טור אורח חיים

Tour Orah Haim — siman 132

Rabbi Yaakov ben Asher (Baal HaTour) · Seder kédoucha (kédoucha deSidra)
En bref - de quoi parle ce chiour ?

On récite la kédoucha d’Ouva letsion avec son targoum, pour que tout le peuple comprenne. Le monde subsiste par la kédoucha deSidra et par l’amen yéhé chéméh rabba de l’aggada. Rav Tsémah interdit le seder kédoucha au yahid ; d’autres, et le Roch, le permettent comme lecture de versets.

Glossaire

targoum
traduction araméenne des versets de la kédoucha
seder kédoucha
ordre de la kédoucha après Ouva letsion, versets et targoum
kédoucha deSidra
autre nom du seder kédoucha ; le monde subsiste par elle
davar shebikedoucha
chose de sainteté, qui ne se dit pas à moins de dix
aggada
enseignement non halakhique ; ici celui après lequel on répond amen yéhé chéméh rabba
baal pasouk
homme versé dans les versets
nikkoud
voyelles du texte
taamim
accents de cantilation

ומתרגמין הקדושה ואומרים ותשאני רוח ומתרגמין אותו ואומרים ה' ימלוך לעולם ועד ותרגום כדי שיבינו כל העם וזה שנקרא סדר קדושה וצריך ליזהר בו מאד לאומרו בכוונה דאמר רשב"ג משום רבי יהושע מיום שחרב ב"ה אין לך יום שאין בו קללה ולא ירד הטל לברכה וכל יום מרובה קללתו מיום שלפניו אלא עלמא אמאי קאי אקדושה דסידרא ואאמן יש"ר דאגדתא ואומרים קדיש ומוסיף בו תתקבל צלותהון עד ואמרו אמן יהא שלמא וכו' וכתב רב צמח שאין ליחיד לומר סדר קדושה דכל דבר שבקדושה אינה בפחות מי' ואם הוא ת"ח יעסוק באגדתא דפרק ג"ה (צא:) ויאמר שלחני וגו' ג' כתות של מלאכי השרת אומרים שירה אחת אומרת קדוש וכו' אם אינו ת"ח והוא בעל פסוק יעסוק במקראות הקדושה (ישעי' ו) שרפים עומדים ממעל לו אבל סדר קדושה זקנים ונביאים הראשונים תקנוה ואין לו ליחיד להשיג את גבולם דכל דבר שבקדושה אינה בפחות מעשרה ויש מי שאומר כיון שהם פסוקים הרי הוא כקורא בתורה ויכול יחיד לאומרן ובלבד שיאמר אותן בניגונן וניקודן וטעמן כדרך שהתינוקות קורין לפני רבן ולמעלה כתבתי בשם א"א הרא"ש ז"ל שיחיד יכול לאומרן:

On traduit la kédoucha. On dit « ותשאני רוח » et on le traduit. On dit « ה' ימלוך לעולם ועד » et son targoum, afin que tout le peuple comprenne. C’est ce qu’on appelle seder kédoucha. Il faut y veiller beaucoup et le dire avec kavana. Car a dit Rabban Chimone ben Gamliel au nom de Rabbi Yehochoua : depuis le jour où le Temple a été détruit, il n’est pas de jour sans malédiction ; la rosée ne descend plus pour la bénédiction ; et chaque jour sa malédiction dépasse celle du jour précédent. Sur quoi donc le monde se tient-il ? Sur la kédoucha deSidra et sur l’amen « yéhé chéméh rabba » de l’aggada. On dit kaddish et l’on y ajoute « תתקבל צלותהון » jusqu’à « ואמרו אמן », « יהא שלמא », etc. Rav Tsémah a écrit que le yahid ne doit pas dire le seder kédoucha, car toute chose de kédoucha ne se dit pas à moins de dix. S’il est talmid hacham, qu’il s’occupe de l’aggada du chapitre Gid haNacheh (Houllin 91b) et qu’il dise : « שלחני » etc. — « Trois groupes d’anges du service disent le chant ; l’un dit Kadoch, etc. » S’il n’est pas talmid hacham mais qu’il est baal pasouk, qu’il s’occupe des versets de la kédoucha (Isaïe 6) : « שרפים עומדים ממעל לו ». Mais le seder kédoucha, les Anciens et les premiers prophètes l’ont institué, et le yahid ne doit pas empiéter sur leur domaine, car toute chose de kédoucha ne se dit pas à moins de dix. Il y a qui dit : puisque ce sont des versets, c’est comme lire dans la Torah, et le yahid peut les dire, à condition de les dire avec leur mélodie, leur nikkoud et leurs taamim, comme les enfants lisent devant leur maître. Plus haut j’ai écrit au nom de mon père, le Roch z"l, que le yahid peut les dire.