On n'agit pas avec légèreté dans les synagogues et les maisons d'étude. On n'y mange, n'y boit, ni ne s'y abrite du soleil ou de la pluie, hors talmidei hakhamim. Comptes de mitsva et oraison d'un notable sont permis. Interdit d'en faire un raccourci. La sainteté demeure après la ruine ; une clause n'autorise pas un usage dégradant.
בתי כנסיות ובתי מדרשות אין נוהגין בהן קלות ראש כגון שחוק והיתול ושיחה בטלה ואין אוכלין ושותין בהן ולא נאותין ולא מטיילין בהן ולא נכנסין בהן בחמה מפני החמה ולא בגשמים מפני הגשמים ותלמידי חכמים מותרין לאכול ולשתות בהן ואין מחשבין בהן חשבונות אלא א"כ הן של מצוה כגון חשבון קופה של צדקה ופדיון שבוים וכיוצא בהן ואין מספידין בהן אלא א"כ יהיה ההספד לאחד מגדולי העיר שכל בני העיר מתקבצין ובאין להספידו ואם צריך ליכנס בה לצרכו כגון לקרות לאדם יכנס ויקרא מעט או יאמר דבר שמועה ואח"כ יקראנו כדי שלא יהא נראה כאילו נכנס לצרכו ואם אינו יודע לקרות ולא לשנות יאמר לאחד מן התינוקות קרא לי פסוק שאתה קורא בו או ישהה מעט ואח"כ יצא שהישיבה בה מצוה שנא' אשרי יושבי ביתך היו לה ב' פתחים לא יכנס בפתח זה לעשות דרך לצאת בפתח הב' לקצר דרכו ואם היה הדרך עובר שם קודם שנבנה ב"ה מותר וכן אם לא נכנס בה תחלה כדי לקצר דרכו מותר לעשותה דרך וכשנכנס בה להתפלל מצוה למי שנכנס בפתח זה לצאת בפתח אחרת ומותר ליכנס בה במקלו ובתרמילו ובאפונדתו ויכול לרוק בה ובלבד שישפשפנו ברגליו ונוהגים בהן כבוד לכבדן ולרבצן ונוהגים בכל המקומות להדליק בהן נרות לכבדן ואפילו לאחר שחרבו עדיין הן בקדושתן וכשם שנוהגין בהם כבוד בישובן כך נוהגים בהם בחורבנן חוץ מכיבוד וריבוץ שאין מכבדין ולא מרביצין אותן עלו בהן עשבין תולשין אותן ומניחין אותן במקומן משום עגמת נפש כדי שיראו העם ותעיר רוחם וישתדלו לבנותן ואם התנו עליו להשתמש בו בשעת בנין מותר להשתמש בו בחורבנו אבל בישובו לא מהני ביה תנאה ואפילו בחורבנו לתשמיש מגונה כגון זריעה וחשבונות של רבים לא מהני תנאה:
Dans les synagogues et les maisons d'étude, on n'agit pas avec légèreté : ni rire, ni moquerie, ni propos oiseux. On n'y mange pas et l'on n'y boit pas ; on ne s'y pare pas et l'on ne s'y promène pas. On n'y entre pas par temps de chaleur pour s'abriter de la chaleur, ni par temps de pluie pour s'abriter de la pluie. Les talmidei hakhamim ont le droit d'y manger et d'y boire. On n'y dresse pas de comptes, sauf s'ils relèvent d'une mitsva, tels le compte de la caisse de tsedaka, le rachat des captifs, et ce qui leur ressemble. On n'y prononce pas d'oraison funèbre, sauf si c'est l'oraison d'un des grands de la ville, pour lequel tous les habitants se rassemblent et viennent l'éloger. S'il faut y entrer pour un besoin personnel, par exemple pour appeler quelqu'un, on y entre, on lit un peu ou l'on dit un enseignement, et ensuite seulement on l'appelle, afin que l'on ne paraisse pas y être entré pour son besoin. S'il ne sait ni lire ni répéter, il dit à l'un des enfants : « Lis-moi un verset de ce que tu lis », ou bien il s'attarde un peu puis sort, car s'y asseoir est une mitsva, ainsi qu'il est dit : « Heureux ceux qui habitent Ta maison ». Si la synagogue a deux portes, on n'entre pas par l'une pour en faire un passage et sortir par l'autre afin de raccourcir son chemin. Mais si le chemin passait déjà là avant que la synagogue fût bâtie, c'est permis. De même, si l'on n'y est pas entré d'abord pour raccourcir son chemin, on peut en faire un passage. Quand on y entre pour la tefila, c'est une mitsva pour celui qui est entré par une porte d'en sortir par une autre. Il est permis d'y entrer avec son bâton, sa besace et son apunda (ceinture-bourse). On peut y cracher, à condition de frotter le crachat du pied. On leur témoigne du respect : on les balaie et on les asperge. En tout lieu, on a coutume d'y allumer des lampes pour les honorer. Même après qu'elles sont ruinées, elles restent dans leur sainteté. De même qu'on leur témoigne du respect tant qu'elles sont debout, ainsi on leur témoigne du respect dans leur ruine, hors le balayage et l'aspersion : on ne les balaie pas et on ne les asperge pas. Si des herbes y poussent, on les arrache et on les laisse sur place, par affliction, afin que le peuple les voie, que son esprit s'éveille et qu'il s'efforce de les reconstruire. Si l'on a stipulé, au moment de la construction, de s'en servir, il est permis de s'en servir dans sa ruine ; mais tant qu'elle est debout, la clause n'y sert de rien. Et même dans sa ruine, pour un usage dégradant, tel que semer ou dresser des comptes publics, la clause n'y sert de rien.