שולחן ערוך, יורה דעה

Choulhan Aroukh — Yoré Déa, siman 251

Rabbi Yossef Karo · Rema : Rabbi Moche Isserles · À qui l'on donne la tsedaka et qui passe avant l'autre
En bref - de quoi parle ce chiour ?

On n'est pas tenu de faire vivre le transgresseur volontaire impénitent. Priorités : soi-même, père et mère, fils, frères, parents, voisins, ville, Erets Israël. Femme avant homme. Ordre des yihousim, sauf si le mamzer est talmid hakham. On nourrit sans enquête, on habille après vérification.

Attention : ceci n’est pas la halakha. C’est seulement une synthèse des points de cette page. La halakha est donnée par les rabanim.

SUJETLes priorités et l'ordre de distribution de la tsedaka
À ÉVITERFautif volontaire
Ne pas entretenir ni prêter à celui qui transgresse volontairement sans faire techouva.
OUISoutenir ses proches
Donner à ses enfants adultes ou à ses parents pauvres est la meilleure tsedaka ; ils passent avant tous les autres.
À FAIRERespecter l'ordre
Soi-même, puis parents, enfants, frères, parents éloignés, voisins, gens de la ville, et enfin une autre ville.
À FAIRENourrir avant de vêtir
L'alimentation de l'affamé prime toujours sur la fourniture de vêtements.
À FAIREPriorité aux femmes
Faire passer la femme avant l'homme pour la nourriture, le vêtement et le mariage.
OUIDemande de nourriture
Nourrir immédiatement celui qui a faim sans enquêter sur lui.
NONDemande de vêtements
Enquêter d'abord pour vérifier s'il n'est pas un trompeur, sauf s'il est connu.
OUISagesse prime sur lignage
Le grand érudit (talmid hakham) passe avant tout autre, même de noble ascendance.
REMALes pauvres non-juifs sont aidés avec les pauvres d'Israël pour préserver les voies de la paix.
La distribution obéit à une hiérarchie stricte basée sur la proximité familiale et géographique, la vulnérabilité de la personne et la grandeur en Torah.

Glossaire

mezid
volontairement
neveila
bête morte non abattue rituellement
hallal
fils d'une union interdite à un kohen
chtouki
enfant dont on ne connaît pas le père
asoufi
enfant trouvé, parents inconnus
mamzer
enfant né d'une union interdite
netin
descendant des Gabaonites affectés au Temple
guer
converti
talmid hakham
sage versé dans la Torah
chalia'h tsibbour
officiant, chantre de la communauté
pshitim
petites pièces de monnaie

למי נותנין הצדקה ואיזה קודם לחבירו. ובו י"ד סעיפים:מי שהוא עבריין במזיד על אחת מכל מצות האמורות בתורה ולא עשה תשובה אינו חייב להחיותו ולא להלוותו (ומפרנסים עניי עובדי כוכבים עם עניי ישראל מפני דרכי שלום) (טור בגמרא פ' הניזקין):

Celui qui transgresse volontairement (mezid) l'une de toutes les mitsvot énoncées dans la Torah et n'a pas fait techouva : on n'est pas tenu de le faire vivre ni de lui prêter. (Rema : On pourvoit aux pauvres des idolâtres avec les pauvres d'Israël, à cause des voies de la paix.)

מי שהוא עבריין להכעיס אפילו למצוה אחת כגון שאוכל נבילה היכא דשכיח בשר כשרה אסור לפדותו אם נשבה. (כ"מ בש"ס ס"פ השולח וטור ס"ס רנ"ב) (אבל עבריין לתיאבון אין איסור בדבר אם רוצים לפדותו אבל אין מחויבים בכך) (ב"י דקדק מלשון הרמב"ם וספר יראים סימן מ"ז):

Celui qui transgresse pour provoquer, même une seule mitsva — par exemple s'il mange de la neveila (bête morte non abattue rituellement) là où la viande casher est courante — : il est interdit de le racheter s'il a été capturé. Mais un transgresseur par appétit : il n'y a pas d'interdit à le racheter si l'on veut ; seulement, on n'y est pas tenu.

הנותן לבניו ובנותיו הגדולים שאינו חייב במזונותיהם כדי ללמד את הבנים תורה ולהנהיג הבנות בדרך ישרה וכן הנותן מתנות לאביו והם צריכים להם הרי זה בכלל צדקה ולא עוד אלא שצריך להקדימו לאחרים ואפילו אינו בנו ולא אביו אלא קרובו צריך להקדימו לכל אדם ואחיו מאביו קודם לאחיו מאמו ועניי ביתו קודמין לעניי עירו ועניי עירו קודמין לעניי עיר אחרת (כ"מ בסמ"ג וסמ"ק וטור) : הגה והקבועים בעיר קרויים עניי העיר והם קודמין לעניים אחרים הבאים לשם ממקומות אחרים (טור דלא כר"י בר ברוך) ויושבי ארץ ישראל קודמין ליושבי חוצה לארץ: הגה פרנסת עצמו קודמת לכל אדם ואינו חייב לתת צדקה עד שיהיה לו פרנסתו ואח"כ יקדים פרנסת אביו ואמו אם הם עניים והם קודמים לפרנסת בניו ואח"כ בניו והם קודמים לאחיו והם קודמין לשאר קרובים והקרובים קודמים לשכיניו ושכיניו לאנשי עירו ואנשי עירו לעיר אחרת והוא הדין אם היו שבוים וצריך לפדותן (הכל בטור):

