משנה ברורה

Michna Beroura — siman 193

Rabbi Yisrael Meir Kagan (Hafets Haim) · S'associent-ils au zimmoun, ou non
En bref - de quoi parle ce chiour ?

Le hamotsi peut s'acquitter par un autre dès lekhathila ; Birkat hamazone se récite de préférence chacun pour soi. Trois qui ont mangé du pain ensemble ne se séparent pas. On recherche un troisième ou un dixième pour le zimmoun.

Attention : ceci n’est pas la halakha. C’est seulement une synthèse des points de cette page. La halakha est donnée par les rabanim.

SUJETS'associent-ils au zimmoun, ou non
À FAIREHamotsi
Dès lekhathila, l'un acquitte l'autre.
À FAIREBirkat hamazone
Lekhathila chacun bénit pour soi : à la fin l'intention est de se séparer ; Birkat hamazone est de la Torah, d'où la rigueur.
À FAIRERechercher un troisième ou un dixième
S'il est dans la maison, lui donner à manger ; même le serviteur, l'appeler.
À FAIREIntention
Le bénédisant vise à acquitter ; l'auditeur vise à s'acquitter.
À ÉVITERSe séparer à trois
Trois qui ont mangé du pain ensemble sont déjà obligés au zimmoun.
À ÉVITERPerdre le Nom
S'ils peuvent former dix, ils ne se séparent pas en groupes de trois.
OUIPain avec keviout
Même table ou même nappe ; début ou fin du repas ensemble suffit.
OUIServiteur
Il s'associe même sans séance installée : c'est sa manière de manger.
NONFruits
Pas de zimmoun, même les sept espèces (certains sont stricts : mieux de ne pas s'installer à trois dessus).
NONSans keviout / en marche
Pas assis à une même table : pas d'obligation. Marcher et manger : le texte n'associe pas ; usage actuel : on fait le zimmoun (à dix en doute, plutôt sans le Nom).
REMAÀ vingt ou à six, de par la loi on peut se séparer ; le Darkhei Moché tient qu'il est préférable de rester ensemble (« dans la multitude du peuple est la gloire du roi »).
Le hamotsi se partage dès le départ ; Birkat hamazone se dit chacun pour soi. Le zimmoun n'oblige que trois qui ont mangé du pain avec keviout : alors on ne se sépare pas, et l'on cherche un troisième ou un dixième.

Glossaire

lekhathila
a priori
bediavad
après coup
zimmoun
invitation à réciter Birkat hamazone à plusieurs
hamotsi
bénédiction sur le pain
keviout
installation, fixation du repas en commun
pat habaa bekisnin
pain de type pâtisserie, consommé souvent hors repas
oness
contrainte
shogeg
par erreur
'am haarets
ignorant, qui ne maîtrise pas les bénédictions
mézamen
celui qui dirige le zimmoun
Hazan
première bénédiction de Birkat hamazone, « qui nourrit »

(א) פוטר אחד וכו' - ר"ל דבהמוציא אף לכתחלה יכול כ"א לצאת בברכת חבירו:

L'un acquitte, etc. - c'est-à-dire que, pour le hamotsi, même lekhathila (a priori) chacun peut s'acquitter par la bénédiction de son compagnon.

(ב) מצוה לחלק - כלומר דאע"ג דבדיעבד אף בבהמ"ז בודאי יוצא ע"י חבירו המוציאו מ"מ לכתחלה מצוה ליחלק והטעם שחלקו בין בהמ"ז להמוציא דבתחלת הסעודה שקובעים לאכול יחדו דעתן להצטרף משא"כ בסוף הסעודה דעתן להפרד זה מזה הלכך צריך לברך כ"א לעצמו ויש עוד טעם משום דבהמ"ז דאורייתא החמירו בה ועיין בפמ"ג שכתב דנכון לחוש לטעם הראשון וע"כ אף אם לא אכל כדי שביעה דחיובו הוא רק מדרבנן ג"כ מצוה ליחלק ולברך כ"א לעצמו:

C'est une mitsva de se séparer - c'est-à-dire que, bien que bediavad (après coup), même pour Birkat hamazone, on s'acquitte certainement par son compagnon qui l'acquitte, néanmoins lekhathila c'est une mitsva de se séparer. La raison pour laquelle on a distingué Birkat hamazone du hamotsi : au début du repas, quand ils s'installent pour manger ensemble, leur intention est de s'associer ; ce qui n'est pas le cas à la fin du repas, où leur intention est de se séparer l'un de l'autre ; dès lors chacun doit bénir pour soi. Il y a encore une raison : Birkat hamazone est de la Torah, et l'on a été plus strict. Voir le Pri Megadim qui a écrit qu'il est correct de craindre la première raison ; c'est pourquoi, même s'il n'a pas mangé à satiété — son obligation n'étant alors que de rabbanan — c'est aussi une mitsva de se séparer et que chacun bénisse pour soi.

