Le serment d’énoncé porte sur le passé ou l’avenir, même sans bien ni mal, même sans substance, même par autrui. Le mensonge oblige au sacrifice. Pas de sacrifice pour un serment de mitsva, de nuire à autrui, ou qu’autrui fasse un acte hors de son pouvoir — mais il y a faute. Le serment vain : contredire l’évidence, affirmer l’évidence, l’impossible ; on le frappe et il agit aussitôt. Serment d’annuler une mitsva par inclusion : seulement sur un commandement positif. Deux qui se sont juré une même chose : si l’un transgresse, l’autre est quitte.
Attention : ceci n’est pas la halakha. C’est seulement une synthèse des points de cette page. La halakha est donnée par les rabanim.
מה היא שבועת ביטוי ושבועת שוא. ובו ו' סעיפים:נפש כי תשבע לבטא בשפתים היינו שנשבע בין על דבר שעבר כגון שנשבע שאכל ולא אכל או שלא אכל ואכל בין על דבר שהוא להבא כגון שאוכל ואינו אוכל או שלא אוכל ואוכל וכן כל דבר אפילו אין בו לא הרעה ולא הטבה כגון שזרקתי לים ולא זרקתי או שאזרוק ולא אזרוק ואפילו בדבר שאין בו ממש כגון שישנתי ולא ישנתי או שאישן ולא אישן ואפי' בדבר שאינו יכול לעשותו אלא ע"י אחרים כגון שנתתי לפלוני או שלא נתתי או שאתן לפלוני או שלא אתן ואפי' נשבע על אחרים כגון שזרק פלוני צרור לים או שלא זרק כל אלו שבועות ביטוי הן ואם שיקר בשבועתו חייב קרבן:
« Une personne qui jurera en énonçant de ses lèvres » : c’est celui qui jure, soit sur le passé — il a juré qu’il a mangé et n’a pas mangé, ou qu’il n’a pas mangé et a mangé —, soit sur l’avenir — il jure qu’il mangera et ne mange pas, ou qu’il ne mangera pas et mange. De même toute chose, même sans mal ni bien, par exemple : « j’ai jeté à la mer » et il n’a pas jeté, ou « je jetterai » et il ne jettera pas. Même une chose sans substance, par exemple : « j’ai dormi » et il n’a pas dormi, ou « je dormirai » et il ne dormira pas. Même une chose qu’il ne peut faire que par d’autres, par exemple : « j’ai donné à un tel » ou « je n’ai pas donné », ou « je donnerai à un tel » ou « je ne donnerai pas ». Même s’il a juré sur d’autres, par exemple : « un tel a jeté un caillou à la mer » ou « il n’a pas jeté ». Tous ceux-là sont des serments d’énoncé. S’il a menti dans son serment, il est tenu d’un sacrifice.
יש דברים שאפי' שיקר בשבועתו אינו חייב קרבן כגון שנשבע לקיים המצוה ולא קיים או שנשבע להרע לפלוני כגון להכותו או לקללו (אבל אם נשבע להכות עצמו אע"פ שאינו רשאי חיילא שבועה) (ב"י בשם הר"ן פ"ג דשבועות) ונשבע שיעשה חבירו דבר פלוני כגון שיזרוק פלוני צרור לים או שלא יזרוק וכיוצא בו אבל עבירה איכא בכל דבר שמשקר בשבועתו וגם אין לו לישבע על חבירו שיעשה שום דבר שאינו ברשותו שיעשנו על כל פנים ואין חבירו מחויב לעשותו אלא אם כן יקבל שבועתו דהיינו שיאמר אמן או דבר שעניינו כענין אמן כגון שאמר הן או מחויב אני בשבועה זו או קבלתי עלי שבועה זו וכן כל כיוצא בזה ואע"פ שלא קבלו אותם האחרים בשבועה אם קיימו דבריו הרי אלו משובחים: הגה וכל שכן שהנשבע עצמו צריך לקיים שבועתו אם אפשר אע"פ שבתחילה היה שבועת שוא כגון שנשבע לישא אשה פלונית ושמא לא תתרצה ואיכא שבועת שוא מ"מ כשהיא רוצה צריך לקיים שבועתו (מהרי"ק שורש כ"ב) וי"א דבכי האי גוונא לא מקרי שבועת שוא רק שבועת ביטוי דהנשבע ליתן דבר לחבירו והוא אינו רוצה לקבלו פטור משבועתו והוא הדין אם אינה רוצה להנשא לו ולכן לא הוי רק שבועת ביטוי (כן משמע מתשובת ריב"ש סי' שפ"ז הביאו הב"י):
Il est des choses où, même s’il a menti dans son serment, il n’est pas tenu d’un sacrifice : par exemple s’il a juré d’accomplir la mitsva et ne l’a pas accomplie, ou s’il a juré de faire du mal à un tel, par exemple de le frapper ou de le maudire. (Rema : Mais s’il a juré de se frapper lui-même, bien qu’il n’y soit pas autorisé, le serment prend.) Ou s’il a juré que son prochain fera telle chose, par exemple qu’un tel jettera un caillou à la mer ou ne le jettera pas, et semblables. Mais il y a faute en toute chose où il ment dans son serment. Et il ne doit pas jurer sur son prochain qu’il fera une chose qui n’est pas en son pouvoir de la faire à coup sûr. Son prochain n’est tenu de la faire que s’il accepte son serment, c’est-à-dire