Tous les impurs lisent dans la Torah, lisent le Chema et prient, hormis le baal keri, interdit jadis parce que cet état vient de la légèreté. De nos jours on suit Rabbi Yehouda ben Beteira : les paroles de Torah ne reçoivent pas la toum’a. On n’exige plus ni tevila ni lavage de neuf kavim, ni pour la Torah et le Chema ni pour la tefila ; on va selon la coutume du lieu. Le Yeroushalmi de Yom Kippour sert de preuve contre l’exigence des neuf kavim.
כל הטמאין קורין בתורה וקורין שמע ומתפללין חוץ מבעל קרי שבא מקלות ראש לכך אסור בד"ת ובק"ש ובתפלה והאידנא שרי דאמר רב נחמן בר יצחק נהוג עלמא כר"י בן בתירא בד"ת דאמר ד"ת אין מקבלין טומאה וא"צ טבילה וכן כי אתא זעירי אמר בטלוה לטבילותא כר"י ב"ב ולאו דוקא לטבילותא אלא הוא הדין נמי רחיצה בט' קבין לא בעי דהא ר"י לא מצריך אפילו רחיצה וקאמר דנהוג עלמא כוותיה לגמרי כתב רב אלפס איכא מ"ד הא דאמר בטלו לטבילותא בין לד"ת בין לק"ש ותפלה ואיכא למ"ד דוקא לד"ת אבל לתפלה בעי טבילה ולאו דוקא טבילה אלא רחיצה בט' קבין ורבינו האי ז"ל כתב כיון דבגמרא ליכא האי מילתא בהדיא נקוט מנהג כל ישראל בידך שבעלי קריין אע"פ שאין להם מים אינן מתפללין עד שירחצו וה"ר ישעיה כתב שאין חילוק בין ק"ש לתפלה וכ"כ בה"ג והשתא נהוג עלמא דקרי בעל קרי בתורה בק"ש ותפלה ויורד לפני התיבה קמי טבילה ונראה כיון דתלי במנהגא אזלינן בכל דוכתא בתר מנהגא דנהיגי ביה והאידנא לא נהוג בטבילה ולא ברחיצה לא לד"ת וק"ש ולא לתפלה וכ"כ הראב"ד לא נהוג עלמא כר"י אלא בטבילה אבל ברחיצה לא נהוג כותיה וזעירי מצריך ט' קבין ומיהו בכל מקומותינו לא נהוג (ס"א נהוג) כותיה אף בט' קבין וסמכו על הירושלמי דגרסינן התם גבי יוה"כ אסור בתשמיש המטה השתא ברחיצה אסור בתשמיש לכ"ש כלומר אסור לו להתפלל בעודו בעל קרי עד שיטבול וכיון שאסור ברחיצה כ"ש בתשמיש המטה ומשני במקום שאין טובלין ואם איתא שצריך ט' קבין מאי משני אכתי ברחיצה אסור כ"ש בתה"מ:
Tous les impurs lisent dans la Torah, lisent le Chema et prient, hormis le baal keri — cela vient de la légèreté ; aussi lui sont interdites les paroles de Torah, le Chema et la tefila. De nos jours, c’est permis. Car Rav Nahman bar Yits’hak a dit : le monde a coutume comme Rabbi Yehouda ben Beteira pour les paroles de Torah, lequel a dit que les paroles de Torah ne reçoivent pas la toum’a et que l’on n’a pas besoin de tevila. De même, lorsque Zeiri vint, il dit : on a abrogé la tevila, comme Rabbi Yehouda ben Beteira. Et ce n’est pas seulement la tevila : de même, on n’exige pas non plus le lavage de neuf kavim, car Rabbi Yehouda n’exige même pas de lavage, et l’on dit que le monde a coutume entièrement comme lui. Rav Alfas a écrit : il y a qui disent que « on a abrogé la tevila » vaut tant pour les paroles de Torah que pour le Chema et la tefila ; et il y a qui disent que c’est seulement pour les paroles de Torah, mais pour la tefila on a besoin de tevila — et ce n’est pas précisément une tevila, mais un lavage de neuf kavim. Rabbénou Haï, de mémoire bénie, a écrit : puisque cette chose n’est pas explicite dans la Guemara, tiens en main la coutume de tout Israël : les baalei keri, même s’ils n’ont pas d’eau, ne prient pas tant qu’ils ne se sont pas lavés. Le Rav Yechaya a écrit qu’il n’y a pas de différence entre le Chema et la tefila ; et ainsi a écrit le Behag. À présent, le monde a coutume que le baal keri lise dans la Torah, au Chema et à la tefila, et descende devant le pupitre avant la tevila. Il paraît que, puisque cela dépend de la coutume, on va en tout lieu selon la coutume qu’on y pratique. De nos jours, on n’a coutume ni de la tevila ni du lavage, ni pour les paroles de Torah et le Chema, ni pour la tefila. Ainsi a écrit le Raavad : le monde n’a suivi Rabbi Yehouda que pour la tevila, mais pour le lavage on n’a pas coutume comme lui ; et Zeiri exige neuf kavim. Toutefois, dans tous nos lieux, on n’en a pas l’usage (autre version : on en a l’usage), même pour les neuf kavim. On s’est appuyé sur le Yeroushalmi, où l’on lit, au sujet de Yom Kippour interdit aux rapports conjugaux : « À présent, le lavage est interdit : les rapports, à plus forte raison ! » — c’est-à-dire qu’il lui est interdit de prier tant qu’il est baal keri, jusqu’à ce qu’il s’immerge ; et puisque le lavage est interdit, à plus forte raison les rapports conjugaux. On répond : « dans un lieu où l’on ne s’immerge pas ». Or, s’il était vrai qu’il faut neuf kavim, que répond-on ? Le lavage resterait encore interdit, à plus forte raison les rapports conjugaux.