טור אורח חיים

Tour Orah Haim — siman 110

Rabbi Yaakov ben Asher (Baal HaTour) · Havinenou, tefila courte, tefilat haderekh et prières du beit hamidrash
En bref - de quoi parle ce chiour ?

En temps de nécessité (chemin ou cas analogue), on peut remplacer les berakhot médianes des Chémone Essré par Havinenou — sauf aux jours de pluie et à la sortie de Chabbat ou de Yom Tov — et l’on ne recommence pas chez soi. Hors nécessité, on ne la dit pas. Ouvriers salariés : Havinenou ; nourris seulement : Chémone Essré complètes, sans passer devant le téva ni lever les mains. En lieu de fauves ou de brigands : tefila très courte en marchant, puis amida complète chez soi. Tefilat haderekh au pluriel, debout, une fois le jour, après s’être mis en route ; on ne clôt par Baroukh que si le trajet atteint une parassa. Prières d’entrée et de sortie du beit hamidrash.

Glossaire

Havinenou
prière compacte des treize berakhot médianes de l’amida
Chémone Essré
les dix-huit berakhot de l’amida
Birkat Hachanim
berakha des années, où l’on demande la pluie
'Honèn Hadaat
berakha « Toi qui accordes le savoir », quatrième de l’amida
Havdala
distinction entre le sacré et le profane, insérée à la sortie de Chabbat ou de Yom Tov
téva
pupitre de l’officiant
tefilat haderekh
prière du voyage
parassa
parasange, mesure de parcours d’environ quatre kilomètres
Ri
Rabbi Yits’hak de Dampierre
Maharam de Rothenburg
Rabbi Méir de Rothenburg
Yéhi ratson
formule « que telle soit Ta volonté »
Gomèl Hassadim
berakha du matin « qui dispense de bonnes grâces »
beit hamidrash
maison d’étude
halakha
loi, décision de Loi

