משנה ברורה

Michna Beroura — siman 192

Rabbi Yisrael Meir Kagan (Hafets Haim) · Bénédiction du zimmoun à trois ou à dix
En bref - de quoi parle ce chiour ?

Obligation du zimmoun dès trois convives ; formules Nevarekh et Barkhou ; mention du Nom à dix ; erreurs de formulation et retours en arrière.

Attention : ceci n’est pas la halakha. C’est seulement une synthèse des points de cette page. La halakha est donnée par les rabanim. [SUJET] Zimmoun à trois ou à dix : Nevarekh et Barkhou, mention du Nom, erreurs de formulation [FAIRE] Dès trois | Ils se rassemblent et bénissent au pluriel : l’un dit « Nevarekh sheakhalnou… ». [FAIRE] Invitation orale | Dire avant Birkat hamazone « Venez et bénissons » (usage ashkénaze : Rabotai, mir velen bentschen) ; on répond « Que le Nom de ה' soit béni dès maintenant et à jamais ». [FAIRE] À dix : le Nom | On dit avec le Nom (Baroukh Eloheinou…). Si les répondants n’ont pas encore répondu et qu’on a oublié le Nom : recommencer le zimmoun avec le Nom. [FAIRE] Barkhou dès trois | À trois il peut dire « Barkhou » (les deux autres suffisent au pluriel) ; à deux : seulement « Nevarekh ». [EVITER] « Baroukh hou ou-baroukh shemo » au particulier | L’usage de le dire : seulement le bénédisant, même à trois ; pas les deux associés, et pas le particulier. [EVITER] Formule ambiguë | Ne pas dire « sur la nourriture que nous avons mangée » (on croirait bénir le maître de maison). Dire « À Celui de Qui nous avons mangé ». [CAS:OUI] Barkhou à deux bediavad | S’il a dit « Barkhou » à deux, il est possible qu’il se soit acquitté. [CAS:NON] Revenir après réponse sans le Nom | S’ils ont déjà répondu sans le Nom : on ne revient pas — bediavad le zimmoun sans le Nom acquitte. Si eux ont dit avec le Nom, le meneur peut encore dire « Baroukh Eloheinou… ». [CAS:NON] Amen après « nous vivons » | Les A’haronim sont partagés ; l’usage est de ne pas répondre amen. [SYNTHESE] Trois se joignent au pluriel (Nevarekh ; Barkhou possible). À dix on ajoute le Nom. Oubli du Nom : on recommence seulement tant que les autres n’ont pas encore répondu.

Glossaire

zimmoun
invitation collective à réciter Birkat hamazone
Nevarekh
Bénissons
Barkhou
Bénissez
bediavad
après coup
lekhathila
a priori
baal habayit
maître de maison

(א) חייבין בזימון - דהיינו שחייבין להזדמן ולצרף ברכתם בלשון רבים דהיינו שאחד יאמר נברך שאכלנו וכו' ואסמכו רבנן אקרא דכתיב גדלו לה' אתי ונרוממה שמו דמשמע שאחד יאמר לשנים גדלו א"נ ממאי דכתיב כי שם ה' אקרא הבו גודל לאלהינו וכ"ש אם הם יותר עד עשרה כמו שיתבאר לפנינו:

Ils sont tenus au zimmoun - c’est-à-dire qu’ils doivent se rassembler et joindre leur bénédiction au pluriel : l’un dit « Nevarekh sheakhalnou… ». Les Sages l’ont appuyé sur le verset « Grandissez ה' avec moi, et exaltons Son nom », d’où il ressort qu’un dit à deux « Grandissez » ; ou encore sur « Car je proclame le Nom de ה', rendez grandeur à notre Dieu ». À plus forte raison s’ils sont davantage, jusqu’à dix, comme on l’expliquera plus loin.

(ב) נברך - בזוהר הזהירו לומר בפיו קודם בהמ"ז תן לנו הכוס ונברך או באו ונברך לפי שכל דבר שבקדושה צריך הזמנה בפה עובר לעשייתו כדי להמשיך הקדושה ומזה נוהגים לומר בל"א (רבותי, מיר וועלין בענטשין) והם עונים יהי שם ה' מבורך מעתה ועד עולם:

Nevarekh - Le Zohar a mis en garde de dire de bouche, avant Birkat hamazone : « Donnez-nous la coupe et bénissons » ou « Venez et bénissons », car toute chose de sainteté requiert une invitation orale avant l’acte, afin d’attirer la sainteté. De là l’usage de dire en langue ashkénaze (Rabotai, mir velen bentschen) et ils répondent : « Que le Nom de ה' soit béni dès maintenant et à jamais. »

(ג) והוא חוזר ואומר וכו' חיינו - ואם המסובין צריכין לענות אמן אחריו יש דעות בין האחרונים והמנהג שלא לענות:

Et il répète et dit… « nous vivons » - Quant à savoir si les convives doivent répondre amen après lui, les Aharonim sont partagés ; l’usage est de ne pas répondre.