(ג) אחד יודע וכו' - עיין לקמן סימן קצ"ז ס"ד במ"ב:

L'un sait, etc. - voir plus bas siman 197 seif 4 dans le MB.

(ד) שיכוין להוציאו - וגם השומע צריך שיכוין לצאת כמ"ש בסימן רי"ג ס"ג ועיין במה שכתבנו שם:

Qu'il ait l'intention de l'acquitter - et l'auditeur aussi doit avoir l'intention de s'acquitter, comme il est écrit au siman 213 seif 3 ; voir ce que nous avons écrit là-bas.

(ה) אבל אם אינו וכו' - ולפי זה הנשים יברכו לעצמן וה"ה ע"ה כשאינו מבין ברכת המוציאו ויש פוסקים שסוברין שבלה"ק יוצא אדם ידי חובתו בשמיעה אע"פ שאינו מבין הלשון (משא"כ בשאר לשונות דלכו"ע אינו יוצא אם אינו מבין הלשון) וכן המנהג שנשים יוצאות י"ח בשמיעה מהמברך אע"פ שאינן מבינות כלל ואפילו בקידוש שהוא דאורייתא לכו"ע להנשים אפ"ה יוצאות בשמיעה וכן ע"ה אע"פ שאינן מבינים דברי המקדש [אחרונים] ומ"מ יותר טוב שיאמרו אחרי המברך והמקדש מלה במלה בלחש אם אפשר להם דבזה יצאו לכל הפוסקים ובלא"ה נכון לעשות כן לכו"ע דא"א לכוין ולשמוע היטב וכמבואר לעיל בסימן קפ"ג ס"ז ע"ש:

Mais s'il ne, etc. - et d'après cela les femmes béniront pour elles-mêmes, et de même un 'am haarets quand il ne comprend pas la bénédiction de celui qui l'acquitte. Il y a des décisionnaires qui tiennent qu'en langue sainte un homme s'acquitte de son obligation par l'écoute, même s'il ne comprend pas la langue (ce qui n'est pas le cas des autres langues, où de l'avis de tous on ne s'acquitte pas si l'on ne comprend pas la langue). Tel est aussi l'usage : les femmes s'acquittent par l'écoute du bénédisant, même si elles ne comprennent rien du tout ; et même pour le kiddoush, qui est de la Torah de l'avis de tous pour les femmes, elles s'acquittent néanmoins par l'écoute ; de même un 'am haarets, même s'il ne comprend pas les paroles de celui qui sanctifie [Aharonim]. Néanmoins, il est meilleur qu'elles disent après le bénédisant et celui qui sanctifie, mot à mot, à voix basse, si elles le peuvent, car ainsi elles s'acquittent selon tous les décisionnaires. Même sans cela, il est correct de le faire de l'avis de tous, car il est impossible d'avoir l'intention et d'écouter bien, comme il est exposé plus haut au siman 183 seif 7 ; voir là-bas.

(ו) אינם רשאין ליחלק - דכבר נתחייבו בזימון משאכלו ביחד. ודע דחיוב זימון הוא דוקא כשאכלו פת שחייבין עליו בהמ"ז אבל אם אכלו פירות ואפילו הן משבעה מינים לא כדקי"ל בסימן רי"ג דאין זימון לפירות ויש מחמירין בז' מינים להצריכו זימון ולכן טוב שלא יקבעו ג' ביחד על ז' מינים כדי לאפוקי נפשין מפלוגתא [ב"ח] וברכי יוסף כתב שהמנהג פשוט לקבוע כמה אנשים על פירות מז' מינים וכן לאכול פת הבאה בכיסנין:

Ils n'ont pas le droit de se séparer - car ils se sont déjà obligés au zimmoun, puisqu'ils ont mangé ensemble. Sache que l'obligation de zimmoun n'existe que lorsqu'ils ont mangé du pain sur lequel on est tenu à Birkat hamazone ; mais s'ils ont mangé des fruits, même des sept espèces, non, comme nous tenons au siman 213 qu'il n'y a pas de zimmoun pour les fruits. Certains sont stricts pour les sept espèces et exigent un zimmoun ; c'est pourquoi il est bon que trois ne s'installent pas ensemble sur les sept espèces, afin de se tirer d'une controverse [Bah]. Le Birkéi Yossef a écrit que l'usage simple est que plusieurs hommes s'installent sur des fruits des sept espèces, et de même pour manger de la pat habaa bekisnin.

(ז) מצוה שיחזרו - היינו אם הוא עמהם בביתם מצוה ליתן לו דבר מה לאכול כדי שיצטרף עמהם ומשמע בגמרא דאף אם הוא שמש המשמשם בסעודה שאין דרכן לאכול אתו ביחד מצוה שיקראו לו לאכול אתם כדי שיוכלו לזמן:

C'est une mitsva qu'ils recherchent - c'est-à-dire que s'il est avec eux dans leur maison, c'est une mitsva de lui donner quelque chose à manger afin qu'il s'associe à eux. Il ressort du Talmud que même s'il est le serviteur qui les sert au repas, dont la manière n'est pas de manger avec eux, c'est une mitsva de l'appeler à manger avec eux afin qu'ils puissent faire le zimmoun.

(ח) אחר שלישי - ופשוט דאם הוא אחד א"צ לחזור אחר שנים:

Un troisième - et il est évident que s'il est déjà un, il n'a pas à rechercher deux autres.

(ט) שכולם נתחייבו - כלומר אע"פ שאם ילך אחד ישארו שלשה ויזמנו מ"מ הוא לא יצא ידי חובתו שגם הוא נתחייב בזימון:

Que tous se sont obligés - c'est-à-dire que, bien que s'il s'en va il en restera trois et qu'ils feront le zimmoun, lui néanmoins ne s'acquitte pas de son obligation, car lui aussi s'est obligé au zimmoun.

(י) יכולים ליחלק - עשרה לכאן ועשרה לכאן ונמצא שכולם זמנו בשם:

Ils peuvent se séparer - dix d'un côté et dix de l'autre, et ainsi tous ont fait le zimmoun avec le Nom.

(יא) אינן מחויבין לחלק - היינו דלא אמרינן טוב יותר להתחלק כדי להרבות בברכות ועיין בד"מ שדעתו דאדרבה שמצוה מן המובחר שלא להתחלק בין בעשרים ובין בששה משום ברוב עם הדרת מלך רק דמדינא אין איסור בדבר אם יתחלקו ויש שחולקים ע"ז וס"ל כיון שיש בכל כת ג"כ מקצת רוב עם וגם נתקיים מצות ברכת זימון בכל חד וחד ולהכי שקולים הם ויכול לעשות כמו שירצה אפילו לכתחלה:

Ils ne sont pas tenus de se séparer - c'est-à-dire que l'on ne dit pas : mieux vaut se séparer afin de multiplier les bénédictions. Voir le Darkhei Moché, dont l'avis est qu'au contraire c'est une mitsva de premier choix de ne pas se séparer, que ce soit à vingt ou à six, à cause de « dans la multitude du peuple est la gloire du roi » ; seulement, de par la loi, il n'y a pas d'interdit s'ils se séparent. Certains contestent cela et tiennent que, puisqu'il y a aussi dans chaque groupe un peu de multitude du peuple, et que la mitsva de la bénédiction du zimmoun s'est accomplie pour chacun, les deux sont équivalents, et l'on peut faire comme on veut, même lekhathila.

(יב) אחר עשרה - כדי שיהיו יכולים לברך בשם ועיין באחרונים דאפילו אם הם שבעה מצוה לחזר אחר עוד שלשה ועיין במש"כ לעיל בסק"ז:

Un dixième - afin qu'ils puissent bénir avec le Nom. Voir les Aharonim : même s'ils sont sept, c'est une mitsva de rechercher encore trois autres ; voir ce que j'ai écrit plus haut au seif katan 7.

