טור אורח חיים

Tour Orah Haim — siman 51

Rabbi Yaakov ben Asher (Baal HaTour) · De Baroukh Chéamar à Yichtabah
En bref - de quoi parle ce chiour ?

Baroukh Chéamar se dit avec chant (87 mots ; signe « rocho ketem paz »). Berakha avant les Pessouqei deZimra, Yichtabah après. Pas de parole de Baroukh Chéamar jusqu’aux Dix-Huit. Interruptions comme pour le Chema. Usages Ashkenaz et Sefarad : Mizmor leToda, intention à « potea’h et yadekha », Ashrei, Halleloûya, Vayevarekh David et Chirat hayam.

Glossaire

Pessouqei deZimra
versets de louange (surtout Ps. 145–150)
Baroukh Chéamar
berakha d’ouverture des Pessouqei deZimra
Yichtabah
berakha de clôture des Pessouqei deZimra
Sefer Heikhalot
Livre des Palais (midrach)
ketem paz
« or fin » (Ct 5,11) ; paz = 87
Rav Alfas
Rif, R. Yits’haq Alfassi
ma’arkhei hamilhama
rangs de bataille (Dt 20)
Mizmor leToda
psaume de l’action de grâce (Ps. 100)
toda
sacrifice de reconnaissance
Yotser Or
première berakha du Chema du matin
Tehila leDavid
Psaume 145
Vayevarekh David
« David bénit ה' » (I Chr. 29)
Chirat hayam
cantique de la mer (Ex. 15)
Mekhilta
midrach tannaitique sur l’Exode
Guéonim
maîtres des académies de Babylonie

ברוך שאמר וכו' צריך לאומרו בניגון ובנעימה כי הוא שיר נאה ונחמד וכתב בספר היכלות שיש בו פ"ז תיבות וסי' ראשו כתם פז וכן הוא נוסח אשכנזים ונתקנה ברכה זו משום הא דאיתא בפרק כל כתבי יהא חלקי עם גומרי הלל בכל יום ומסקינן כי קאמר בפסוקי דזמרה ומאי ניהו תהלה לדוד עד כל הנשמה תהלל יה ותו גרסינן בפ"ק דברכות (ד:) א"ר אלעזר כל האומר תהלה לדוד בכל יום ג"פ מובטח לו שהוא בן העוה"ב וכן דרש ר' שמלאי לעולם יסדר אדם שבחו של מקום ואחרי כן יתפלל לכן תקנו לאומרם קודם תפלה וקבעו ברכה זו לפניהם ואחת לאחריהם והיא ישתבח ואם סיים ב"ש קודם שיסיים החזן יש לו לענות אמן אחר ברכת החזן ואחר ישתבח יש לו לענות אמן על ברכת עצמו כיון שהוא סיום ברכה לסוף פסוקי דזמרה: לכן צריך ליזהר שלא להפסיק ביניהם בדיבור וכ"כ רב אלפס והוסיף לומר שלא לדבר בין ישתבח ליוצר אור וז"ל מיבעי ליה לאיניש דלא לאשתעויי מכי מתחיל ב"ש עד דמסיים י"ח וכן יש בירושלמי השח בין ישתבח ליוצר אור עבירה היא בידו וחוזרין עליה ממערכי המלחמה ומיהו לא עדיף מק"ש וברכותיה הלכך בין המזמורים שואל מפני הכבוד ומשיב שלום לכל אדם ובאמצע המזמור שואל מפני היראה ומשיב מפני הכבוד: ויש מקומות שנוהגין לומר מזמור לתודה הודו לה' קראו בשמו כאשר הוא כתוב בדברי הימים לפי שדוד קבעו לאומרו בכל יום לפני הארון וכשמגיע לכי כל אלהי העמים אלילים יש להפסיק בין אלילים ובין וה' שמים עשה שלא יהא נראה כחוזר למעלה ויש שמוסיפים עוד פסוקים אחרים וכ"מ ומקום כמנהגו וי"א הפסוקים והמזמורים שמוסיפין קודם ב"ש ובאשכנז נוהגים לומר ב"ש מיד ואחריו כל המזמורים בין בחול בין בשבת והכי מסתבר להקדים הברכה לכל המזמורים שיהא לכולם ברכה תחלה וסוף ובאשכנז נוהגין שלא לומר מזמור לתודה בשבת ויו"ט לפי שאין תודה קרבה בהן ואין צריך למונעו דליכא למיחש דילמא אתו להקריבה כשיבנה ביהמ"ק דלא טעו אינשי בהכי וצריך לכוין בתהלה לדוד דא"ר אלעזר כל האומר תהלה לדוד בכל יום ג"פ מובטח לו שהוא בן העולם הבא ויותר יכוין בפסוק פותח את ידך שעיקר מה שקבעוהו לומר בכל יום הוא בשביל אותו פסוק שמזכיר בו שבחו של הקב"ה שמשגיח על בריותיו ומפרנסן ונהגו לומר קודם לכן אשרי יושבי ביתך משום דילפינן מיניה שצריך אדם לישב שעה אחת קודם שיתפלל ואחריו נהגו לומר ואנחנו נברך יה וכתב רב עמרם לשלשולי הללויה בתר הללויה דכולהו פרשיות עד כל הנשמה תהלל יה איתנהו סוף פירקא הללויה וריש פירקא הללויה דהללויה דבתר תהלת ה' ידבר פי ריש פירקא הוא מש"ה מוסיפין ואנחנו נברך יה וכופלין פסוק כל הנשמה לפי שהוא סוף פסוקי דזמרה ובספרד נוהגין לכפול סוף פסוק של כל מזמור ומזמור: ובתקון הגאונים יש נוהגין לומר ויברך דויד את ה' לעיני כל הקהל עד ומהללים לשם תפארתך כאשר הוא בספר דברי הימים ויברכו שם כבודך עד שירת הים כאשר הוא בספר עזרא ושירת הים והטעם לפי שכל אותם ט"ו לשונות של שבח הסדורים בברכת ישתבח דורש במכילתין מתוך שירת הים ומתוך אותן פסוקים של ויברך דויד:

Baroukh Chéamar, etc. : il faut le dire avec un air et une mélodie, car c’est un chant beau et agréable. Il est écrit dans le Sefer Heikhalot qu’il compte quatre-vingt-sept mots, et le signe mnémonique en est « rocho ketem paz » ; telle est aussi la version des Ashkénazes. Cette berakha a été instituée à cause de ce qui est dit au chapitre Kol Kitvei : « Que ma part soit avec ceux qui achèvent le Hallel chaque jour » ; et l’on conclut qu’il s’agit des Pessouqei deZimra, c’est-à-dire de Tehila leDavid jusqu’à « kol haneshama tehallel Yah ». On lit encore au premier chapitre de Berakhot (4b) : Rabbi Éléazar a dit : quiconque dit Tehila leDavid trois fois chaque jour a l’assurance d’être fils du monde à venir. De même, Rabbi Simlaï a enseigné : que l’homme dispose toujours la louange du Lieu, et qu’il prie ensuite. C’est pourquoi l’on a institué de les dire avant la tefila ; on a fixé cette berakha avant eux et une après eux, qui est Yichtabah. S’il a achevé Baroukh Chéamar avant que le hazzan n’ait fini, il répond amen à la berakha du hazzan. Après Yichtabah, il répond amen à sa propre berakha, puisqu’il s’agit de la conclusion d’une berakha à la fin des Pessouqei deZimra. Dès lors, il faut prendre garde de ne pas interrompre entre eux par la parole. Ainsi a écrit Rav Alfas, qui a ajouté qu’il ne faut pas parler non plus entre Yichtabah et Yotser Or. Voici ses termes : l’homme ne doit pas s’entretenir depuis qu’il commence Baroukh Chéamar jusqu’à ce qu’il ait achevé les Dix-Huit. De même, dans le Talmud de Jérusalem : celui qui parle entre Yichtabah et Yotser Or, c’est une faute entre ses mains, et l’on le renvoie pour cela des rangs de bataille. Toutefois cela n’est pas plus strict que le Chema et ses berakhot ; dès lors, entre les mizmorim, on salue par honneur et l’on rend le salut à quiconque ; au milieu d’un mizmor, on salue par crainte et l’on rend le salut par honneur. Il est des lieux où l’on a l’usage de dire Mizmor leToda et « Hodou la-ה' qir’ou bichmo », tels qu’ils sont écrits dans Divrei Hayamim, parce que David les a fixés pour être dits chaque jour devant l’Arche. Quand on arrive à « ki kol elohei haamim elilim », il faut marquer une pause entre « elilim » et « ve-ה' chamayim assa », afin que cela ne paraisse pas se rapporter à ce qui précède. Certains ajoutent encore d’autres versets ; chaque lieu selon son usage. D’aucuns disent que les versets et les mizmorim que l’on ajoute se disent avant Baroukh Chéamar. En Ashkenaz, l’usage est de dire Baroukh Chéamar tout de suite, puis tous les mizmorim, en semaine comme le Chabbat ; et cela est le plus raisonnable : faire précéder la berakha à tous les mizmorim, afin qu’ils aient tous une berakha au commencement et à la fin. En Ashkenaz, l’usage est de ne pas dire Mizmor leToda le Chabbat et à Yom Tov, parce que le sacrifice de toda n’y est pas offert. Il n’est pourtant pas nécessaire de l’interdire, car il n’y a pas à craindre qu’on en vienne à l’offrir lorsque le Temple sera reconstruit : les gens ne s’y tromperaient pas. Il faut diriger son attention dans Tehila leDavid, car Rabbi Éléazar a dit : quiconque dit Tehila leDavid trois fois chaque jour a l’assurance d’être fils du monde à venir. Davantage encore au verset « potea’h et yadekha », car le principal motif pour lequel on l’a fixé chaque jour est ce verset, qui rappelle la louange du Saint béni soit-Il : Il veille sur Ses créatures et les nourrit. On a l’usage de dire auparavant « Ashrei yochvei veitekha », parce qu’on en apprend qu’il faut s’asseoir un moment avant de prier ; et après, on a l’usage de dire « vaanah’nou nevarekh Yah ». Rav Amram a écrit d’enchaîner Halleloûya après Halleloûya : tous les chapitres jusqu’à « kol haneshama tehallel Yah » ont Halleloûya à la fin du chapitre et Halleloûya au début du chapitre ; or le Halleloûya qui suit « tehilat ה' yedaber pi » est le début d’un chapitre ; c’est pourquoi l’on ajoute « vaanah’nou nevarekh Yah ». On répète le verset « kol haneshama », parce que c’est la fin des Pessouqei deZimra. En Sefarad, l’usage est de répéter le dernier verset de chaque mizmor. Dans le tiqoun des Guéonim, certains ont l’usage de dire « Vayevarekh David et ה' leeinei kol haqahal » jusqu’à « oumehalelim lechem tifartekha », tels qu’ils sont dans le livre de Divrei Hayamim, puis « vivarkhou chem kevodekha » jusqu’au Cantique de la mer, tels qu’ils sont dans le livre d’Ezra, et le Cantique de la mer. La raison en est que toutes ces quinze expressions de louange disposées dans la berakha de Yichtabah, la Mekhilta les déduit du Cantique de la mer et de ces versets de Vayevarekh David.