שולחן ערוך, יורה דעה

Choulhan Aroukh — Yoré Déa, siman 237

Rabbi Yossef Karo · Rema : Rabbi Moche Isserles · Celui qui jure : faut-il le Nom ou un surnom
En bref - de quoi parle ce chiour ?

Le serment vaut même sans le Nom ni un surnom. Formules équivalentes (amen, imprécation, mivta, double énoncé), serments par le ciel, les prophètes ou les objets sacrés, Dix Paroles, droite et gauche, yadot et surnoms, formules « serment que je ne mangerai pas chez toi ».

Attention : ceci n’est pas la halakha. C’est seulement une synthèse des points de cette page. La halakha est donnée par les rabanim.

SUJETFormulations, Noms et surnoms valables pour un serment
OUIDire "Je jure" ou répondre "amen" / "oui" à l'adjuration d'un tiers
C'est un serment valable, même sans prononcer le Nom de ה' ou un surnom, peu importe la langue.
OUIAccepter une malédiction sur soi sous condition
Cela a valeur de serment parfait.
OUIRépéter deux fois une action sans interruption
C'est un serment à condition qu'il y ait l'intention d'un serment, mais pas s'il répond à l'insistance d'autrui.
NONJurer par les cieux, la terre, les prophètes ou les ustensiles sacrés
Ce n'est pas un serment, mais on l'intimide et on exige une déliaison pour éviter la légèreté.
REMASi la personne tient en main un écrit en caractères assyriens (même profane) et jure par lui, c'est un serment.
OUIJurer par les Dix Paroles ou par la "droite" / "gauche" de ה'
C'est un serment parfait.
OUILes amorces (yadot) et surnoms
Des expressions comme "shevouta" ou "comme le vœu des impies" comptent comme des serments selon l'usage linguistique local.
REMACeux qui ont l'habitude de dire "émouna" en langue sainte nécessitent néanmoins une déliaison.
L'engagement d'un serment dépend de la claire acceptation et de l'expression de la volonté (y compris par des surnoms ou amorces), et peut prendre effet même sans l'évocation directe du Nom divin, bien que les supports sacrés le rendent immédiat.

Glossaire

surnom (kinnoui)
dénomination du Nom divin, ou formule substitutive de serment
mivta
énoncé, formule équivalente au mot « serment »
yadot
amorces de serment, formules incomplètes qui y font allusion
déliaison (hatara)
annulation du serment par un sage
vœux d’encouragement (nidrei zerouzin)
vœux dits pour presser ou stimuler, non pour s’obliger vraiment
caractères assyriens
écriture hébraïque carrée (ktav achouri)
émouna
« foi / vérité », formule usuelle valant serment

הנשבע אם צריך לישבע בשם או בכינוי. ובו י"ב סעיפים:האומר אני נשבע שאעשה דבר פלוני או שלא אעשנו הרי זה שבועה אע"פ שלא הזכיר לא שם ולא כינוי: הגה ואין חלוק אם הוציא השבועה בלשון הקודש או בכל לשון שיאמרנה (תשובת הרשב"א סימן תתמ"ב ובמרדכי פ' שבועות שתים וברמב"ם פי"ב מהלכות שבועות):

Celui qui dit : « Je jure que je ferai telle chose » ou « que je ne la ferai pas », c’est un serment, bien qu’il n’ait mentionné ni le Nom ni un surnom. (Rema : Peu importe qu’il ait prononcé le serment en langue sainte ou en toute autre langue.)

השביעו אחר שאמר לו אני משביעך שתעשה דבר פלוני או שלא תעשנו וענה אמן או דבר שנשמע ממנו שמקבל שבועתו כגון שאמר הן או קבלתי דבריך הוי כאלו נשבע בעצמו ואפילו השביעו עובד כוכבים או קטן:

Si un autre l’a adjuré en lui disant : « Je t’adjure de faire telle chose » ou « de ne pas la faire », et qu’il a répondu amen, ou une parole d’où l’on entend qu’il accepte le serment — par exemple « oui » ou « j’accepte tes paroles » —, c’est comme s’il avait juré lui-même. Même si c’est un idolâtre ou un mineur qui l’a adjuré.

אמר אהא באלה או בארור אם לא אעשה דבר פלוני או שאמר ליה אחר כן וקבל דבריו הוי כשבועה אף על פי שלא הזכיר לא שם ולא כינוי:

S’il a dit : « Que je sois sous l’imprécation » ou « sous la malédiction » si je ne fais pas telle chose ; ou qu’un autre le lui a dit et qu’il a accepté ses paroles : c’est comme un serment, bien qu’il n’ait mentionné ni le Nom ni un surnom.

האומר מבטא שאעשה דבר פלוני או שלא אעשנו הוי כאילו אומר שבועה:

Celui qui dit « mivta que je ferai telle chose » ou « que je ne la ferai pas », c’est comme s’il disait « serment ».

האומר פעמים על דבר אחד אעשנו או לא אעשנו הוי שבועה והוא שיתכוין לשם שבועה במה דברים אמורים כשאמרם זה אחר זה בלא הפסק אבל אם מבקשים אותו עליו והוא אמר לא אעשנו ובקשוהו עוד ואמר לא אעשנו לא הוי שבועה:

Celui qui dit deux fois, à propos d’une même chose : « Je la ferai » ou « je ne la ferai pas », c’est un serment, à condition qu’il ait l’intention d’un serment. De quoi parle-t-on ? Quand il les a dites l’une après l’autre, sans interruption. Mais si l’on insiste auprès de lui et qu’il dit « je ne la ferai pas », puis qu’on insiste encore et qu’il dit « je ne la ferai pas », ce n’est pas un serment.

