grâce, ô Nom).
En voici le texte : « Ana Hachem, j'ai fauté, j'ai commis l'iniquité, j'ai transgressé, moi et ma maison. Ana Hachem, accorde l'expiation, je T'en prie, pour les fautes, les iniquités et les transgressions par lesquelles j'ai fauté, commis l'iniquité et transgressé devant Toi, moi et ma maison, comme il est écrit dans la Torah de Moché Ton serviteur : car en ce jour Il fera l'expiation pour vous, pour vous purifier de toutes vos fautes ; devant ה' vous serez purifiés. » Dans la deuxième confession, il ajoutait : « moi et ma maison, et les fils d'Aharon, Ton peuple saint ». Dans la troisième confession, celle du bouc, il se confessait pour Israël et disait : « Ana Hachem, ils ont fauté, commis l'iniquité, transgressé devant Toi, Ton peuple, la maison d'Israël. Ana Hachem, accorde l'expiation, je T'en prie, pour les fautes, les iniquités et les transgressions par lesquelles ils ont fauté, commis l'iniquité et transgressé devant Toi, Ton peuple, la maison d'Israël, comme il est écrit, etc. »
Il est enseigné dans la Tossefta : « Ana Hachem, j'ai commis l'iniquité, etc. », et « Ana Hachem, accorde l'expiation, je T'en prie ». Il en est ainsi dans une partie des versions ; et à la seconde, « baChem » (par le Nom). On trouve dans le Yerouchalmi : Rabbi 'Haggaï a dit : la première fois, il disait « Ana Hachem », et la seconde, « Ana baChem ». Rabbénou 'Hananel a écrit : nous ne tenons pas compte de Rabbi 'Haggaï face à notre Michna. Dans l'ordre [du service] de Rabbi Chelomo Habavli, il a écrit « Hachem » les deux fois ; mais dans l'ordre « Ata konanta », il a écrit la première fois « Ana Hachem » et la seconde « Ana baChem ». Avi Ha'Ezri a écrit de même : puisque Rabbi 'Haggaï a expliqué que la première fois il disait « Ana Hachem » et la seconde « Ana baChem », c'est ainsi que nous faisons, car les Amoraïm étaient plus experts que nous dans le texte ; et je pense que la première fois le Cohen Gadol disait « Ana Hachem » et la seconde « Ana baChem ».
Rav Haï a écrit : ce n'est pas avec ce Nom que le Cohen Gadol disait « Ana Hachem », mais avec le Nom de quarante-deux lettres, qui se trouve encore à l'académie par tradition et que connaissent les sages ; de même, quand il disait « devant ה' vous serez purifiés », il prononçait le Nom explicite (Chem hameforach). Mon père, le Roch, de mémoire bénie, a écrit : ses paroles ne me paraissent pas justes, car puisque nous apprenons par une analogie de termes (guezera chava) la mention du Nom de quatre lettres, il ne faut rien changer ; il le mentionne tel qu'il est écrit dans le verset, sauf qu'il le prononce selon son écriture. C'est le Nom appelé Nom explicite ; il est la source de tous les Noms, et tous émanent de lui. C'est à son sujet qu'il est dit : celui qui prononce le Nom selon ses lettres est déraciné du monde, car on ne doit pas le prononcer hors du Temple.
C'est pourquoi Rav Saadia a écrit qu'il convient de dire « lifné Hachem tit'harou » (devant le Nom vous serez purifiés), comme on dit « Ana Hachem ». Rabbi Its'hak ibn Ghiat a écrit : s'il a dit « lifné ה' », cela ne fait rien, car c'est un verset que nous lisons, et nous ne prononçons pas le Nom selon ses lettres.
Avi Ha'Ezri a écrit : à chaque mention [du Nom], ils bénissaient et s'inclinaient en signe d'honneur. Nous trouvons de même dans les livres extérieurs : quand Rabbi Ne'hounya ben Hakana transmit le Nom à ses élèves, il leur ordonna de s'incliner et de tomber sur leur face ; et c'est ce que nous faisons, en guise d'image. C'est ce qu'a composé le poète : « Et lui aussi s'appliquait à achever le Nom face à ceux qui bénissaient » ; c'est-à-dire qu'il prolongeait le Nom d'une voix mélodieuse jusqu'à ce qu'ils se soient inclinés et aient dit « Béni soit le nom de la gloire de Son règne à jamais », et alors il terminait : « vous serez purifiés ».
Rav Natronaï a dit : on ne dit pas l'ordre du service (Seder Avoda) à Cha'harit ni à Min'ha, mais seulement à Moussaf, où l'on mentionne l'ordre du service et les actions de grâce au moment du service ; et puisqu'on le mentionne à Moussaf, pourquoi le mentionnerait-on de nouveau ? Telle est la coutume dans les deux académies. Ensuite, on dit « Pardonne », la confession, la 'Avoda, l'action de grâce, la bénédiction des Cohanim et le Kaddich.