Un téfa'h découvert d'une femme là où l'usage est de se couvrir, ses cheveux qu'elle doit cacher, et le chant d'une femme sont assimilés à l'erva pour le Chema et les paroles de sainteté. Le visage, les mains et, selon l'usage local, une partie de la jambe ne le sont pas. Face à une erva réelle, même les yeux fermés ne suffisent pas : il faut détourner tout le corps. Une erva vue à travers une vitre interdit. L'erva d'un non-juif et celle d'un petit enfant capable de rapports interdisent aussi.
Attention : ceci n’est pas la halakha. C’est seulement une synthèse des points de cette page. La halakha est donnée par les rabanim.
(א) במקום שדרכה - מפני שזה מביא לאדם לידי הרהור כשמסתכל בו בכלל ערוה היא ואסור לקרות או להזכיר שום דבר שבקדושה נגד זה כמו נגד ערוה ממש ולפי מה שביארנו לקמן סעיף ו' בשם האחרונים דנגד ערוה ממש אסור אפילו בעוצם עיניו עד שיחזיר פניו ה"ה בזה ויש מתירין בזה אם הוא נזהר מלראות כלל. וכשא"א בענין אחר נראה דיש לסמוך ע"ז:
« À l'endroit où elle a l'habitude » - Parce que cela amène l'homme à des pensées lorsqu'il le regarde : c'est en général une erva, et il est interdit de lire ou de prononcer quelque parole de sainteté que ce soit en face, comme face à une erva véritable. Selon ce que nous expliquons plus bas au seif 6 au nom des Aharonim — que face à une erva véritable c'est interdit même les yeux fermés, jusqu'à ce qu'il détourne son visage —, il en est de même ici. Il y a qui permettent ici s'il prend garde de ne rien voir du tout. Et lorsqu'il n'est pas possible autrement, il semble qu'on puisse s'appuyer là-dessus.
(ב) לכסותו - אבל פניה וידיה כפי המנהג שדרך להיות מגולה באותו מקום וכן בפרסות רגל עד השוק [והוא עד המקום שנקרא קניא בל"א] במקום שדרכן לילך יחף מותר לקרות כנגדו שכיון שרגיל בהן אינו בא לידי הרהור ובמקום שדרכן לכסות שיעורן טפח כמו שאר גוף האשה אבל זרועותיה ושוקה אפילו רגילין לילך מגולה כדרך הפרוצות אסור:
« De le couvrir » - Mais son visage et ses mains, selon l'usage de l'endroit où il est habituel qu'ils soient découverts, ainsi que la plante du pied jusqu'à la jambe [c'est-à-dire jusqu'à l'endroit appelé « knie » en allemand], dans un lieu où l'on a l'habitude d'aller pieds nus, il est permis de lire en face : puisqu'on y est habitué, on n'en vient pas à des pensées. Dans un lieu où l'on a l'habitude de les couvrir, leur mesure est un téfa'h, comme le reste du corps de la femme. Mais ses bras et sa jambe, même si l'on a l'habitude d'aller découverts à la manière des dévergondées, c'est interdit.
(ג) אשתו - ולכן צריך ליזהר בשעה שמינקת ומגולה דדיה שלא לדבר אז שום דברי קדושה:
« Sa femme » - Aussi doit-il prendre garde, lorsqu'elle allaite et que sa poitrine est découverte, de ne dire alors aucune parole de sainteté.
(ד) אסור לקרות - עיין בפמ"ג שהביא דיעות לענין דיעבד בזה אם צריך לחזור ולקרות כמו לענין ערוה גמורה ובדה"ח משמע דאפילו בדיעבד צריך לחזור ולקרות ומ"מ נ"ל דכשלא נתכוין להסתכל אין להחמיר בדיעבד לחזור ולקרות אף באשה אחרת:
« Il est interdit de lire » - Voir le Pri Megadim, qui a rapporté des avis quant au bediavad (après coup) en cela : s'il faut relire comme pour une erva véritable. Du Derekh Ha'Hayim il appert que même bediavad il faut relire. Néanmoins, il me semble que s'il n'a pas eu l'intention de regarder, on n'a pas à être rigoureux bediavad pour relire, même s'il s'agit d'une autre femme.
