טור אורח חיים

Tour Orah Haim — siman 119

Rabbi Yaakov ben Asher (Baal HaTour) · Chéma Kolénou — demandes personnelles et ordre des berakhot intermédiaires
En bref - de quoi parle ce chiour ?

La seizième berakha, Chéma Kolénou, suit Tséma’h David : une fois David venu, vient la tefila. On y demande tous ses besoins ; dans chaque berakha intermédiaire on peut aussi demander selon son sujet. Le yahid y dit Anénou un jour de jeûne. Les intermédiaires « n’ont pas d’ordre » : selon Rachi on dit la berakha oubliée sur place ; selon le Rachbam et le Ri — et c’est l’essentiel — on reprend depuis le début de la berakha fautive puis on continue dans l’ordre. On ne revient pas pour Anénou oublié.

Glossaire

Tséma’h David
« la pousse de David », quinzième berakha de l’amida
Chéma Kolénou
« Écoute notre voix », seizième berakha
Choméa Tefila
« Qui écoute la tefila », conclusion de Chéma Kolénou
Refaénou
« Guéris-nous », berakha de la guérison
Birkat Hachanim
berakha des années, demande de subsistance
Anénou
« Réponds-nous », ajout du jeûne dans Choméa Tefila
Ata Honèn
« Tu gracies », première des berakhot intermédiaires
Retsé
« Agrée », première des trois dernières berakhot
Hachiva Chofeténou
« Rends-nous nos juges », onzième berakha
Melekh ohev tsedaka oumichpat
« Roi qui aime la justice et le droit », conclusion habituelle de Hachiva hors des dix jours
chaliah tsibbour
officiant, envoyé du tsibbour
berakha levatala
berakha dite en vain
Ri
Rabbenou Yits’hak de Dampierre

שש עשרה שמע קולנו ותקנוה אחר צמיחת דוד שכיון שבא דוד באה תפלה דכתיב (ישעיה נו) והביאותים אל הר קדשי ושמחתים בבית תפלתי שואל אדם צרכיו בשומע תפלה שהיא כוללת כל הבקשות וכן בכל ברכה וברכה יכול לשאול מענינה כגון על חולה ברפאינו ועל הפרנסה בברכת השנים ויחיד מתפלל בה עננו ביום התענית ובהל' תענית יתבאר בע"ה אמצעיות אין להם סדר דא"ר הונא טעה בג' ראשונות חוזר לראש באמצעיות חוזר לאתה חונן בג' אחרונות חוזר לרצה ורב אסי אמר אמצעיות אין להם סדר והלכתא כוותיה ופירש"י אין להם סדר שאם דלג ברכה אחת ואח"כ נזכר קודם שהגיע לרצה אומרה במקום שנזכר ולפ"ז ש"צ ששכח עננו ונזכר אח"כ אומר במקום שנזכר או מי ששכח לשאול בברכת השנים או מי שטעה בי' ימים שבין ר"ה ליה"כ וחתם מלך אוהב צדקה ומשפט ונזכר אחר כך יאמר אותה ברכה במקום שנזכר ורשב"ם פירש ודאי צ"ל כל י"ח ברכות על הסדר שתקנוה שהרי כולם הסמיכום על המקראות אלא לענין זה אין להם סדר שאם דלג או טעה באחת מהם א"צ לחזור לאתה חונן כמו בראשונות שבכ"מ שטועה בהם צריך לחזור לראש אלא יחזור לראש הברכה שטעה בה או שדלג ומשם ואילך יאמר על הסדר ולפ"ז ש"צ ששכח עננו לא יחזור שאם היה חוזר צ"ל עננו ואח"כ רפאינו וכל הסדר וזה א"א דאם כן הוי ברכה לבטלה כיון שאין מחזירין על עננו ומי ששכח לשאול בברכת השנים ונזכר חוזר לברכת השנים ומי שטעה וחתם מלך אוהב צדקה ומשפט חוזר לברכת השיבה שופטינו וכן פירש ר"י וכן עיקר

La seizième berakha est Chéma Kolénou. On l’a instituée après Tséma’h David, car une fois David venu vient la tefila, comme il est écrit (Isaïe 56) : « Je les amènerai à Ma montagne sainte et Je les réjouirai dans Ma maison de prière. » On demande ses besoins dans Choméa Tefila, qui englobe toutes les requêtes. De même, dans chaque berakha, on peut demander selon son sujet : pour un malade, dans Refaénou ; pour la subsistance, dans Birkat Hachanim. Le yahid y dit Anénou le jour du jeûne ; cela s’expliquera dans les lois du jeûne, avec l’aide de ה'. Les berakhot intermédiaires n’ont pas d’ordre. Rav Houna a dit : s’il s’est trompé dans les trois premières, il revient au début ; dans les intermédiaires, il revient à Ata Honèn ; dans les trois dernières, il revient à Retsé. Rav Assi a dit : les intermédiaires n’ont pas d’ordre ; et la halakha est comme lui. Rachi a expliqué : « elles n’ont pas d’ordre » signifie que s’il a sauté une berakha puis s’en est souvenu avant d’arriver à Retsé, il la dit à l’endroit où il s’en souvient. D’après cela, un chaliah tsibbour qui a oublié Anénou et s’en souvient ensuite la dit à l’endroit où il s’en souvient ; de même celui qui a oublié de demander dans Birkat Hachanim ; de même celui qui, pendant les dix jours entre Roch Hachana et Yom Kippour, a conclu « Melekh ohev tsedaka oumichpat » et s’en souvient ensuite : il dit cette berakha à l’endroit où il s’en souvient. Le Rachbam a expliqué : il faut certes dire les dix-huit berakhot dans l’ordre où on les a instituées, car on les a toutes appuyées sur les versets ; mais « elles n’ont pas d’ordre » veut dire que s’il a sauté ou s’est trompé dans l’une d’elles, il n’a pas à revenir à Ata Honèn, comme pour les premières, où partout où l’on se trompe on revient au début ; il revient au début de la berakha où il s’est trompé ou qu’il a sautée, et à partir de là il dit dans l’ordre. D’après cela, un chaliah tsibbour qui a oublié Anénou ne revient pas : s’il revenait, il devrait dire Anénou puis Refaénou et tout l’ordre, ce qui est impossible, car ce serait alors une berakha levatala, puisqu’on ne fait pas répéter pour Anénou. Celui qui a oublié de demander dans Birkat Hachanim et s’en souvient revient à Birkat Hachanim ; celui qui s’est trompé et a conclu « Melekh ohev tsedaka oumichpat » revient à la berakha Hachiva Chofeténou. Ainsi a expliqué le Ri, et c’est l’essentiel.