Le temps de la tefila du matin va de l’aube éclairant l’orient jusqu’à la fin de la quatrième heure ; l’essentiel de la mitsva est au lever du soleil. Interdits avant la tefila : saluer à la porte d’autrui, s’occuper de ses affaires, se mettre en route, manger et boire (eau permise en semaine selon Avi ha-Ezri ; le Roch buvait aussi le Chabbat). Repas commencé avant l’aube : Rambam vs Ri. Étude : Rachi vs Ri. Anos partant en voyage : prier debout dès l’aube plutôt qu’enchaîner Gueoula en marchant ; le Roch suit Rabbenou Hananel contre les Halakhot Guedolot.
זמן תפלת השחר מתחיל משעלה עמוד השחר והאיר פני המזרח שהיא כנגד תמיד השחר ומאותה שעה ואילך הוא זמנה ומ"מ עיקר מצותה עם הנץ החמה אלא שאם התפלל משעלה עמוד השחר יצא ונמשך עד סוף ד' שעות ואם עבר (ס"א ולא) והתפלל אחר ד' שעות (ס"א יתפלל) עד חצות אע"פ שאין לו שכר כתפלה בזמנה שכר תפלה מיהא איכא וכיון שהגיע זמן תפלה אסור לאדם להקדים לפתח חבירו ליתן לו שלום אבל אם פגע בו יכול ליתן לו שלום ואסור לו להתעסק בצרכיו או לילך לדרך עד שיתפלל ולא לאכול ולא לשתות ואם עשה כן עליו הכתוב אומר ואותי השלכת אחרי גויך אל תקרי גויך אלא גאיך אחר שנתגאה זה מקבל עליו עול מלכות שמים וכתב אבי העזרי שמותר לשתות מים דלא שייך בהו גאוה ודוקא בחול אבל בשבת וי"ט כתב דאסור משום הקידוש וא"א ז"ל היה שותה מים בשבת בבקר קודם תפלה שאין הקידוש אוסרו כיון שעדיין לא הגיע זמנו ואם התחיל לאכול קודם עלות השחר כתב הרמב"ם ז"ל שאין צריך להפסיק וא"א ז"ל כתב בשם ר"י שצריך להפסיק ואפילו ללמוד פירש"י שאסור משהגיע זמנה ור"י מפרש דבריו דהיינו דוקא מי שרגיל להתפלל בבית מדרשו ואינו רגיל לילך לב"ה דאיכא למיחש דילמא מיטריד בגירסיה ויעבור זמן ק"ש ותפלה אבל מי שרגיל לילך לב"ה אין למיחש. אע"פ שעיקר מצותה עם הנץ החמה מי שהוא אנוס כגון שצריך להשכים לדרך יכול להתפלל משעלה עמוד השחר וימתין מלקרות ק"ש עד שיגיע זמנו ואע"פ שאינו סומך גאולה לתפלה הכי עדיף טפי שיתפלל בביתו מעומד ממה שיתפלל בזמנה והוא מהלך ויסמוך גאולה לתפלה כי הא דאבוה דשמואל ולוי כי הוו בעו מקדמי ומיזל לאורחא הוו מקדמי ומצלי פירוש מקדמי לעיקר מצותה שהוא הנץ החמה והיו הם מקדימין מעלות השחר כמאן כי האי תנא השכים לצאת לדרך מביאין לו שופר ותוקע לולב ומנענע ומתפלל ולכשיגיע זמן ק"ש קורא רשב"א אומר בין כך ובין כך קורא ק"ש ומתפלל פי' בזמנה במאי קא מיפלגי מ"ס תפלה מעומד עדיף ומ"ס מיסמך גאולה לתפלה עדיף ופסק ר"ח כאבוה דשמואל ולוי וה"ג פסק כרשב"א וא"א ז"ל הסכים לפסק ר"ח:
Le temps de la tefila du matin commence dès que la colonne de l’aube s’est levée et que le visage de l’orient s’est éclairé, ce qui correspond au Tamid du matin. À partir de cette heure-là, c’est son temps. Toutefois, l’essentiel de sa mitsva est au lever du soleil ; mais si l’on a prié dès que la colonne de l’aube s’est levée, on s’est acquitté. Ce temps se prolonge jusqu’à la fin de la quatrième heure. Si l’on a dépassé (autre version : et n’a pas) et que l’on a prié après les quatre heures (autre version : il priera) jusqu’à midi, bien que l’on n’ait pas la récompense d’une tefila en son temps, il y a néanmoins la récompense de la