(ה) אבל וכו' - עיין בנשמת אדם שכתב דלכו"ע זה לא הוי אלא מדרבנן ומהני בזה עצימת עינים וכן בשער אשה המבואר בס"ב:
« Mais, etc. » - Voir le Nichmat Adam, qui a écrit qu'à tous les avis ceci n'est que rabbinique, et que fermer les yeux y suffit ; de même pour les cheveux d'une femme exposés au seif 2.
(ו) באשה אחרת - בין פנויה בין א"א =אשת איש=:
« Chez une autre femme » - Qu'elle soit célibataire ou épouse d'un homme.
(ז) פחות מטפח - ואם השוק מגולה י"א דאפילו באשתו ופחות מטפח אסור לקרות נגדה שהוא מקום הרהור יותר משאר איברים. וכ"ז לא איירי אלא לענין איסור ק"ש דהאיסור הוא להרבה פוסקים לקרות נגד המגולה אפילו בלא מכוין לאיסתכולי אבל לענין איסור הסתכלות לכו"ע המסתכל באשה אפילו באצבע קטנה כיון שמסתכל בה להנות עובר בלאו דלא תתורו אחרי עיניכם ואמרו שאפילו יש בידו תורה ומע"ט לא ינקה מדינה של גיהנם וראיה בעלמא לפי תומו בלא נהנה שרי אם לא מצד המוסר ובספר מנחת שמואל הוכיח דאדם חשוב יש לו ליזהר בכל גווני. וכתב הפמ"ג דבמקומות שדרך להיות מכוסה [כגון זרועותיה וכה"ג שאר מקומות הגוף] אף ראיה בעלמא אסור וכתבו הפוסקים דבתולות דידן בכלל נידות הם משיגיעו לזמן ווסת ובכלל עריות הם:
« Moins d'un téfa'h » - Et si la jambe est découverte, certains disent que même chez sa femme et moins d'un téfa'h, il est interdit de lire en face, car c'est un endroit de pensées plus que les autres membres. Tout cela ne concerne que l'interdit du Chema : pour beaucoup de décisionnaires, l'interdit est de lire face à ce qui est découvert, même sans intention de regarder. Mais quant à l'interdit de regarder, à tous les avis celui qui regarde une femme — même un petit doigt — dès lors qu'il la regarde pour en tirer plaisir, transgresse le « vous ne suivrez pas vos yeux » ; et ils ont dit que même s'il a en main Torah et bonnes actions, il ne sera pas quitte du jugement de la Géhenne. Un simple regard fortuit, sans plaisir, est permis, si ce n'est du côté de la morale ; et dans le livre Min'hat Chemouel on a prouvé qu'un homme important doit prendre garde en tout cas. Le Pri Megadim a écrit que dans les endroits qu'il est d'usage de tenir couverts [comme ses bras et autres parties du corps], même un simple regard est interdit. Les décisionnaires ont écrit que nos jeunes filles sont toutes assimilées à des nidot dès qu'elles atteignent le temps de la menstruation, et qu'elles sont au rang des arayot.
