שולחן ערוך, יורה דעה

Choulhan Aroukh — Yoré Déa, siman 393

Rabbi Yossef Karo · Rema : Rabbi Moche Isserles · Quand l’endeuillé peut sortir de chez lui
En bref - de quoi parle ce chiour ?

Les trois premiers jours, pas de sortie vers une maison de deuil ni au cimetière, sauf manque de porteurs. La première semaine, il ne quitte pas sa porte, hormis besoin pressant. Sortie au beit haknesset le Chabbat, et selon l’usage les jours de lecture de la Torah. On change de place à la synagogue.

Glossaire

davar haaved
affaire qui se perdrait, perte irrémédiable
baal berit
maître de la berit (père de l’enfant ou sandek)
beit hamidrash
maison d’étude
miktsat hayom kekoulo
une partie du jour compte pour le tout

מתי האבל יכול לצאת מביתו. ובו ד' סעיפים:אבל ג' ימים הראשונים אינו יוצא לבית האבל ולא לבית הקברות מכאן ואילך אם מת לאחרים מת בשכונתו יוצא אחר המטה לבית הקברות ואינו יושב במקום המנחמים אלא במקום המתנחמים ואם אין שם כדי מטה וקובריה יוצא אפילו ביום ראשון ואפילו בשכונה אחרת: הגה ומקצת יום ג' הרי הוא ככולו (הגהות מיימוני פ"ז) ולא ראיתי נוהגין כן עכשיו כי אין אבל הולך לבית הקברות ולא לבית האבל כל שבעה ואפשר שלאו חיוב הוא אלא רשות ומאחר שעכשיו אין מתנחמים כמו בימיהם שב ואל תעשה עדיף:

Les trois premiers jours, l’endeuillé ne sort ni vers une maison de deuil ni vers le cimetière. Ensuite, si un autre meurt dans son quartier, il sort derrière le brancard jusqu’au cimetière ; il ne s’assied pas à la place des consolateurs, mais à celle des consolés. S’il n’y a pas assez de monde pour le brancard et l’inhumation, il sort même le premier jour, même dans un autre quartier. (Rema : Une partie du troisième jour compte pour le tout. Je n’ai pas vu que l’on pratique ainsi aujourd’hui, car l’endeuillé ne va ni au cimetière ni à une maison de deuil pendant les sept jours ; il se peut que ce ne soit pas une obligation mais une simple faculté, et puisque de nos jours on ne console plus comme autrefois, mieux vaut s’abstenir.)

אבל שבוע הראשון אינו יוצא מפתח ביתו אפילו לשמוע ברכות חופה או ברכות המילה: הגה מיהו המיקל לצאת בלילה מפני הצורך לא הפסיד (ת"ה סימן ר"צ) והא דאסור לצאת חוץ לביתו היינו דוקא לטייל או למשא ומתן וכדומה אבל אם שלח מושל אחריו (מרדכי ה"א) או שצריך לילך בדרך או לשאר דברים הצריכים לו הרבה כגון דבר האבד מותר לו לצאת (תוס' סוף מ"ק) וכן נוהגין ודין נעילת סנדליו ע"ל סימן שפ"ב : שניה יוצא ואינו יושב במקומו ואינו מדבר שלישי' יושב במקומו ואינו מדבר: הגה ואם רוצה שלא לישב במקומו בשבוע שלישית ולדבר הרשות בידו (הגמ"יי) ועכשיו נוהגין שאין יושבין במקומם כל שלשים ועל אביו ואמו כל י"ב חדש ואין למנהג זה עיקר מכל מקום אין לשנות מן המנהג כי כל מקום לפי מנהגו : רביעית הרי הוא כשאר כל אדם אפילו לא שלמו שלשה שבועות כגון שמת באמצע שבוע מיד כשכלה אותו שבוע ושנים שאחריו חשיב שבוע הבא רביעי:

La première semaine, l’endeuillé ne sort pas du seuil de sa maison, même pour entendre les berakhot de la ’houpa ou les berakhot de la mila. (Rema : Toutefois, celui qui se montre indulgent pour sortir la nuit par nécessité n’y perd rien. L’interdiction de sortir de chez soi vise seulement la promenade, le commerce et le semblable ; mais si le gouverneur l’a fait mander, ou s’il doit prendre la route, ou pour d’autres besoins pressants — par exemple une affaire qui se perdrait (davar haaved) —, il lui est permis de sortir. C’est ainsi que l’on pratique. Pour le port des souliers, voir plus haut siman 382.) La deuxième semaine, il sort, mais ne s’assied pas à sa place (au beit haknesset) et ne parle pas. La troisième, il s’assied à sa place et ne parle pas. (Rema : S’il veut, la troisième semaine, ne pas s’asseoir à sa place et parler, il en a le droit. Aujourd’hui l’usage est de ne pas s’asseoir à sa place pendant les trente jours, et pour son père ou sa mère pendant les douze mois ; cet usage n’a pas de source, néanmoins il ne faut pas s’en écarter, car chaque lieu suit son usage.) La quatrième, il est comme tout autre homme, même si trois semaines pleines ne se sont pas écoulées : par exemple si le mort est survenu au milieu d’une semaine, dès que cette semaine et les deux suivantes sont achevées, la semaine qui vient compte pour quatrième.

האבל אינו יוצא בחול לבית הכנסת אבל בשבת יוצא (וכן לבית המדרש) (ב"י) ואנו נוהגים שבכל יום קריאת התורה יוצא לב"ה: הגה ובמדינות אלו נוהגין שאין יוצא אלא בשבת ואם האבל מוהל או בעל ברית לאחר שלשה מתפלל בביתו. וכשמביאין התינוק למול הולך האבל לבית הכנסת (הגהות אשיר"י) אבל תוך שלשה לא יצא אא"כ אין מוהל אחר בעיר (א"ז) ויש מקילין אפי' תוך ג' אפי' אם יש מוהל אחר בעיר (ב"י) ומותר לו לתקן הצפרנים ולגלח לצורך המילה אבל אם יש מוהל אחר אסור (סברת הרב דלא כא"ז דמתיר סתם) וכן כל דבר מצוה שא"א לעשות בלא האבל מותר לו לצאת לקיים את המצוה (סברת הרב וב"י):

En semaine, l’endeuillé ne sort pas vers le beit haknesset ; le Chabbat, il sort, et de même vers le beit hamidrash. Nous avons l’usage que, chaque jour de lecture de la Torah, il sort vers le beit haknesset. (Rema : Dans ces contrées, l’usage est de ne sortir que le Chabbat. Si l’endeuillé est mohel ou maître de la berit (père ou sandek), après trois jours il prie chez lui ; et lorsqu’on apporte l’enfant pour la mila, l’endeuillé va au beit haknesset. Mais dans les trois jours, il ne sort pas, à moins qu’il n’y ait pas d’autre mohel en ville. Certains sont indulgents même dans les trois jours, même s’il y a un autre mohel en ville. Il lui est permis de se faire les ongles et de se couper les cheveux pour les besoins de la mila ; mais s’il y a un autre mohel, c’est interdit. De même, pour toute mitsva qu’on ne peut accomplir sans l’endeuillé, il lui est permis de sortir pour l’accomplir.)

הנוהגים כשהם אבלים שלא לשנות מקומם בבית הכנסת בשבת יפה הם עושים: הגה ויש אומרים שגם בשבת ישנה מקומו (נ"י ס"פ המוכר פירות) וכן המנהג פשוט ואין לשנות המנהג:

Ceux qui, étant endeuillés, ont l’usage de ne pas changer de place au beit haknesset le Chabbat font bien. (Rema : Certains disent que même le Chabbat il change de place. C’est l’usage répandu, et il ne faut pas s’écarter de l’usage.)