On entaille le pain au bel endroit bien cuit sans détacher la part avant la fin de hamotsi ; mesure de la part ; formule et gestes ; dix doigts et dix mitsvot du pain ; sel ou lifetan ; hefssek ; oubli et doute ; un bénit pour tous si kviout ; qui rompt ; lekhem michné le Chabbat ; on n’acquitte que si l’on mange, sauf pour éduquer sa maison.
ויבצע ממקום היפה שבפת במקום שנאפה היטב ויחתוך פרוסת הבציעה ויניחנה מחוברת לפת ויתחיל לברך ואחר שיסיים הברכה יפרידנה כדי שתכלה הברכה בעוד הפת שלם ויש שאין רוצין לחתוך הלחם כלל קודם הברכה כדי שיהא שלם ממש בשעת הברכה וכתב א"א הרא"ש ז"ל ולא נהירא לי דחשיב הפסק מה שמתאחר לחתוך הלחם ושוהה בין ברכה לאכילה אלא חותך ואינו מפריד הפרוסה עד לאחר הברכה וצריך לחתוך מעט שאם יאחוז בפרוסה שיעלה שאר הככר עמו דאל"כ חשיב כפרוסה ושיעור הפרוסה כתב הרמב"ם ז"ל לא יבצע פרוסה קטנה מפני שנראה כצר עין ולא פרוסה יותר מכביצה מפני שנראה כרעבתן ויברך המוציא לחם מן הארץ ואע"ג דמוציא עדיף טפי דכ"ע מודו דלשעבר משמע וצריך לברך לשעבר ובהמוציא פליגי אפ"ה פסיק תלמודא המוציא ויכוין בברכתו למה שמוציא מפיו ויתן ריוח בין לחם ובין מן שלא יבליע המ"ם ויתן שתי ידיו על הפת שיש בהן י' אצבעות כנגד י' מצות התלויות בפת לא תחרוש בשור ובחמור כלאים לקט שכחה פיאה ביכורים תרומה מעשר ראשון מעשר שני חלה ולכך יש י' תיבות בברכת המוציא וי' תיבות בפסוק מצמיח חציר לבהמה וי' תיבות בפסוק עיני כל אליך ישברו וי' תיבות בפסוק ארץ חטה ושעורה וי' תיבות בפסוק ויתן לך ולא יבצע עד שיביאו לפניו מלח או לפתן ללפת בו פרוסת הבציעה ואם פת נקייה היא א"צ וכ"כ רבינו חננאל והרמב"ם ז"ל ואם הפת מתובלת בתבלין או מלוח במלח כעין שלנו א"צ ויאכל מיד ולא יסיח בין ברכה לאכילה ואם שח בדברים בטלים צריך לחזור ולברך ומיהו שח בצרכי סעודה כמו קחו מפרוסת הברכה או הביאו מלח או ליפתן לא הוי הפסק ואפי' אמר הביאו מאכל לבהמה לא חשיב הפסק דחשיבי צרכי סעודה דא"ר יהודה א"ר אסור לאכול קודם שיתן מאכל לבהמתו שנאמר ונתתי עשב בשדך לבהמתך והדר ואכלת ושבעת ואם שכח ואכל ולא בירך לפניו המוציא אם נזכר בתוך הסעודה מברך ואם לא נזכר עד שגמר סעודתו אינו מברך ואם הוא מסופק אם בירך אם לאו כתב הרמב"ם ז"ל יברך מספק ונראה שאינו אלא מדרבנן ולא יברך מספק וכ"כ בספר המצות ואם בירך במקום ברכת המוציא שהכל נהיה בדברו או שאמר בריך רחמנא מלכא מריה דהאי פיתא יצא ואם הם שנים או רבים אחד מברך לכולם ודוקא שהסיבו שהוא דרך קבע אבל היו יושבין בלא הסיבה כיון שאינן נקבעים יחד כל אחד מברך לעצמו ואם אמרו נאכל כאן או במקום פלוני שהכינו מקום לאכילתן הוי קבע ואפילו בלא הסיבה ובעל הבית עם בני ביתו הוי שפיר קביעות אפילו בלא הסיבה והאידנא שאין אנו רגילין בהסיבה ישיבה דידן הוי קביעות ואפילו לבני חבורה כהסיבה דידהו דמי והיכא שהמסובין רבים גדול שבכולם בוצע ואם יש עמהם בעל הבית הוא בוצע ואפילו אם האורח גדול ואין המסובין רשאין לטעום עד שיטעום הבוצע ואם כל אחד אוכל מככרו ואין כולם זקוקים לככר אחד רשאין לטעום קודם ואם הוא שבת אינם רשאין לטעום קודם אא"כ יהיה לפני כל אחד לחם משנה. אין הבוצע רשאי לבצוע עד שיכלה אמן מפי רוב העונין הבוצע פושט ידו תחלה לקערה לאכול ואם בא לחלוק כבוד לרבו או למי שגדול ממנו הרשות בידו. מי שאינו אוכל אין יכול לברך ברכת המוציא להוציא האוכלין דתנן לא יפרוס אדם פרוסה לאחר אא"כ אוכל עמו אבל פורס הוא לבניו ולבני ביתו אע"פ שאינו אוכל כדי לחנכם במצות:
On rompt le pain à l’endroit le plus beau du pain, là où il a bien cuit. On entaille la part de la betsia (rupture) et on la laisse attachée au pain ; on commence à bénir, et après avoir achevé la bénédiction on la détache, afin que la bénédiction s’achève tandis que le pain est encore entier. Certains ne veulent pas du tout entailler le pain avant la bénédiction, afin qu’il soit vraiment entier au moment de la bénédiction. Mon maître et père le Roch z"l a écrit : cela ne me paraît pas juste, car tarder à couper le pain et s’attarder entre la bénédiction et la consommation compte comme un hefssek (interruption) ; on entaille donc, et l’on ne détache la part qu’après la bénédiction. Il faut entailler un peu, de sorte que si l’on saisit la part, le reste de la miche (kékar) se soulève avec elle ; sinon elle compte comme une part déjà détachée. La mesure de la part : le Rambam z"l a écrit qu’on ne rompra pas une part trop petite, car on paraît tsar ayin (avare), ni une part plus grande qu’un kebeitsa (volume d’un œuf), car on paraît raavtan (glouton). On bénit « hamotsi léhem min haarets ». Bien que « motsi » soit préférable — car tous conviennent qu’il signifie le passé, et qu’il faut