טור אורח חיים

Tour Orah Haim — siman 127

Rabbi Yaakov ben Asher (Baal HaTour) · On s'incline à Modim avec le chalia'h tsibbour ; texte de Modim de-Rabbanan ; Birkat kohanim
En bref - de quoi parle ce chiour ?

Quand le chalia'h tsibbour arrive à Modim, l'assemblée s'incline avec lui. Le Rambam défend de s'incliner plus que de raison ; le Tour lit le Yeroushalmi comme visant seulement l'officiant, qu'on peut destituer. Un particulier ne commence à prier que s'il peut achever avant Modim, pour ne pas paraître renier. Texte de Modim de-Rabbanan selon Rav Papa ; le Roch concluait comme le Yeroushalmi. S'il n'y a pas de kohanim, l'officiant dit Birkat kohanim ; le Manhig, Rachi et Rav Amram discutent le verset Ve-samou et shemi.

Glossaire

Modim de-Rabbanan
action de grâce des Sages, dite par l'assemblée pendant le Modim de l'officiant
Hodaa
action de grâce (berakha Modim de l'amida ; aussi passage d'action de grâce du Hallel ou de Birkat hamazon)
Avot
bénédiction des Pères, première de l'amida
ha'avara
destitution de la fonction de chalia'h tsibbour
nesi'at kappayim
élévation des mains des kohanim pour bénir
berakha meshoulechet
bénédiction triple (Birkat kohanim, Nb 6)
Ve-samou et shemi
« Ils placeront Mon Nom » (Nb 6, 27)
Manhig
Sefer haManhig de R. Abraham ben Nathan haYarhi
Anshei Mizrah / Anshei Maarav
gens de l'Orient (Babylone) / gens de l'Occident (Erets Yisrael)
El ha-hodaot
le Dieu des actions de grâce (conclusion du Yeroushalmi)

וכשיגיע ש"צ למודים שוחין עמו הציבור דגרסינן בירושלמי הכל שוחין עם ש"ץ בהודאה כתב הרמב"ם ז"ל ולא ישחו יותר מדאי ואינו משמע כן בירושלמי דאיתא התם מעשה באחד ששחה יותר מדאי והעבירו ר"י משמע דקאי דוקא אש"צ דלא שייך העברה אלא בש"צ ומטעם זה אין ליחיד להתפלל אא"כ יכול לגמור קודם שיגיע ש"ץ למודים כדי שלא יהא נראה ככופר אם אינו משתחוה עם הציבור ואם התחיל והגיע ש"צ למודים והוא באמצע אחת מן הברכות ישחה אבל אם הוא בתחלת ברכה או בסופה לא ישחה אלא באבות או בהודאה והא דתניא הכורע בהודאה הרי זה מגונה מוקמינן לה בהודאה שבהלל ושבברכת המזון: גרסינן בסוטה בשעה שש"ץ אומר מודים העם מה הם אומרים מודים אנחנו לך וכו' ופליגי בה אמוראי טובא ואסיקנא אמר רב פפא הלכך נימרינהו לכולהו וזה נוסחו מודים אנחנו לך ה' אלהינו ואלהי כל בשר יוצרנו יוצר בראשית ברכות והודאות לשמך הגדול על שהחייתנו וקיימתנו כן תחיינו ותקיימנו ותאסוף גליותינו לחצרות קדשך לשמור חוקיך ולעשות רצונך ולעבדך בלבב שלם על שאנו מודים לך ובירושלמי חותם בה בא"י האל ההודאות וכן היה נוהג א"א הרא"ש ז"ל וכשיגיע לברכת כהנים אם יש שם כהנים נושאים כפיהם ואם אין שם כהנים יאמר הוא ברכת כהנים וכתב בעל המנהיג ברכת כהנים אסור ליחיד לאומרה גם בציבור יש שאין אומרים אותה ובדברים שבין בני בבל ובני א"י אנשי מזרח ש"צ אומר ברכת כהנים בקול רם אנשי מערב ש"צ אומר ושמו את שמי שאסור להזכיר השם אא"כ היה כהן למדנו מזה שאסור ליחיד לאמרה ומ"מ כל הגלות הם אנשי מזרח וקורין אותה כקורא בתורה ע"כ וכתב עוד על שם רש"י שאין לש"ץ לומר פסוק ושמו את שמי שכבר בקשנו ברכנו בברכה המשולשת בתורה וכבר אמרנו המשולשת ומה לנו להוסיף עוד ושמו את שמי כשם שאין אנו אומרים כה תברכו את ב"י ששניהם לשון צוואה ולא לשון ברכה אבל רב עמרם כתב ואם אין שם כהנים ש"ץ אומר או"א ברכנו בברכה וכו' (ס"א עד וישם לך שלום ושמו את שמי על בני ישראל ומסיים) עד שלום וכו':