(יג) לשמוע ברכת הזימון - דאם היו יכולין לשמוע ברכת זימון מפי המזמן אף דכל ברכת המזון אינם יכולין לשמוע מרחוק לא היו רשאין ליחלק על ג' אלא ישמעו ברכת זימון לבד מפי המזמן וברהמ"ז יברכו כ"א בפני עצמו בלחש וכמבואר לעיל סימן קפ"ג ס"ז:

Pour entendre la bénédiction du zimmoun - car s'ils pouvaient entendre la bénédiction du zimmoun de la bouche du mézamen, même s'ils ne peuvent pas entendre tout Birkat hamazone de loin, ils n'auraient pas le droit de se séparer en groupes de trois : ils n'entendraient que la bénédiction du zimmoun de la bouche du mézamen, et réciteraient Birkat hamazone chacun pour soi à voix basse, comme il est exposé plus haut au siman 183 seif 7.

(יד) ואינם רשאים וכו' - דאם היו יכולין ליחלק לעשרה עשרה לא היו רשאין ליחלק לחבורה של ג' כדי שלא יפסידו מלהזכיר הזימון בשם:

Et ils n'ont pas le droit, etc. - car s'ils pouvaient se séparer en groupes de dix, ils n'auraient pas le droit de se séparer en une tablée de trois, afin de ne pas perdre la mention du zimmoun avec le Nom.

(טו) בקול רם - כדי להשמיע ברכת הזימון לכל העשרה:

À voix haute - afin de faire entendre la bénédiction du zimmoun à tous les dix.

(טז) ויקפיד עליהם - במה שעושין חבורות לעצמן. וה"ה אם צריכין ללכת לדבר מצוה ואין להם שהות להמתין שתתבטל המצוה שרשאין לחלק לג' ג' כ"כ המ"א ובח"א מגמגם בזה ופוסק דעכ"פ כשלא נשארו עשרה בלעדם בודאי אסור לצאת אפילו לדבר מצוה. ומ"מ אם הוא מצוה דאורייתא אפשר דיש להקל בכל גווני ועיין בפמ"ג:

Et il s'en formalisera - de ce qu'ils forment des tablées pour eux-mêmes. Il en va de même s'ils doivent partir pour une affaire de mitsva et n'ont pas le loisir d'attendre, au point que la mitsva serait annulée : ils ont le droit de se séparer en groupes de trois ; ainsi le Magen Avraham. Le Hayei Adam hésite là-dessus et tranche qu'en tout cas, s'il ne reste pas dix sans eux, il est certainement interdit de sortir, même pour une affaire de mitsva. Néanmoins, si c'est une mitsva de la Torah, il se peut qu'il y ait lieu d'être indulgent en tout cas ; voir le Pri Megadim.

(יז) ברכת זימון שהרי וכו' - אבל אם היו יכולין לשמוע ברכת זימון לא היו רשאין ליחלק וכנ"ל בסקי"ג והאחרונים חולקים ע"ז משום דנהי דקי"ל בסימן קפ"ג דהאידנא מברכין כ"א מהמסובין כל הבהמ"ז בלחש מ"מ צריכין לשמוע היטב גם לדברי המברך ולומר עמו בלחש כל מלה ומלה ולענות אמן על כל ברכה וברכה ועכ"פ עד הזן את הכל בודאי צריכין להאזין גם לדברי המברך דעד שם הוא ברכת הזימון כדלקמן בסימן רי"ש בהג"ה וא"כ אף אם יכולין לשמוע ברכת זימון מפי המברך כל שאין יכולין לשמוע מלה במלה מפי המברך עד הזן את הכל מוטב להם ליחלק ג' ולברך בלא שם ממה שלא יצאו כלל ידי חובת זימון מדינא. כתבו האחרונים היכא שיש מסיבה גדולה יש ליתן לברך ברכת הזימון למי שקולו חזק כדי שישמעו כל המסובין וכנ"ל:

La bénédiction du zimmoun, puisqu'ils, etc. - mais s'ils pouvaient entendre la bénédiction du zimmoun, ils n'auraient pas le droit de se séparer, comme ci-dessus au seif katan 13. Les Aharonim contestent cela : car, bien que nous tenions au siman 183 qu'aujourd'hui chacun des convives récite tout Birkat hamazone à voix basse, néanmoins ils doivent aussi bien entendre les paroles du bénédisant, dire avec lui à voix basse chaque mot, et répondre amen à chaque bénédiction. En tout cas jusqu'à Hazan et hakol, ils doivent certainement prêter l'oreille aussi aux paroles du bénédisant, car jusqu'là c'est la bénédiction du zimmoun, comme plus bas au siman 200 dans la glose. Dès lors, même s'ils peuvent entendre la bénédiction du zimmoun de la bouche du bénédisant, tant qu'ils ne peuvent pas entendre mot à mot de sa bouche jusqu'à Hazan et hakol, mieux vaut pour eux se séparer en trois et bénir sans le Nom, plutôt que de ne pas s'acquitter du tout de l'obligation de zimmoun de par la loi. Les Aharonim ont écrit : lorsqu'il y a une grande tablée, il faut donner à réciter la bénédiction du zimmoun à celui dont la voix est forte, afin que tous les convives entendent, comme ci-dessus.

(יח) שהשנים קבעו - קביעות נקרא כשיושבים ואוכלים על שלחן אחד או במפה אחת אפילו כל אחד אוכל מככרו וכמבואר לעיל בסימן קס"ז סי"א ועיין לעיל שם בסי"א בביאור הגר"א דדעתו שם דבעה"ב עם בני ביתו שישבו לאכול הוי קביעות ומצטרפי אפילו בלא שלחן אחד:

Que les deux se sont installés - on appelle keviout le fait de s'asseoir et de manger à une même table ou sous une même nappe, même si chacun mange de son pain, comme il est exposé plus haut au siman 167 seif 11. Voir plus haut là-bas au seif 11 dans le commentaire du Gra : son avis est que le maître de maison avec les gens de sa maison qui se sont assis pour manger, cela constitue une keviout et ils s'associent, même sans une même table.

(יט) בגמר האכילה - חל עלייהו חובת זימון עי"ז שאכלו לבסוף ביחד ומשמע מזה הא אם לא גמרו גם סוף אכילה ביחד כגון שבא אחד לאכול אצל שנים אחר שכבר התחילו לאכול וגם גמרו סעודתן שלא בזמן אחד אותן שגמרו מקודם רשאין לברך בפני עצמן דעכ"פ התחלה או גמר בעינן ביחד ומ"מ אם המתינו לאחר אכילתם ולא ברכו עד שגמר גם השלישי לאכול חייבין לזמן ואין רשאין ליחלק ואע"ג שלא גמרו ביחד כל היכי דאי מייתי להו מידי מצי למיכל מינייהו כמו גמרו ביחד דיינינן להו וכעין ההיא דריש סימן קצ"ז ע"ש:

À la fin du repas - l'obligation de zimmoun pèse sur eux du fait qu'ils ont mangé ensemble à la fin. Il en ressort que, s'ils n'ont pas non plus achevé la fin du repas ensemble — par exemple si l'un est venu manger auprès de deux après qu'ils avaient déjà commencé à manger, et qu'ils n'ont pas non plus achevé leur repas au même moment — ceux qui ont achevé plus tôt ont le droit de bénir pour eux-mêmes, car il faut en tout cas le début ou la fin ensemble. Néanmoins, s'ils ont attendu après leur repas et n'ont pas béni jusqu'à ce que le troisième aussi ait achevé de manger, ils sont tenus de faire le zimmoun et n'ont pas le droit de se séparer. Bien qu'ils n'aient pas achevé ensemble, dès lors que si on leur apportait quelque chose ils pourraient encore en manger, on les juge comme s'ils avaient achevé ensemble, à la manière de ce qui est dit au début du siman 197 ; voir là-bas.

(כ) ומ"מ אם וכו' - הוא כמו אבל:

Néanmoins si, etc. - c'est comme « mais ».

(כא) בלא קבע - היינו שלא אכלו בדרך קבע בישיבה ועל שלחן אחד ואפילו התחילו לאכול בשלשה מתחלת הסעודה ועד סופה:

Sans keviout - c'est-à-dire qu'ils n'ont pas mangé de manière installée, assis et à une même table, même s'ils ont commencé à manger à trois du début du repas jusqu'à la fin.

