שולחן ערוך, יורה דעה

Choulhan Aroukh — Yoré Déa, siman 252

Rabbi Yossef Karo · Rema : Rabbi Moche Isserles · Loi du rachat des captifs et comment on les rachète
En bref - de quoi parle ce chiour ?

Le rachat des captifs passe avant la nourriture et le vêtement des pauvres. On ne paie pas plus que leur valeur et l'on ne les fait pas évader, par réparation du monde. Priorités : femme avant homme, soi avant son maître, la mère avant tous. On rachète même contre la volonté du captif ou du mari.

Attention : ceci n’est pas la halakha. C’est seulement une synthèse des points de cette page. La halakha est donnée par les rabanim.

SUJETLes lois et priorités du rachat des captifs (pidyon shevouyim)
À FAIREPriorité absolue
Le rachat des captifs passe avant la nourriture et les vêtements des pauvres, retarder le rachat équivaut à verser le sang.
OUIDétourner des fonds
Il est permis de vendre les matériaux d'une synagogue non encore construite pour racheter un captif.
À ÉVITERPayer trop cher
Ne pas racheter un captif au-delà de sa valeur financière pour ne pas encourager d'autres rapts, sauf s'il s'agit de soi-même ou d'un érudit.
À ÉVITERFaire évader
Ne pas organiser d'évasion pour éviter que les ennemis n'appesantissent le joug sur les autres captifs.
OUIOrdre de rachat
La femme passe avant l'homme ; la mère passe avant tous ; le maître passe avant le père.
OUISaisir les biens du mari
Le tribunal rachète la femme captive avec les biens de son mari, même s'il s'y oppose fermement.
À FAIRERemboursement immédiat
Le captif racheté par un tiers doit rembourser son bienfaiteur sans délai s'il en a les moyens.
NONApostat ou fautif répété
Il est interdit de racheter un apostat ou celui qui se vend pour dette une troisième fois, sauf s'il y a danger de mort.
Le rachat des captifs est la mitsva suprême justifiant des mesures extrêmes, mais elle reste encadrée par des règles strictes pour ne pas mettre la communauté en danger futur.

Glossaire

pidyon shevouyim
rachat des captifs
sela
pièce d'une valeur déterminée
tikoun haolam
réparation du monde, mesure d'intérêt public
neveila
bête morte non abattue rituellement
talmid hakham
sage versé dans la Torah
beit din
tribunal rabbinique

דין פדיון שבויים וכיצד פודין אותם. ובו י"ב סעיפים:פדיון שבויים קודם לפרנסת עניים ולכסותן ואין מצוה גדולה כפדיון שבויים הילכך לכל דבר מצוה שגבו מעות בשבילו יכולים לשנותן לפדיון שבויים ואפי' אם גבו לצורך בנין ב"ה ואפי' אם קנו העצים והאבנים והקצום לצורך הבנין שאסור למכרם בשביל מצוה אחרת מותר למכרם לצורך פדיון שבויים אבל אם בנאוהו כבר לא ימכרו אותו (ומ"מ הנודר סלע לצדקה אין פדיון שבויים בכלל ואין לפדות בסלע זו רק מדעת בני העיר (מהרי"ק שורש ז') כדלקמן סי' רנ"ו סעיף ד'):

Le rachat des captifs (pidyon shevouyim) passe avant la subsistance des pauvres et leur vêtement. Il n'est pas de mitsva plus grande que le rachat des captifs. C'est pourquoi, pour toute mitsva en vue de laquelle on a collecté de l'argent, on peut le détourner au rachat des captifs — même si l'on a collecté pour la construction d'un beit haknesset, et même si l'on a déjà acheté les bois et les pierres et qu'on les a affectés à la construction, ce qu'il est interdit de vendre pour une autre mitsva : il est permis de les vendre pour le besoin du rachat des captifs. Mais si on l'a déjà construite, on ne la vendra pas. (Rema : Quoi qu'il en soit, celui qui a voué un sela à la tsedaka : le rachat des captifs n'y est pas compris, et l'on ne rachète pas avec ce sela que du consentement des gens de la ville (voir plus loin siman 256 seif 4).)

המעלים עיניו מפדיון שבויים עובר על לא תאמץ את לבבך ועל לא תקפוץ את ידך ועל לא תעמוד על דם רעך ועל לא ירדנו בפרך לעיניך ובטל מצות פתוח תפתח את ידך לו ומצות וחי אחיך עמך ואהבת לרעך כמוך והצל לקוחים למות והרבה דברים כאלו:

Celui qui détourne les yeux du rachat des captifs transgresse « tu n'endurciras pas ton cœur », « tu ne fermeras pas ta main », « tu ne resteras pas sur le sang de ton prochain », « tu ne le feras pas servir avec dureté sous tes yeux » ; il annule la mitsva « tu lui ouvriras, tu ouvriras ta main », la mitsva « ton frère vivra avec toi », « tu aimeras ton prochain comme toi-même », « délivre ceux qu'on emmène à la mort », et beaucoup de paroles de ce genre.

כל רגע שמאחר לפדות השבויים היכא דאפשר להקדים הוי כאילו שופך דמים:

Chaque instant où l'on retarde le rachat des captifs, là où il est possible de le faire plus tôt, c'est comme si l'on versait le sang.