רבן גמליאל אומר מתפלל אדם בכל יום ש"ע רבי דוסא אומר מעין ש"ע והיא הביננו שאומר ג' ראשונות ואח"כ הוא אומר הביננו ה' אלהינו לדעת את דרכיך ומול את לבבינו ליראתך לסלוח היה לנו להיות גאולים ורחקנו ממכאוב ודשננו בנאות ארצך והנפוצים בארבע כנפות הארץ תקבץ והתועים בדעתך ישפטו ועל הרשעים תניף ידיך וישמחו צדיקים בבנין עירך ובתיקון היכלך ובצמיחת קרן לדוד עבדך ובעריכת נר לבן ישי משיחך טרם נקרא אתה תענה טרם נדבר אתה תשמע כי אתה ה' עונה ומציל בכל עת צרה וצוקה פודה ומציל בא"י שומע תפלה ואומר ג' אחרונות וצריך לאומרה מעומד וכל השנה יכול להתפלל אותה חוץ מבימות הגשמים שצ"ל שאלה בברכת השנים וחוץ ממ"ש וי"ט מפני שצ"ל הבדלה בחונן הדעת והני מילי בשעת הדחק כגון שהוא בדרך או כיוצא בו וכשיגיע לביתו א"צ לחזור להתפלל פ"א אבל שלא בשעת הדחק אין לומר אותו כתב הרמב"ם הפועלים שעושין מלאכה אצל ב"ה מתפללין הביננו אם עושין בשכרן שנוטלין שכר פעולתן לבד מסעודתן שאז צריכין למהר למלאכה אבל אם אין נותן להם שכר אלא שעושין בשכר הסעודה מתפללין כל ש"ע אבל אין יורדין לפני התיבה ואין נושאין כפיהן ואפשר שחושב פועלים כשעת הדחק ההולך במקום גדודי חיות ולסטים מתפלל תפלה קצרה וזה נוסחה צרכי עמך ישראל מרובין ודעתן קצרה יר"מ ה' אלהי שתתן לכל אחד ואחד כדי פרנסתו ולכל גויה וגויה די מחסורה והטוב בעיניך עשה בא"י שומע תפלה ואינו צריך לג' ראשונות ולא לג' אחרונות ואומרה כשהוא מהלך ולכשיגיע לביתו צריך להתפלל פעם אחרת. היוצא לדרך יתפלל תפלת הדרך וזה נוסחה יר"מ ה' או"א שתוליכנו לשלום ותסעידנו לשלום ותסמכנו לשלום ותביאנו למחוז חפצנו לשלום ותצילנו מכף כל אויב ואורב בדרך ותננו לחן לחסד ולרחמים בעיניך ובעיני כל רואנו כי אתה שומע תפלות עמך ישראל ברחמים בא"י שומע תפלה וצ"ל בלשון רבים ומעומד ואצ"ל אותה אלא פעם אחת ביום אפילו אם ינוח בעיר באמצע היום ומה שאינה פותחת בברוך פר"י לפי שאינה אלא תפלה בעלמא שמתפלל להקב"ה שיוליכנו לשלום ואינה כברכת הנהנין ולא כברכות שתקנו על שם המאורע אלא בקשת רחמים ומפני שיש בה אריכת דברים חותמין בה בברוך והר"מ מרוטנבורק כשהיה יוצא לדרך בבקר היה אומרה אחר י"ר כדי להסמיכה לברכת גומל חסדים ותהיה ברכה סמוכה לחבירתה וי"ל אותה אחר שהחזיק בדרך ואין לאומרה אלא א"כ יש לו לילך פרסה אבל בפחות מפרסה לא יחתום בברוך ואם שכח מלאומרה יאמר אותה כל זמן שהוא בדרך ובלבד שלא הגיע תוך פרסה הסמוכה לעיר שרוצה ללון בה משם ואילך יאמר אותה בלא ברכה הנכנס לבית המדרש יתפלל שלא יארע תקלה על ידו ויאמר יר"מ ה' אלהי ואלהי אבותי שלא אכשל בדבר הלכה וישמחו בי חבירי ושלא אומר על טהור טמא ועל טמא טהור ולא על המותר אסור ולא על האסור מותר ולא יכשלו חבירי בדבר הלכה ואשמח בהן וביציאתו יודה ויאמר מודה אני לפניך ה' אלהי ששמת חלקי עם יושבי בה"מ ולא שמת חלקי עם יושבי קרנות שאני משכים והם משכימים אני משכים לד"ת והם משכימים לדברים בטלים אני עמל והם עמלים אני עמל ומקבל שכר והם עמלים ואינן מקבלים שכר אני רץ והם רצים אני רץ לחיי עוה"ב והם רצים לבאר שחת:

Rabban Gamliel dit : l’homme prie chaque jour les Chémone Essré. Rabbi Dossa dit : une tefila analogue aux Chémone Essré, et c’est Havinenou. On dit les trois premières berakhot, puis l’on dit : « Fais-nous comprendre, ה' notre Dieu, afin de connaître Tes voies ; circoncis notre cœur pour Ta crainte ; pardonne-nous ; que nous soyons délivrés ; éloigne-nous de la souffrance ; rassasie-nous dans les pâturages de Ton pays ; rassemble les dispersés des quatre coins de la terre ; que les égarés soient jugés selon Ta connaissance ; lève Ta main sur les méchants ; que les justes se réjouissent de la reconstruction de Ta ville, de la restauration de Ton Sanctuaire, de la pousse d’une corne pour David Ton serviteur et de l’allumage d’une lampe pour le fils de Yichaï, Ton Messie. Avant que nous n’appelions, Tu réponds ; avant que nous ne parlions, Tu entends. Car Tu es ה' qui répond et sauve en tout temps de détresse et d’angoisse, qui rachète et sauve. Béni sois-Tu, ה', qui écoute la tefila. » Puis l’on dit les trois dernières berakhot. On doit la dire debout. Toute l’année on peut la prier, sauf aux jours de pluie, car il faut dire la demande de pluie dans la Birkat Hachanim, et sauf à la sortie de Chabbat et de Yom Tov, parce qu’il faut dire la Havdala dans 'Honèn Hadaat. Cela n’est dit qu’en temps de nécessité, par exemple s’il est en chemin ou dans un cas analogue. Quand il arrive chez lui, il n’a pas à revenir prier une autre fois. Mais hors du temps de nécessité, on ne la dit pas. Le Rambam a écrit : les ouvriers qui font un travail chez le maître de maison prient Havinenou s’ils travaillent à salaire, recevant le salaire de leur ouvrage outre leur repas, car alors ils doivent se hâter vers le travail. Mais s’il ne leur donne pas de salaire et qu’ils ne travaillent que contre le repas, ils prient toutes les Chémone Essré ; toutefois ils ne descendent pas devant le téva et ne lèvent pas les mains. Il se peut qu’il tienne les ouvriers pour un temps de nécessité. Celui qui marche en un lieu de bandes de fauves et de brigands prie une tefila courte. Voici sa formule : « Les besoins de Ton peuple Israël sont nombreux et leur entendement est court. Que telle soit Ta volonté, ה' mon Dieu, que Tu donnes à chacun de quoi pour sa subsistance et à chaque corps ce qui lui manque, et fais ce qui est bon à Tes yeux. Béni sois-Tu, ה', qui écoute la tefila. » Il n’a besoin ni des trois premières ni des trois dernières berakhot. Il la dit en marchant ; et lorsqu’il arrive chez lui, il doit prier une autre fois. Celui qui part en voyage prie la tefilat haderekh. Voici sa formule : « Que telle soit Ta volonté, ה' notre Dieu et Dieu de nos pères, que Tu nous conduises en paix, que Tu nous assistes en paix, que Tu nous appuies en paix, que Tu nous amènes au lieu de notre désir en paix, que Tu nous délivres de la main de tout ennemi et de tout embusqué sur le chemin, et que Tu nous accordes grâce, faveur et miséricorde à Tes yeux et aux yeux de tous ceux qui nous voient. Car Tu écoutes les tefilot de Ton peuple Israël avec miséricorde. Béni sois-Tu, ה', qui écoute la tefila. » On doit la dire au pluriel et debout. On n’a à la dire qu’une fois par jour, même si l’on s’arrête dans une ville au milieu du jour. Pourquoi elle ne s’ouvre pas par « Baroukh » : le Ri explique que ce n’est qu’une tefila ordinaire que l’on adresse au Saint béni soit-Il pour qu’Il nous conduise en paix ; elle n’est ni comme une berakha de jouissance, ni comme les berakhot instituées à l’occasion d’un événement, mais une demande de miséricorde. Parce qu’elle a quelque longueur, on la clôt par « Baroukh ». Le Maharam de Rothenburg, lorsqu’il partait en voyage le matin, la disait après le Yéhi ratson, afin de l’accoler à la berakha Gomèl Hassadim, et qu’une berakha fût accolée à sa voisine. On la dit après s’être mis en route. On ne la dit que si l’on a à marcher une parassa ; mais pour moins d’une parassa, on ne clôt pas par « Baroukh ». S’il a oublié de la dire, il la dira tout le temps qu’il est en chemin, pourvu qu’il n’ait pas atteint le rayon d’une parassa proche de la ville où il veut loger ; de là en avant, il la dira sans berakha. Celui qui entre au beit hamidrash prie pour qu’aucun accroc n’arrive par son fait, et dit : « Que telle soit Ta volonté, ה' mon Dieu et Dieu de mes pères, que je ne trébuche pas en une matière de halakha, et que mes compagnons se réjouissent de moi ; que je ne dise pas du pur qu’il est impur ni de l’impur qu’il est pur, ni du permis qu’il est interdit ni de l’interdit qu’il est permis ; et que mes compagnons ne trébuchent pas en une matière de halakha, et que je me réjouisse d’eux. » À sa sortie, il rend grâce et dit : « Je Te rends grâce, ה' mon Dieu, d’avoir mis ma part avec ceux qui siègent au beit hamidrash et de n’avoir pas mis ma part avec ceux qui siègent aux carrefours. Car je me lève tôt et eux se lèvent tôt : je me lève tôt pour les paroles de Torah, et eux se lèvent tôt pour des propos vains. Je peine et eux peinent : je peine et reçois un salaire, et eux peinent et ne reçoivent pas de salaire. Je cours et eux courent : je cours vers la vie du monde à venir, et eux courent vers la fosse de perdition. »