(ח) מדברי הרא"ש וכו' - אבל הרשב"א חולק ע"ז וטעמו דס"ל דכי היכי דבעצמה יכולה לקרות כשהיא ערומה אלמא דאין בגילוי כל גופה משום ולא יראה בך ערות דבר אלא לאנשים ומשום הרהור כן אף אשה אחרת מותרת לקרות ולהתפלל נגדה כשהיא ערומה והאחרונים מסכימים עם הרשב"א ודעתם דגם הרא"ש מודה לזה. ודע עוד דלכו"ע אין מותר לקרות נגדה כשהיא ערומה רק כשהיא יושבת כדי שלא יהא פניה שלמטה נראית אבל כשהיא עומדת דינה כמו נגד ערות איש ואפילו ברשות אחרת אסור:
« Des paroles du Roch, etc. » - Mais le Rachba est en désaccord, et sa raison : de même qu'elle-même peut lire alors qu'elle est nue, il s'ensuit que la découverte de tout son corps n'entre pas dans « qu'on ne voie pas chez toi de chose d'erva », sinon pour les hommes et à cause des pensées ; ainsi une autre femme aussi a le droit de lire et de prier en face d'elle lorsqu'elle est nue. Les Aharonim s'accordent avec le Rachba et tiennent que le Roch aussi en convient. Sache encore qu'à tous les avis il n'est permis de lire en face d'elle lorsqu'elle est nue que si elle est assise, afin que ses parties inférieures ne soient pas visibles ; mais si elle est debout, sa loi est comme face à l'erva d'un homme, et même dans un autre domaine c'est interdit.
(ט) של אשה - ושער של איש אפילו של ערוה היוצא דרך נקב שבבגדו מותר לקרות כנגדו אבל אם הכיס נראה הוי ערוה:
« D'une femme » - Quant aux cheveux d'un homme, même ceux de l'erva qui sortent par un trou de son vêtement, il est permis de lire en face ; mais si la bourse est visible, c'est une erva.
(י) שדרכה לכסותו - ואפילו אם אין דרכה לכסותו רק בשוק ולא בבית ובחצר מ"מ בכלל ערוה היא לכו"ע אפילו בבית ואסור שם לקרות נגדה אם נתגלה קצת מהן. ודע עוד דאפילו אם דרך אשה זו וחברותיה באותו מקום לילך בגילוי הראש בשוק כדרך הפרוצות אסור וכמו לענין גילוי שוקה דאסור בכל גווני וכנ"ל בסק"ב כיון שצריכות לכסות השערות מצד הדין [ויש בזה איסור תורה מדכתיב ופרע את ראש האשה מכלל שהיא מכוסה] וגם כל בנות ישראל המחזיקות בדת משה נזהרות מזה מימות אבותינו מעולם ועד עתה בכלל ערוה היא ואסור לקרות כנגדן ולא בא למעט רק בתולות שמותרות לילך בראש פרוע או כגון שער היוצא מחוץ לצמתן שזה תלוי במנהג המקומות שאם מנהג בנות ישראל בזה המקום ליזהר שלא לצאת אפילו מעט מן המעט חוץ לקישוריה ממילא בכלל ערוה היא ואסור לקרות כנגדן וא"ל מותר דכיון שרגילין בהן ליכא הרהורא וכדלקמיה:
« Qu'elle a l'habitude de couvrir » - Et même si elle n'a l'habitude de le couvrir que dans la rue, et non à la maison et dans la cour, c'est néanmoins au rang d'erva à tous les avis, même à la maison, et il est interdit d'y lire en face si un peu s'en est découvert. Sache encore que même si cette femme et ses compagnes ont l'habitude, en ce lieu, d'aller tête découverte dans la rue à la manière des dévergondées, c'est interdit — comme pour la découverte de la jambe, interdite en tout cas, comme ci-dessus au seif katan 2 — puisqu'elles doivent couvrir les cheveux de par la loi [et il y a en cela un interdit de la Torah, car il est écrit « il dénudera la tête de la femme », d'où il ressort qu'elle est couverte]. De plus, toutes les filles d'Israël attachées à la loi de Moïse y prennent garde depuis les jours de nos pères jusqu'à présent : c'est au rang d'erva, et il est interdit de lire en face. On n'est venu exclure que les jeunes filles, auxquelles il est permis d'aller tête découverte, ou encore les cheveux qui sortent hors de leur tresse : cela dépend de l'usage des lieux — si l'usage des filles d'Israël en ce lieu est de prendre garde à ne pas laisser sortir même le moindre hors de leurs attaches, c'est de soi au rang d'erva et il est interdit de lire en face ; sinon c'est permis, puisqu'on y est habitué, il n'y a pas de pensées, comme plus loin.
