משנה ברורה

Michna Beroura — siman 76

Rabbi Yisrael Meir Kagan (Hafets Haim) · Se garder des excréments pendant le Chema
En bref - de quoi parle ce chiour ?

Face aux excréments, l'interdit dépend de la couverture, non de la vue : derrière une vitre c'est permis. Il faut s'éloigner à portée de vue devant soi et de quatre coudées derrière, dès qu'une mauvaise odeur atteint. Excréments sur le corps, même couverts, sont sujets à discussion ; dans l'orifice anal, c'est interdit à tous. Un doute d'excréments dans une maison est permis, dans un tas d'ordures interdit. Qui a lu dans un lieu où l'on devait craindre et les a trouvés ensuite doit relire.

Attention : ceci n’est pas la halakha. C’est seulement une synthèse des points de cette page. La halakha est donnée par les rabanim. [SUJET] Se garder des excréments pendant le Chema — même règle pour Torah, tefila et toute parole de sainteté, en langue sainte ou profane [FAIRE] Couvrir | L’interdit suit la couverture, non la vue : vitre ou autre matière (même transparente) suffit ; tout objet qui couvre suffit — pas seulement un soulier [FAIRE] Distances | Devant soi : à portée de vue ; derrière soi : 4 coudées depuis l’endroit où l’odeur cesse ; dès qu’une mauvaise odeur parvient, interdit — toute quantité, pas de minimum [FAIRE] Inspecter | Lieu fréquenté par des petits / tas d’ordures : inspecter avant de lire [FAIRE] Relire si négligence | Qui a lu où l’on devait craindre et les trouve ensuite dans ses 4 coudées : relire Chema avec berakhot, et tefila [FAIRE] Orifice anal | Le tenir toujours propre (eau ou salive) : même un rien y interdit à tous [FAIRE] Mains de soi | Croûtes de sueur / grattage : se laver, ou au moins nettoyer s’il n’y a pas d’eau, avant Chema et tefila [EVITER] Chair même couverte | Excréments sur la chair, même sous un vêtement : discussion — lekhathila s’en garder [EVITER] Eau claire | L’eau claire n’est pas une couverture ; seulement une eau trouble qui les cache ; pas lire face à un baquet de langes souillés [EVITER] Sortie d’immondices | Vêtements ou chaussures souillés parce qu’on sortait de latrines sans se garder : recommencer (négligent) [EVITER] Temps passé | Si, en trouvant les excréments, le temps de la tefila est passé : on ne complète pas par une autre tefila (négligent ≠ anos) [CAS:OUI] Derrière une vitre | Permis même s’ils touchent et sont collés [CAS:OUI] Vêtements couverts par-dessus | Excréments ou pollution sur les vêtements et couverts : permis à tous les avis [CAS:OUI] Doute dans une maison | Présomption propre — permis ; si petits fréquents : inspecter [CAS:OUI] Flanc / passage en largeur | Excréments qui passent dans le sens de la largeur : comme le flanc = derrière, 4 coudées depuis la cessation d’odeur [CAS:OUI] Soulier ôté | Retiré et utilisé pour couvrir : permis [CAS:OUI] Salive épaisse | Couverture si nulle mauvaise odeur [CAS:OUI] Pas visibles assis | Si la souillure n’apparaît pas même assis : permis [CAS:OUI] Mains d’autrui | Pas de substance, odeur partie, croûtes genre sueur : un autre lit en face même sans couverture [CAS:OUI] Lieu sans crainte | Souillure de chat collée, trouvée après la synagogue : pas relire ni recommencer [CAS:NON] Orifice anal | Interdit à tous, même selon qui permet la chair couverte ; hémorroïdes + mucus fétide qui s’écoule avec odeur : toute sainteté interdite tant que ça coule [CAS:NON] Tas d’ordures | Doute : interdit jusqu’à inspection ; après inspection sans trouvaille et sans odeur : permis [CAS:NON] Doute d’enlèvement | On savait qu’il y avait des excréments et l’on doute s’ils ont été ôtés : interdit jusqu’à éclaircissement (matière de Torah) [CAS:NON] Soulier collé après coup | Tendance : relire le Chema sans berakhot ; s’ils ont débordé sur les côtés du soulier : plus grave [CAS:NON] Urine connue + doute d’eau | Hayé Adam : rigueur même en rabbinique ; en contrainte, si Chema/tefila en seraient empêchés, on peut s’appuyer sur les indulgents. Urine connue et l’on a passé outre : relire Chema et recommencer tefila [REMA] Excréments qui passent sans rester : Ba’h / Elya Rabba — 4 coudées même devant ; Taz / Pri Megadim / Beit Yossef — devant = portée de vue. Lekhathila rigueur ; bediavad : Chema relire sans berakhot, tefila on ne recommence pas (Pri Megadim). Chair couverte : en contrainte, s’appuyer sur ceux qui ne comprennent dans la louange que bouche et nez. Pollution sur vêtements couverts : permis ici ; Sefer Hassidim pousse à laver/retirer. Vomissement : pas d’éloignement même répugnant (R. Akiva Eiger / Nezirout Chimchon). [SYNTHESE] Couverture (vitre, objet, vêtement par-dessus) tranche plus que la vue. Devant = portée de vue ; derrière/flanc = 4 amot après l’odeur. Chair et orifice anal plus graves que le vêtement couvert. Maison : doute permis ; tas : doute interdit. Négligence d’inspection → relire ; oness → non.