(כב) הוא שמש - שדרך אכילתו בלא ישיבת קבע לכך הוא מצטרף בכל גווני:

C'est le serviteur - dont la manière de manger est sans séance installée ; c'est pourquoi il s'associe en tout cas.

(כג) כ"מ שרשאין ליחלק - היינו שאכלו השלשה בלא קביעות וכן בעשרים או בששה אף שע"פ דין רשאים ליחלק מ"מ עדיף טפי שלא ליחלק:

Partout où ils ont le droit de se séparer - c'est-à-dire que les trois ont mangé sans keviout ; et de même à vingt ou à six, même si de par la loi ils ont le droit de se séparer, il est néanmoins préférable de ne pas se séparer.

(כד) עדיף טפי לזמן - עיין במ"א שהקשה דמהרבה פוסקים משמע לענין שלשה שאכלו בלא קבע דאין אחד יכול להוציא חבירו בביהמ"ז וממילא גם לענין זימון אין רשאין וע"ש שהאריך בזה ואף דיש איזה אחרונים שדחו ראייתו לענין זימון מ"מ יותר מסתבר כדבריו וכן בפמ"ג כתב ג"כ דבמקום שאין אחד יכול להוציא חבירו בבהמ"ז אם יכולים להצטרף לענין זימון צ"ע למעשה ומסיים דבעשרה שיש הזכרת השם אפשר דאסור לכ"ע לזמן באין חייבין וכן משמע בחיי אדם כלל מ"ח דין ז':

Il est préférable de faire le zimmoun - voir le Magen Avraham qui a objecté : de beaucoup de décisionnaires il ressort, au sujet de trois qui ont mangé sans keviout, que l'un ne peut pas acquitter son compagnon de Birkat hamazone, et dès lors, aussi pour le zimmoun, ils n'en ont pas le droit. Voir là-bas où il s'est étendu. Bien que quelques Aharonim aient écarté sa preuve au sujet du zimmoun, son avis est néanmoins plus vraisemblable. De même le Pri Megadim a aussi écrit que, là où l'un ne peut pas acquitter son compagnon de Birkat hamazone, s'ils peuvent s'associer pour le zimmoun, c'est une question pour la pratique. Il conclut qu'à dix, où il y a mention du Nom, il se peut que de l'avis de tous il soit interdit de faire le zimmoun s'ils n'y sont pas tenus. C'est aussi ce qui ressort du Hayei Adam, klal 48, din 7.

(כה) אם היו רוכבים וכו' - סעיף זה כלשונו ממש מובא לעיל בסימן קס"ז סעיף י"ב אלא דשם מיירי לענין להוציא בברכת המוציא והכא מיירי לענין צירוף זימון ודין אחד לשניהן וכבר ביארתי שם במ"ב באר היטב ע"ש:

S'ils étaient à cheval, etc. - ce seif est rapporté mot pour mot plus haut au siman 167 seif 12, sauf que là il s'agit d'acquitter par la bénédiction hamotsi, et ici il s'agit de l'association au zimmoun ; la loi est la même pour les deux. J'ai déjà bien expliqué cela là-bas dans le MB ; voir là-bas.

(כו) הולכים ואוכלים לא - וביושבין בעגלה ואוכלין ביחד כשהם נוסעין עיין בסימן קס"ז מה שכתבתי בשם המ"א שמסתפק בזה ובח"א הכריע דבזה וכן בכל מקום שיש ספק בשלשה יזמנו אבל בעשרה יש לחוש להזכרת השם לבטלה. ומ"מ נ"ל דיזמן בלא שם דהא בדיעבד יצא בעשרה אף אם לא הזכיר השם וכדלעיל בסוף סימן קצ"ב:

Ils marchent et mangent, non - et s'ils sont assis dans un chariot et mangent ensemble pendant qu'ils voyagent, voir au siman 167 ce que j'ai écrit au nom du Magen Avraham, qui en doute. Le Hayei Adam a tranché qu'en ce cas, et partout où il y a un doute à trois, ils feront le zimmoun ; mais à dix, il faut craindre une mention du Nom en vain. Néanmoins, il me semble qu'il fera le zimmoun sans le Nom, car bediavad on s'est acquitté à dix même sans avoir mentionné le Nom, comme plus haut à la fin du siman 192.