אין פודין השבויים יותר מכדי דמיהם מפני תיקון העולם שלא יהיו האויבים מוסרים עצמם עליהם לשבותם אבל אדם יכול לפדות את עצמו בכל מה שירצה וכן לת"ח או אפי' אינו ת"ח אלא שהוא תלמיד חריף ואפשר שיהיה אדם גדול פודים אותו בדמים מרובים (ואם אשתו כאחר דמי או לא עיין בטור אבן העזר סי' ע"ח):

On ne rachète pas les captifs au-delà de leur valeur, par réparation du monde (tikoun haolam) : afin que les ennemis ne se livrent pas eux-mêmes à les capturer. Mais un homme peut se racheter lui-même pour tout ce qu'il veut. De même, pour un talmid hakham — ou même s'il n'est pas talmid hakham, mais un disciple perspicace dont il est possible qu'il devienne un grand homme — on le rachète pour une somme élevée. Si son épouse est comme un autre, ou non : voir Tour Even Haézer siman 78.

אין מבריחין השבויים מפני תיקון העולם שלא יהיו האויבים מכבידים עולם עליהם ומרבים בשמירתם:

On ne fait pas évader les captifs, par réparation du monde : afin que les ennemis n'appesantissent pas le joug sur eux et n'augmentent pas leur surveillance.

מי שמכר עצמו לעובד כוכבים או שלוה מהם ושבו אותו בהלואתו פעם ראשונה ושניה פודים אותו ושלישית אין פודים אותו אבל פודים את הבנים לאחר מיתת אביהם ואם בקשו להרגו פודין אותו מיד אפילו אחר כמה פעמים (ושבוי שהמיר אפי' למצוה אחת כגון אוכל נבילות להכעיס אסור לפדותו (טור) וע"ל ריש סי' רנ"א):

Celui qui s'est vendu à un idolâtre, ou qui a emprunté d'eux et qu'ils ont capturé pour sa dette : la première fois et la deuxième, on le rachète ; la troisième, on ne le rachète pas. Mais on rachète les fils après la mort de leur père. S'ils ont cherché à le tuer, on le rachète aussitôt, même après plusieurs fois. Un captif qui a apostasié, même pour une seule mitsva — par exemple en mangeant des nevelot pour provoquer — : il est interdit de le racheter (voir plus haut au début du siman 251).

עבד שנשבה הואיל וטבל לשם עבדות וקבל עליו מצות פודים אותו כישראל שנשבה:

Un esclave qui a été capturé : puisqu'il s'est immergé au nom de la servitude et a accepté sur lui les mitsvot, on le rachète comme un Israélite capturé.

פודים האשה קודם האיש ואם רגילין במשכב זכור פודים האיש קודם (הגהת מרדכי) (ואם שניהם רוצים לטבוע בנהר הצלת האיש קודם) (ב"י סי' רנ"א וכן משמע סוף הוריות):

On rachète la femme avant l'homme. Si les ravisseurs ont l'habitude de l'union avec les mâles, on rachète l'homme avant. Si tous deux sont sur le point de se noyer dans le fleuve, le sauvetage de l'homme passe avant.

הוא ואביו ורבו בשבי הוא קודם לרבו ורבו קודם לאביו אמו קודמת לכולם (וע"ל סי' רמ"ב סעיף ל"ד):

Lui, son père et son maître sont en captivité : il passe avant son maître, et son maître passe avant son père. Sa mère passe avant tous (voir plus haut siman 242 seif 34).

אם איש ואשתו שבויים אשתו קודמת לו ובית דין יורדין לנכסיו ופודים אותה ואפי' עומד וצווח אל תפדוה מנכסי אין שומעין לו:

Si un homme et sa femme sont captifs, sa femme passe avant lui. Le beit din saisit ses biens et la rachète. Même s'il se tient et crie : « Ne la rachetez pas sur mes biens », on ne l'écoute pas.

מי שנשבה ויש לו נכסים ואינו רוצה לפדות עצמו פודים אותו בעל כרחו:

Celui qui a été capturé et qui a des biens, et qui ne veut pas se racheter : on le rachète malgré lui.

האב חייב לפדות את הבן אי אית ליה לאב ולית ליה לבן: הגה וה"ה קרוב אחר קרוב קרוב קודם דלא כל הימנו שיעשירו עצמם ויטילו קרוביהם על הצבור (מרדכי פ' השוכר) הפודה חבירו מן השביה חייב לשלם לו אם אית ליה לשלם ולא אמרינן דהוא מבריח ארי מנכסי חבירו (מרדכי פ' הכונס ופ' דייני גזירות ות' מהרי"ו סי' קמ"ח קמ"ט וב"י בשם מ"כ) וצריך לשלם לו מיד ולא יוכל למימר אני ציית לך דין ואם אית ליה אח"כ טענה עליו יתבענו לדין דבלא זה אין אדם פודה את חבירו (מהרי"ו סי' קמ"ט וכ"כ הב"י):

Le père est tenu de racheter le fils, s'il a de quoi et que le fils n'en a pas. (Rema : Il en est de même d'un autre parent : le parent le plus proche passe avant. Il n'est pas en son pouvoir de s'enrichir lui-même et de jeter ses parents à la charge de la communauté. Celui qui rachète son compagnon de la captivité : le compagnon est tenu de le rembourser s'il a de quoi payer. On ne dit pas qu'il a seulement écarté un lion des biens de son compagnon. Il doit le payer aussitôt, et il ne peut pas dire : « Je te suivrai en justice. » S'il a ensuite une revendication contre lui, qu'il l'assigne en justice : sans cela, personne ne rachèterait son compagnon.)