Glossaire

erva
nudité, parties intimes
lekhathila
a priori
bediavad
après coup
anos
contraint
réviit
quart de log, mesure d'environ 86 ml
עששית
vitre, lanterne de verre
גרף של רעי
pot d'aisances
פי הטבעת
orifice anal
עמוד של קלוח
jet d'urine encore en l'air
חזקה
présomption
טופח על מנת להטפיח
humide au point de mouiller un autre objet

(א) בעששית - הוא של זכוכית או דבר אחר המנהיר:

« Derrière une vitre » - C'est de verre, ou d'une autre matière qui laisse voir.

(ב) לקרות - דע דבכל ההלכות אלו עד סי' פ"ח וכן לענין איסור ערוה הנ"ל כ"מ שנזכר הדין לענין ק"ש בין לענין היתר בין לענין איסור הוא לאו דוקא ק"ש דה"ה תורה ותפלה וכל עניני הקדושה ובין שאומרם בלשון קודש ובין בלשון חול:

« De lire » - Sache que dans toutes ces lois jusqu'au siman 88, et de même pour l'interdit d'erva ci-dessus, partout où la loi est mentionnée au sujet du Chema — que ce soit pour permettre ou pour interdire — ce n'est pas seulement le Chema : il en est de même de la Torah, de la tefila et de toutes les matières de sainteté, qu'on les dise en langue sainte ou en langue profane.

(ג) כנגדה - ואם מגיע לו ריח רע אסור ואפילו למ"ד בסימן ע"ט ס"ב דהפסקה מועלת לר"ר דוקא מחיצה שהוא רשות בפני עצמו אבל כפיית כלי לא ומ"מ א"צ בזה ד"א ממקום שכלה הריח אלא כ"ז שאין מגיע אליו סגי כ"כ הפמ"ג בסימן זה אבל בסימן ע"ט במ"ז נשאר בצ"ע ועיין בסימן ע"ט בבה"ל:

« En face » - Et si une mauvaise odeur lui parvient, c'est interdit. Même selon l'avis, au siman 79 seif 2, qu'une séparation aide pour une mauvaise odeur seulement s'il s'agit d'une cloison qui est un domaine à part, mais non le renversement d'un récipient — néanmoins, on n'a pas besoin ici de quatre coudées depuis l'endroit où l'odeur cesse : tant qu'elle ne lui parvient pas, cela suffit. Ainsi le Pri Megadim dans ce siman ; mais au siman 79, dans le Maguen Avraham, il est resté en suspens. Voir au siman 79 dans le Biour Halakha.