bénir au passé, alors que sur « hamotsi » on discute —, néanmoins le Talmud a tranché « hamotsi ». On dirigera son intention, dans sa bénédiction, vers ce que l’on prononce de sa bouche. On laissera un intervalle entre « léhem » et « min », afin de ne pas avaler le mem. On pose les deux mains sur le pain : elles ont dix doigts, correspondant aux dix mitsvot liées au pain — ne pas labourer avec un bœuf et un âne, kilayim (mélanges interdits), leket (glanure), chikheha (gerbe oubliée), péa (coin du champ), bikourim (prémices), terouma (prélèvement), maasser rishon (première dîme), maasser cheni (seconde dîme), halla. C’est pourquoi il y a dix mots dans la bénédiction hamotsi, dix mots dans le verset « matsmi’ah 'hatsir labéhéma », dix mots dans le verset « einei kol élekha yessabérou », dix mots dans le verset « érets 'hita ouséora », et dix mots dans le verset « veyiten lekha ». On ne rompra pas avant qu’on ait apporté devant soi du sel ou un lifetan (accompagnement) pour y tremper la part de la betsia. Si c’est un pain fin (pat nekiya), ce n’est pas nécessaire ; ainsi ont écrit Rabbenou 'Hananel et le Rambam z"l. Si le pain est assaisonné d’épices ou salé, comme le nôtre, ce n’est pas nécessaire. On mange aussitôt et l’on ne s’interrompt pas entre la bénédiction et la consommation. Si l’on a parlé de choses vaines, il faut bénir de nouveau. Toutefois, si l’on a parlé pour les besoins du repas — « prenez de la part de la bénédiction », ou « apportez du sel ou un lifetan » — ce n’est pas un hefssek. Même si l’on a dit « apportez de la nourriture à la bête », cela ne compte pas comme hefssek, car ce sont des besoins du repas : Rabbi Yehouda a dit au nom de Rav qu’il est interdit de manger avant d’avoir donné à manger à sa bête, ainsi qu’il est dit : « Je donnerai de l’herbe dans ton champ à ton bétail », et ensuite « tu mangeras et tu seras rassasié ». Si l’on a oublié et que l’on a mangé sans bénir hamotsi auparavant : si l’on s’en souvient pendant le repas, on bénit ; si l’on ne s’en souvient qu’après avoir achevé le repas, on ne bénit plus. Si l’on doute d’avoir béni ou non, le Rambam z"l a écrit qu’on bénit par doute ; il apparaît que ce n’est que de-rabbanan (de décret rabbinique), et l’on ne bénit pas par doute ; ainsi est-il écrit aussi dans le Sefer haMitsvot. Si, à la place de hamotsi, on a béni « chéhakol nihya bidvaro », ou que l’on a dit « berikh Ra’hmana malka maréh dehai pita » (« Béni soit le Miséricordieux, Roi, Maître de ce pain »), on s’est acquitté. S’ils sont deux ou plusieurs, l’un bénit pour tous — uniquement s’ils se sont accoudés (hassiba), ce qui est la manière d’un repas fixé (kéva). Mais s’ils étaient assis sans hassiba, comme ils ne se fixent pas ensemble, chacun bénit pour soi. S’ils ont dit « nous mangerons ici » ou « en tel endroit », ayant préparé un lieu pour leur repas, c’est un kéva même sans hassiba. Le maître de maison avec les gens de sa maison constitue bien une kviout, même sans hassiba. De nos jours, où nous n’avons pas l’habitude de la hassiba, notre simple assise constitue une kviout, et même pour les membres d’un groupe elle équivaut à leur hassiba. Lorsque les convives sont nombreux, le plus grand d’entre eux rompt. S’il y a avec eux le maître de maison, c’est lui qui rompt, même si l’invité est plus grand. Les convives n’ont pas le droit de goûter avant que le botséa (celui qui rompt) n’ait goûté. Si chacun mange de sa propre miche et qu’ils ne dépendent pas tous d’une seule miche, ils peuvent goûter auparavant. S’il s’agit du Chabbat, ils n’ont pas le droit de goûter auparavant, à moins que chacun n’ait devant soi du lekhem michné (double pain). Le botséa n’a pas le droit de rompre avant que amen ne soit achevé de la bouche de la majorité de ceux qui répondent. Le botséa tend d’abord la main vers le plat pour manger ; s’il veut honorer son maître ou quelqu’un de plus grand que lui, il en a le droit. Celui qui ne mange pas ne peut pas bénir hamotsi pour lehotsi (acquitter) ceux qui mangent, car il est enseigné : on ne rompt pas une part pour autrui à moins de manger avec lui. Mais on rompt pour ses enfants et les gens de sa maison même si l’on ne mange pas, afin de les éduquer aux mitsvot.