טור אורח חיים

Tour Orah Haim — siman 60

Rabbi Yaakov ben Asher (Baal HaTour) · Rabbi Yaakov ben Asher (Baal HaTour)
En bref - de quoi parle ce chiour ?

Glossaire

lekhathila
a priori
Ahavah Rabbah
grand amour (incipit de la 2e berakha, avis de Chemouel / usage du matin en Ashkénaz)
Ahavat Olam
amour éternel (incipit selon les Sages / usage du soir)
Rav Alfes
le Rif
smoukha
accolée à la berakha précédente (d’où l’absence de Baroukh initial)
me’akvot
empêchent l’acquittement
hagaha
correction / révision du texte
hassérot vé-yétérôt
graphies défectives et pleines (lettres omises ou ajoutées)
Massorah
tradition de la graphie biblique
Baal Halakhot Guedolot
auteur des Halakhot Guedolot (Behag)

ברכה שנייה פליגי בפתיחתה רב יהודה אמר שמואל אהבה רבה ורבנן אמרי אהבת עולם ופסק רב אלפס כרבנן והגאונים הכריעו לומר שחרית אהבה רבה וערבית אהבת עולם לצאת ידי שניהם וכן נוהגין באשכנז ואינה פותחת בברוך לפי שהיא סמוכה לברכת יוצר אור וחותם בא"י הבוחר בעמו ישראל באהבה: וברכות אלו דוקא לכתחילה צריך לאומרם אבל אם קראה בלא ברכות יצא דתנן היה קורא בתורה והגיע זמן המקרא אם כיון לבו יצא ידי קריאה אע"פ שלא בירך לפניה ולאחריה וכן פירש רבינו חננאל והכי איתא בירושלמי זאת אומרת ברכות אינן מעכבות ורב האי פירש ודאי אם לא אמרן לברכות כלל מעכבות אלא לענין זה קאמר בירושלמי שאינן מעכבות שאם שינה הסדר לומר ראשונה לבסוף ושנייה תחילה אינו מעכב והא דתנן אם כיון לבו יצא לא שכיון לקרות כדי לצאת מצות קריאה שהרי מצות אין צריכין כוונה אלא פי' מתחילה היה קורא להגיה וקורא חסרות ויתרות ככתיבתן כאדם שקורא על פי המסורה ומדקדק וקאמר שאם כיון לקרותה בקריאתה יצא ובעל הלכות גדולות פסק דמצות צריכין כוונה וצריך שיכוין לצאת וכן כתב א"א הרא"ש ז"ל:

Quant à la deuxième berakha, on discute de son ouverture : Rav Yehouda a dit au nom de Chemouel « Ahavah Rabbah », et les Sages disent « Ahavat Olam ». Rav Alfes a tranché comme les Sages. Les Guéonim ont décidé de dire « Ahavah Rabbah » le matin et « Ahavat Olam » le soir, afin de s’acquitter des deux avis ; et ainsi pratique-t-on en Ashkénaz. Elle ne s’ouvre pas par « Baroukh », parce qu’elle est accolée à la berakha Yotser Or, et elle se clôt : « Béni sois-Tu, ה', qui choisit Son peuple Israël avec amour. » Ces berakhot, c’est seulement lekhathila (a priori) qu’il faut les dire ; mais si l’on a lu [le Chema] sans berakhot, on s’est acquitté. Car on a enseigné : s’il lisait dans la Torah et que le moment de la lecture arriva, s’il a dirigé son cœur, il s’est acquitté de la lecture, bien qu’il n’ait pas béni avant ni après. Ainsi a expliqué Rabbénou ’Hananel ; et ainsi est-il dans le Talmud de Jérusalem : cela enseigne que les berakhot n’empêchent pas. Rav Haï a expliqué : à coup sûr, si on ne les a pas dites du tout, elles empêchent ; mais le Talmud de Jérusalem n’a dit qu’elles n’empêchent pas qu’à ce sujet : si l’on a changé l’ordre, pour dire la première à la fin et la deuxième au début, cela n’empêche pas. Ce qu’on a enseigné : « s’il a dirigé son cœur, il s’est acquitté » — ce n’est pas qu’il ait eu l’intention de lire afin de s’acquitter de la mitsva de lecture, car les mitsvot n’ont pas besoin de kavana ; le sens est plutôt : au départ il lisait pour corriger le texte, et il lisait les graphies défectives et les graphies pleines telles qu’elles sont écrites, comme un homme qui lit d’après la Massorah et qui est minutieux ; et l’on dit que s’il a dirigé son cœur pour la lire selon sa lecture [du Chema], il s’est acquitté. Le Baal Halakhot Guedolot a tranché que les mitsvot ont besoin de kavana et qu’il faut avoir l’intention de s’acquitter ; et ainsi a écrit mon maître mon père, le Roch, de mémoire bénie.