(ד) סנדלו - לאו דוקא סנדל ה"ה באיזה דבר שמכסה מהני ונקט סנדל דלא תימא דבטיל לגבי גופו והוי כמו שמכסה אותה ברגלו יחיפה דבודאי אין גופו חשוב כיסוי קמ"ל:

« Son soulier » - Non seulement un soulier : n'importe quoi qui couvre y suffit. Il a dit « soulier » pour que tu ne dises pas qu'il s'annule par rapport à son corps et que ce soit comme s'il la couvrait de son pied nu — car certainement son corps n'est pas considéré comme une couverture : cela vient nous l'enseigner.

(ה) שלא יהא וכו' - ר"ל אפילו אם אין הצואה מתפשט על צדדי הסנדל מבחוץ ואינו נראה ואע"ג דבעששית אפילו נוגע ודבוקה בה שרי מפני שאינו נראה מבחוץ סנדלו גרע טפי מפני שעתה הוא מלבוש שלו ע"כ אם חלצו וכיסה בו שרי:

« Afin qu'il n'y ait pas, etc. » - C'est-à-dire même si les excréments ne s'étendent pas sur les côtés du soulier à l'extérieur et ne se voient pas. Bien que derrière une vitre, même s'ils touchent et y sont collés, ce soit permis parce qu'ils ne se voient pas de l'extérieur, son soulier est plus grave : maintenant c'est son vêtement. Aussi, s'il l'a retiré et l'a utilisé pour couvrir, c'est permis.

(ו) נוגע - עיין בע"ת ופמ"ג שמצדדים לומר דאם אחר שקרא ק"ש וברכותיה מצא צואה דבוקה בסנדלו מתחתיתו חוזר וקורא ק"ש בלא ברכותיה עי"ש הטעם ואם נתפשט הצואה גם בצדדי הסנדל מבחוץ עיין לקמן סעיף ח' ס"ק ל' מה שנכתוב שם:

« Touche » - Voir l'Olat Tamid et le Pri Megadim, qui tendent à dire que si, après avoir lu le Chema et ses berakhot, il a trouvé des excréments collés sous son soulier, il relit le Chema sans ses berakhot — voir là-bas la raison. Et si les excréments se sont aussi étendus sur les côtés du soulier à l'extérieur, voir plus bas seif 8 seif katan 30 ce que nous écrirons là-bas.

(ז) לפניו - וה"ה אם היתה שטה ע"פ המים:

« Devant lui » - Il en est de même si elle flottait à la surface de l'eau.

(ח) כנגדה - עיין בב"י דסובר דאין לחלק בין צואה קבועה לעוברת ע"כ גם בזה בעינן הרחקה מלפניו כמלא עיניו ומלאחריו ד"א ממקום שכלה הריח וכן העלה הט"ז והפר"מ אך אם העבירו צואה מלפניו ע"פ רחבו אז די בד' אמות דהיינו קודם שמגיע לד' אמותיו או אחר שנתרחקה ממנו ד' אמות שרי כיון שהוא אז מצדו ואמרינן בסימן ע"ט דמצדו הוי כמו לאחריו דסגי בד"א ממקום שכלה הריח [דעד מקום שכלה הריח הוא כמו צואה ממש כיון דריח רע שיש לו עיקר הוא וכדלקמן בסי' ע"ט] והב"ח והא"ר פסקו דכיון דצואה עוברת היא ואינה עומדת במקום אחד סגי בהרחקת ד' אמות ממקום שכלה הריח אפילו מלפניו. ויש להחמיר לכתחילה ולענין דיעבד אם כבר קרא והתפלל והיתה הצואה עוברת לפניו חוץ לד"א עיין בפמ"ג שכתב וזה לשונו וכבר כתבנו כל היכא דאיכא פלוגתא חוזר וקורא ק"ש בלא ברכותי' ובתפלה אינו חוזר ומתפלל עי"ש עוד:

« En face » - Voir le Beit Yossef, qui tient qu'on n'a pas à distinguer entre des excréments fixes et des excréments qui passent ; aussi, ici aussi, il faut s'éloigner devant soi à portée de vue, et derrière soi de quatre coudées depuis l'endroit où l'odeur cesse. Ainsi ont conclu le Taz et le Pri Megadim. Mais si l'on a fait passer des excréments devant lui dans le sens de la largeur, alors quatre coudées suffisent : c'est-à-dire avant qu'ils n'arrivent à ses quatre coudées, ou après qu'ils se sont éloignés de lui de quatre coudées, c'est permis, puisqu'ils sont alors sur son flanc ; et nous disons au siman 79 que sur le flanc c'est comme derrière soi, où quatre coudées depuis l'endroit où l'odeur cesse suffisent [jusqu'à l'endroit où l'odeur cesse, c'est comme des excréments véritables, puisque c'est une mauvaise odeur qui a une source, comme plus bas au siman 79]. Le Ba'h et l'Elya Rabba ont tranché que, puisque les excréments passent et ne restent pas en un lieu, l'éloignement de quatre coudées depuis l'endroit où l'odeur cesse suffit, même devant soi. Il faut être rigoureux lekhathila (a priori) ; et quant au bediavad (après coup), s'il a déjà lu et prié et que les excréments passaient devant lui hors des quatre coudées, voir le Pri Megadim, qui a écrit, et voici ses termes : « et nous avons déjà écrit : partout où il y a une divergence, il relit le Chema sans ses berakhot, et pour la tefila il ne recommence pas à prier » — voir encore là-bas.

(ט) דהוי כגרף - ואם החלון פתוח וחזיר עובר אם מותר לקרות עיין בסימן ע"ט ס"ב בבאור הלכה ובמשנה ברורה מה שנכתוב שם:

« Car c'est comme un pot d'aisances » - Et si la fenêtre est ouverte et qu'un porc passe, s'il est permis de lire — voir au siman 79 seif 2 dans le Biour Halakha et le Michna Beroura ce que nous écrirons là-bas.

(י) בבגדיו - ומי שידיו מטונפות מקינוח ביהכ"ס אם אין בהם ממשות צואה אלא לכלוך בעלמא והלך ריחה והיא על ידו דומיא דמלמולי זיעה שרי לקרות כנגדה אפי' בלי כיסוי ודוקא אחר משום דלאו כצואה דמיא אבל הוא גופא כל שידיו מלוכלכות מלמולי זיעה וחיכוך הראש אסור לקרות ק"ש ותפלה עד שיטול ידיו או עכ"פ אם אין לו מים ינקה ידיו וכדלעיל בסימן ד' [פמ"ג] ועיין בבה"ל:

« Sur ses vêtements » - Celui dont les mains sont souillées du nettoyage des latrines : s'il n'y a pas en elles de substance d'excréments, mais une simple saleté, et que son odeur s'en est allée, et qu'elle est sur sa main à la manière des croûtes de sueur, il est permis de lire en face même sans couverture — et seulement un autre, car cela n'est pas comme des excréments ; mais lui-même, dès que ses mains sont salies de croûtes de sueur et de grattage de la tête, il lui est interdit de lire le Chema et la tefila jusqu'à ce qu'il se lave les mains, ou du moins, s'il n'a pas d'eau, qu'il nettoie ses mains, comme ci-dessus au siman 4 (Pri Megadim). Voir le Biour Halakha.

(יא) חור - ר"ל מחיצה יש בינו לבין בה"כ ופשט ידו לפנים מן המחיצה דאלת"ה הלא י"א בסימן פ"ג דאסור לקרות כנגד מחיצת בה"כ דכצואה דמיא:

« Un trou » - C'est-à-dire qu'il y a une cloison entre lui et les latrines, et qu'il a tendu la main à l'intérieur de la cloison ; sinon, il y a qui tiennent au siman 83 qu'il est interdit de lire face à la cloison des latrines, car elle est comme des excréments.

(יב) מתירין - דכתיב כל הנשמה תהלל יה דהיינו הפה והחוטם בכלל ההילול אבל לא שאר איברים דאפילו אינם נקיים שרי והיש אוסרין טעמם דכתיב כל עצמותי תאמרנה ה' מי כמוך בעינן שיהיו כולם נקיים ופשוט דלפ"ז ה"ה אם אחד מאיבריו הוא בתוך ד' אמות של הצואה ג"כ אסור מטעם זה ואם הצואה היא על בגדיו ומכוסה מלמעלה ג"כ לכו"ע שרי ומ"מ יזהר כל אדם שיהיו תמיד בגדיו נקיים ובפרט בעת התפלה:

« Permettent » - Car il est écrit : « que tout souffle loue Yah » — c'est-à-dire la bouche et le nez sont compris dans la louange, mais non les autres membres : même s'ils ne sont pas propres, c'est permis. Ceux qui interdisent : leur raison est qu'il est écrit « tous mes os diront : ה', qui est comme Toi » — il faut que tous soient propres. Et il est évident que, selon cela, il en est de même si l'un de ses membres est dans les quatre coudées des excréments : c'est aussi interdit pour cette raison. Si les excréments sont sur ses vêtements et couverts par-dessus, c'est aussi permis à tous les avis. Néanmoins, que chacun prenne garde à ce que ses vêtements soient toujours propres, et surtout au moment de la tefila.

(יג) כגון אצילי ידיו - ר"ל אז מהני כיסוי בגד [פמ"ג]:

« Par exemple les aisselles » - C'est-à-dire qu'alors la couverture d'un vêtement y suffit (Pri Megadim).

(יד) כדברי המחמיר - ובעת הדחק יש לסמוך אדברי המתירין שדוקא הפה והחוטם הוא בכלל ההילול אבל לא שאר איברים [ח"א]:

« Selon les paroles du rigoureux » - Et en temps de contrainte, on peut s'appuyer sur les paroles de ceux qui permettent : que seules la bouche et le nez sont compris dans la louange, mais non les autres membres ('Hayé Adam).

(טו) דינו כצואה - ר"ל ע"כ יש להחמיר בה כשהיא על בשרו אף שהיא מכוסה כמו בצואה וכנ"ל אבל כשהיא על בגדיו ומכוסה שרי לכו"ע וכנ"ל בצואה וי"א דאינו כצואה מיהו בס"ח סימן תק"ט מוכח דאפילו על בגדיו ומכוסה יש לרחצו או לפשטו שלא יהיה דבוק בו הטומאה ומכ"ש כשנכשל ח"ו ע"י קרי שלא יהיה לו למזכרת איסור:

« Sa loi est comme les excréments » - C'est-à-dire : aussi faut-il être rigoureux à son égard lorsqu'elle est sur sa chair, même couverte, comme pour les excréments, ainsi que ci-dessus. Mais lorsqu'elle est sur ses vêtements et couverte, c'est permis à tous les avis, comme ci-dessus pour les excréments. Certains disent qu'elle n'est pas comme les excréments ; toutefois, dans le Sefer 'Hassidim siman 509, il appert que même sur ses vêtements et couverte, il faut la laver ou retirer [le vêtement], afin que l'impureté n'y reste pas collée ; et à plus forte raison s'il a trébuché, qu'on en soit préservé, par une pollution nocturne, afin que ce ne lui soit pas un rappel d'interdit.

(טז) בפי טבעת - מי שיש לו חולי הטחורים וזב ממנו דם תמיד ואגב הדם יוצא ממנו ליחה סרוחה מעופשת ויש לו ריח רע אסור בכל דבר שבקדושה כל זמן שליחה סרוחה שותת ממנו ואם אין שם ריח רע אם הדם או הליחה יוצא דרך דחיה בסירוגין הוי מן המעים ויש לו תקנה ברחיצת מקום הזוהמא ואם שותת ויורד תדיר מעצמה אז הוי מפי הטבעת וא"צ תקנה:

« À l'orifice anal » - Celui qui a la maladie des hémorroïdes et dont le sang coule toujours, et qu'avec le sang sort de lui un mucus putride et fétide, et qu'il a une mauvaise odeur : il lui est interdit tout ce qui est de sainteté tant que le mucus putride s'écoule de lui. S'il n'y a pas de mauvaise odeur : si le sang ou le mucus sort par poussée, par intermittence, c'est des entrailles, et il a un remède en lavant l'endroit de la souillure ; s'il s'écoule et descend constamment de soi, alors cela vient de l'orifice anal, et le simple lavage n'y est pas une réparation.

