שולחן ערוך, אורח חיים

Choulhan Aroukh — Orah Haim, siman 658

Rabbi Yossef Karo · Rema : Rabbi Moche Isserles · Lois du loulav au premier Yom Tov
En bref - de quoi parle ce chiour ?

Mitsva de Torah le premier jour seulement hors du Temple ; propriété « le vôtre », don à condition de rendre, associés, petits, et etrog communal.

Attention : ceci n’est pas la halakha. C’est seulement une synthèse des points de cette page. La halakha est donnée par les rabanim.

SUJETLois du loulav au premier Yom Tov
À FAIREDurée de la mitsva
de par la Torah, hors du Temple, seulement le premier jour ; les Sages ont institué de le prendre en tout lieu tous les sept jours
À FAIREDon à condition de rendre
on s’acquitte et l’on rend : un don à condition de rendre est un don
À FAIREDon sans rien préciser
comme « à condition que tu me le rendes », car on le donne d’ordinaire dans cette intention
À FAIREEtrog communal
là où l’etrog n’est pas fréquent, la communauté achète en société : comme s’ils avaient précisé que chacun donne sa part à qui le prend pour s’en acquitter, à condition de rendre
À ÉVITERPrendre le loulav le Chabbat
on ne le prend pas, même si c’est le premier jour
À ÉVITERDéplacer le loulav le Chabbat
interdit, car il est comme une pierre
À ÉVITERPoser l’etrog sur le vêtement
même à Yom Tov : on engendre une odeur
À ÉVITERPrêt le premier jour
on ne s’acquitte pas avec le loulav prêté d’autrui : il faut lekhem, le vôtre
À ÉVITERFormule « qu’il soit à toi jusqu’à ce que tu t’en acquittes, puis à moi »
comme emprunté : pas d’acquittement
À ÉVITERNe pas rendre le don conditionnel
pas d’acquittement, même si l’on en donne le prix, même arraché par oness, même rendu après le temps de la mitsva
À ÉVITERDonner au petit avant de s’acquitter soi-même le premier jour
le petit acquiert et n’aliène pas de par la Torah : son rendu n’est pas un rendu
OUIDon franc
s’il le lui a donné en don : permis
OUIEtrog le Chabbat
déplacement permis, car il est propre à être senti
OUIDon à condition de ne pas consacrer
permis, pas moindre qu’un don à condition de rendre
OUIChaîne jusqu’au propriétaire
même non rendu en main propre mais à un autre, puis à un autre, et le dernier au propriétaire : acquitté
OUITenir avec l’enfant
on s’acquitte, puisque cela n’est pas sorti de sa main
OUIPetit à l’âge des tout-petits capables
certains disent : permis de lui donner avant de s’acquitter
OUIAssociés ayant acheté pour la mitsva
ils s’acquittent d’ordinaire, car c’est dans cette intention qu’ils l’ont acquis
OUIFrères, biens de la maison, même genre, regard lâche
s’il peut le manger et que les frères n’y regardent pas de près : acquitté ; le renoncement tacite sert s’il y a du même genre, même si l’etrog était supérieur aux autres
NONAssociés le premier jour sans don de part
aucun ne s’acquitte jusqu’à ce qu’on lui donne sa part en don (si l’achat n’était pas pour besoin de mitsva)
NONFrères qui regardent de près
pas d’acquittement jusqu’au don de leur part
NONGenres différents (etrog et coing, ou etrog, grenade et coing)
pas d’acquittement jusqu’au don de part ; dès qu’il n’y a pas de ce même genre, le renoncement tacite ne sert pas
REMALoulav : interdit de le déplacer le Chabbat, comme une pierre. Etrog : déplacement permis (sentir) ; interdit de le poser sur le vêtement même à Yom Tov (odeur). Don à condition de ne pas consacrer : permis. Il faut redonner au propriétaire en don pour qu’il s’acquitte ; chaîne de dons jusqu’au propriétaire : acquitté. Associés : si acheté pour besoin de mitsva, ils s’acquittent. Argent de l’etrog communal selon la fortune, le hidour pesant davantage sur les riches ; femme exempte de contribuer, n’y étant pas tenue. Que chacun s’efforce d’acheter pour soi un etrog et un loulav à part.
Torah : premier jour hors du Temple ; Sages : sept jours. Pas le Chabbat. Premier jour : il faut « le vôtre » — prêt insuffisant, don (même à condition de rendre) oui. Ne pas rendre : pas d’acquittement. Petit avant soi : non, sauf tenue conjointe ; certains permettent si le petit a l’âge des tout-petits capables. Associés et frères : part en don, sauf achat pour la mitsva ou même genre avec regard lâche. Etrog communal : don conditionnel implicite.