s’il dit amen, ou une parole du même sens qu’amen, par exemple « oui », ou « je suis tenu par ce serment », ou « j’ai accepté sur moi ce serment », et tout semblable. Même si les autres n’ont pas accepté [le serment], s’ils ont accompli ses paroles, ils sont louables. (Rema : À plus forte raison le jureur lui-même doit accomplir son serment si c’est possible, même si au départ c’était un serment vain, par exemple s’il a juré d’épouser une telle, et peut-être qu’elle ne voudra pas — il y a serment vain ; néanmoins, quand elle veut, il doit accomplir son serment. Certains disent qu’en tel cas on n’appelle pas cela serment vain, mais serment d’énoncé : celui qui jure de donner une chose à son prochain, et que celui-ci ne veut pas recevoir, est quitte de son serment ; de même si elle ne veut pas l’épouser ; dès lors ce n’est qu’un serment d’énoncé.)
במה דברים אמורים שנשבע על דבר שאינו ברשותו כגון שנשבע על שמעון שלא ילך בסחורה וכיוצא בזה אבל אם משביעו על דבר שהוא שלו כגון שלא יכנס לביתו וכיוצא בו צריך ליזהר בשבועתו:
De quoi parle-t-on ? S’il a juré sur une chose qui n’est pas en son pouvoir, par exemple s’il a juré sur Chimone qu’il n’ira pas en négoce, et semblables. Mais s’il l’adjure sur une chose qui est à lui, par exemple qu’il n’entre pas dans sa maison, et semblables, il doit prendre garde à son serment.
נשבע לשנות את הידוע לאדם כגון על איש שהוא אשה או על אשה שהיא איש חייב משום שבועת שוא וכן אם נשבע לאמת האמת על דבר שהוא ידוע לכל כגון על שנים שהם שנים וכיוצא בו או על דבר שאי אפשר לעשותו כגון שלא אישן ג' ימים או שנשבע שלא יאכל ז' ימים או שנשבע שלא יאכל מכל פירות שבעולם הוי שבועת שוא ומלקין אותו וישן לאלתר ואוכל לאלתר: הגה נשבע סתם שלא יישן ושלא יאכל הוי כאילו נשבע שלא יעשה לעולם והוי שבועת שוא (ב"י וד"מ ס"ס רי"ג בשם ר' ירוחם וכ"כ הרא"ש פרק ג' דשבועות והט"ו ס"ס רי"ט):
S’il a juré pour changer ce qui est connu de l’homme, par exemple sur un homme qu’il est une femme, ou sur une femme qu’elle est un homme, il est tenu au titre du serment vain. De même s’il a juré pour confirmer le vrai sur une chose connue de tous, par exemple sur deux qu’ils sont deux, et semblables ; ou sur une chose impossible à faire, par exemple « je ne dormirai pas trois jours », ou s’il a juré de ne pas manger sept jours, ou de ne manger aucun fruit au monde : c’est un serment vain ; on le frappe, et il dort aussitôt et mange aussitôt. (Rema : S’il a juré sans précision de ne pas dormir et de ne pas manger, c’est comme s’il avait juré de ne jamais le faire, et c’est un serment vain.)
נשבע שראה גמל פורח באויר הרי זה שבועת שוא אפילו אומר שראה לעוף גדול פורח והוא מכנהו גמל (הנשבע על דבר שהוא גוזמא קצת כדי להחזיק דבריו לא הוי שבועת שוא) (מרדכי פרק שבועות שתים) אמר שבועה שלא אוכל מצה אסור לאכול מצה בליל פסח שבועה שלא אוכל מצה בליל פסח לוקה ואוכל מצה בליל פסח שבועה שלא אשב בצל אסור לישב בצל סוכה שבועה שלא אשב בצל הסוכה לוקה וישב בצל סוכה (והא דשבועות חלין על דבר מצוה בכולל היינו דוקא במצות עשה אבל מצות לא תעשה לא) (מהר"ם מפדוואה סי' ע"ד וב"י בשם הריב"ש ורי"ף ותוס' פ"ג דשבועות דף כ"ד ע"א בשם ר"י):
S’il a juré qu’il a vu un chameau voler dans les airs, c’est un serment vain, même s’il dit qu’il a vu un grand oiseau voler et qu’il l’appelle chameau. (Rema : Celui qui jure sur une chose qui est un peu une exagération, pour fortifier ses paroles, ce n’est pas un serment vain.) S’il a dit : « serment que je ne mangerai pas de matsa », il lui est interdit de manger de la matsa le soir de Pessa’h. « Serment que je ne mangerai pas de matsa le soir de Pessa’h » : on le frappe et il mange de la matsa le soir de Pessa’h. « Serment que je ne m’assiérai pas à l’ombre » : il lui est interdit de s’asseoir à l’ombre de la soukka. « Serment que je ne m’assiérai pas à l’ombre de la soukka » : on le frappe et il s’assied à l’ombre de la soukka. (Rema : Que les serments prennent sur une mitsva par inclusion, cela n’est que pour un commandement positif, mais non pour un commandement négatif.)
