טור אורח חיים

Tour Orah Haim — siman 686

Rabbi Yaakov ben Asher (Baal HaTour) · Lois de la Méguila : le jeûne d'Esther
En bref - de quoi parle ce chiour ?

La Méguilat Ta'anit interdit le deuil et le jeûne les 14 et 15 Adar, et ses interdits subsistent pour 'Hanouka et Pourim ; le Tour explique pourquoi on jeûne malgré tout le 13 Adar, veille de Pourim, et rapporte l'appui tiré de « le 13 est un temps de rassemblement pour tous ». Quand Pourim tombe un dimanche, on avance le jeûne au jeudi précédent. Certains jeûnent trois jours en Adar, selon le traité Soferim.

Glossaire

Méguilat Ta'anit
rouleau ancien énumérant les jours de fête où l'on ne jeûne pas et l'on ne fait pas de deuil
seli'hot
supplications de pardon
traité Soferim
traité mineur ajouté au Talmud, sur les règles des scribes et de la liturgie
Occident
la terre d'Israël, par rapport à Babylone

הלכות מגילה גרסינן במגילת תענית את יום י"ד ויום ט"ו באדר יומי פוריא אינון דלא למיספד בהון ודלא למגזר בהון תעניתא ואע"ג דקי"ל בטלה מגילת תענית בחנוכה ופורים לא בטלה וא"כ לפניהם ולאחריהם נמי אסור כדאיתא במסכת תענית דבכ"מ שנאמר דלא למספד בהון לפניהם ולאחריהם נמי אסור אפ"ה נוהגין להתענות בי"ג דלא עדיף לפניהם ולאחריהם דחנוכה ופורים משאר יומי דמגילת תענית וכיון ששאר הימים בטלו עיקרן ומותר להתענות בהן אע"ג דחנוכה ופורים לא בטלו עיקרן לפניהם ולאחריהם מיהא מותר ועוד יש סמך מיהא דאיתא בגמרא י"ג זמן קהילה לכל היא פי' שהכל מתקבצין לתענית אסתר ובאין בני הכפרים לעיירות לומר סליחות ותחנונים לפי שבו נקהלו לעמוד על נפשם והיו צריכין רחמים ואנו עושין כמו שהם היו עושין בימי מרדכי ואסתר וכשחל פורים ביום א' מקדימין התענית ביום ה' שלפניו לפי שרגילין להרבות בו בסליחות ותחנונים ולא יתכן לעשות כן בע"ש שלא יוכלו להכין צרכי שבת ויש מתענין ג' ימים באדר והכי איתא במסכת סופרים רבותינו שבמערב מתענין באדר ג' תעניות של אסתר אע"פ שאותן היו בניסן לא היו רוצין להתענות בניסן לפי שבו נגאלו אבותינו ממצרים והוקם בו המשכן:

Lois de la Méguila. Nous lisons dans la Méguilat Ta'anit : « Le quatorzième jour et le quinzième jour d'Adar sont des jours de Pourim, où l'on ne doit pas faire d'oraison funèbre ni décréter de jeûne. » Bien que nous tenions que la Méguilat Ta'anit a été abolie, pour 'Hanouka et Pourim elle n'a pas été abolie ; s'il en est ainsi, les jours qui les précèdent et qui les suivent devraient aussi être interdits, comme on le trouve dans le traité Ta'anit : partout où il est dit « où l'on ne doit pas faire d'oraison funèbre », la veille et le lendemain sont aussi interdits. Malgré cela, on a coutume de jeûner le treize, car la veille et le lendemain de 'Hanouka et de Pourim ne valent pas mieux que les autres jours de la Méguilat Ta'anit ; et puisque les autres jours ont été abolis dans leur principe et qu'il est permis d'y jeûner, alors, même si 'Hanouka et Pourim n'ont pas été abolis dans leur principe, leur veille et leur lendemain du moins sont permis.

Il y a de plus un appui dans ce que l'on trouve dans la Guemara : « le treize est un temps de rassemblement pour tous », c'est-à-dire que tous se rassemblent pour le jeûne d'Esther, et que les gens des villages viennent dans les villes pour dire les seli'hot et les supplications, parce qu'en ce jour ils se rassemblèrent pour défendre leur vie et avaient besoin de miséricorde ; et nous faisons comme ils faisaient aux jours de Mordé'haï et d'Esther.

Quand Pourim tombe un dimanche, on avance le jeûne au jeudi qui précède, parce qu'on a coutume d'y multiplier les seli'hot et les supplications, et il n'est pas possible de le faire la veille du Chabbat, car on ne pourrait pas préparer ce qu'il faut pour le Chabbat.

Certains jeûnent trois jours en Adar. C'est ce qu'on trouve dans le traité Soferim : nos maîtres d'Occident jeûnent en Adar les trois jeûnes d'Esther ; bien que ceux-ci aient eu lieu en Nissan, ils ne voulaient pas jeûner en Nissan, parce que c'est en ce mois que nos pères furent délivrés d'Égypte et que le Tabernacle fut dressé.