Glossaire

lekhem
« le vôtre » : le premier jour l’espèce doit appartenir à celui qui la prend
matana al menat lehahazir
don à condition de rendre, qui vaut don le temps de la mitsva
oness
contrainte, cas de force majeure
tefisat habayit
biens indivis de la maison paternelle
onaat hapeoutot
âge où le petit sait déjà faire un acte d’acquisition simple

מן התורה אין מצות לולב חוץ למקדש אלא יום ראשון וחכמים תקנו שיהא ניטל בכל מקום כל שבעה:

De par la Torah, la mitsva du loulav hors du Temple n’est que le premier jour ; les Sages ont institué qu’on le prenne en tout lieu tous les sept jours.

ביום שבת אינו ניטל אפי' אם הוא יום ראשון הגה ואסור לטלטל הלולב בשבת דהוי כאבן [ר"ן ס"פ לולב הגזול והמגיד פ"ד וכל בו] אבל האתרוג מותר בטלטול דראוי להריח בו ואסור לתנו על הבגד אפי' בי"ט דמוליד ריחא [מהרי"ל]:

Le jour de Chabbat, on ne le prend pas, même si c’est le premier jour. « (Rema : » Il est interdit de déplacer le loulav le Chabbat, car il est comme une pierre. Mais l’etrog est permis au déplacement, car il est propre à être senti. Il est interdit de le poser sur le vêtement même à Yom Tov, car on engendre une odeur.)

אין אדם יוצא ידי חובתו ביום ראשון בלולב של חבירו שהשאילו דבעינן לכם משלכם ואפילו אמר לו יהא שלך עד שתצא בו ואח"כ יהא שלי כבתחלה לא יצא דהוי כמו שאול ואם נתנו לו במתנה מותר:

Nul ne s’acquitte de son devoir le premier jour avec le loulav de son prochain qui le lui a prêté, car il faut lekhem, le vôtre. Même s’il lui a dit : « qu’il soit à toi jusqu’à ce que tu t’en acquittes, puis qu’il soit à moi comme auparavant », il ne s’est pas acquitté, car c’est comme emprunté. S’il le lui a donné en don, c’est permis.

נתנו לו על מנת להחזירו הרי זה יוצא בו ידי חובתו ומחזירו שמתנה ע"מ להחזיר שמה מתנה ואם לא החזירו לא יצא אפי' נתן לו את דמיו ואפי' נאנס מידו וכן אם החזירו לאחר זמן מצותו לא יצא: הגה ומותר לתת לו אתרוג במתנה על מנת שלא יקדישנו דלא גרע ממתנה ע"מ להחזיר: [ר"ן פ"ה דנדרים]:

S’il le lui a donné à condition de le rendre, il s’acquitte avec de son devoir et le rend : un don à condition de rendre est un don. S’il ne l’a pas rendu, il ne s’est pas acquitté, même s’il lui en a donné le prix, et même s’il lui a été arraché par oness (contrainte). De même, s’il l’a rendu après le temps de sa mitsva, il ne s’est pas acquitté. « (Rema : » Il est permis de lui donner un etrog en don à condition qu’il ne le consacre pas : cela n’est pas moindre qu’un don à condition de rendre.)

נתנו לו סתם הוי כאלו אמר לו על מנת שתחזירוהו לי דמסתמא על דעת כן נתנו לו כיון שצריך לצאת בו שאין לו אחר ואם לא החזירו לא יצא: הגה וצריך לחזור וליתנו לבעליו במתנה כדי שיהיה של בעלים ויצאו בו [הרא"ש ורבינו ירוחם נ"ח ח"ד] ומיהו אפי' לא החזירו לידו אלא לאחר ואחר לאחר והאחרון מחזירו לבעלים יצא:

S’il le lui a donné sans rien préciser, c’est comme s’il lui avait dit « à condition que tu me le rendes », car on le lui a donné d’ordinaire dans cette intention, puisqu’il a besoin de s’en acquitter et n’en a pas d’autre. S’il ne l’a pas rendu, il ne s’est pas acquitté. « (Rema : » Il faut le redonner au propriétaire en don, afin qu’il soit au propriétaire et que celui-ci s’en acquitte. Toutefois, même s’il ne l’a pas rendu en main propre mais à un autre, et cet autre à un autre, et que le dernier le rend au propriétaire, il s’est acquitté.)

