טור אורח חיים

Tour Orah Haim — siman 56

Rabbi Yaakov ben Asher (Baal HaTour) · Le kaddish
En bref - de quoi parle ce chiour ?

Origine de Yitgadal ; deux lectures de shemeh rabba ; pourquoi le kaddish est en araméen ; réponse de l'assemblée ; siddour de Rav Amram ; amen et les sept louanges ; coutume d'Espagne ; versets d'ouverture ; cinq inclinaisons.

Glossaire

shem Yah
Nom Yah (deux lettres, incomplet)
Targoum
araméen de la Bible
amei haarets
gens du commun
deracha
exposé public
aggada
enseignement non législatif
nehemata
consolations
yitkalas
qu'Il soit loué
Koudcha berikh hou
le Saint béni soit-Il

יתגדל ויתקדש הוסד על פי המקרא והתגדלתי והתקדשתי האמור במלחמת גוג ומגוג שאז יתגדל שמו של הקב"ה דכתיב (זכריה י״ד:ט) ביום ההוא יהיה ה' אחד ושמו אחד: שמיה רבא יש מפרשים שם יה רבא שאנו מתפללין על שם יה שאינו שלם שיתגדל ויתקדש ושיחזור להיות שלם והיינו לעת הגאולה שינקום מעמלק שנשבע שלא יהיה השם שלם עד שינקום ממנו דכתיב כי יד על כס יה שאין הכסא שלם ואין השם שלם אלא לאחר שינקום ממנו ואז יהיה השם שלם וגם הכסא דכתיב (תהלים ט:ז-ח) האויב תמו חרבות לנצח וכתיב וה' לעולם ישב כונן למשפט כסאו הרי השם שלם והכסא שלם. ומה שאנו אומרין הקדיש בלשון תרגום יש אומרים מפני המלאכים שלא יתקנאו בנו שאנו משבחים שבח נאה כזה וגם שע"י זה הקב"ה נזכר לחורבן הבית וגלות ישראל כדאיתא בפ"ק דברכות בשעה שישראל עונין אמן יש"ר הקב"ה מנענע בראשו ואומר אוי לבנים שגלו מעל שלחן אביהם ומה לו לאב שככה מקלסין אותו בניו ורחקם מעל שלחנו וכביכול שיש דאגה לפניו ואם יבינו המלאכים זה יקטרגו עלינו ע"כ אומרים אותו בלשון שלא יבינו שאינן מכירין ארמית. ור"י פירש הטעם לפי שהיו רגילין לומר אותו אחר הדרשה כדאיתא בשילהי סוטה אמאי קאי עלמא אסידרא דקדושה ואיהא שמיה רבא דאגדתא והיו שם עמי הארץ שאינן מכירין אלא ארמית שהוא לשונם לכן נהגו לאומרו בלשון שהכל מבינין בו ולפי פירוש זה יהיה כפשוטו שמיה רבא תרגום של שמו הגדול. ועונין הצבור בכוונה שלימה אמן יהא שמיה רבא מברך לעלם ולעלמי עלמיא כדאיתא בפרק כל כתבי העונה איש"ר בכל כחו קורעים לו גזר דינו של ע' שנה פירוש בכל כחו בכל כוונתו וגם בכאן מפרשים שמיה רבא על השם שיחזור שלם אבל בכל הספרים גרסינן כל העונה איש"ר הגדול מבורך וזה ראיה לפירוש ר"י שאינו אלא תרגום של שמו הגדול וחוזר גם ש"צ ואומר יש"ר וכו': כתוב בסדור רב עמרם ז"ל ואומר יתברך אמן ישתבח ויתפאר ויתרומם ויתנשא ויתהדר ויתעלה ויתקלס שמיה דקודשא בריך הוא ואמרו אמן לעילא מכל ברכתא ושירתא תושבחתא ונחמתא דאמירן בעלמא ואמרו אמן ולא נהגו עתה לומר אמן אחר יתברך ולא אחר שמיה דקודשא בריך הוא וכתב עוד ויתקלס יש נוהגין שלא לאומרו ונותנין טעם לדבריהם שחייב אדם לומר שבעה דברים בשבחו של הקב"ה כנגד שבעה רקיעים וכיון שאמר יתברך ואלו הששה הרי שבעה והאומרים יתקלס נותנין טעם לדבריהם כיון שהפסיק באמן דיתברך צריך שיהא שבעה אחר האמן ונהגו עתה לומר ויתהלל במקום ויתקלס ואני תמה על מנהג ספרד שאומרים למעלה מכל הברכות והשירות והתשבחות וכו' בל' הקדש למה מפסיקין באמצע לומר בל' הקדש גם רב עמרם כתבו בל' תרגום ותקנו לומר ונחמתא משום מאי דכתיבנא שהקב"ה מתאונן על גלותנו ע"כ אנו מתפללין שיתנחם בקרוב וימהר לגאלנו ועל כן נהגו לומר זכור רחמיך וחסדיך כשמתחיל שליח ציבור קדיש על שם מדת רחמים שזוכר באותה שעה ואומר גם פסוק ועתה יגדל נא וגו' שהוא לשון יתגדל שאומר ש"צ: מנין הכריעות שבקדיש כתב רב נחשון שהן ד' של חובה ואחת של רשות יתגדל ויתקדש וכורע. בעגלא ובזמן קריב יש"ר וכורע. יתברך שמיה דקודשא בריך הוא וכורע. ויתעלה ויתפאר וכורע והם של חובה. עושה שלום במרומיו וכורע והיא של רשות והללו ה' כריעות כנגד ה' שמות שהם בפסוק כי ממזרח שמש עד מבואו. עושה שלום במרומיו על שם המלאכים שהם אש ומים שהם שני הפכים ואין אחד מכבה חבירו:

« Yitgadal veyitkadach » a été institué d'après l'Écriture : « Je Me magnifierai et Je Me sanctifierai », dit au sujet de la guerre de Gog et Magog ; alors le Nom du Saint béni soit-Il sera magnifié, ainsi qu'il est écrit (Zacharie 14, 9) : « En ce jour-là, ה' sera Un et Son Nom Un. » « Shemeh rabba » : certains expliquent « shem Yah rabba » — nous prions pour le Nom Yah, qui n'est pas complet, afin qu'il soit magnifié et sanctifié et redevienne complet. C'est pour le temps de la Délivrance, quand Il tirera vengeance d'Amalek : Il a juré que le Nom ne serait pas complet tant qu'Il n'aurait pas tiré vengeance de lui, ainsi qu'il est écrit : « Car une main est sur le trône de Yah » — le Trône n'est pas complet et le Nom n'est pas complet, sinon après qu'Il en aura tiré vengeance. Alors le Nom sera complet, et le Trône aussi, ainsi qu'il est écrit (Tehilim 9, 7-8) : « L'ennemi a pris fin, ruines à jamais », et il est écrit : « et ה' siégera à jamais, Il a affermi Son trône pour le jugement » — voilà le Nom complet et le Trône complet. Pourquoi dit-on le kaddish en langue du Targoum ? Certains disent : à cause des anges, afin qu'ils ne soient pas jaloux de nous qui disons une si belle louange ; et aussi parce que, par là, le Saint béni soit-Il Se souvient de la destruction du Temple et de l'exil d'Israël, comme il est dit au premier chapitre de Berakhot : lorsque Israël répond « amen yehei shemeh rabba », le Saint béni soit-Il hoche la tête et dit : « Malheur aux fils qui ont été exilés de la table de leur Père ! Et que devient un Père dont les fils Le louent ainsi, alors qu'Il les a éloignés de Sa table ? » — et, pour ainsi dire, Il en a du chagrin. Si les anges comprenaient cela, ils nous accuseraient ; c'est pourquoi on le dit dans une langue qu'ils ne comprennent pas, car ils ne connaissent pas l'araméen. Le Ri a expliqué autrement : on avait coutume de le dire après la deracha, comme il est dit à la fin de Sota : « Sur quoi le monde tient-il ? Sur l'ordre de la Kedoucha et sur le yehei shemeh rabba de l'aggada. » Il y avait là des amei haarets qui ne connaissaient que l'araméen, leur langue ; on a donc pris l'usage de le dire dans la langue que tous comprennent. Selon cette explication, « shemeh rabba » s'entend selon le sens simple : c'est le Targoum de « Son grand Nom ». L'assemblée répond avec une kavana entière : « amen yehei shemeh rabba mevarakh lealam oulealmei almaya », comme il est dit au chapitre Kol Kitvei : celui qui répond « amen yehei shemeh rabba » de toutes ses forces, on lui déchire le décret de soixante-dix ans — c'est-à-dire de toutes ses forces : de toute sa kavana. Ici aussi, certains expliquent « shemeh rabba » du Nom qui redeviendra complet. Mais dans tous les livres on lit : « quiconque répond amen yehei shemeh rabba hagadol mevorakh » — preuve pour l'explication du Ri, que ce n'est que le Targoum de « Son grand Nom ». L'officiant répète aussi « yehei shemeh rabba », etc. Il est écrit dans le siddour de Rav Amram z"l : on dit « yitbarakh » — amen — « yichtabah veyitpaar veyitromam veyitnassé veyithadar veyitale veyitkalas shemeh dekoudcha berikh hou » — et l'on dit amen — « leela min kol birkhata vechirata tushbehata venehemata daamiran bealma » — et l'on dit amen. On n'a plus maintenant l'usage de dire amen après « yitbarakh » ni après « shemeh dekoudcha berikh hou ». Il a encore écrit : « veyitkalas » — certains ont l'usage de ne pas le dire, et donnent pour raison qu'un homme doit dire sept termes dans la louange du Saint béni soit-Il, correspondant aux sept firmaments ; une fois dit « yitbarakh » et ces six-là, voilà sept. Ceux qui disent « yitkalas » donnent pour raison que, puisqu'on a interrompu par l'amen de « yitbarakh », il faut sept termes après cet amen. On a maintenant l'usage de dire « veyithalal » à la place de « veyitkalas ». Je m'étonne de la coutume d'Espagne, qui dit « au-dessus de toutes les bénédictions, les chants et les louanges, etc. » en langue sainte : pourquoi interrompre au milieu pour parler en langue sainte ? Rav Amram aussi l'a écrit en langue du Targoum. On a institué de dire « venehemata » à cause de ce que nous avons écrit : le Saint béni soit-Il Se lamente sur notre exil ; aussi prions-nous qu'Il Se console bientôt et hâte notre délivrance. C'est pourquoi l'on a l'usage de dire « Zekhor rahamekha vahassadekha » lorsque l'officiant commence le kaddish, au nom de l'attribut de miséricorde dont Il Se souvient à cet instant ; on dit aussi le verset « Veatta yigdal na… », qui est le langage de « yitgadal » que dit l'officiant. Le nombre des inclinaisons dans le kaddish : Rav Nahshon a écrit qu'il y en a quatre d'obligation et une facultative. « Yitgadal veyitkadach » — on s'incline. « Beagala ouvizman kariv yehei shemeh rabba » — on s'incline. « Yitbarakh shemeh dekoudcha berikh hou » — on s'incline. « Veyitale veyitpaar » — on s'incline. Celles-ci sont d'obligation. « Osse chalom bimromav » — on s'incline ; celle-ci est facultative. Ces cinq inclinaisons correspondent aux cinq Noms qui sont dans le verset « Car du levant du soleil jusqu'à son couchant ». « Osse chalom bimromav » se dit d'après les anges qui sont feu et eau, deux contraires, et l'un n'éteint pas l'autre.