(ד) ובטובו חיינו בא"י אמ"ה וכו' - משמע מזה דלא יאמר ברוך הוא וברוך שמו ויש פוסקים כתבו לומר ב"ה וב"ש וכן המנהג ועיין במ"א ובשארי אחרונים דעכ"פ לא שייך זה ביחיד וגם בשלשה אין לומר אותו רק המברך ולא שנים המזמנים עמו:

Et par Sa bonté nous vivons, béni sois-Tu ה' notre Dieu Roi de l’univers… - Il en ressort qu’on ne dit pas « Baroukh hou ou-baroukh shemo ». Certains décisionnaires ont écrit de le dire, et tel est l’usage. Voir le Magen Avraham et les autres Aharonim : cela ne s’applique en tout cas pas au particulier ; et même à trois, seul le bénédisant le dit, non les deux qui s’associent au zimmoun avec lui.

(ה) יכול לומר ברכו - כיון שהם שלשה וראוים לברך בלשון רבים בלעדו אבל בשנים לא יכול לומר ברכו רק נברך ובדיעבד אם אמר בשנים ברכו אפשר דיצא:

Il peut dire « Barkhou » - puisqu’ils sont trois et aptes à bénir au pluriel sans lui. Mais à deux, il ne peut dire « Barkhou », seulement « Nevarekh ». Après coup (bediavad), s’il a dit « Barkhou » à deux, il est possible qu’il se soit acquitté.

(ו) בלמ"ד - דגבי ברכה לא כתיב למ"ד דכתיב ברכו עמים אלהינו:

Avec un lamed - car au sujet de la bénédiction il n’est pas écrit de lamed, puisqu’il est écrit « Barkhou amim Eloheinou ».

(ז) על המזון שאכלנו - דמשמע דמברך לבעה"ב המאכילו דאי לרחמנא למה הוא מזכיר מזון בלא מזון יש הרבה לברכו [תוס']:

Sur la nourriture que nous avons mangée - car cela laisse entendre qu’il bénit le maître de maison qui le nourrit ; si c’était au Miséricordieux, pourquoi mentionner la nourriture — sans nourriture il y a beaucoup pour quoi Le bénir [Tossafot].

(ח) למי שאכלנו משלו - דמשמע דרבים הם זה זן את זה וזה זן את זה ולפי דבריו הוא מברך לבעה"ב [רש"י] וגבי מטובו פירש משום דממעט בתגמוליו של מקום דמשמע דבר מועט כדי חיים וטעם שלא לומר חיים דמשמע דהוא מוציא עצמו מן הכלל:

À Celui de Qui nous avons mangé - cela laisse entendre qu’ils sont plusieurs, l’un nourrit l’autre et l’autre nourrit l’un ; selon ses paroles, il bénit le maître de maison [Rachi]. Quant à « de Sa bonté », il explique que cela diminue les rétributions du Lieu, laissant entendre une petite chose suffisante à vivre. Et la raison de ne pas dire « vie », c’est que cela laisse entendre qu’il s’exclut du groupe.

(ט) יכול וכו' - דתו ליכא למטעי דקאי על בעה"ב המאכילו:

Il peut… - car alors on ne peut plus s’y méprendre et l’appliquer au maître de maison qui le nourrit.

(י) אינם יכולים לחזור - דבדיעבד יצאו בזימון בלא שם ואם יכול המזמן לחזור אח"כ ולומר ברוך אלהינו וכו' או שצריך לומר ג"כ בלא שם מאחר שהעונים אמרו מתחלה בלא שם יש דעות בין האחרונים עיין בשע"ת ולכו"ע אם הם אמרו בשם יכול גם הוא לחזור ולומר ברוך אלהינו וכו' אף דנברך אמר בלא שם:

Ils ne peuvent revenir en arrière - car après coup ils se sont acquittés du zimmoun sans le Nom. Quant à savoir si le menant du zimmoun peut ensuite revenir et dire « Baroukh Eloheinou… » ou s’il doit lui aussi dire sans le Nom, puisque les répondants ont d’abord dit sans le Nom — les Aharonim sont partagés, voir Chaaré Teshova. Selon tous, s’ils ont dit avec le Nom, lui aussi peut revenir et dire « Baroukh Eloheinou… », même si « Nevarekh » a été dit sans le Nom.

(יא) יחזור ויזמן בשם - דכיון שלא ענו עדיין לא נתקיים מצות זימון והוי כלכתחלה:

Il recommencera le zimmoun avec le Nom - car puisqu’ils n’ont pas encore répondu, la mitsva de zimmoun n’est pas accomplie et c’est comme a priori (lekhathila).