מי שנשבע בשמים ובארץ ושמש וכיוצא בהם אע"פ שאין כונתו אלא למי שבראם אינה שבועה וה"ה לנשבע בנביא מהנביאים (או בשאר כתב מכתבי הקודש) (הרמב"ם) או בשלחן המקדש או באחד מכלי הקדש ואף ע"פ כן מאיימין עליהן ומראין להם שזו שבועה כדי שלא ינהגו קלות ראש בשבועות ומתירים להם: הגה וכל זה שלא נטל בידו אבל אם נטל בידו כתב אשורית אפילו אינו רק חכמה חיצונית או אל"ף בי"ת שאין בו רק אותיות אם נשבע בהן והן בידו הוי שבועה (סברת הב"י) וע"ל סי' רי"ב וה"ה אם לא אחזן בידו והיו מונחים לפניו ואמר במה שכתוב בהן:

Celui qui a juré par les cieux et par la terre, par le soleil et ce qui leur ressemble : bien que son intention ne soit que vers Celui qui les a créés, ce n’est pas un serment. Il en va de même de celui qui jure par l’un des prophètes, ou par un autre écrit des Écrits saints, ou par la table du Sanctuaire, ou par l’un des ustensiles sacrés. Néanmoins, on les intimide et on leur montre que c’est un serment, afin qu’ils ne prennent pas les serments à la légère, et on leur accorde la déliaison. (Rema : Tout cela, s’il n’a rien pris en main. Mais s’il a pris en main un écrit en caractères assyriens, même s’il ne s’agit que de sagesse profane, ou un alef-bet qui ne contient que des lettres : s’il a juré par eux alors qu’ils sont dans sa main, c’est un serment. Voir plus haut siman 212. Il en va de même s’il ne les a pas tenus en main, mais qu’ils étaient posés devant lui et qu’il a dit : « par ce qui y est écrit ».)

הנשבע בעשרת הדברות שבועה גמורה היא (ועיין לעיל סימן רי"ב):

Celui qui jure par les Dix Paroles : c’est un serment parfait. Voir plus haut siman 212.

ימין שבועה וכן שמאל דכתיב נשבע יי' בימינו ובזרוע עזו (והוא שיכוין ג"כ לימין ושמאל שאמר הקב"ה) (טור בשם הראב"ד):

« Droite » est un serment, et de même « gauche », car il est écrit : « ה' a juré par sa droite et par le bras de sa force » — encore faut-il qu’il vise aussi la droite et la gauche dont a parlé le Saint béni soit-Il.

ידות שבועה כשבועה כיצד ידות אמר כנדר רשעים שלא אוכל ככר זה:

Les yadot (amorces) de serment sont comme un serment. Comment ? Les yadot : il a dit « comme le vœu des impies, que je ne mangerai pas ce pain ».

כינוי שבועה כשבועה כיצד שבותה או שבוקה שלא אוכל ככר זה או מומי אומי אבל אמר באומתא או באומי בבי"ת אינו כלום ואלו הכנויים הם כפי זמנם לבני אדם שלא היו בקיאים בטיב לשון הקדש והכל לפי הזמן והמקום להוסיף בכינויים אלו או לגרוע מהם (ד"ע בב"י) : הגה אותן שרגילין לומר בלשון הקודש אמונה אעשה או לא אעשה אף על פי שהן כנדרי זרוזין מ"מ בעי התרה. (הגהות מיימוני פ"ד דנדרים בשם מהר"מ):

Le surnom de serment est comme un serment. Comment ? « Shevouta » ou « shevouka » que je ne mangerai pas ce pain ; ou « momi », « omi ». Mais s’il a dit « be-oumta » ou « be-omi » avec un beit, cela n’est rien. Ces surnoms sont selon leur époque, pour des gens qui n’étaient pas experts dans la langue sainte ; tout dépend du temps et du lieu, pour ajouter à ces surnoms ou en retrancher. (Rema : Ceux qui ont l’habitude de dire en langue sainte « émouna, je ferai » ou « je ne ferai pas » : bien que ce soit comme des vœux d’encouragement, il faut néanmoins une déliaison.)

אמר לחבירו שבועה שאיני אוכל לך או השבועה לא אוכל לך או לשבועה לא אוכל לך אסור לאכול עמו:

S’il a dit à son prochain : « Serment que je ne mangerai pas chez toi », ou « le serment, je ne mangerai pas chez toi », ou « pour serment, je ne mangerai pas chez toi » : il lui est interdit de manger avec lui.

אמר השבועה שאוכל לך נשבע שיאכל עמו ואין חילוק בין הפציר בו תחלה שיאכל עמו או לא הפציר ויש מי שאומר שאם הפציר בו תחלה שיאכל עמו ואמר שבועה שאוכל לך אסור לאכול עמו:

S’il a dit : « Le serment que je mangerai chez toi », il a juré de manger avec lui. Nulle différence s’il l’a d’abord pressé de manger avec lui ou non. Certains disent : s’il l’a d’abord pressé de manger avec lui, et qu’il a dit « serment que je mangerai chez toi », il lui est interdit de manger avec lui.