(יא) בתולות - ובתולות ארוסות אסורות לילך בגילוי הראש וה"ה בתולות שנבעלו צריכין לכסות הראש ומ"מ אם זינתה ואינה רוצה לצאת בצעיף על ראשה כדרך הנשים אין יכולין לכופה:
« Jeunes filles » - Et les jeunes filles fiancées ont interdiction d'aller tête découverte ; il en est de même des jeunes filles qui ont eu un rapport : elles doivent couvrir la tête. Néanmoins, si elle a fauté et ne veut pas sortir avec un voile sur la tête à la manière des femmes, on ne peut la contraindre.
(יב) שדרכן וכו' - עיין במ"א שכתב דלא ילכו בגילוי הראש רק אם שערותיהן קלועות ולא סתורות אבל המחצית השקל והמגן גבורים מקילין בזה. כתב הח"א נכריות שאינן מוזהרות לכסות שערן צ"ע אם דינן בזה כבתולות:
« Dont l'habitude, etc. » - Voir le Maguen Avraham, qui a écrit qu'elles n'iront tête découverte que si leurs cheveux sont tressés et non défaits ; mais le Ma'hatsit Hachékel et le Magen Guibborim sont indulgents en cela. Le 'Hayé Adam a écrit : les non-juives, qui n'ont pas l'ordre de couvrir leurs cheveux — reste à examiner si leur loi en cela est comme celle des jeunes filles.
(יג) שרגילין וכו' - ר"ל ומותר לקרות בזה אפילו נגד אשה אחרת דכיון דרגילין בהן ליכא הרהורא אבל לכוין להסתכל באשה אחרת אפילו בשערות שמחוץ לצמתן אסור [א"ר]:
« Auxquels on est habitué, etc. » - C'est-à-dire qu'il est permis de lire en cela même face à une autre femme : puisqu'on y est habitué, il n'y a pas de pensées. Mais viser à regarder une autre femme, même les cheveux hors de leur tresse, est interdit (Elya Rabba).
(יד) לצאת וכו' - ר"ל שמלבד כובע שעל ראשה יש לה צמת והוא בגד המצמצם השער שלא יצאו לחוץ ואותו מעט שא"א לצמצם ויוצא מהצמת ע"ז מקיל הרשב"א [חתם סופר סימן ל"ו עי"ש] ובזוהר פרשה נשא החמיר מאוד שלא יתראה שום שער מאשה דגרמא מסכנותא לביתא וגרמא לבנהא דלא יתחשבון בדרא וסטרא אחרא לשרות בביתא וכ"ש אם הולכות בשוקא כך ע"כ בעאי איתתא דאפילו קורות ביתה לא יחמון שערה חדא מרישאה ואי עבדית כן מה כתיב בניך כשתילי זיתים מה זית וכו' בנהא יסתלקון בחשובין על שאר בני עלמא ולא עוד אלא דבעלה מתברך בכל ברכאן דלעילא וברכאן דלתתא בעותרא בבנין ובני בנין עכ"ל בקיצור וכתב המ"א דראוי לנהוג כהזוהר וביומא איתא במעשה דקמחית בזכות הצניעות היתירה שהיתה בה שלא ראו קורות ביתה אמרי חלוקה יצאו ממנה כהנים גדולים:
« Sortir, etc. » - C'est-à-dire qu'outre le bonnet sur sa tête, elle a une tresse, qui est un vêtement serrant les cheveux pour qu'ils ne sortent pas ; et ce peu qu'on ne peut serrer et qui sort de la tresse, c'est à ce sujet que le Rachba est indulgent ('Hatam Sofer siman 36 — voir là-bas). Dans le Zohar, parachat Nasso, on a été très rigoureux pour qu'aucun cheveu de femme ne se montre : cela cause un danger pour la maison et fait que ses fils ne seront pas comptés dans la génération, et que le Sitra A'hra réside dans la maison ; à plus forte raison si elles vont ainsi dans la rue. Aussi une femme doit-elle faire que même les poutres de sa maison ne voient pas un seul cheveu de sa tête ; et si elle le fait, que dit l'Écriture : « tes fils seront comme des plants d'olivier » — comme l'olivier, etc., ses fils s'élèveront en considération au-dessus des autres fils du monde ; bien plus, son mari est béni de toutes les bénédictions d'en haut et d'en bas, en richesse, en fils et petits-fils. Fin de citation, en abrégé. Le Maguen Avraham a écrit qu'il convient de se conduire selon le Zohar. Et dans Yoma il est rapporté, dans l'histoire de Kim'hit, qu'en mérite de la pudeur extraordinaire qu'elle avait — les poutres de sa maison n'avaient pas vu les coutures de sa chemise, et des grands prêtres sortirent d'elle.
