Il faut avoir l'intention dans toutes les bénédictions, au moins dans Avot ; de nos jours on ne recommence pas pour défaut d'intention. Articuler des lèvres à voix basse, audible à ses oreilles. On peut prier en toute langue ; divergences Rif, autres et Rosh pour le particulier et l'araméen.
תנו רבנן המתפלל צריך שיכוין בכל הברכות ואם אינו יכול לכוין בכולן לפחות יכוין באבות דאמר ר"א לעולם ימוד אדם עצמו אם יכול לכוין באבות יתפלל ואם לאו אל יתפלל ואם התפלל ולא כיון באבות יחזור ויתפלל ואם כיון באבות א"צ לחזור ויראה אפילו אם כיון בכולן ולא כיון באבות שצריך לחזור ולהתפלל והאידנא אין אנו חוזרין בשביל חסרון כוונה שאף בחזרה קרוב הוא שלא יכוין אם כן למה יחזור כתב הרב רבי אליעזר שירגיל אדם עצמו שיכוין לפחות בחתימה של כל ברכה שיש בהן מאה ושלש עשרה תיבות כמו שיש בתפלת חנה ומאה ושלש עשרה פעמים לב בחומש לומר שצריך בהן כוונת הלב א"ר המנונא כמה הלכתא גברוותא איכא למשמע מהנך קראי דחנה וחנה היא מדברת על לבה רק שפתיה נעות מכאן למתפלל שצריך שיחתוך בשפתיו וקולה לא ישמע מכאן שלא ישמע קולו בתפלתו. ותניא המשמיע קולו בתפלתו הרי זה מקטני אמנה שמראה כאילו הקב"ה אינו שומע תפלה בלחש. המגביה קולו בתפלתו הרי זה מנביאי השקר דכתיב בהו קראו בקול גדול י"א הא דאמר שלא ישמע קולו בתפלתו שצריכה שתהיה בלחש עד שלא תשמע אפילו לאזניו ומביאין ראיה מן התוספתא יכול יהא משמיע לאזניו כבר פירש בחנה וקולה לא ישמע ומיהו בגמרא דידן אינו ממעט אלא השמעת קולו דמשמע שמשמיע קולו לאחרים אבל לאזניו יכול להשמיע והכי איתא בהדיא בירושל' יכול יהא מגביה קולו בתפלתו כבר פירש בחנה וקולה לא ישמע והדעת נותנת שיותר טוב להשמיע לאזניו כי אז יוכל לכוין יותר וכן כתב הרמב"ם ז"ל ולא יתפלל בלבו אלא מחתך הדברים בשפתיו ומשמיע לאזניו בלחש ולא ישמיע קולו אמר רב הונא לא שנו שלא יגביה קולו אלא שיכול לכוין בלחש אבל אם אינו יכול לכוין בלחש מותר וה"מ בינו לבין עצמו אבל בצבור אסור דאתי למיטרד ציבורא ואם משמיע קולו כשמתפלל בביתו כדי שילמדו ממנו בני ביתו מותר כדאיתא בירושלמי רבי יונה כד הוה מצלי בבי כנישתא הוה מצלי בלחישא וכד הוה מצלי בביתיה הוה מצלי בקלא עד דילפין מיניה בני ביתיה צלותא ויכול להתפלל בכל לשון שירצה ופירש רב אלפס דווקא בצבור אבל ביחיד לא יתפלל אלא בלשון הקדש ויש מפרשים דהא דאמרינן יחיד לא יתפלל אלא בלשון הקדש דוקא כששואל צרכיו אבל כשמתפלל תפלה של ציבור אפי' יחיד יכול לאומרה בכל לשון ואדוני אבי ז"ל כתב דאף יחיד כששואל צרכיו יכול לשאול בכל לשון שירצה חוץ מלשון ארמי :
Nos Maîtres ont enseigné : celui qui prie doit avoir l'intention dans toutes les bénédictions. S'il ne peut l'avoir dans toutes, qu'il l'ait au moins dans Avot. Car Rabbi Éléazar a dit : que l'homme s'évalue toujours — s'il peut avoir l'intention dans Avot, qu'il prie ; sinon, qu'il ne prie pas. S'il a prié sans avoir eu l'intention dans Avot, il recommence et prie. S'il a eu l'intention dans Avot, il n'a pas à recommencer. Il semble même que s'il a eu l'intention dans toutes les autres et non dans Avot, il doive recommencer et prier. De nos jours, nous ne recommençons pas pour défaut d'intention, car même en recommençant il est proche de n'avoir pas l'intention ; dès lors, pourquoi recommencerait-il ? Le rav Rabbi Éliézer a écrit que