שולחן ערוך, יורה דעה

Choulhan Aroukh — Yoré Déa, siman 220

Rabbi Yossef Karo · Rema : Rabbi Moche Isserles · Différence entre konam vin pour aujourd’hui et pour un temps ; le vœu sur une chose dont le terme n’est pas fixe
En bref - de quoi parle ce chiour ?

« Un jour » se compte d’une heure à la même heure ; « aujourd’hui » jusqu’à la nuit, avec consultation de sage. Semaine, mois, année, chemita : « ceci » jusqu’à la fin de la période en cours ; « un » selon la mesure dite. Termes agricoles et pluies : jusqu’à ce qu’ils arrivent, selon le lieu du vœu. Conditions sur la femme jusqu’à Pessa’h ou jusqu’à la fête : selon la place des mots.

Attention : ceci n’est pas la halakha. C’est seulement une synthèse des points de cette page. La halakha est donnée par les rabanim.

SUJETTermes et durées fixés dans les vœux
OUIAujourd'hui
Interdit jusqu'à la tombée de la nuit, avec consultation d'un sage requise par décret (sauf vœu de mitsva ou jeûne simple).
OUIUn jour
Interdit d'une heure précise à la même heure le lendemain.
OUICette semaine, ce mois, cette année
Interdit jusqu'à la fin de la période calendaire (veille de Chabbat, Roch 'Hodech, Roch Hachana).
OUIPériode imprécise (moisson, pluie)
Interdit jusqu'à ce que la période ou l'événement arrive localement.
OUIVœu jusqu'à Pessa'h
L'interdit s'arrête à l'arrivée de la fête, sauf s'il précise "jusqu'à ce que soit Pessa'h", ce qui englobe la fête entière.
REMAUn jeûne conditionné à la vie d'un malade est annulé si le malade décède.
Les termes temporels ("ce/cette" contre "un/une") déterminent de manière stricte si l'interdiction s'arrête à la fin de la période calendaire ou si elle dure un cycle complet de date à date.

Glossaire

konam
formule de vœu
me-et le-et
d’une heure à la même heure
mi-yom le-yom
d’un jour à la même date
she'ela
consulter un sage pour l’annulation
chemita
année sabbatique, cycle de sept ans
shana meouberet
année embolismique, à treize mois
yoreh
premières pluies d’automne
téqoufa
solstice ou équinoxe astronomique
bar mitsva
âge des commandements, treize ans
tenaï kaful
condition doublée (si… et si non…)

חילוק שבין קונם יין להיום או לזמן ודין הנודר על דבר שאינו קבוע. ובו כ"ג סעיפים:קונם יין שאני טועם יום אחד או קונם יין שאני טועם יום אסור בו מעת לעת ואם אמר קונם יין שאני טועם היום אינו אסור אלא עד שתחשך בין עומד בתחלת היום או בסופו וצריך שאלה לחכם גזירה שמא פעם אחרת יאסור עליו יום אחד ולא ידע להפריש בין היום ליום אחד ויבא לשתות בלילה וי"א שאם היה נדר של מצוה כגון ללמוד או לקיים שום מצוה אינו צריך התרה. (ומיהו בקבלת תענית בעלמא מותר לאכול מיד בלילה ואין צריך התרת חכם) . (ב"י בשם הר"ן):

« Konam (formule de vœu) vin que je goûte un jour », ou « Konam vin que je goûte jour » : il en est interdit d’une heure à la même heure. S’il a dit : « Konam vin que je goûte aujourd’hui », il n’en est interdit que jusqu’à la tombée de la nuit, qu’il se tienne au début du jour ou à la fin. Il doit toutefois consulter un sage, par décret : de peur qu’une autre fois il s’interdise « un jour » et ne sache pas distinguer entre « aujourd’hui » et « un jour », et qu’il en vienne à boire la nuit. Certains disent : s’il s’agissait d’un vœu de mitsva, comme d’étudier ou d’accomplir une mitsva, il n’a pas besoin d’annulation. Toutefois, pour une simple prise de jeûne, manger dès la nuit lui est permis, et il n’a pas besoin de l’annulation d’un sage.

אמר ביום שאעשה דבר פלוני לא אוכל אותו היום דינו כהיום שמותר בלילה ואם אמר אותו היום ולמחרתו אסור אותו היום ומחרתו ולילה שבינתים:

S’il a dit : « Le jour où je ferai telle chose, je ne mangerai pas ce jour-là », sa loi est comme « aujourd’hui » : la nuit lui est permise. S’il a dit : « Ce jour-là et le lendemain », il est interdit ce jour-là, le lendemain, et la nuit d’entre eux.