שנים שנשבעו לעשות דבר אחד ועבר אחד מהם על השבועה השני פטור ואינו צריך התרה לפיכך איש ואשה שנשתדכו זה לזה וקבלו חרם לינשא לזמן קבוע מי שיעכב והעביר המועד אסור לינשא לאחר והלה מותר ואינו צריך התרה וגם המעכב עצמו מותר בלא התרה לאחר שנשא שכנגדו: הגה ואפילו אם טען זה העובר המועד שהיה אנוס אינו נאמן שיתחייב שכנגדו עדיין בשבועתו ומ"מ אם רצה זה לפטור משבועתו ילך אצל חכם ויתיר לו שבועתו שמא יביא זה שכנגדו עדים שהיה אנוס בדבר שהעביר המועד ונמצא עבר זה על שבועתו אם נשא בלא התרה (תשובת מהרי"ו סי' קל"ז) וכל זה לא מיירי אלא בשנים שנשבעו זה לזה אבל שנים שנשבעו יחד לעשות דבר כגון שלא לדבר עם פלוני ועבר אחד מהם השני חייב לקיים שבועתו ואפי' אם נשבעו זה לזה והם ג' או יותר שאף אם עובר האחד השבועה השנים הנשארים צריכין לקיים שבועתן (מהר"ם פאדואה סי' כ"ו ובריב"ש סי' תנ"ג) ונראה הא דאם נשבעו שנים ביחד ולא נשבעו זה לזה ועבר האחד השני חייב לקיים שבועתו היינו דוקא שאינן תלוין זה בזה אבל אם תלוין זה בזה ואי אפשר לאחד לקיים שבועתו בלא חבירו כגון שנשבעו לילך ביחד לארץ ישראל והאחד עובר וקשה לשני לילך לבד פטור גם כן וכמו שנתבאר לעיל סימן רכ"ח סעיף מ"ד (תשובת הרא"ש כלל ח'):
Deux qui ont juré de faire une même chose, et que l’un a transgressé le serment : le second est quitte et n’a pas besoin de déliaison. Dès lors, un homme et une femme qui se sont fiancés l’un à l’autre et ont accepté un anathème de se marier à une date fixée : celui qui retarde et laisse passer l’échéance, il lui est interdit de se marier à un autre, et l’autre est permis et n’a pas besoin de déliaison. Et celui qui a retardé lui-même est permis sans déliaison, une fois que l’autre s’est marié. (Rema : Même s’il prétend, celui qui a laissé passer l’échéance, qu’il était anos (contraint), il n’est pas cru pour que l’autre reste tenu par son serment. Néanmoins, si celui-ci veut se délier de son serment, qu’il aille chez un sage et se fasse délier son serment, de peur que l’autre n’amène des témoins qu’il était [sous] oness (contrainte) pour avoir laissé passer l’échéance, et l’on trouverait que celui-ci a transgressé son serment s’il s’est marié sans déliaison. Tout ceci ne concerne que deux qui se sont juré l’un à l’autre. Mais deux qui ont juré ensemble de faire une chose, par exemple de ne pas parler à un tel, et que l’un a transgressé : le second est tenu d’accomplir son serment. Même s’ils se sont juré l’un à l’autre et qu’ils sont trois ou davantage : même si l’un transgresse le serment, les deux qui restent doivent accomplir leur serment. Il me semble que si deux ont juré ensemble et non l’un à l’autre, et que l’un a transgressé, le second est tenu d’accomplir son serment : cela n’est que s’ils ne dépendent pas l’un de l’autre. Mais s’ils dépendent l’un de l’autre et qu’il est impossible à l’un d’accomplir son serment sans son compagnon, par exemple s’ils ont juré d’aller ensemble en terre d’Israël, et que l’un transgresse, et qu’il est difficile au second d’y aller seul : il est quitte aussi, comme il a été expliqué plus haut, siman 228 seif 44.)