(כז) שלא לזמן וכו' - האחרונים חולקים ע"ז וכהיום המנהג שמזמנין ובהרחמן אומרים הרחמן הוא ישלח לנו ברכה מרובה בהליכתנו ובישיבתנו עד עולם ונוכל לומר הרחמן הוא יברך את בעה"ב הזה וקאי על בעל הסעודה. ומכ"ש אם כל אחד אוכל משלו שאז אפילו בבית ישראל אומרים הרחמן הוא יברך אותנו וכו' ואם אוכלין במלון ביום דרך עראי בבית עו"ג אפשר דאין זה קביעות ואין מזמנין [מ"א] וטוב שלא יקבעו אז שלשתן יחד ויצאו מידי ספק [פמ"ג]:

De ne pas faire le zimmoun, etc. - les Aharonim contestent cela, et aujourd'hui l'usage est de faire le zimmoun ; et dans le Harahaman on dit : « Que le Miséricordieux nous envoie une bénédiction abondante dans notre marche et dans notre séance, à jamais », et l'on peut dire : « Que le Miséricordieux bénisse ce maître de maison », qui vise le maître du repas. À plus forte raison si chacun mange du sien : alors, même dans une maison d'Israël, on dit : « Que le Miséricordieux nous bénisse », etc. S'ils mangent dans une auberge, le jour, de manière occasionnelle, dans une maison de non-Juif, il se peut que ce ne soit pas une keviout et qu'on ne fasse pas de zimmoun [Magen Avraham]. Il est bon qu'alors les trois ne s'installent pas ensemble, afin de sortir du doute [Pri Megadim].

(כח) אינם רשאים ליחלק - היינו אפילו רוצה לגמור סעודתו קודם שיגמרו האחרים כיון שהחיוב של זימון חל כבר עליו בהתחלת אכילה שלו:

Ils n'ont pas le droit de se séparer - c'est-à-dire même s'il veut achever son repas avant que les autres n'achèvent, puisque l'obligation de zimmoun pèse déjà sur lui dès le début de sa consommation.

(כט) כל אחד לשנים - עיין בביאור הלכה:

Chacun pour deux - voir le Biour Halakha.

(ל) אפי' אכלו אח"כ - דכבר פרח זימון מינייהו ע"י שזימנו עליהם מקודם ומ"מ בהמ"ז חייבים לברך מתחלת ברכת הזן וכדלקמן בסימן רי"ש בהג"ה:

Même s'ils ont mangé ensuite - car le zimmoun s'est déjà envolé d'eux, du fait qu'on a fait le zimmoun sur eux auparavant. Néanmoins, pour Birkat hamazone, ils sont tenus de bénir depuis le début de la bénédiction Hazan, comme plus bas au siman 200 dans la glose.

(לא) ואינם רשאים ליחלק - כיון שנועדו עתה יחדו וכל אחד בא מחבורה שכבר נתחייב שם בזימון ואף דנתבאר בס"ו בהג"ה דאסור ליפרד מחבורה של ג' שעי"ז מפסיד הזימון שלהם וא"כ היה לכל אחד ואחד לחזור לחבורה שלו י"ל דמיירי הכא שנתפרדה חבורתם הראשונה א"נ לפי מה דמבואר לקמן בסי' רי"ש בא"ר וש"א דבמקום שיש אונס או הפסד ממון מותר לאחד לגמור סעודתו מקודם שגמרו השנים ולברך בפני עצמו מיירי הכא ג"כ בכה"ג שהיו אלו השלשה מוכרחין למהר ולגמור סעודתן מקודם ולכן אם נזדמנו אלו השלשה ביחד יזמנו בפני עצמן:

Et ils n'ont pas le droit de se séparer - puisqu'ils se sont maintenant réunis, et que chacun vient d'une tablée où il s'était déjà obligé au zimmoun. Bien qu'il ait été exposé au seif 6 dans la glose qu'il est interdit de se séparer d'une tablée de trois, car on leur fait ainsi perdre leur zimmoun, et que dès lors chacun aurait dû retourner à sa tablée : on peut dire qu'il s'agit ici du cas où leur première tablée s'est déjà dispersée ; ou bien, selon ce qui est exposé plus bas au siman 200 dans l'Elyah Rabba et d'autres Aharonim, que s'il y a oness (contrainte) ou perte d'argent, il est permis à l'un d'achever son repas avant que les deux n'aient achevé et de bénir pour soi — ici aussi il s'agit d'un tel cas, où ces trois étaient forcés de se hâter et d'achever leur repas plus tôt ; c'est pourquoi, si ces trois se sont rencontrés, ils feront le zimmoun pour eux-mêmes.