Celui qui donne à ses fils et à ses filles adultes, dont il n'est plus tenu de fournir la nourriture, afin d'enseigner la Torah aux fils et de conduire les filles dans la voie droite ; de même celui qui donne des présents à son père, et qu'ils en ont besoin : cela entre dans la tsedaka. Bien plus : il doit les faire passer avant les autres. Même s'il n'est pas son fils ni son père, mais son parent : il doit le faire passer avant tout homme. Son frère du côté du père passe avant son frère du côté de la mère. Les pauvres de sa maison passent avant les pauvres de sa ville, et les pauvres de sa ville passent avant les pauvres d'une autre ville. (Rema : Ceux qui sont établis dans la ville sont appelés pauvres de la ville, et ils passent avant les autres pauvres qui y viennent d'ailleurs.) Les habitants d'Erets Israël passent avant les habitants de l'extérieur du pays. (Rema : La subsistance de soi-même passe avant tout homme : on n'est pas tenu de donner la tsedaka tant que l'on n'a pas sa propre subsistance. Ensuite on fait passer la subsistance de son père et de sa mère s'ils sont pauvres — et eux passent avant la subsistance de ses fils. Ensuite ses fils, et eux passent avant ses frères ; eux passent avant les autres parents ; les parents passent avant ses voisins ; ses voisins avant les gens de sa ville ; les gens de sa ville avant une autre ville. Il en est de même s'ils sont captifs et qu'il faille les racheter.)

כופין האב לזון בנו עני ואפילו הוא גדול כופין אותו יותר משאר עשירים שבעיר (וכן שאר קרובים וע"ל סי' רנ"ז סעיף י') (מרדכי פ"ק דב"ב):

On contraint le père à nourrir son fils pauvre, même s'il est adulte : on le contraint plus que les autres riches de la ville. De même les autres parents (voir plus loin siman 257 seif 10).

מי שנתן ממון לגבאים לצדקה אין לו ולא ליורשיו שום כח בהם והקהל יעשו הטוב בעיני אלהים ואדם: הגה אבל קודם שבאו ליד גבאי אם נדר צדקה סתם נותנין לקרוביו העניים דאומדין דעתו דכוונתו לקרוביו ודוקא אם היו לו קרובים עניים בשעת הנדר אבל אם היו עשירים אז והענו אין נותנין להם וכל זה בפוסק צדקה לבד אבל אם פוסק צדקה עם בני העיר על דעת בני העיר נדר והם יעשו מה שירצו (הכל במרדכי בפ"ק דב"ב תשובת מהר"ם):

Celui qui a donné de l'argent aux gabbaïm pour la tsedaka : ni lui ni ses héritiers n'ont plus aucun pouvoir dessus. La communauté fera ce qui est bon aux yeux de ה' et des hommes. (Rema : Mais avant que l'argent soit parvenu aux mains du gabbaï, s'il a voué de la tsedaka de façon indéterminée, on la donne à ses parents pauvres : on estime que son intention allait à ses parents. Cela seulement s'il avait des parents pauvres au moment du vœu ; mais s'ils étaient alors riches et qu'ils se sont appauvris, on ne leur donne pas. Tout cela quand il fixe de la tsedaka à part. Mais s'il fixe de la tsedaka avec les gens de la ville, selon l'intention des gens de la ville il a voué, et eux feront ce qu'ils voudront.)

יהיו עניים בני ביתך:

Que les pauvres soient les gens de ta maison.

חייב להקדים להאכיל הרעב מלכסות הערום:

On est tenu de faire passer le fait de nourrir l'affamé avant de vêtir le nu.

איש ואשה שבאו לשאול מזון מקדימין אשה לאיש וכן אם באו לשאול כסות וכן אם באו יתום ויתומה לינשא מקדימין להשיא היתומה:

Un homme et une femme qui viennent demander de la nourriture : on fait passer la femme avant l'homme. De même s'ils viennent demander un vêtement. De même si un orphelin et une orpheline viennent à se marier : on fait passer le mariage de l'orpheline.