(טו) שער נכרית - קרי נכרית להשער שנחתך ואינו דבוק לבשרה וס"ל דע"ז לא אחז"ל שער באשה ערוה וגם מותר לגלותה ואין בה משום פריעת הראש ויש חולקין ואומרים דאף בפיאה נכרית שייך שער באשה ערוה ואיסור פריעת ראש וכתב הפמ"ג דבמדינות שיוצאין הנשים בפיאה נכרית מגולה יש להם לסמוך על השו"ע ומשמע מיניה שם דאפילו שער של עצמה שנחתך ואח"כ חברה לראשה ג"כ יש להקל ובספר מגן גבורים החמיר בזה עי"ש. וכתב עוד שם דאם אין מנהג המקום שילכו הנשים בפאה נכרית בודאי הדין עם המחמירין בזה משום מראית העין עי"ש:
« Cheveu d'étrangère » - On appelle « étrangère » le cheveu coupé et qui n'est pas attaché à sa chair ; et il tient qu'à ce sujet les Sages n'ont pas dit « le cheveu de la femme est erva », et qu'il est aussi permis de le découvrir, sans qu'il y ait [l'interdit de] tête découverte. Il y a qui divergent et disent que même dans une perruque d'étrangère s'applique « le cheveu de la femme est erva » et l'interdit de tête découverte. Le Pri Megadim a écrit que dans les pays où les femmes sortent avec une perruque d'étrangère découverte, elles peuvent s'appuyer sur le Choulhan Aroukh ; et il s'en dégage là-bas que même le cheveu d'elle-même, coupé puis rattaché à sa tête, on peut aussi être indulgent. Dans le livre Magen Guibborim on a été rigoureux en cela — voir là-bas. Il a encore écrit là-bas que s'il n'est pas l'usage du lieu que les femmes aillent en perruque d'étrangère, certainement le droit est avec les rigoureux, à cause de l'apparence — voir là-bas.
(טז) יש ליזהר וכו' - ובדיעבד אם קרא חוזר וקורא בלא הברכות עיין בביאור הגר"א ופמ"ג:
« Il faut prendre garde, etc. » - Et bediavad, s'il a lu, il relit sans les berakhot. Voir le Biour du Gra et le Pri Megadim.
