Raisons de l'ordre : bina après la kedoucha, techouva après la bina, pardon après la techouva, gueoula en septième. Allusions numériques (17, 15, 10) ; havdala dans Ata honen ; « Avinou » dans Hachivenou et Sela'h lanou.
ברכה רביעית אתה חונן ומה ראו לומר בינה אחר קדושה דכתיב כי בראותו ילדיו וגו' עד והקדישו את קדוש יעקב ואת אלהי ישראל יעריצו וסמיך ליה וידעו תועי רוח בינה ויש בה י"ז תיבות כמנין תיבות שבפסוק (שמות כח) ואתה תדבר אל כל חכמי לב ומשום שמותר האדם מן הבהמה היא הבינה והשכל קבעוה ראש לאמצעיות ירושלמי אם אין בינה אין תפלה ומבדילין בה במ"ש וי"ט משום שהיא חכמה שמה שהאדם מבדיל בין דבר לדבר חכמה היא לו לכן קבעוה בברכת חכמה ודין הבדלה וטעותה יתבאר בסדר מ"ש בעז"ה. חמישית השיבנו ומה ראו לומר תשובה אחר בינה דכתיב השמן לב העם הזה ואזניו הכבד ועיניו השע פן יראה בעיניו ובאזניו ישמע ולבבו יבין ושב ורפא לו הרי שהבינה מביאה לידי תשובה ויש בה ט"ו תיבות כנגד ט"ו תיבות שבפסוק (ישעיה נה) יעזוב רשע דרכו וכן בפסוק (יחזקאל יח) ובשוב רשע וכן (ישעיה ו) בפסוק ועוד בה עשיריה וגדולה תשובה שמגעת עד כסא הכבוד ומן הארץ לרקיע מהלך ת"ק שנה ועוביו של רקיע מהלך ת"ק שנה וכן כל אויר שבין רקיע לרקיע נמצא שבעה אוירים ושבעה רקיעים ולמעלה מהם כסא הכבוד שהתשובה מגעת שם הרי ט"ו. והברכה מתחלת בה"י ומסיימת בה"י הרי י' כנגד י' ימים שבין ר"ה ליה"כ שמזומנים לבעלי תשובה ומה שתיקנו לומר אבינו בברכת השיבנו ובסלח לנו מה שאין כן בשאר הברכות היינו טעמא שאנו מזכירין לפניו שהאב חייב ללמד לבנו ע"כ אנו אומרים השיבנו אבינו לתורתך ובסלח לנו משום הא דכתיב וישוב אל ה' וירחמהו ואל אלהינו כי ירבה לסלוח ע"כ אנו מזכירין רחמי האב כדכתיב כרחם אב על בנים שירחם עלינו ויסלח לנו. ששית סלח לנו ומה ראו לומר סליחה אחר תשובה כי ע"י תשובה הקב"ה סולח דכתיב וישוב אל ה' וירחמהו ואל אלהינו כי ירבה לסלוח. שביעית ראה נא בעניינו ומה ראו לומר גאולה בשביעית כי היה ראוי לומר רפאינו אחר סלח כסדר הפסוק הסולח לכל עוניכי הרופא לכל תחלואיכי אלא אמר רבא מתוך שאנו עתידין ליגאל בשביעית קבעוה בשביעית אע"ג דבששית קולות בשביעית מלחמות במוצאי שביעית בן דוד בא מלחמות אתחלתא דגאולה היא ועוד נכון לומר תיכף לסליחה גאולה:
Quatrième bénédiction : Ata honen. Pourquoi a-t-on dit la bina après la kedoucha ? Parce qu'il est écrit : « Car lorsqu'il verra ses enfants, etc. » jusqu'à « ils sanctifieront le Saint de Jacob et révéreront le Dieu d'Israël », et à sa suite : « les égarés d'esprit connaîtront la bina ». Elle compte dix-sept mots, comme le nombre de mots du verset (Chemot 28) : « Et toi, tu parleras à tous les sages de cœur ». Et parce que l'avantage de l'homme sur la bête, c'est la bina et l'intelligence, on l'a fixée en tête des bénédictions du milieu. Yerouchalmi : s'il n'y a pas de bina, il n'y a pas de tefila. On y fait la havdala à motsaé Chabbat et à Yom Tov, parce que c'est une sagesse : ce par quoi l'homme distingue une chose d'une autre est sagesse pour lui ; c'est pourquoi on l'a fixée dans la bénédiction de la sagesse. La règle de la havdala et de l'erreur à son sujet sera exposée dans l'ordre de motsaé Chabbat, avec l'aide de ה'. Cinquième : Hachivenou. Pourquoi a-t-on dit la techouva après la bina ? Parce qu'il est écrit : « Endurcis le cœur de ce peuple, alourdis ses oreilles et bouche-lui les yeux, de peur qu'il ne voie de ses yeux, n'entende de ses oreilles, que son cœur ne comprenne, qu'il ne revienne et qu'il soit guéri. » Ainsi la bina mène à la techouva. Elle compte quinze mots, correspondant aux quinze mots du verset (Yechaya 55) : « Que le méchant abandonne sa voie », et de même dans le verset (Yehezkel 18) : « Et lorsque le méchant revient », et de même (Yechaya 6) dans le verset : « Il y restera encore un dixième ». Grande est la techouva, qui atteint jusqu'au Trône de Gloire. De la terre au firmament, un parcours de cinq cents ans ; l'épaisseur du firmament, un parcours de cinq cents ans ; et de même chaque air entre un firmament et l'autre : on trouve donc sept airs et sept firmaments, et au-dessus d'eux le Trône de Gloire que la techouva atteint — voilà quinze. La bénédiction commence par un hé et s'achève par un hé : voilà dix, correspondant aux dix jours entre Roch Hachana et Yom Kippour, destinés aux baalé techouva. Ce qu'on a institué de dire « Avinou » dans la bénédiction Hachivenou et dans Sela'h lanou, ce qu'on ne fait pas dans les autres bénédictions, c'est que nous rappelons devant Lui que le père est tenu d'enseigner à son fils ; c'est pourquoi nous disons : « Fais-nous revenir, notre Père, à Ta Torah ». Et dans Sela'h lanou, parce qu'il est écrit : « Qu'il revienne vers ה' qui aura pitié de lui, et vers notre Dieu, car Il multiplie le pardon » ; c'est pourquoi nous rappelons la miséricorde du père, comme il est écrit : « Comme un père a pitié de ses enfants », afin qu'Il ait pitié de nous et nous pardonne. Sixième : Sela'h lanou. Pourquoi a-t-on dit le pardon après la techouva ? Parce que, par la techouva, le Saint béni soit-Il pardonne, ainsi qu'il est écrit : « Qu'il revienne vers ה' qui aura pitié de lui, et vers notre Dieu, car Il multiplie le pardon ». Septième : Reé na beonyénou. Pourquoi a-t-on dit la gueoula en septième ? Il eût convenu de dire Refaénou après Sela'h, selon l'ordre du verset : « Lui qui pardonne toutes tes fautes, qui guérit toutes tes maladies ». Mais Rava a dit : puisque nous sommes destinés à être délivrés dans la septième, on l'a fixée en septième. Bien que dans la sixième il y ait des rumeurs, dans la septième des guerres, et qu'à l'issue de la septième le fils de David vienne — les guerres sont le commencement de la délivrance. De plus, il convient de dire la gueoula aussitôt après le pardon.