(יז) אסור לקרות - ובדיעבד אם קרא ק"ש חוזר וקורא אך לענין תפלה צ"ע אם יחזור ויתפלל כ"כ הח"א אבל הרבה אחרונים כתבו שצריך לחזור ולהתפלל:

« Il est interdit de lire » - Et bediavad, s'il a lu le Chema, il relit ; mais quant à la tefila, il reste à examiner s'il recommencera à prier — ainsi le 'Hayé Adam. Mais de nombreux Aharonim ont écrit qu'il doit recommencer à prier.

(יח) לדברי הכל - ר"ל אפילו לדברי המתיר בס"ד בצואה על בשרו ומכוסה שאני הכא דבמקומה נפיש זוהמא טפי ע"כ יש לו לאדם להתעורר ולראות תמיד שיהא נקי פי הטבעת שלו ולרחצו במים או ברוק כדי שלא ישאר שמה אפילו משהו מצואה [של"ה וח"א]:

« De l'avis de tous » - C'est-à-dire même selon l'avis de celui qui permet au seif 4 les excréments sur sa chair et couverts : ici c'est différent, car à leur place la souillure est plus abondante. Aussi l'homme doit-il s'éveiller et veiller toujours à ce que son orifice anal soit propre, et le laver d'eau ou de salive afin qu'il n'y reste même pas un rien d'excréments (Chela et 'Hayé Adam).

(יט) כשהוא יושב - אבל אם אינה נראית אפילו כשהוא יושב מותר שלא ניתנה תורה למלאכי השרת:

« Lorsqu'il est assis » - Mais si elle n'est pas visible même lorsqu'il est assis, c'est permis : la Torah n'a pas été donnée aux anges du service.

(כ) מעט צואה - אפילו כל שהוא כי אין שיעור לאיסור צואה. כתב בחידושי רע"א בשם הנזירות שמשון דא"צ להרחיק ממה שהאדם מקיא אף שהוא מאוס:

« Un peu d'excréments » - Même n'importe quelle quantité, car il n'y a pas de mesure à l'interdit des excréments. On a écrit dans les 'Hiddouché R. Akiva Eiger au nom du Nezirout Chimchon qu'on n'a pas à s'éloigner de ce que l'homme vomit, même si c'est répugnant.

(כא) הרוק עבה - אז חשיב כיסוי ודוקא כשאין מגיע לו ריח רע. ואם נותן מים ע"ג הצואה לא מהני אא"כ המים עכורים שאין הצואה נראית מתוכם ולא דמי לצואה בעששית דהתם כסוי מעליא הוא משא"כ בזה ולכן יש ליזהר לקרות נגד עביט מלא מים אשר השליכו בתוכו בגדי קטנים שיש בהם צואה:

« La salive est épaisse » - Alors elle compte comme une couverture — seulement s'il ne lui parvient pas de mauvaise odeur. Si l'on met de l'eau sur les excréments, cela n'aide pas, à moins que l'eau ne soit trouble au point que les excréments n'y soient pas visibles ; ce n'est pas comparable aux excréments derrière une vitre, car là c'est une couverture valable, ce qui n'est pas le cas ici. Aussi faut-il prendre garde de ne pas lire face à un baquet plein d'eau dans lequel on a jeté des langes d'enfants qui portent des excréments.

(כב) מותר לקרות - והיכא דמצא צואה ואינו יודע אם הוא צואת כלבים ושאר בהמה וחיה או צואת אדם דעת המ"א דאזלינן בזה בתר המצוי דאם מצויין תינוקות יותר מכלבים אפילו בבית אסור וה"ה איפכא באשפה אם מצויין כלבים יותר תלינן דהוא מכלבים להקל ודוקא אם בדק האשפה ולא נמצא בו שאר צואה בלתי זה דאל"ה הלא אמרינן דסתם אשפה חזקה שיש בו צואה דרגילין להפנות שם וכן פסקו האחרונים כהמג"א:

« Il est permis de lire » - Et lorsqu'il a trouvé des excréments et ne sait s'il s'agit d'excréments de chiens et autres bêtes et animaux, ou d'excréments d'homme, l'avis du Maguen Avraham est qu'on suit en cela ce qui est fréquent : si les petits enfants sont plus fréquents que les chiens, même dans une maison c'est interdit ; et inversement, dans un tas d'ordures, si les chiens sont plus fréquents, on présume que c'est de chiens, pour alléger. Et seulement s'il a inspecté le tas et qu'on n'y a pas trouvé d'autres excréments que ceux-ci ; sinon, nous disons qu'un tas d'ordures quelconque est présumé contenir des excréments, car on a l'habitude d'y aller à ses besoins. Ainsi ont tranché les Aharonim comme le Maguen Avraham.