(יז) זמר אשה - אפילו פנויה אבל שלא בשעת ק"ש שרי אך שלא יכוין להנות מזה כדי שלא יבוא לידי הרהור וזמר אשת איש וכן כל העריות לעולם אסור לשמוע וכן פנויה שהיא נדה מכלל עריות היא ובתולות דידן כולם בחזקת נדות הן משיגיע להן זמן וסת. וקול זמר פנויה נכרית היא ג"כ בכלל ערוה ואסור לשמוע בין כהן ובין ישראל. ומ"מ אם הוא בדרך בין העכו"ם או בעיר והוא אנוס שא"א לו למחות כיון דלא מצינו דמקרי ערוה מדאוריית' מותר לקרות ולברך דאל"כ כיון שאנו שרויין בין העכו"ם נתבטל מתורה ותפלה וע"ז נאמר עת לעשות לד' הפרו תורתך אך יתאמץ לבו לכוין להקדושה שהוא עוסק ולא יתן לבו לקול הזמר:
« Chant d'une femme » - Même célibataire. Mais hors du temps du Chema c'est permis, pourvu qu'il n'ait pas l'intention d'en tirer plaisir, afin de ne pas en venir à des pensées. Le chant d'une femme mariée, ainsi que de toutes les arayot, est toujours interdit à entendre ; de même une célibataire qui est nida est au rang des arayot ; et nos jeunes filles sont toutes présumées nidot dès qu'elles atteignent le temps de la menstruation. La voix de chant d'une célibataire non-juive est aussi au rang d'erva, et il est interdit de l'entendre, qu'on soit kohen ou Israël. Néanmoins, s'il est en chemin parmi les nations ou en ville et qu'il est anos (contraint), qu'il ne peut protester — puisqu'on n'a pas trouvé que cela s'appelle erva de par la Torah —, il est permis de lire et de bénir : sinon, comme nous demeurons parmi les nations, l'étude de la Torah et la tefila seraient abolies ; et sur cela il est dit : « un temps d'agir pour ה', ils ont enfreint Ta Torah ». Mais qu'il s'efforce de diriger son cœur vers la sainteté dont il s'occupe, et qu'il ne donne pas son cœur à la voix du chant.
(יח) הרגיל בו - ר"ל כיון שרגיל בו לא יבוא לידי הרהור ואפילו מא"א ואפ"ה אסור לכוין להנות מדיבורה שהרי אפילו בבגדיה אסור להסתכל להנות:
« Dont on a l'habitude » - C'est-à-dire : puisqu'on y est habitué, on n'en viendra pas à des pensées, même de la part d'une femme mariée. Néanmoins, il est interdit de viser à tirer plaisir de sa parole, car même ses vêtements, il est interdit de les regarder pour en tirer plaisir.
(יט) כנגד ערוה - דכתיב כי ד' אלהיך מתהלך בקרב מחניך והיה מחניך קדוש ולא יראה בך ערות דבר וגו' מכאן למדו חכמים שבכל מקום שד' אלקינו מתהלך עמנו דהיינו כשאנו עוסקים בק"ש ותפלה או בד"ת צריך ליזהר שלא יראה ד' בנו ערות דבר דהיינו שלא יהיה דבר ערוה כנגד פניו של אדם הקורא או המתפלל כמלא עיניו כדמוכח בסימן ע"ט ס"ב וכן שלא יהיה אז ערום שעי"ז מתראה ערוה שלו כלול ג"כ במקרא הזה:
« Face à une erva » - Car il est écrit : « car ה' ton Dieu marche au milieu de ton camp, et ton camp sera saint, et qu'on ne voie pas chez toi de chose d'erva… » ; de là les Sages ont appris qu'en tout lieu où ה' notre Dieu marche avec nous — c'est-à-dire lorsque nous nous occupons du Chema et de la tefila ou de paroles de Torah — il faut prendre garde à ce que ה' ne voie pas chez nous de chose d'erva, c'est-à-dire qu'il n'y ait pas de chose d'erva face à la personne qui lit ou qui prie, à portée de vue, comme il appert au siman 79 seif 2 ; et aussi qu'il ne soit pas alors nu, ce par quoi son erva se montre : cela aussi est inclus dans ce verset.
(כ) של גוי - אע"פ שנאמר בהם בשר חמורים בשרם אימא כבהמה בעלמא דמי קמ"ל:
« D'un non-juif » - Bien qu'il soit dit d'eux « leur chair est chair d'ânes », je pourrais dire qu'ils sont comme une simple bête : cela vient nous l'enseigner [qu'il n'en est pas ainsi].
(כא) ערות קטן - עיין בב"י דלא חשש לדעת המחמירין רק לכתחלה אבל בדיעבד אם קרא אין חוזר וקורא:
« L'erva d'un petit » - Voir le Beit Yossef : il n'a pas craint l'avis des rigoureux que lekhathila (a priori) ; mais bediavad, s'il a lu, il ne relit pas.