(לב) ואפילו לא אכלו וכו' - וקשה הא קי"ל לעיל סימן קפ"ד דבהמ"ז צריך לברך דוקא במקום שאכל וא"כ כל אחד ואחד צריך לחזור למקום שאכל מתחלה יש מתרצים דהכא מיירי בעקרו בשוגג ממקומם דבזה לא מטרחינן אותו לחזור למקומו לדעת הרמב"ם וכנ"ל שם בסעיף א' וכן פסקו שם האחרונים במקום הדחק ובעניננו נמי כיון דכאן יכול לזמן וכשיחזור לשם יברך ביחידי כשעת הדחק דמי ועוד י"ל דה"ק ואפילו לא אכלו יחד כלומר אלא כל אחד אכל בפני עצמו שלא קבעו דאינם חייבים בזימון כמ"ש ס"ב הכא חייבין כיון שכבר נתחייבו:

Et même s'ils n'ont pas mangé, etc. - et c'est difficile : nous tenons plus haut au siman 184 que Birkat hamazone doit se réciter précisément au lieu où l'on a mangé, et dès lors chacun devrait retourner à l'endroit où il a d'abord mangé. Certains répondent qu'il s'agit ici du cas où ils se sont levés de leur place par shogeg (par erreur), auquel cas on ne le fatigue pas à retourner à sa place selon l'avis du Rambam, comme plus haut là-bas au seif 1 ; et les Aharonim ont ainsi tranché là-bas en cas de détresse. Dans notre sujet aussi, puisqu'ici il peut faire le zimmoun, et que s'il retourne là-bas il bénira en yahid, cela ressemble à un cas de détresse. On peut encore dire que le sens est : même s'ils n'ont pas mangé ensemble, c'est-à-dire que chacun a mangé pour soi sans s'être installés, de sorte qu'ils ne sont pas tenus au zimmoun comme il est écrit au seif 2 — ici ils sont tenus, puisqu'ils se sont déjà obligés.

(לג) פרח זימון מינייהו - ובזה דוקא אם לא אכלו אח"כ יחדו אבל אם אכלו אח"כ יחד מצטרפין ואינו דומה להא דסעיף ה' דהא לא זימנו עליהם מקודם [חי' רע"א בשם תר"י]:

Le zimmoun s'est envolé d'eux - et cela seulement s'ils n'ont pas mangé ensuite ensemble ; mais s'ils ont mangé ensuite ensemble, ils s'associent. Cela ne ressemble pas à ce qui est dit au seif 5, car là on n'avait pas fait le zimmoun sur eux auparavant [Hidoushei Rabbi Akiva Eiger au nom des Talmidei Rabbenou Yona].

(לד) כיון שחבריהם זימנו - עיין בביאור הלכה:

Puisque leurs compagnons ont fait le zimmoun - voir le Biour Halakha.

(לה) ובא אחד וכו' - היינו אחד מן השוק אכל מעט בסוף סעודתן ונצטרף עמהם ולישנא לכל חבורה שכתב המחבר לאו דוקא דאפילו רק לחבורה אחת א"כ פרח זימון מן אחד ולא נשאר כאן אלא שנים:

Et l'un arrive, etc. - c'est-à-dire quelqu'un de l'extérieur qui a mangé un peu à la fin de leur repas et s'est associé à eux. Le mot « à chaque tablée » qu'a écrit le Mechaber n'est pas à prendre au pied de la lettre : même à une seule tablée seulement, dès lors le zimmoun s'est envolé de l'un, et il ne reste ici que deux.

(לו) מותר ליפרד וכו' - ומיירי שכל החבורות היו מתחלה ג"כ בבית זה אלא שלא נצטרפו ביחד דאל"ה הלא צריך לברך בהמ"ז במקומו:

Il est permis de se séparer, etc. - et il s'agit du cas où toutes les tablées étaient aussi dès le début dans cette maison, sauf qu'elles ne s'étaient pas associées ensemble ; sinon, il faudrait réciter Birkat hamazone à sa place.