Quand le chalia'h tsibbour arrive à Modim, l'assemblée s'incline avec lui : on lit dans le Yeroushalmi que tous s'inclinent avec le chalia'h tsibbour à la Hodaa. Le Rambam, de mémoire bénie, a écrit : qu'ils ne s'inclinent pas plus que de raison. Or cela ne ressort pas ainsi du Yeroushalmi, car il y est rapporté un fait : quelqu'un s'inclina plus que de raison et Rabbi le destitua ; il en résulte que cela vise seulement le chalia'h tsibbour, car une destitution n'a lieu que pour un chalia'h tsibbour. Pour cette raison, un particulier ne doit prier que s'il peut achever avant que le chalia'h tsibbour n'arrive à Modim, afin de ne pas paraître comme un négateur s'il ne s'incline pas avec l'assemblée. S'il a commencé et que le chalia'h tsibbour arrive à Modim tandis qu'il est au milieu de l'une des berakhot, qu'il s'incline ; mais s'il est au début ou à la fin d'une berakha, qu'il ne s'incline pas, sauf à Avot ou à la Hodaa. Quant à ce qui a été enseigné : « celui qui s'incline à la Hodaa, cela est blâmable », on l'applique à la Hodaa du Hallel et à celle de Birkat hamazon. On lit dans Sota : lorsque le chalia'h tsibbour dit Modim, que dit le peuple ? « Nous Te rendons grâce, etc. » De nombreux Amoraïm en discutent ; on a conclu : Rav Papa a dit : dès lors, nous les dirons tous. Voici son texte : « Nous Te rendons grâce, ה' notre Dieu et Dieu de toute chair, notre Créateur, Créateur au commencement ; bénédictions et actions de grâce à Ton grand Nom, de ce que Tu nous as fait vivre et nous as maintenus ; ainsi fais-nous vivre et maintiens-nous, et rassemble nos exilés dans les parvis de Ton sanctuaire, pour observer Tes lois, faire Ta volonté et Te servir d'un cœur entier, pour ce que nous Te rendons grâce. » Et dans le Yeroushalmi, on conclut : « Béni sois-Tu, ה', le Dieu des actions de grâce » ; ainsi pratiquait mon maître et père le Roch, de mémoire bénie. Quand il arrive à Birkat kohanim, s'il y a là des kohanim, ils lèvent les mains ; s'il n'y a pas de kohanim, c'est lui qui dit Birkat kohanim. L'auteur du Manhig a écrit : il est interdit à un particulier de la dire ; même en assemblée, il en est qui ne la disent pas. Et dans les différences entre les fils de Babylone et les fils d'Erets Yisrael : les gens de l'Orient, le chalia'h tsibbour dit Birkat kohanim à voix haute ; les gens de l'Occident, le chalia'h tsibbour dit « Ils placeront Mon Nom », car il est interdit de prononcer le Nom à moins d'être kohen — on en apprend qu'il est interdit à un particulier de la dire. Quoi qu'il en soit, tous ceux de l'exil sont des gens de l'Orient, et ils la lisent comme on lit dans la Torah. Fin de citation. Il a encore écrit au nom de Rachi qu'il ne faut pas que le chalia'h tsibbour dise le verset « Ils placeront Mon Nom », car nous avons déjà demandé « bénis-nous par la bénédiction triple de la Torah » et nous avons déjà dit la triple : pourquoi y ajouter encore « Ils placeront Mon Nom », de même que nous ne disons pas « Ainsi bénirez-vous les enfants d'Israël », les deux étant langage d'ordre et non langage de bénédiction. Mais Rav Amram a écrit : s'il n'y a pas de kohanim, le chalia'h tsibbour dit « Notre Dieu et Dieu de nos pères, bénis-nous par la bénédiction, etc. » (autre version : jusqu'à « et qu'Il te donne la paix, et Ils placeront Mon Nom sur les enfants d'Israël », et il conclut) jusqu'à « paix », etc.