tefila. Dès que le temps de la tefila est arrivé, il est interdit à l’homme de se rendre de bonne heure à la porte de son prochain pour lui donner le shalom ; mais s’il le rencontre, il peut lui donner le shalom. Il lui est interdit de s’occuper de ses affaires ou de se mettre en route avant d’avoir prié, ni de manger ni de boire. S’il a fait ainsi, l’Écriture dit de lui : « Et Moi, tu m’as jeté derrière ton dos (gavèkha) » — ne lis pas gavèkha, mais gaïèkha (ton orgueil) : après que celui-ci s’est enorgueilli, il prend sur lui le joug de la royauté des Cieux. Avi ha-Ezri a écrit qu’il est permis de boire de l’eau, car l’orgueil n’y a pas de place. Cela vaut seulement en semaine ; mais le Chabbat et à Yom Tov, il a écrit que c’est interdit à cause du kiddouch. Mon maître mon père, de mémoire bénie, buvait de l’eau le Chabbat matin avant la tefila, car le kiddouch ne l’interdit pas, son temps n’étant pas encore arrivé. Si l’on a commencé à manger avant le lever de l’aube, le Rambam, de mémoire bénie, a écrit qu’il n’est pas nécessaire d’interrompre ; mon maître mon père, de mémoire bénie, a écrit au nom du Ri qu’il faut interrompre. Même pour étudier : Rachi a expliqué qu’il est interdit dès que son temps est arrivé. Le Ri interprète ses paroles : cela ne vise que celui qui a l’habitude de prier dans sa maison d’étude et n’a pas l’habitude d’aller au beit haknesset, car on craint qu’il ne s’absorbe dans son étude et que le temps de Keriat Chema et de la tefila ne passe ; mais celui qui a l’habitude d’aller au beit haknesset, il n’y a pas à craindre. Bien que l’essentiel de sa mitsva soit au lever du soleil, celui qui est anos (contraint), par exemple s’il doit se lever tôt pour la route, peut prier dès que la colonne de l’aube s’est levée, et attendre pour lire le Chema que son temps soit arrivé. Même s’il n’enchaîne pas la Gueoula à la tefila, il vaut mieux prier chez soi, debout, que de prier en son temps tout en marchant et d’enchaîner alors la Gueoula à la tefila. C’est comme le père de Chemouel et Lévi : lorsqu’ils voulaient partir de bon matin en voyage, ils priaient de bonne heure — c’est-à-dire qu’ils devançaient l’essentiel de la mitsva, qui est le lever du soleil, et priaient dès le lever de l’aube. Selon qui ? Selon ce Tanna : « Celui qui s’est levé tôt pour partir en route, on lui apporte un chofar et il sonne, un loulav et il l’agite, et il prie ; et lorsque arrive le temps du Chema, il le lit. » Rabbi Chimone ben Elazar dit : de toute façon, il lit le Chema et prie — c’est-à-dire en son temps. En quoi divergent-ils ? L’un tient que la tefila debout l’emporte ; l’autre, qu’enchaîner la Gueoula à la tefila l’emporte. Rabbenou Hananel a tranché comme le père de Chemouel et Lévi ; les Halakhot Guedolot ont tranché comme Rabbi Chimone ben Elazar ; et mon maître mon père, de mémoire bénie, s’est rallié à la décision de Rabbenou Hananel.