היו לפניו עניים הרבה ואין בכיס לפרנס או לכסות או לפדות את כולם מקדים הכהן ללוי והלוי לישראל והישראל לחלל והחלל לשתוקי והשתוקי לאסופי והאסופי לממזר והממזר לנתין והנתין לגר והגר לעבד משוחרר במה דברים אמורים בזמן שהם שוים בחכמה אבל אם היה ממזר ת"ח וכ"ג עם הארץ ממזר תלמיד חכם קודם (ואפילו חכם לכסות ועם הארץ להחיות ואשת חבר כחבר) (ב"י מהירושלמי) וכל הגדול בחכמה קודם לחבירו ואם היה אחד מהם רבו או אביו אע"פ שיש שם גדול מהם בחכמה רבו או אביו שהוא תלמיד חכם קודם לזה שהוא גדול ממנו:

S'il a devant lui beaucoup de pauvres et que la caisse ne suffit pas à pourvoir, à vêtir ou à racheter tous : on fait passer le kohen avant le lévi, le lévi avant l'Israélite, l'Israélite avant le hallal, le hallal avant le chtouki, le chtouki avant l'asoufi, l'asoufi avant le mamzer, le mamzer avant le netin, le netin avant le guer, le guer avant l'esclave affranchi. Dans quel cas a-t-on dit cela ? Quand ils sont égaux en sagesse. Mais si le mamzer est talmid hakham et le grand prêtre un ignorant : le mamzer talmid hakham passe avant. Même un sage à vêtir passe avant un ignorant à faire vivre ; et la femme d'un savant est comme le savant. Quiconque est plus grand en sagesse passe avant son compagnon. Si l'un d'eux est son maître ou son père, même s'il y a là plus grand qu'eux en sagesse : son maître ou son père, s'il est talmid hakham, passe avant celui qui est plus grand que lui.

מי שבא ואמר האכילוני אין בודקין אחריו אם הוא רמאי אלא מאכילין אותו מיד היה ערום ובא ואמר כסוני בודקין אחריו אם הוא רמאי ואם מכירין אותו מכסין אותו מיד:

Celui qui vient et dit : « Nourrissez-moi » : on n'enquête pas derrière lui s'il est un trompeur ; on le nourrit aussitôt. S'il était nu et qu'il vienne et dise : « Couvrez-moi » : on enquête derrière lui s'il est un trompeur. Si on le connaît, on le couvre aussitôt.

רבי שהיה מצטער שנתן פתו לעם הארץ משום דהוו שני בצורת ומה שהיה אוכל עם הארץ יחסר לתלמיד חכם הא לאו הכי חייב להחיותו אבל אם בא לפנינו מת ברעב חייב להחיותו אע"פ שהוא ספק אם יחסר לתלמיד חכם אחר כך:

Un maître qui s'affligeait d'avoir donné son pain à un ignorant, parce que c'étaient des années de disette et que ce que l'ignorant mangerait manquerait au talmid hakham : hors ce cas, on est tenu de le faire vivre. Mais s'il se présente devant nous mourant de faim, on est tenu de le faire vivre, même s'il est douteux que cela manque ensuite à un talmid hakham.

שני עניים שחייבים ליתן צדקה יכול כל א' מהם ליתן צדקה שלו לחבירו: הגה ודוקא צדקה אבל אם חייבים כל אחד קנס לצדקה שעברו על איזה דבר אינם יכולים לתת אחד לחבירו דאם כן אין כאן קנס (הגהות מרדכי דב"ב):

Deux pauvres tenus de donner la tsedaka : chacun d'eux peut donner sa tsedaka à l'autre. (Rema : Cela seulement pour la tsedaka. Mais s'ils doivent chacun une amende à la tsedaka pour avoir enfreint quelque chose, ils ne peuvent pas se la donner l'un à l'autre : sinon, il n'y a plus d'amende.)

צבור שצריכין לשכור רב ושליח צבור ואין ספוק בידם ליתן לשניהם אם הוא רב מובהק ובקי בהוראות ובדינים הוא קודם ואם לאו שליח צבור קודם: הגה ואין לפרנס הרב שבעיר מכיס של צדקה דגנאי הוא לו וגם לבני העיר אלא יעשו לו ספוק ממקום אחר (גם זה שם) אבל כל יחיד יוכל לשלוח לו מצדקה שלו וזהו דרך כבוד:

Une communauté qui a besoin de louer un rav et un chalia'h tsibbour (officiant), et qui n'a pas de quoi donner aux deux : si c'est un rav éminent, expert en décisions et en jugements, il passe avant ; sinon, le chalia'h tsibbour passe avant. (Rema : On ne pourvoira pas au rav de la ville sur la caisse de tsedaka : c'est une honte pour lui et pour les gens de la ville. Qu'on lui fasse une allocation d'ailleurs. Mais chaque particulier peut lui envoyer de sa propre tsedaka : c'est une voie d'honneur.)

יכולים לשנות אפי' מתלמוד תורה לצורך שלשים פשיטים להגמון בכל שנה לפי שהוא הצלת נפשות שאם לא יתפשרו עמו יש כמה עניים שאין להם ליתן ויכום ויפשיטום ערומים:

On peut détourner même de l'étude de la Torah, pour le besoin de trente pshitim au gouverneur chaque année : car c'est un sauvetage de vies. Si l'on ne transige pas avec lui, il y a beaucoup de pauvres qui n'ont pas de quoi donner : on les frappera et on les dépouillera jusqu'à les laisser nus.