היה עומד באמצע השבוע או קודם לו ואמר קונם יין שאני טועם שבוע זה אסור עד תשלום כל השבוע ויום השבת הבא אסור ג"כ (ומותר אחר כך בלא שאלת חכם) (ר' ירוחם ני"ד) ואם אמר שבוע אחד או שבוע סתם אסור מעת לעת:

Il se tenait au milieu de la semaine, ou avant, et a dit : « Konam vin que je goûte cette semaine » : interdit jusqu’à l’achèvement de toute la semaine, et le jour du Chabbat qui vient est interdit aussi ; ensuite c’est permis, sans consulter un sage. S’il a dit « une semaine » ou « semaine » tout court, interdit d’une heure à la même heure.

היה עומד בתוך החדש או קודם לו ואמר חדש זה אסור עד תשלום החדש ומותר ביום ר"ח אפי' ר"ח שני ימים שהראשון לתשלום חדש שעבר אפילו הכי מותר בו כיון שבלשון בני אדם קורין אותו ר"ח (וכל שכן אם נדר לעשות קודם ר"ח שצריך לקיימו קודם יום ראשון):

Il se tenait dans le mois, ou avant, et a dit : « Ce mois » : interdit jusqu’à l’achèvement du mois, et le jour de Roch ‘Hodech lui est permis — même si Roch ‘Hodech est de deux jours, le premier étant l’achèvement du mois passé : même ainsi ce jour lui est permis, puisque dans la langue des gens on l’appelle Roch ‘Hodech. À plus forte raison s’il a fait vœu de faire [une chose] avant Roch ‘Hodech : il doit l’accomplir avant le premier jour.

אמר חדש אחד או חדש סתם אסור מיום ליום:

S’il a dit « un mois » ou « mois » tout court : interdit d’un jour à la même date.

היה עומד בתוך השנה או קודם לה ואמר השנה זו אסור עד תשלום השנה ומותר ביום ר"ה ושנה זו מונים מתשרי שאפילו אם עומד בכ"ט באלול כיון שהגיע תשרי מותר:

Il se tenait dans l’année, ou avant, et a dit : « Cette année » : interdit jusqu’à l’achèvement de l’année, et le jour de Roch Hachana lui est permis. « Cette année » se compte depuis Tichri : même s’il se tient le 29 Elloul, dès que Tichri est arrivé, c’est permis.

אמר שנה אחת או שנה סתם אסור מעת לעת ואם נתעברה השנה אסור בה ובעיבורה ואם עומד בחורף ואמר שנה זו והיא מעוברת אסור עד תשרי ולא אמרינן שאדר שני יעלה לו במקום אלול:

S’il a dit « une année » ou « année » tout court : interdit d’une heure à la même heure. Si l’année est embolismique, il en est interdit, et de son mois ajouté. S’il se tient en hiver et a dit « cette année », et qu’elle est embolismique, interdit jusqu’à Tichri : on ne dit pas que Adar second lui tienne lieu d’Elloul.

אמר עד ר"ח אדר עד ר"ח אדר ראשון עד סוף אדר עד סוף אדר שני ולהרמב"ם אם ידע שהשנה מעוברת ואמר עד ר"ח אדר אסור עד ראש חדש אדר שני:

S’il a dit « jusqu’à Roch ‘Hodech Adar » : jusqu’à Roch ‘Hodech Adar premier. « Jusqu’à la fin d’Adar » : jusqu’à la fin d’Adar second. Selon le Rambam, s’il savait que l’année est embolismique et a dit « jusqu’à Roch ‘Hodech Adar », interdit jusqu’à Roch ‘Hodech Adar second.

היה עומד בתוך השמיטה או קודם לה ואמר שמיטה זו אסור עד סוף השמיטה ואסור גם בשנה השביעית:

Il se tenait dans la chemita, ou avant, et a dit : « Cette chemita » : interdit jusqu’à la fin de la chemita, et l’année septième aussi lui est interdite.

אמר שמיטה אחת או שמיטה סתם אסור שבע שנים מעת לעת:

S’il a dit « une chemita » ou « chemita » tout court : interdit sept ans d’une heure à la même heure.

האוסר עצמו בדבר עד הפסח או שאמר עד פני הפסח אינו אסור אלא עד שיגיע בלבד ואם אמר עד שיהיה הפסח הרי זה אסור עד שיצא הפסח ויש אומרים דעד פני הפסח אסור עד שיצא:

Celui qui s’interdit une chose jusqu’à Pessa’h, ou a dit « jusqu’avant Pessa’h », n’est interdit que jusqu’à ce que [Pessa’h] arrive seulement. S’il a dit « jusqu’à ce que soit Pessa’h », interdit jusqu’à ce que Pessa’h sorte. Certains disent que « jusqu’avant Pessa’h » interdit jusqu’à ce qu’il sorte.