(כב) ויש מתירין - וקטן בעצמו יוכל לקרות כשהוא ערום עד בן ט' שנים ונגד ערות איש הוא מותר רק עד שיגיע לחינוך ועיין במ"א ועיין סימן שמ"ג:
« Et il y a qui permettent » - Et le petit lui-même peut lire lorsqu'il est nu jusqu'à l'âge de neuf ans ; et face à l'erva d'un homme, c'est permis seulement jusqu'à ce qu'il atteigne [l'âge de] l'éducation. Voir le Maguen Avraham et voir siman 343.
(כג) לביאה - היינו בקטן עד בן ט' שנים ובקטנה עד בת ג' שנים:
« Aux rapports » - C'est-à-dire chez un petit jusqu'à neuf ans, et chez une petite jusqu'à trois ans.
(כד) וכן עיקר - כתב המ"א ומ"מ לא יאחוז המוהל הערוה בידו בשעת הברכה והא"ר ומחצית השקל מקילין והפמ"ג כתב דעכשיו שאין בקיאין כ"כ יש לחוש לסכנה ויש לתפוס בידו וגם הגר"א ביו"ד סימן רס"ה פסק דאסור לעשות כהמג"א:
« Et tel est l'essentiel » - Le Maguen Avraham a écrit : néanmoins, que le mohel n'empoigne pas l'erva de sa main au moment de la berakha. L'Elya Rabba et le Ma'hatsit Hachékel sont indulgents ; le Pri Megadim a écrit qu'aujourd'hui, où l'on n'est pas tellement experts, il y a à craindre un danger et qu'il faut tenir de la main ; et le Gra, Yoré Déa siman 265, a tranché qu'il est interdit de faire comme le Maguen Avraham.
(כה) בעששית - היא של זכוכית או בגד דק המנהיר עד שנראית הערוה או טפח מבשר האשה במקום שדרכה להיות מכוסה שגם זה הוא נקרא ערוה וכנ"ל בס"א. ועצימת עינים שרי בכל זה לכו"ע כיון שהערוה עכ"פ מכוסה [ח"א וכ"כ הפמ"ג לענין עששית]:
« Derrière une vitre » - C'est de verre, ou un tissu fin qui laisse voir, jusqu'à ce que l'erva soit visible, ou un téfa'h de la chair d'une femme à l'endroit où elle a l'habitude d'être couverte — car cela aussi s'appelle erva, comme ci-dessus au seif 1. Fermer les yeux est permis en tout cela à tous les avis, puisque l'erva est de toute façon couverte ('Hayé Adam ; et ainsi a écrit le Pri Megadim au sujet de la vitre).
(כו) אסור לקרות - ואפילו היא בבית אחר ורואה אותה דרך עששית שבהחלון לפי שבראיה תלה הכתוב ואפילו בדיעבד צריך לחזור ולקרות:
« Il est interdit de lire » - Et même si elle est dans une autre maison et qu'il la voit à travers la vitre de la fenêtre, car l'Écriture a fait dépendre [l'interdit] de la vue ; et même bediavad, il faut relire.
(כז) ערוה כנגדו - עיין בפמ"ג ושארי אחרונים דבהוא עצמו ערום אפשר דגם לדעת השו"ע לא מהני כל אלו העצות:
« Une erva en face de lui » - Voir le Pri Megadim et d'autres Aharonim : s'il est lui-même nu, il se peut que même selon l'avis du Choulhan Aroukh aucun de ces moyens n'y suffise.
(כח) והחזיר פניו - ר"ל אפילו החזרת פנים לבד בלא גופו דלא גרע מעצימת עינים דשרי לדידיה ועיין בסמוך:
« Et il a détourné son visage » - C'est-à-dire même le seul détournement du visage, sans son corps : cela n'est pas moindre que fermer les yeux, qui est permis selon lui. Voir juste après.