(כג) דחזקת בית - ואם מצוי שם קטנים צריך לבדוק:

« Car la présomption d'une maison » - Et s'il y a là des petits enfants de façon fréquente, il faut inspecter.

(כד) דחזקת אשפה - לאו חזקה גמורה דא"כ אפילו במי רגלים היה אסור אלא ר"ל שדרך להמצא שם צואה ע"כ אסור עד שיבדוק אח"כ מצאתי שכ"כ בלבוש:

« Car la présomption d'un tas d'ordures » - Ce n'est pas une présomption entière : sinon, même pour l'urine ce serait interdit ; c'est-à-dire qu'il est habituel d'y trouver des excréments, aussi c'est interdit jusqu'à inspection. Ensuite j'ai trouvé que le Levouch a écrit ainsi.

(כה) ספק מי רגלים - ואם הוא יודע שהיה כאן מי רגלים ונסתפק אם הטיל לתוכו רביעית מים וכיוצא בו כתב הח"א דכיון דאיתחזק איסורא אזלינן לחומרא אפילו במילתא דרבנן ומ"מ בשעת הדחק שיתבטל עי"ז מק"ש ותפלה יוכל לסמוך על הפוסקים דאפילו בזה אזלינן לקולא במילתא דרבנן. ואם אירע לו כזה בצואה דהיינו שהוא יודע שהיה כאן צואה בבית ונסתפק אם פינוהו נראה דאסור לקרות ולהתפלל עד שיתברר לו דהלא הוא מילתא דאורייתא:

« Un doute d'urine » - Et s'il sait qu'il y avait ici de l'urine et qu'il doute s'il y a versé un réviit d'eau ou quelque chose de semblable, le 'Hayé Adam a écrit : puisqu'un interdit s'est établi, on va à la rigueur, même en matière rabbinique. Néanmoins, en temps de contrainte, s'il en serait empêché du Chema et de la tefila, il peut s'appuyer sur les décisionnaires qui, même en cela, vont à l'indulgence en matière rabbinique. S'il lui est arrivé ainsi pour des excréments — c'est-à-dire qu'il sait qu'il y avait ici des excréments dans la maison et qu'il doute s'ils ont été enlevés —, il semble qu'il soit interdit de lire et de prier jusqu'à ce que cela lui soit éclairci, car c'est une matière de Torah.

(כו) אפילו באשפה וכו' - ר"ל לאחר שבדקוה שלא נמצא בה צואה וגם שאין מגיע ממנה ריח רע דאל"ה תיפוק ליה משום אשפה גופא כמש"כ בסימן ע"ט ס"ח:

« Même dans un tas d'ordures, etc. » - C'est-à-dire après qu'on l'a inspecté et qu'on n'y a pas trouvé d'excréments, et aussi qu'il n'en parvient pas de mauvaise odeur ; sinon, on le déduit déjà du tas d'ordures lui-même, comme nous l'avons écrit au siman 79 seif 8.

(כז) כנגד העמוד - כתב המ"א בשם הרא"ש דשותת לא חשיב נגד העמוד ושרי מדאורייתא ובהגהות הגר"ח צאנזאר מפקפק בזה עי"ש:

« Face au jet » - Le Maguen Avraham a écrit au nom du Roch que ce qui s'égoutte n'est pas considéré comme face au jet, et que c'est permis de par la Torah. Dans les gloses du R. 'Hayim de Tsanz, on met cela en doute — voir là-bas.

(כח) במקום שראוי - דהיינו במקום שמצוי שם קטנים וכיו"ב:

« Dans un lieu où il convient » - C'est-à-dire dans un lieu où des petits enfants et semblables s'y trouvent de façon fréquente.