אמר עד הקציר או עד הבציר או שאמר עד שיהיה הבציר או הקציר אינו אסור אלא עד שיגיע שכל דבר שאין זמנו ידוע בכל לשון שיאמר אינו אסור אלא עד שיגיע:

S’il a dit « jusqu’à la moisson » ou « jusqu’à la vendange », ou « jusqu’à ce que soit la vendange » ou « la moisson » : il n’est interdit que jusqu’à ce que cela arrive — car toute chose dont le temps n’est pas connu, en quelque langue qu’il dise, n’interdit que jusqu’à ce que cela arrive.

בכל מקום זמן הנדר הוא לפי מה שממהרין או מאחרין לקצור בו ואנו הולכים אחר המקום שעומד בו הנודר בשעת הנדר אפילו אם הלך אח"כ הנודר אל מקום אחר בין להחמיר כגון שהלך למקום [שממהרין] הקציר בין להקל שהלך למקום [שמאחרין] אותו:

Partout, le temps du vœu est selon que l’on avance ou retarde la moisson en ce lieu. Nous allons d’après le lieu où se tient celui qui fait le vœu au moment du vœu, même s’il est allé ensuite ailleurs — que ce soit à la rigueur, s’il est allé en un lieu où l’on avance la moisson, ou à la facilité, s’il est allé en un lieu où on la retarde.

קציר סתם הוא קציר חטים ואם המקום שנדר בו רובו קציר שעורים הולכין אחריו:

« Moisson » tout court, c’est la moisson du blé. Si le lieu où il a fait le vœu a, pour la plus grande part, une moisson d’orge, on va d’après elle.

אם קבע זמן למשתה בנו ונדר עד זמן משתה בנו מספקא לן אם חשוב זמנו קבוע והולכין בו להחמיר: הגה ואפילו אם מת הבן קודם שיגיע משתה שלו צריך להמתין עד אותו זמן וכן אם נדר לעשות דבר עד שיהיה בנו בר מצוה ומת צריך להמתין עד שיהיה ראוי להיות בר מצוה (ת"ה סימן רע"ז) ועיין בא"ח סימן תקס"ט יחיד או רבים שקבלו עליהם תענית מחמת איזה צרה ועברה אם צריכים להשלים תעניתם והוא הדין בנדר נדר לעשות צדקה או שאר נדרים (א"ז פסק דחייב לקיים נדרו) ונ"ל דכל זה מיירי בקבלו עליהם סתם אבל אם פירש דבריו כגון מי שנדר ואמר אם יחיה פלוני החולה אתענה כך וכך או אתן כך וכך לצדקה אם מת אותו פלוני פטור מנדרו דהרי התנה בפירוש ולא בעינן תנאי כפול בנדרים דלא גרע דבורו מכוונת הנודר כדלעיל סי' רי"ח וכן יתבאר לקמן סוף סימן רל"ב (ד"ע) וכל שכן האומר אתן סלע לצדקה כדי שיחיה בני ואם לא יחיה לא אתן אע"ג דעובד ע"מ לקבל פרס מכל מקום פטור אם לא יחיה. (ב"י סי' רנ"ט בשם מ"כ והוא תשובת מהרי"ל סי' ק"ץ וד"מ שם):

S’il a fixé un temps pour le festin de son fils et a fait vœu jusqu’au temps du festin de son fils : nous sommes en doute s’il compte comme un temps fixe, et l’on y va à la rigueur. (Rema : Même si le fils est mort avant que n’arrive son festin, il doit attendre jusqu’à ce temps. De même s’il a fait vœu de faire une chose jusqu’à ce que son fils soit bar mitsva, et qu’il est mort : il doit attendre jusqu’à ce qu’il eût été en âge d’être bar mitsva. Un particulier ou un public qui ont pris sur eux un jeûne à cause d’une détresse, et que [la détresse] est passée : s’ils doivent achever leur jeûne — et de même pour un vœu de tsédaka ou d’autres vœux. Il me semble que tout cela parle de ceux qui ont pris sur eux tout court ; mais s’il a précisé ses paroles, par exemple celui qui a fait vœu et dit : « Si un tel malade vit, je jeûnerai tant, ou je donnerai tant à la tsédaka » : si ce tel est mort, il est quitte de son vœu, car il a conditionné clairement, et l’on n’a pas besoin d’une condition doublée dans les vœux — sa parole ne vaut pas moins que l’intention de celui qui fait le vœu, comme plus haut au siman 218. À plus forte raison celui qui dit : « Je donnerai un sela à la tsédaka afin que mon fils vive, et s’il ne vit pas je ne donnerai pas » : bien qu’il agisse à condition de recevoir un salaire, il est néanmoins quitte s’il ne vit pas.)