לא יתננו ביום ראשון לקטן קודם שיצא בו מפני שהקטן קונה ואינו מקנה לאחרים מן התורה ונמצא שאם החזירו לו אינו מוחזר ויש מי שאומר שאם הגיע לעונת הפעוטות מותר ואם תופס עם התינוק יוצא כיון שלא יצא מידו שפיר דמי:

On ne le donnera pas le premier jour à un petit avant de s’en être soi-même acquitté, parce que le petit acquiert et n’aliène pas à autrui de par la Torah : si le petit le lui rend, ce n’est pas un rendu. Certains disent que s’il a atteint l’âge des tout-petits capables, c’est permis. S’il le tient avec l’enfant, il s’acquitte, puisque cela n’est pas sorti de sa main.

שותפים שקנו לולב או אתרוג בשותפו' אין א' מהם יוצא בו ידי חובתו ביום הראשון עד שיתן לו חלקו במתנה: הגה ודוקא שלא קנו לצורך מצוה אבל אם קנו לצורך מצוה יוצאים בו מסתמא דאדעתא דהכי קנאוהו (המגיד):

Des associés qui ont acheté un loulav ou un etrog en société : aucun d’eux ne s’acquitte de son devoir le premier jour jusqu’à ce qu’on lui donne sa part en don. « (Rema : » Cela seulement s’ils n’ont pas acheté pour besoin de mitsva ; mais s’ils ont acheté pour besoin de mitsva, ils s’acquittent avec, d’ordinaire, car c’est dans cette intention qu’ils l’ont acquis.)

האחים שקנו אתרוגים מתפיסת הבית ונטל א' מהם אתרוג ויצא בו אם יוכל לאוכלו ואין האחים מקפידים בכך יצא ואם היו מקפידים לא יצא עד שיתנו חלקם במתנה ואם קנה זה אתרוג וזה פריש או שקנו כאחד אתרוג רמון ופריש מתפיסת הבית אינו יוצא באתרוג עד שיתנו לו חלקם במתנה ואע"פ שאם אכלו אין מקפידים עליו מפני שכל שאין שם מאותו המין אין מחילתם בסתם מועלת אבל כשיש שם מאותו המין אפילו היה מעולה מאחרים מחילתן בסתם מועלת לפי שאינם מקפידים:

Des frères qui ont acheté des etroguim sur les biens de la maison, et que l’un d’eux a pris un etrog et s’en est acquitté : s’il peut le manger et que les frères n’y regardent pas de près, il s’est acquitté. S’ils y regardaient de près, il ne s’est pas acquitté jusqu’à ce qu’ils lui donnent leur part en don. S’il a acheté un etrog et l’autre un coing, ou s’ils ont acheté ensemble un etrog, une grenade et un coing sur les biens de la maison, il ne s’acquitte pas avec l’etrog jusqu’à ce qu’ils lui donnent leur part en don. Même si, l’eût-il mangé, ils n’y regarderaient pas — car dès qu’il n’y a pas de ce même genre, leur renoncement tacite ne sert pas —, mais quand il y a de ce même genre, même s’il était supérieur aux autres, leur renoncement tacite sert, puisqu’ils n’y regardent pas de près.

מה שנוהגים במקום שאין אתרוג מצוי שכל הקהל קונים אתרוג בשותפות הטעם מפני שכיון שקנאוהו לצאת בו מסתמא הוי כאלו פירשו שכל הקהל נותנים חלקם לכל מי שנוטלו לצאת בו על מנת שיחזירוהו להם: הגה וגובין מעות אתרוג לפי ממון דהדור מצוה מונח טפי על עשירים מעל עניים ואשה פטורה מליתן למעות אתרוג הואיל ואינה חייבת בו [תשו' מהרי"ל סי' קי"ד] וכל אדם ישתדל ויהא זריז במצוה לקנות לו אתרוג ולולב לבד כדי לקיים המצוה כתקנה [הגהות מיימוני סוף הל' לולב]:

Ce que l’on pratique là où l’etrog n’est pas fréquent, que toute la communauté achète un etrog en société : la raison en est que, puisqu’ils l’ont acheté pour s’en acquitter, c’est d’ordinaire comme s’ils avaient précisé que toute la communauté donne sa part à quiconque le prend pour s’en acquitter, à condition qu’il le leur rende. « (Rema : » On perçoit l’argent de l’etrog selon la fortune, car l’embellissement de la mitsva pèse davantage sur les riches que sur les pauvres. Une femme est exempte de donner à l’argent de l’etrog, puisqu’elle n’y est pas tenue. Que chacun s’efforce et soit zélé dans la mitsva d’acheter pour soi un etrog et un loulav à part, afin d’accomplir la mitsva comme il se doit.)