טור אורח חיים

Tour Orah Haim — siman 112

Rabbi Yaakov ben Asher (Baal HaTour) · Ne pas demander ses besoins dans les trois premières ni dans les trois dernières bénédictions
En bref - de quoi parle ce chiour ?

Cent vingt anciens, dont des prophètes, ont fixé l’ordre des dix-huit bénédictions. On ne demande pas les besoins de l’individu dans les trois premières ni dans les trois dernières, seulement au milieu. Les besoins de la collectivité y sont permis : d’où les qerovets dans les trois premières et Yaalé veYavo dans Avoda.

Glossaire

peras
don, part que le serviteur demande à son maître
qerovets
piyoutim (qerovot) insérés dans les bénédictions de l’amida
Yaalé veYavo
paragraphe ajouté à l’amida à Roch Hodech et aux fêtes
Avoda
bénédiction de l’amida qui demande le rétablissement du service du Temple

גרסינן בפ"ב דמגלה תניא ק"כ זקנים ומהם כמה נביאים תיקנו י"ח ברכות על הסדר ואמר רב יהודה אל ישאל אדם צרכיו לא בשלש ראשונות ולא בג' אחרונות אלא באמצעיות דאמר רבי חנינא ג' ראשונות למה הן דומין לעבד שמסדר שבח לפני רבו אמצעיות למה הם דומים לעבד שמבקש פרס מרבו אחרונות למה הם דומים לעבד שקיבל פרס מרבו שמשבחו והולך לו ופי' בעל הלכות גדולות וכן ר"ת ור"י דווקא צרכי יחיד אין לשאול בהם אבל צרכי ציבור שרי דהא כולהו אחרונות צרכי רבים נינהו ועם מה שהעבד מסדר שבחו של רבו יכול לשאול צרכי צבור שזה שבח וכבוד לרב שרבים צריכין לו ועל כן נהגו לומר קרוב"ץ בשלש ראשונות ועוד שאומר יעלה ויבא בעבודה אלמא צרכי רבים שרי:

On lit au deuxième chapitre de Meguila : il a été enseigné que cent vingt anciens, parmi lesquels plusieurs prophètes, ont institué les dix-huit bénédictions selon leur ordre. Rav Yehouda a dit : que l’homme ne demande pas ses besoins ni dans les trois premières, ni dans les trois dernières, mais dans les intermédiaires. Car Rabbi Hanina a dit : les trois premières, à quoi ressemblent-elles ? À un serviteur qui énonce la louange devant son maître. Les intermédiaires, à quoi ressemblent-elles ? À un serviteur qui demande un don (peras) à son maître. Les dernières, à quoi ressemblent-elles ? À un serviteur qui a reçu le don de son maître, le loue et s’en va. Le Baal Halakhot Guedolot, ainsi que Rabbenou Tam et le Ri, ont expliqué : ce sont uniquement les besoins de l’individu qu’il ne faut pas y demander, mais les besoins de la collectivité sont permis. Car toutes les dernières sont des besoins de la collectivité ; et tandis que le serviteur énonce la louange de son maître, il peut demander les besoins de la collectivité, car c’est une louange et un honneur pour le maître que beaucoup aient besoin de lui. C’est pourquoi l’on a pris l’habitude de dire des qerovets dans les trois premières. Et de plus, on dit Yaalé veYavo dans Avoda : donc les besoins de la collectivité sont permis.