(כט) או שעצם וכו' - והאחרונים הסכימו דכל אלו העצות לבד מהחזרת פנים לא מהני דלא כתיב ולא תראה אלא ולא יראה ר"ל לא יראה הרואה ואפילו החזרת פנים שהותר הוא רק דוקא אם החזיר כל גופו ועומד בצד אחר דנעשית הערוה מצידו אבל אם החזיר פניו לבד לא מהני וא"כ בהוא עצמו ערום לא יצוייר שום עצה שיהא מותר לדבר ד"ת וכתב במשבצות זהב דאם הוא ברשות אחד ואדם ערום הוא ברשות אחר כנגדו והוא עוצם עיניו מלראותו י"ל דשרי בזה לכו"ע וכן משמע קצת בדרך החיים ובסימן ע"ט אות ח' באשל אברהם משמע דחזר מזה וכן בח"א כלל ד' אות ט' לא משמע כן אכן אם חלון של זכוכית מפסיק בינו לערוה ועוצם עיניו מלראותו מהני לכו"ע כיון דיש עכ"פ איזה חציצה המכסה נגד הערוה. מותר להרהר בד"ת כשהוא ערום וא"צ לומר כנגד ערוה אחרת שנאמר ערות דבר דיבור אסור הרהור מותר ומ"מ אין לו לשמוע אז ברכה מחבירו לצאת ידי חובה כי א"א לומר שומע כעונה כיון שא"א לו לענות [אחרונים]:
« Ou qu'il a fermé, etc. » - Les Aharonim se sont accordés que tous ces moyens, hormis le détournement du visage, n'y suffisent pas : il n'a pas été écrit « tu ne verras pas », mais « qu'on ne voie pas », c'est-à-dire que le voyant ne voie pas. Et même le détournement du visage qui a été permis ne l'est que s'il a détourné tout son corps et se tient d'un autre côté, de sorte que l'erva se trouve sur son flanc ; mais s'il n'a détourné que le visage, cela n'aide pas. Dès lors, s'il est lui-même nu, on n'imagine aucun moyen qui permette de dire des paroles de Torah. On a écrit dans le Michbetsot Zahav : s'il est dans un domaine et qu'un homme nu est dans un autre domaine en face de lui, et qu'il ferme les yeux pour ne pas le voir, on peut dire que c'est permis en cela à tous les avis ; et cela se dégage un peu du Derekh Ha'Hayim. Mais au siman 79 lettre 8 dans l'Eshel Avraham, il appert qu'il est revenu là-dessus ; et dans le 'Hayé Adam, klal 4 lettre 9, il n'appert pas ainsi. Toutefois, si une fenêtre de verre interpose entre lui et l'erva et qu'il ferme les yeux pour ne pas la voir, cela aide à tous les avis, puisqu'il y a de toute façon quelque interposition qui couvre face à l'erva. Il est permis de penser des paroles de Torah lorsqu'on est nu, et à plus forte raison face à une autre erva : il est dit « chose d'erva » — la parole est interdite, la pensée est permise. Néanmoins, qu'il n'écoute pas alors une berakha de son compagnon pour s'acquitter, car on ne peut dire « celui qui entend est comme celui qui répond », puisqu'il ne peut répondre (Aharonim).
(ל) דבראיה תלה - ר"ל אע"פ שהוא בסמוך לו תוך ד' אמותיו דבצואה קי"ל בסימן ע"ט דאסור אפילו אם הוא מלאחריו בזה גילה הכתוב דתלוי רק בראיה ונ"מ בכל זה אף לדידן דמחמירין בעצימת עינים וכנ"ל מ"מ אם החזיר פניו וגופו מן הערוה מהני לכו"ע אפילו בסמוך לו:
« Car Il a fait dépendre de la vue » - C'est-à-dire : bien qu'il soit près de lui, dans ses quatre coudées — alors que pour les excréments, nous tenons au siman 79 que c'est interdit même s'ils sont derrière lui —, ici l'Écriture a révélé que cela ne dépend que de la vue. L'utilité pratique de tout cela, même selon nous qui sommes rigoureux quant à fermer les yeux, comme ci-dessus : néanmoins, s'il a détourné son visage et son corps de l'erva, cela aide à tous les avis, même s'il est près de lui.