Il est interdit de lire le Chema, de prier ou de prononcer des paroles de sainteté face à de l'urine. L'interdiction de la Torah ne vise que le jet ; une fois à terre, l'interdit n'est que rabbinique et un réviit d'eau l'annule, sauf si l'urine pue. Un pot réservé à l'urine reste interdit même vide. Un réviit suffit pour une miction ; pour plusieurs mictions successives, les avis divergent, mais beaucoup d'Aharonim se contentent d'un réviit ou de la majorité d'eau.
Attention : ceci n’est pas la halakha. C’est seulement une synthèse des points de cette page. La halakha est donnée par les rabanim. [SUJET] Ne pas lire face à l’urine — mêmes distances que pour les excréments ; Chema, tefila, paroles de sainteté [FAIRE] Annuler à terre | Un réviit d’eau annule l’urine tombée à terre, même si l’urine est abondante — à condition qu’il n’y ait pas de mauvaise odeur [FAIRE] Couvrir toute la surface | L’eau doit atteindre tous les endroits où l’urine s’est répandue, humide au point de mouiller [FAIRE] Eau déjà là | S’il y avait d’abord un réviit d’eau au sol et qu’on urine ensuite dessus : permis de lire, même si la flaque s’élargit [EVITER] Face au jet | Interdit de la Torah de lire en face du jet seulement ; une fois à terre, l’interdit n’est que rabbinique [EVITER] Urine qui pue | Si la puanteur est établie : interdit de la Torah — un réviit ne suffit pas ; multiplier l’eau jusqu’à faire cesser l’odeur [EVITER] Pot réservé | Récipient destiné à l’urine : interdit d’y faire face même vide ; l’eau n’habilite pas le récipient [CAS:OUI] Une seule miction | Un réviit suffit, même si l’on a beaucoup uriné [CAS:OUI] Urine moindre qu’un réviit | Majorité d’eau suffit (Hakham Tsvi) : « réviit » a été dit pour alléger, non pour aggraver [CAS:OUI] Plusieurs fois puis un seul versement | Beaucoup d’Aharonim et le Gra : un seul réviit suffit si l’on verse après coup [CAS:NON] Pot vide réservé | Même sans urine du tout : lecture interdite en face [CAS:NON] Puanteur persistante | Tant que l’odeur n’a pas cessé, l’eau ne lève pas l’interdit [REMA] Certains exigent de verser le réviit d’un seul coup, sinon chaque quantité s’annule au fur et à mesure. Deux mictions : le Choulhan Aroukh tranche comme le Rambam (deux réviit) contre le Rachba ; Magen Guibborim / Gra : le second réviit n’est dû que si l’on a uriné, versé, puis uriné encore ; sinon un réviit unique suffit. Les Aharonim s’accordent largement sur un réviit ou la majorité d’eau. [SYNTHESE] Torah = le jet. À terre = rabbinique, un réviit d’eau suffit s’il n’y a pas d’odeur. Pot réservé = interdit même vide. Une ou plusieurs mictions : en pratique, un réviit (ou la majorité d’eau) après coup.
(א) כנגד וכו' - וצריך לזה כל דיני הרחקה כמו לקמן בסימן ע"ט ס"א לענין צואה:
« En face de… » - Il faut observer à ce sujet toutes les règles d'éloignement, comme plus bas au siman 79 seif 1 à propos des excréments.
(ב) עד שיטיל וכו' - לפי שמן התורה אין אסור לקרות רק כנגד עמוד של קלוח בלבד ואחר שנפל על הארץ אין איסורו רק מדברי סופרים וכנ"ל בסוף סימן ע"ו לכן הקילו חז"ל שיכול לבטלם ע"י רביעית מים ואפילו היו המי רגלים מרובין ולפ"ז אינו מועיל הרביעית מים אלא דוקא כשאין מסריחין אבל אם ידוע שהם מסריחין דאז אסור מד"ת לקרות נגדם אין מועיל רביעית אלא צריך שירבה עליהן מים לבטל הסרחון:
« Jusqu'à ce qu'il verse… » - Car d'après la Torah, il n'est interdit de lire qu'en face du jet d'urine seulement ; une fois tombée à terre, l'interdiction n'est que de paroles des Scribes, comme ci-dessus à la fin du siman 76. C'est pourquoi les Sages ont été indulgents : on peut les annuler par un réviit d'eau, même si l'urine est abondante. Dès lors, le réviit d'eau n'est efficace que s'il n'y a pas de mauvaise odeur ; mais s'il est établi qu'elles sentent mauvais — auquel cas il est interdit d'après la Torah de lire en face — un réviit ne suffit pas : il faut multiplier l'eau jusqu'à faire cesser la puanteur.
