Retsé suit Choméa Tefila : après la tefila vient l’Avoda. On y ajoute Yaalé Veyavo à Roch Hodech et Hol Hamoed. En Espagne on omet Retsé à Minha (sauf jeûnes), suivant Rav Saadia ; le Tour ne voit pas le lien avec nessi’at kappayim. Ve-iché Israël vise la tefila à la place du sacrifice, ou les âmes offertes par Mikhaël, ou se rattache à la phrase précédente.
ברכת י"ז רצה ותקנוה אחר שומע תפלה שכיון שבאת התפלה באה עבודה דכתיב (ישעיה נה) ושמחתים בבית תפלתי עולותיהם וזבחיהם לרצון על מזבחי כי ביתי בית תפלה יקרא לכל העמים ובר"ח ובחוה"מ מוסיפין בה יעלה ויבא וטעותו וחזרתו יתבאר כל אחד במקומו בעזרת ה' ונוהגים בספרד שלא לומר רצה במנחה אלא מתחיל ואשי ישראל וכ"כ רב שרירא גאון לומר רצה ה' אלהינו המנהג כאשר כתב רב סעדיה שאין אומרים אותו במנחה אלא במנחה של תעניות ומי שאומרו תמיד לא יפה הוא עושה ובי"ה במנחה אע"פ שאין נושאין כפיהם נהגו לומר רצה ואיני יודע טעם למנהגם אע"פ שאין נשיאת כפים במנחה מה ענין זה שלא לומר רצה ואי משום הא דאמרינן כל כהן שאין עולה בעבודה פי' ברצה שוב אינו עולה מאי נפקא מינה וכי בשביל שהיו עולין לרצה לא יאמרו אותו כשאין נשיאת כפים. ואשי ישראל וכו' ואע"פ שאין עתה עבודה מתפללין על התפלה שהיא במקום הקרבן שתתקבל ברצון לפני הש"י ובמדרש יש מיכאל שר הגדול מקריב נשמתן של צדיקים על המזבח של מעלה ועל זה תיקנו ואשי ישראל וי"מ אותו על מה שלמעלה ממנו והכי פירושו והשב העבודה לדביר ביתך ואשי ישראל ותפלתם תקבל ברצון תחלת דבר הוא:
La dix-septième berakha est Retsé. On l’a instituée après Choméa Tefila, car une fois venue la tefila vient l’Avoda, comme il est écrit (Isaïe 55) : « Je les réjouirai dans Ma maison de prière ; leurs holocaustes et leurs sacrifices seront agréés sur Mon autel, car Ma maison s’appellera maison de prière pour tous les peuples. » À Roch Hodech et pendant Hol Hamoed on y ajoute Yaalé Veyavo ; l’erreur et le retour de chacun seront expliqués à leur place, avec l’aide de ה'. En Espagne on a coutume de ne pas dire Retsé à Minha, mais on commence à Ve-iché Israël. Rav Chérira Gaon a écrit de dire « Retsé ה' Elohénou » ; l’usage est comme l’a écrit Rav Saadia : on ne le dit pas à Minha, sinon à la Minha des jeûnes, et celui qui le dit toujours ne fait pas bien. À Yom Kippour à Minha, bien qu’on ne fasse pas nessi’at kappayim, on a coutume de dire Retsé. Je ne connais pas la raison de leur usage : bien qu’il n’y ait pas de nessi’at kappayim à Minha, quel rapport cela a-t-il avec le fait de ne pas dire Retsé ? Et si c’est à cause de ce qu’on dit : « tout kohen qui ne monte pas pendant l’Avoda » — c’est-à-dire pendant Retsé — « ne monte plus ensuite », quelle conséquence pratique y a-t-il ? Est-ce que, parce qu’ils montaient à Retsé, on ne le dirait plus quand il n’y a pas de nessi’at kappayim ? « Ve-iché Israël, etc. » : même s’il n’y a plus d’Avoda aujourd’hui, on prie pour que la tefila, qui tient lieu du sacrifice, soit agréée avec faveur devant le Saint, béni soit-Il. Il y a dans le Midrash que Mikhaël, le grand prince, offre les âmes des justes sur l’autel d’en haut, et c’est pour cela qu’on a institué Ve-iché Israël. Certains l’expliquent comme se rapportant à ce qui précède, et voici le sens : « Ramène l’Avoda au dévir de Ta maison et les feux d’Israël » ; et « leur tefila, agrée-la avec faveur » est le début d’une [nouvelle] phrase.