טור אורח חיים

Tour Orah Haim — siman 107

Rabbi Yaakov ben Asher (Baal HaTour) · Celui qui doute s’il a prié, et la tefila de nedava
En bref - de quoi parle ce chiour ?

En cas de doute si l’on a prié, la halakha suit Rabbi Yohanan : on peut reprendre. Si l’on est certain d’avoir déjà prié, on s’arrête même au milieu d’une berakha. Le yahid peut dire une nedava, le tsibbour jamais ; pas de moussaf de nedava, ni selon certains le Chabbat. Rabbenou Haï, Rabbenou Yona et le Roch n’autorisent la nedava que par hidouch, et seulement si l’on peut avoir kavana de bout en bout.

Glossaire

hidouch
ajout d’une demande nouvelle dans la tefila, qui la distingue d’une obligation
nedava
tefila ou offrande volontaire
tamidim
offrandes perpétuelles quotidiennes du Temple
ola
holocauste, offrande entièrement brûlée
olot
holocaustes volontaires
korban
sacrifice, offrande
moussaf
tefila supplémentaire, correspondant à l’offrande supplémentaire
Choméa Tefila
berakha générale de l’amida où l’on peut demander tout besoin
Ri
Rabbenou Yits’haq de Dampierre (Tossafot)
Rif
Rav Alfas, Rabbi Yits’haq Alfasi

אמר רבי אלעזר ספק התפלל ספק לא התפלל לא יחזור ויתפלל רבי יוחנן אומר הלואי שיתפלל אדם כל היום כולו והילכתא כרבי יוחנן ומפרש ר"י דרבי יוחנן לא קאמר אלא בספק התפלל אבל אם ודאי לו שהתפלל לא פליג אדרב יהודה דאמר פוסק אפילו באמצע ברכה ורב אלפס פי' דר' יוחנן דוקא ביחיד קאמר ואדעתא דרשותא דהשתא הויא לה כמו נדבה וכמו שהיחיד מתנדב קרבן נדבה כך יכול להתפלל תפלת נדבה אבל אדעתא דחובה אסור וצבור בין אדעתא דחובה בין אדעתא דנדבה אסור דקי"ל (ברכות כו:) תפלות כנגד תמידים תקנום וכשם שהציבור אין מביאין עולת נדבה כך אין מתפללין תפלת נדבה ויחיד נמי אינו יכול להתפלל מוסף נדבה כמו שאינו מתנדב קרבן מוסף והא דא"ר יהודה פוסק אפי' באמצע ברכה מיירי כגון שהתחיל להתפלל אדעתא דחובה ונזכר שכבר התפלל פוסק שאם יגמור אותה אדעתא דחובה הוי כמקריב שני תמידין ואינו יכול לגמור אותה אדעתא דנדבה כיון שהתחיל אותה אדעתא דחובה. ורבינו האי פי' ההיא דרבי יוחנן ע"י חידוש שאם יכול לחדש בה דבר יתפלל ואם לאו אל יתפלל. וכ"כ ה"ר יונה שאין לו להתפלל אלא ע"י חידוש או בספק אם התפלל או לא נמצא העולה בידינו מדברי כולם מי ששכח שהתפלל והתחיל להתפלל ונזכר באמצע שהתפלל פוסק אפי' באמצע ברכה ואם יודע לחדש דבר מתחיל לכתחלה פעם אחרת דא"ר יהודה הנכנס לבה"כ ומצא ציבור שמתפללין אם יכול לחדש דבר שתהא תפלתו תחנונים מתפלל ואם לאו אל יתפלל ואין חילוק בין אם מצא ציבור מתפללין אם לאו לעולם אל יתפלל אלא ע"י חידוש י"א שצריך חידוש בכל ברכה וברכה מענינה ולא נהירא רק שיכול לחדש בה דבר אחד וי"א ודאי סגי בדבר אחד ומיהו צריך שיחדש באחת משאר כל הברכות חוץ מבשומע תפלה דלא מיחזי כ"כ חידוש מה שמוסיף בה כיון שהיא ברכה כללית ויכול לשאול בה כל מה שירצה אבל בשאר ברכות שאינו יכול לשאול בהם אלא מענין הברכה הוי חידוש מה שמוסיף בה וא"א ז"ל כתב לא ברירא לי שפיר פירושא דהאי מילתא כי מי הוא זה שאינו יכול לחדש דבר באחת מכל הברכות לרפואה או לפרנסה או לתלמודו ונ"ל אם יכול לחדש פירוש אם נתחדש אצלו דבר שלא היה צריך לבקש עליו קודם ע"כ ואם אינו יודע לחדש דבר וגם ברי לו שהתפלל ורוצה להתפלל אדעתא דנדבה לרב אלפס יכול להתפלל חוץ מן המוסף וי"א שגם בשבת אין להתפלל נדבה שאין נדבה קריבה בשבת ולרב האי אין להתפלל נדבה בלא חידוש ולזה הסכים א"א ז"ל שכתב בתשובת שאלה וזה לשונו הילכך אני אומר שיש לאדם ליזהר שלא יתפלל נדבה בלא חידוש וגם צריך שיהא מכיר את עצמו זריז וזהיר ואמיד בדעתו שיוכל לכוין בתפלתו מראש ועד סוף אז קרינן ביה נדיב לב עולות אבל אם אין יכול לכוין יפה קרינן ביה למה לי רוב זבחיכם והלואי שיוכל לכוין יפה בג' תפלות הקבועות ליום ע"כ:

Rabbi Elazar a dit : s’il y a doute s’il a prié ou s’il n’a pas prié, qu’il ne recommence pas à prier. Rabbi Yohanan dit : plût à Dieu qu’un homme priât tout le jour entier. Et la halakha est comme Rabbi Yohanan. Le Ri explique que Rabbi Yohanan n’a parlé que du doute s’il a prié ; mais s’il est certain d’avoir prié, il ne s’oppose pas à Rav Yehouda, qui a dit : il s’arrête même au milieu d’une berakha. Le Rif a expliqué que Rabbi Yohanan n’a parlé que du yahid, et à titre facultatif : alors c’est comme une nedava. De même que le yahid offre un korban de nedava, ainsi il peut prier une tefila de nedava ; mais à titre d’obligation, c’est interdit. Quant au tsibbour, que ce soit à titre d’obligation ou de nedava, c’est interdit : car nous tenons (Berakhot 26b) que les tefilot ont été instituées correspondant aux tamidim ; et de même que le tsibbour n’apporte pas d’ola de nedava, ainsi il ne prie pas de tefila de nedava. Le yahid non plus ne peut prier un moussaf de nedava, comme il n’offre pas de korban moussaf volontaire. Ce que Rav Yehouda a dit — il s’arrête même au milieu d’une berakha — vise le cas où il a commencé à prier à titre d’obligation et s’est souvenu qu’il avait déjà prié : il s’arrête, car s’il l’achevait à titre d’obligation, ce serait comme offrir deux tamidim ; et il ne peut l’achever à titre de nedava, puisqu’il l’a commencée à titre d’obligation. Rabbenou Haï a expliqué cette parole de Rabbi Yohanan comme s’appliquant par hidouch : s’il peut y faire un hidouch, qu’il prie ; sinon, qu’il ne prie pas. Ainsi a écrit Rabbenou Yona : il ne doit prier de nouveau que par hidouch, ou en cas de doute s’il a prié ou non. Il ressort des paroles de tous : celui qui a oublié qu’il avait prié, a commencé à prier et s’est souvenu au milieu qu’il avait déjà prié, s’arrête même au milieu d’une berakha. S’il sait faire un hidouch, il recommence lekhathila (a priori) une autre fois : car Rav Yehouda a dit que celui qui entre au beit haknesset et trouve le tsibbour en train de prier, s’il peut faire un hidouch de sorte que sa tefila soit des supplications, prie ; sinon, qu’il ne prie pas. Et il n’y a pas de différence s’il a trouvé le tsibbour en train de prier ou non : jamais on ne prie de nouveau que par hidouch. Certains disent qu’il faut un hidouch dans chaque berakha, selon son sujet ; cela n’est pas clair : il suffit de pouvoir y faire un seul hidouch. Et certains disent : certainement une seule chose suffit ; toutefois il faut faire un hidouch dans l’une des autres berakhot, hors de Choméa Tefila, car ce qu’on y ajoute n’a pas tant l’apparence d’un hidouch — c’est une berakha générale, on peut y demander tout ce qu’on veut ; mais dans les autres berakhot, où l’on ne demande que selon le sujet de la berakha, l’ajout est un hidouch. Mon maître mon père z"l a écrit : l’explication de cette chose ne m’est pas bien claire, car qui donc ne pourrait faire un hidouch dans l’une de toutes les berakhot — pour la guérison, la subsistance ou son étude ? Il me semble que « s’il peut faire un hidouch » signifie : s’il lui est survenu une chose pour laquelle il n’avait pas à demander auparavant. Fin de ses paroles. S’il ne sait pas faire un hidouch, qu’il est certain d’avoir prié, et qu’il veut prier à titre de nedava : selon le Rif, il peut prier, hors le moussaf. Certains disent que même le Chabbat on ne prie pas de nedava, car on n’offre pas de nedava le Chabbat. Selon Rav Haï, on ne prie pas de nedava sans hidouch. Mon maître mon père z"l a souscrit à cela ; il a écrit dans une réponse, et voici son langage : c’est pourquoi je dis qu’il faut prendre garde de ne pas prier de nedava sans hidouch. Il faut aussi qu’il se connaisse diligent et attentif, et qu’il estime pouvoir avoir kavana dans sa tefila du début jusqu’à la fin : alors s’applique à lui « un cœur généreux [apporte] des olot ». Mais s’il ne peut bien avoir kavana, s’applique à lui « que m’importe la multitude de vos sacrifices ? » — et plût à Dieu qu’il pût bien avoir kavana dans les trois tefilot fixées pour le jour. Fin de ses paroles.