(ג) רביעית מים - י"א דבעינן דוקא בבת אחת דאל"ה קמא קמא בטיל:
« Un réviit d'eau » - Certains disent qu'il faut le verser d'un seul coup, sinon chaque quantité s'annule au fur et à mesure.
(ד) ע"ג קרקע - ויראה שילכו המים על כל מקומות שהמי רגלים נשפכים שם שהם טופח ע"מ להטפיח ועיין בבה"ל:
« Sur le sol » - Il faut veiller à ce que l'eau couvre tous les endroits où l'urine s'est répandue, au point d'être humide au point de mouiller [un autre objet]. Voir le Biour Halakha.
(ה) המיוחד להם - שאז אפילו אין בו מי רגלים כלל אסור לקרות נגדו ואינו מועיל בנתינת המים להכשיר הכלי עצמו כמו שיתבאר בסימן פ"ז:
« Qui leur est réservé » - Alors, même s'il n'y a pas d'urine du tout, il est interdit de lire en face ; verser de l'eau n'habilite pas le récipient lui-même, comme il sera expliqué au siman 87.
(ו) הם בכלי תחלה - וכן אם היו מים כרביעית תחלה ע"ג קרקע והשתין אח"כ על גבי המים מותר לקרות ק"ש ואפילו אם עתה מחמת מי רגלים נתפשט יותר:
« Elles sont d'abord dans un récipient » - De même, s'il y avait d'abord un réviit d'eau sur le sol et qu'on a uriné ensuite sur cette eau, il est permis de lire le Chema, même si maintenant, à cause de l'urine, [l'étendue] s'est élargie.
(ז) פעם אחת - ואפילו אם השתין הרבה די ברביעית וכנ"ל בסק"ב וכן אם השתין רק מעט י"א דצריך ג"כ רביעית אבל בתשובת חכם צבי סי' ק"ב פסק דאם המי רגלים הם פחותים מרביעית דסגי ברוב מים לבטלן וא"צ רביעית דלא אמרו רביעית אלא להקל שאף אם המי רגלים של פ"א הם מרובים מרביעית סגי ברביעית לבטלן אבל לא להחמיר ואפילו אם המי רגלים הם משתי פעמים סגי ברוב מים לבטלן וכן הסכימו האחרונים ועיין עוד מש"כ לקמן סימן פ"ב במ"ב סק"ד:
« Une seule fois » - Même s'il a beaucoup uriné, un réviit suffit, comme ci-dessus au seif katan 2. De même, s'il n'a uriné que peu, certains disent qu'il faut aussi un réviit ; mais dans le responsa ‘Hakham Tsvi siman 102, il a tranché que si l'urine est inférieure à un réviit, la majorité d'eau suffit pour l'annuler et l'on n'a pas besoin d'un réviit : on n'a dit « réviit » que pour alléger — même si l'urine d'une seule fois dépasse un réviit, un réviit suffit à l'annuler — et non pour aggraver. Même si l'urine provient de deux fois, la majorité d'eau suffit à l'annuler. Les Aharonim se sont accordés là-dessus. Voir encore ce que nous avons écrit plus bas au siman 82 dans le MB seif katan 4.
(ח) שתי רביעיות - פסק כדעת הרמב"ם ושארי פוסקים ולא כדעת הרשב"א שמיקל בזה כמו שמבואר בב"י ובמגן גבורים מצדד לומר דאין ביניהם מחלוקת ואף הרמב"ם לא קאמר דבעי ב' רביעית לב' פעמים רק בשבאו זה אחר זה כגון שהשתין ונתן לתוכו רביעית מים כשחוזר ומשתין צריך עוד הפעם לתת לתוכו מים וכן לעולם ולא מהני לזה מה שהטיל הרביעית בפעם ראשונה אבל אם השתין כמה פעמים ורוצה לקרות כנגדן די בהטלת רביעית לבד עי"ש ובביאור הגר"א מסכים ג"כ להלכה דדי בהטלת רביעית לבד בזה עי"ש כי קצרתי:
« Deux réviit » - Il a tranché comme l'avis du Rambam et d'autres décisionnaires, et non comme l'avis du Rachba qui est indulgent en cela, comme expliqué dans le Beit Yossef. Le Magen Guibborim tend à dire qu'il n'y a pas de divergence entre eux : même le Rambam n'a dit qu'il faut deux réviit pour deux fois que lorsque [les urines] sont venues l'une après l'autre — par exemple, il a uriné, versé un réviit d'eau dedans, puis en urinant de nouveau il faut encore verser de l'eau, et ainsi de suite ; le réviit versé la première fois n'y suffit pas. Mais s'il a uriné plusieurs fois et veut lire en face, un seul réviit suffit. Voir là-bas. Le Biour du Gra s'accorde aussi pour la halakha qu'un seul réviit suffit en ce cas. Voir là-bas, car j'ai abrégé.