Entre les chapitres on salue par honneur et l’on rend le salut à tous ; au milieu, on salue par crainte et l’on rend le salut par honneur. Le Roch et les Gueonim entendent la crainte comme celle du père ou du maître. On s’interrompt pour kaddish, Kedoucha et Barkhou selon le Roch. On ne coupe pas entre Vayomer et Emet veyatsiv. Par oness on peut poser les tefilin avant l’amida, non bénir le talit. Emet veyatsiv le matin (délivrance passée), Emet veémouna le soir (délivrance future ou dépôt de l’âme).
בין הפרקים שואל בשלום אדם נכבד מפני כבודו ומשיב שלום לכל אדם ובאמצע אפילו באמצע הפסוק שואל מפני היראה ומשיב מפני הכבוד ופירש"י מפני היראה אדם שירא ממנו שמא יהרגנו וכן כתב הרמב"ם ז"ל אנס ולא נהירא לאדוני אבי ז"ל דהא מילתא דפשיטא שאין לך דבר שעומד בפני פיקוח נפש ופירש הוא מפני היראה היינו יראת אביו או רבו דכתיב איש אמו ואביו תיראו ותנן מורא רבך כמורא שמים וכן פירשו הגאונים ולענין להפסיק לקדיש וקדושה ולברכו נחלקו בו הפוסקים י"א אף ע"פ ששואל מפני היראה ומשיב מפני הכבוד אינו פוסק דכיון שעוסק בשבחו של מקום אין לו להפסיק בשביל שבח אחר ובס"מ קטן כתב ועונין קדיש וקדושה ואמן של האל הקדוש ואמן של שומע תפלה בכל מקום ויש אומרים שפוסק לכל אפילו באמצע דלא גרע ממה שפוסק לשאול מפני היראה ולהשיב מפני הכבוד ולזה הסכים א"א ז"ל כתב בעל המנהיג הקורא את שמע וקראו החזן לעמוד בתורה צריך לעמוד לקרות בתורה לכבוד התורה מק"ו מכבוד הבריות ויראתם שמפסיק בשבילם ואלו הן בין הפרקים בין ברכה ראשונה לשנייה בין שנייה לשמע בין שמע לוהיה אם שמוע בין והיה אם שמוע לויאמר בין ויאמר לאמת ויציב לא יפסיק וכתב הרמב"ם ז"ל לא יפסיק כדין בין פרק לפרק אלא כמו באמצע הפרק לשאול מפני היראה ולהשיב מפני הכבוד ור"י פירש לא יפסיק כלל אפי' כמו באמצע הפרק אלא יאמר אני ה' אלהיכם אמת שנאמר וה' אלהים אמת ואז יפסיק כמו באמצע הפ' ואם אמר ה' אלהיכם אמת כדי שלא להפסיק ושהה אחר כך הרבה א"צ לחזור ולומר אמת וגומר כל הברכה וחותם בא"י גאל ישראל ואומר אמן אפילו יחיד אחר ברכותיו כיון שהוא סיום של סדר ברכות ומתחיל להתפלל מיד ולא יפסיק רק אם אירעו אונס שלא הניח תפילין קודם ק"ש ונזדמן לו בינתים להניחן יכול להפסיק לברך ולהניחן כדי שיתפלל בתפילין אבל אין לו להפסיק לברך על טלית ללובשו ותקנו לומר אמת ויציב שחרית על החסד שעשה עמנו הקב"ה שגאלנו והעבירנו בים ושקע צרינו בתוכו ואיתא בירושלמי צריך להזכיר באמת ויציב יציאת מצרים ומלכות וקריעת ים סוף ומכת בכורות וצור ישראל וגואלו ותקנו אמת ואמונה ערבית על הגאולה של עתיד שאנו מאמינים ומקוים שיקיים לנו הבטחתו ויגאלנו בקרוב אי נמי על שאנו מפקידים בידו נשמותינו בכל לילה מאמינים בו שישיבנה אלינו וזהו אמת ואמונה שיאמר ויקיים את דברו להשיב הפיקדון והיינו דאמר רבה בר חיננא סבא משמיה דרב כל מי שלא אמר אמת ויציב שחרית ואמת ואמונה ערבית לא יצא י"ח ופירוש לא יצא י"ח המצוה כתקנה אבל לעולם יצא דברכות אינן מעכבות:
Entre les chapitres, on salue une personne honorable par honneur, et l’on rend le salut à quiconque. Au milieu — même au milieu du verset — on salue par crainte et l’on rend le salut par honneur. Rachi explique « par crainte » : un homme dont on a peur qu’il le tue. Le Rambam zatsal a écrit de même : un anos (contraint). Cela n’a pas paru juste à mon maître mon père zatsal, car c’est une chose évidente : rien ne tient face au sauvetage d’une vie. Il a expliqué, lui, « par crainte » : c’est la crainte de son père ou de son maître, ainsi qu’il est écrit : « Que chacun craigne sa mère et son père », et nous avons appris : « La crainte de ton maître est comme la crainte du Ciel. » Les Gueonim ont expliqué de