עד הקיץ עד שיקוצו הרבה ומכניסין התאנים בכלכלות:

« Jusqu’à l’été » : jusqu’à ce que beaucoup coupent et qu’on rentre les figues dans les corbeilles.

עד שיעבור הקיץ עד שישמרו הסכינים שקוצצים בהם התאנים:

« Jusqu’à ce que passe l’été » : jusqu’à ce qu’on range les couteaux avec lesquels on coupe les figues.

האוסר עצמו בדבר עד הגשם הרי זה אסור עד זמן הגשמים שהוא בא"י ר"ח כסלו הגיע זמן הגשמים הרי זה מותר בין ירדו גשמים בין לא ירדו ואם ירדו מי"ז במרחשון מותר ואם אמר עד הגשמים הרי זה אסור עד שירדו הגשמים והוא שירדו מזמן רביעה שניה שהוא בארץ ישראל ומקומות הסמוכים לה מכ"ג במרחשון ואילך: הגה ובגולה זמן הגשמים ששים יום אחר התקופה שמתחילין אז השאלה וזמן רביעה שניה שבעים יום אחר התקופה. (טור):

Celui qui s’interdit une chose jusqu’à la pluie : interdit jusqu’au temps des pluies, qui en terre d’Israël est Roch ‘Hodech Kislev. Le temps des pluies est arrivé : c’est permis, qu’il soit tombé de la pluie ou non. S’il est tombé de la pluie dès le 17 Mar’hechvan, c’est permis. S’il a dit « jusqu’aux pluies », interdit jusqu’à ce qu’il tombe de la pluie, et cela à condition qu’il en tombe dès le temps de la seconde yoreh, qui en terre d’Israël et aux lieux proches est du 23 Mar’hechvan et après. (Rema : En diaspora, le temps des pluies est soixante jours après la téqoufa, quand on commence alors à demander [la pluie] ; et le temps de la seconde yoreh, soixante-dix jours après la téqoufa.)

אמר עד שיפסקו הגשמים אסור עד שיעבור הפסח:

S’il a dit « jusqu’à ce que cessent les pluies » : interdit jusqu’à ce que Pessa’h soit passé.

קונם יין שאיני טועם בחג אסור בי"ט האחרון:

« Konam vin que je ne goûte pas à la fête » : le dernier Yom Tov lui est interdit.

האומר לאשתו מה שאת עושה קונם שאיני נהנה ממנו עד הפסח עשתה לפני הפסח מותר ליהנות ממנו אחר הפסח אבל אם אמר מה שאת עושה עד הפסח קונם שאיני נהנה ממנו אסור ליהנות לעולם במה שעשתה לפני הפסח:

Celui qui dit à sa femme : « Ce que tu fais, konam que je n’en profite pas jusqu’à Pessa’h » : si elle a fait avant Pessa’h, profiter de cela après Pessa’h lui est permis. Mais s’il a dit : « Ce que tu fais jusqu’à Pessa’h, konam que je n’en profite pas », profiter à jamais de ce qu’elle a fait avant Pessa’h lui est interdit.

אמר לאשתו קונם שאת נהנית לי מהיום עד פסח אם תלכי לבית אביך עד החג הלכה לפני הפסח אסור ליהנות ממנה עד הפסח ואפי' לא הלכה אסור ליהנות ממנה עד הפסח שמא תלך אח"כ ותעבור למפרע:

Il a dit à sa femme : « Konam que tu profites de moi dès aujourd’hui jusqu’à Pessa’h si tu vas à la maison de ton père jusqu’à la fête. » Si elle est allée avant Pessa’h, profiter d’elle jusqu’à Pessa’h lui est interdit. Et même si elle n’est pas allée, profiter d’elle jusqu’à Pessa’h lui est interdit, de peur qu’elle n’aille ensuite et n’enfreigne rétroactivement.

אמר לה קונם שאת נהנית לי עד החג אם תלכי לבית אביך עד הפסח אסורה ליהנות מיד ואם הלכה לפני הפסח ונמצא מהנה אותה הרי זה לוקה בזמן הסנהדרין ואסורה בהנייתו עד החג ומותרת לילך לבית אביה משהגיע הפסח:

Il lui a dit : « Konam que tu profites de moi jusqu’à la fête si tu vas à la maison de ton père jusqu’à Pessa’h. » Profiter lui est interdit dès maintenant. Si elle est allée avant Pessa’h et qu’il se trouve qu’il lui a fait profiter, il recevait la flagellation au temps du Sanhédrin, et elle est interdite de profiter de lui jusqu’à la fête ; et aller à la maison de son père lui est permis dès que Pessa’h est arrivé.