l'homme s'habitue à avoir au moins l'intention à la conclusion (hatima) de chaque bénédiction : il y a en elles cent treize mots, comme dans la prière de Hanna, et cent treize fois le mot « cœur » dans le Houmach, pour enseigner qu'il y faut l'intention du cœur. Rav Hamnouna a dit : que de grandes lois on peut tirer de ces versets de Hanna. « Hanna parlait sur son cœur » — seules ses lèvres remuaient : d'où que celui qui prie doit articuler avec ses lèvres. « On n'entendait pas sa voix » : d'où que l'on n'entende pas sa voix dans sa prière. Il est enseigné : celui qui fait entendre sa voix dans sa prière est parmi ceux qui ont peu de foi, car il montre comme si le Saint, béni soit-Il, n'entendait pas une prière à voix basse. Celui qui élève la voix dans sa prière est parmi les faux prophètes, dont il est écrit : « Criez d'une voix forte ». Certains disent que « que l'on n'entende pas sa voix dans sa prière » signifie qu'elle doit être si basse qu'elle n'est pas entendue même de ses propres oreilles ; ils apportent une preuve de la Tossefta : « Pourrait-il faire entendre à ses oreilles ? Il a déjà été expliqué au sujet de Hanna : on n'entendait pas sa voix. » Toutefois, dans notre Guémara, on n'exclut que le fait de faire entendre sa voix — ce qui signifie la faire entendre aux autres ; à ses oreilles, il peut la faire entendre. Ainsi est-il dit explicitement dans le Yeroushalmi : « Pourrait-il élever la voix dans sa prière ? Il a déjà été expliqué au sujet de Hanna : on n'entendait pas sa voix. » Le bon sens veut qu'il soit mieux de la faire entendre à ses oreilles, car alors on peut mieux avoir l'intention. Ainsi a écrit le Rambam z"l : qu'il ne prie pas dans son cœur seulement, mais qu'il articule les paroles avec ses lèvres, les fasse entendre à ses oreilles à voix basse, et ne fasse pas entendre sa voix. Rav Houna a dit : on n'a enseigné de ne pas élever la voix que s'il peut avoir l'intention à voix basse ; mais s'il ne peut avoir l'intention à voix basse, c'est permis. Cela n'est vrai que lorsqu'il est seul ; mais en public, c'est interdit, car il viendrait à déranger le public. S'il fait entendre sa voix en priant chez lui afin que les gens de sa maison apprennent de lui, c'est permis, comme il est rapporté dans le Yeroushalmi : lorsque Rabbi Yona priait à la synagogue, il priait à voix basse ; et lorsqu'il priait chez lui, il priait à voix haute, jusqu'à ce que les gens de sa maison apprennent de lui la prière. On peut prier en toute langue que l'on veut. Rav Alfas a expliqué : seulement en public ; mais en particulier, on ne prie qu'en langue sainte. D'autres expliquent que ce que l'on dit — un particulier ne prie qu'en langue sainte — ne vise que lorsqu'il demande ses besoins ; mais lorsqu'il dit la prière du public, même un particulier peut la dire en toute langue. Mon maître mon père z"l a écrit que même un particulier, lorsqu'il demande ses besoins, peut les demander en toute langue qu'il veut, sauf en araméen.