même. Quant à s’interrompre pour le kaddish, la Kedoucha et Barkhou, les décisionnaires en ont divergé. Certains disent : même si l’on salue par crainte et que l’on rend le salut par honneur, on ne s’interrompt pas, car puisqu’on est occupé à la louange du Lieu, on n’a pas à s’interrompre pour une autre louange. Le Semak a écrit : on répond kaddish et Kedoucha, ainsi qu’amen de « ha-El ha-kadosh » et amen de « Choméa tefila », en tout lieu. D’autres disent que l’on s’interrompt pour tous, même au milieu, car cela n’est pas moindre que de s’interrompre pour saluer par crainte et rendre le salut par honneur. Mon maître mon père zatsal s’est accordé à cela. Le Baal haManhig a écrit : celui qui lit le Chema et que le hazzan l’appelle à monter à la Torah doit se lever pour lire dans la Torah, pour l’honneur de la Torah — a fortiori de l’honneur des créatures et de leur crainte, pour lesquels on s’interrompt. Voici les « entre les chapitres » : entre la première berakha et la deuxième ; entre la deuxième et le Chema ; entre le Chema et Véhaya im chamoa ; entre Véhaya im chamoa et Vayomer. Entre Vayomer et Emet veyatsiv, on ne s’interrompt pas. Le Rambam zatsal a écrit : on ne s’interrompt pas selon la règle d’entre chapitre et chapitre, mais comme au milieu du chapitre — pour saluer par crainte et rendre le salut par honneur. Le Ri a expliqué : on ne s’interrompt pas du tout, même comme au milieu du chapitre ; on dira plutôt « Je suis ה' votre Dieu, vérité », ainsi qu’il est dit « et ה' Elohim est vérité », et alors on s’interrompra comme au milieu du chapitre. Si l’on a dit « ה' votre Dieu, vérité » afin de ne pas s’interrompre, et que l’on a ensuite beaucoup tardé, on n’a pas besoin de revenir dire « vérité ». On achève toute la berakha et l’on clôt par « Béni sois-Tu, ה', qui as racheté Israël », et l’on dit amen, même un yahid après ses berakhot, puisque c’est la conclusion de l’ordre des berakhot. On commence à prier aussitôt et l’on ne s’interrompt pas. Seulement si un oness (contrainte) est survenu — on n’avait pas posé les tefilin avant le Chema, et l’occasion s’est présentée entre-temps de les poser —, on peut s’interrompre pour bénir et les poser, afin de prier avec les tefilin. Mais on n’a pas à s’interrompre pour bénir sur un talit afin de le revêtir. On a institué de dire Emet veyatsiv le matin, pour la bonté que le Saint, béni soit-Il, nous a faite : Il nous a rachetés, nous a fait passer dans la mer et y a englouti nos ennemis. Il est dit dans le Yerouchalmi qu’il faut mentionner dans Emet veyatsiv la sortie d’Égypte, la royauté, la fente de la mer des Roseaux, la plaie des premiers-nés, et « Rocher d’Israël et son Rédempteur ». On a institué Emet veémouna le soir, pour la délivrance future : nous croyons et espérons qu’Il tiendra Sa promesse et nous délivrera bientôt. Ou bien : parce que nous déposons chaque nuit nos âmes en Sa main, croyant qu’Il nous les rendra — c’est là « Emet veémouna » : qu’Il dise et tienne Sa parole de restituer le dépôt. C’est ce qu’a dit Rabba bar Hinena Sava au nom de Rav : quiconque n’a pas dit Emet veyatsiv le matin et Emet veémouna le soir ne s’est pas acquitté de son obligation. Le sens est : il ne s’est pas acquitté de la mitsva selon son institution ; mais il s’en est néanmoins acquitté, car les berakhot n’empêchent pas.