טור אורח חיים

Tour Orah Haim — siman 104

Rabbi Yaakov ben Asher (Baal HaTour) · Ne pas interrompre la tefila
En bref - de quoi parle ce chiour ?

On n’interrompt pas la tefila, même pour le roi d’Israël ; face à un roi des idolâtres, on abrège ou on s’écarte, et l’on n’interrompt qu’en cas de danger. On s’écarte d’une bête ou d’un chariot sans parler. On ne quitte sa place que pour les tachanounim d’après la tefila. Serpent au talon : on n’interrompt pas ; scorpion, serpent en colère ou taureau : on interrompt. On reprend au début de la berakha (trois premières : au début ; trois dernières : à Retse). On n’interrompt pas pour amen yehé chemé rabba, la Kedoucha ni le kaddish : Rabbénou Hananel et Rachi (Halakhot Guedolot) disent de se taire et d’avoir kavana ; Rabbénou Tam, le Ri et les Gueonim disent de ne pas se taire, car shomea keoneh serait une interruption.

Glossaire

עו״ג
idolâtres
קרון
chariot, charrette
תחנונים
tachanounim, supplications après l’amida
שור תם
taureau tam : non prévenu, sans habitude de nuire
שור מועד
taureau mouad : prévenu, habitué à nuire
רצה
Retse, première des trois dernières berakhot de l’amida
שומע כעונה
celui qui entend est comme s’il répondait
ש״צ
chalia’h tsibbour, officiant
ה״ג
Halakhot Guedolot
ר״ח
Rabbénou Hananel
ר״ת
Rabbénou Tam
ר״י
le Ri

ולא יפסיק בתפלתו ואפי' המלך שואל בשלומו לא ישיבנו וה"מ מלך ישראל אבל מלכי עו"ג פוסק מפני הסכנה אם א"א לו לקצר אבל אם אפשר לו לקצר כגון שיאמר תחלת הברכה וסופה ובענין זה יוכל לסיים קודם שיגיע אליו יקצר ואם אפשר לו לינצל ממנו במה שיטה מן הדרך יטה ולא יפסיק בדיבור: היה מתפלל בדרך ובאה בהמה או קרון כנגדו יטה מן הדרך ולא יפסיק אבל בענין אחר אין לו לצאת ממקומו עד שיגמור תפלתו וההיא דר"ע כשהיה מתפלל בינו ולבין עצמו אדם היה מניחו בזוית זו והיה מוצאו בזוית אחרת מרוב כריעות והשתחואות בתחנונים של אחר תפלה היו ואפילו נחש כרוך על עקבו לא יפסיק ודוקא נחש אבל עקרב פוסק לפי שהוא מועד יותר להזיק ונחש נמי אם ראה שהוא כעוס ומוכן להזיק פוסק ואם ראה שור בא כנגדו פוסק דתני ר' אושעיא מרחיקין משור תם חמשים אמה וממועד כמלא עיניו ובכל מקום שפוסק חוזר לתחלת ברכה שפסק בה ואם פסק בג' ראשונות חוזר לראש ובאחרונות חוזר לרצה ואינו פוסק לאמן יהא שמיה רבא וכו' ולא לקדושה וקדיש וכתב ר"ח שישתוק ויכוין למה שאומר ש"צ ויהא כעונה וכן פירש"י בשם ה"ג אבל ר"ת ור"י כתבו שאין לו לשתוק דכיון דשומע כעונה הוה ליה הפסק וכ"כ הגאונים:

On n’interrompt pas sa tefila : même si le roi lui demande comment il va, il ne lui répond pas. Cela ne vaut que pour le roi d’Israël ; mais face aux rois des idolâtres, il interrompt à cause du danger s’il lui est impossible d’abréger. S’il peut abréger — par exemple en disant le début de la berakha et sa fin, de manière à pouvoir terminer avant que le roi n’arrive jusqu’à lui —, il abrège. S’il peut s’en tirer en s’écartant du chemin, il s’écarte et n’interrompt pas par la parole. S’il priait en chemin et qu’une bête ou un chariot vint contre lui, il s’écarte du chemin et n’interrompt pas. Mais pour un autre motif, il ne quitte pas sa place avant d’avoir achevé sa tefila. Quant au fait de Rabbi Akiva : lorsqu’il priait seul, on le laissait dans un coin et on le retrouvait dans un autre, c’était à force de génuflexions et de prosternations dans les tachanounim d’après la tefila. Même si un serpent est enroulé autour de son talon, il n’interrompt pas — et cela uniquement pour le serpent ; mais pour un scorpion, il interrompt, car il est plus enclin à nuire. Le serpent aussi : s’il voit qu’il est en colère et prêt à nuire, il interrompt. S’il voit un taureau venir contre lui, il interrompt : car Rabbi Ochaya a enseigné qu’on s’éloigne d’un taureau tam (non prévenu) de cinquante coudées, et d’un mouad (prévenu) autant que porte le regard. Partout où il a interrompu, il reprend au début de la berakha dans laquelle il s’est arrêté ; s’il a interrompu dans les trois premières, il reprend au commencement, et dans les dernières, à Retse. Il n’interrompt pas pour « amen, yehé chemé rabba, etc. », ni pour la Kedoucha, ni pour le kaddish. Rabbénou Hananel a écrit qu’il se tait et dirige sa kavana vers ce que dit le chalia’h tsibbour, et ce sera comme s’il répondait ; ainsi a expliqué Rachi au nom des Halakhot Guedolot. Mais Rabbénou Tam et le Ri ont écrit qu’il ne doit pas se taire, car puisque « celui qui entend est comme s’il répondait », ce serait une interruption ; et ainsi ont écrit les Gueonim.