(כט) ומצאה אח"כ - בתוך ד' אמותיו ואם נמצאת חוץ לד"א בתוך שיעור כמלא עיניו עיין לקמן סימן פ"א ס"ב ובמ"ב שם:

« Et les a trouvés ensuite » - Dans ses quatre coudées. Et s'ils se trouvent hors des quatre coudées, dans la mesure de « à portée de vue », voir plus bas siman 81 seif 2 et le MB là-bas.

(ל) צריך לחזור - דזבח רשעים תועבה דה"ל לבדוק המקום. ופשוט דה"ה אם לאחר התפלה מצא שהיו בגדיו או מנעליו מטונפין ויודע שנטנפו ע"י שהיה קודם התפלה במקום מטונף כגון בה"כ וכה"ג במקום האשפתות ולא שמר א"ע להיות נקי בצאתו משם דצריך לחזור דפשע ואם ישב בלילה במקום שהיה שם צואת חתול וכיוצא ונדבק בבגדו והתפלל בבהכ"נ ובשובו לביתו מצא שהטינוף דבוק בבגד א"צ לחזור ולקרות ולהתפלל דדמי לאין המקום ראוי להסתפק [שע"ת]:

« Il doit recommencer » - Car « le sacrifice des méchants est une abomination » : il aurait dû inspecter le lieu. Et il est évident qu'il en est de même si, après la tefila, il a trouvé que ses vêtements ou ses chaussures étaient souillés, et qu'il sait qu'ils se sont souillés parce qu'avant la tefila il était dans un lieu souillé — comme les latrines et semblables, dans un lieu d'immondices — et qu'il ne s'est pas gardé d'être propre en en sortant : il doit recommencer, car il a été négligent. S'il s'est assis la nuit dans un lieu où il y avait des excréments de chat ou semblables, que cela s'est collé à son vêtement, qu'il a prié à la synagogue et qu'en rentrant chez lui il a trouvé la souillure collée au vêtement, il n'a pas à relire ni à recommencer à prier, car cela ressemble à un lieu où il n'y avait pas lieu de craindre (Chaaréi Techouva).

(לא) ולקרות - עם הברכות וגם ה"ה לענין תפלה ואם בירך בהמ"ז ושאר ברכות עיין לקמן סוף סימן קפ"ה ומש"כ במשנה ברורה שם מסקנת האחרונים בענין זה אם כשהשלים תפלתו ומצא צואה עבר זמן תפלה אין משלימה בתפלה אחרת דפושע הוה ואין תשלומין אלא בנאנס:

« Et lire » - Avec les berakhot ; et il en est de même pour la tefila. S'il a dit le Birkat Hamazone et d'autres berakhot, voir plus bas à la fin du siman 185 et ce que nous avons écrit dans le Michna Beroura là-bas : la conclusion des Aharonim en cette matière. Si, lorsqu'il a achevé sa tefila et a trouvé des excréments, le temps de la tefila est passé, il ne la complète pas par une autre tefila, car il a été négligent, et il n'y a de rattrapage que pour celui qui est anos (contraint).

(לב) א"צ לחזור - דאנוס הוי דמאי הו"ל למעבד:

« Il n'a pas à recommencer » - Car il est anos : que devait-il faire ?

(לג) א"צ לחזור - דאפילו לכתחילה היה מותר לקרות כ"כ שלא ידע וכנ"ל בס"ז אבל אם נודע לו מזה שיש כאן מי רגלים ועבר וקרא או התפלל צריך לחזור ולקרות ולהתפלל דעבר על ודאי דרבנן כ"כ הפמ"ג ועיין בח"א כלל ג' דין ל"ג ועיין לקמן בסימן קפ"ה בבה"ל:

« Il n'a pas à recommencer » - Car même lekhathila il aurait été permis de lire ainsi, puisqu'il ne savait pas, comme ci-dessus au seif 7. Mais s'il a appris qu'il y a ici de l'urine et qu'il a passé outre, a lu ou a prié, il doit relire et recommencer à prier, car il a transgressé un interdit rabbinique certain. Ainsi le Pri Megadim. Voir le 'Hayé Adam, klal 3 din 33, et voir plus bas au siman 185 dans le Biour Halakha.